Les insoumis

« Si vous risquiez un petit mot contre la grande invasion youtre… vous tous autant que vous êtes, journaux, on vous étranglerait si net que l’on oublierait en huit jours le nom même que vous arborâtes !… jusqu’à la couleur de vos pages ! Plus une annonce ! Plus un théâtre ! En cinq minutes ça serait tranché, transmis, lavé… Plus un crédit, plus un permis, plus un papier et puis bientôt plus une nouvelle, plus un appel au téléphone, le vide… »
Louis-Ferdinand Céline
Bagatelles pour un massacre.

Le grand malheur de l’Amérique, c’est de n’avoir pas donné le jour à des antisémites de qualité. Rien qui ressemble à Drumont ou à Céline de l’autre côté de l’Océan. Aucun penseur, aucun polémiste qui se soit donné la peine de débroussailler la démocratie et de doter son pays d’une véritable doctrine nationaliste, d’un antisémitisme de raison dont puissent se recommander les hommes de bonne volonté.
Il est un peu affligeant de constater que le « grand ancêtre » de l’antisémitisme américain est M. Henry Ford. M. Ford est un businessman heureux qui a gagné un milliard de dollars en exploitant une idée simple : l’auto construite en grande série et mise à la portée de toutes les bourses, mais il est douteux que son nom laisse quelque trace dans l’histoire de la philosophie contemporaine. Ses écrits ne le situent guère au-dessus de la bonne moyenne des élèves de l’école primaire et d’ailleurs son antisémitisme n’a été qu’une crise passagère, une sorte d’accès de rage que les Juifs se sont empressés d’apaiser en employant les grands moyens.
Avant de se lancer à l’assaut des citadelles juives, Henry Ford avait déjà démontré, au moins en une circonstance, que lorsqu’il croyait servir la cause du bien public, il n’hésitait pas à payer de sa personne.
En 1916, il avait frété de ses deniers un paquebot pour aller en Europe à la tête d’une délégation pacifiste, supplier les belligérants de cesser de se battre. La guerre lui paraissait une monstrueuse idiotie. Lui, qui était animé par la passion de construire, il n’arrivait pas à concevoir les raisons qui poussaient les hommes à s’entre-détruire avec un si sauvage acharnement. Quel affreux gaspillage de vies et de richesses !… Alors, naïvement, Ford s’était imaginé qu’il lui suffirait de paraître, et de tenir aux combattants un langage raisonnable : « Voyons, vous êtes fous, rentrez chez vous… » pour qu’aussitôt cessassent les massacres.
Naturellement, cette équipée se termina par un échec assez piteux. Les belligérants refusèrent de le recevoir et, en Amérique même, la plupart des journaux tournèrent le pèlerin en dérision. Mais Ford avait donné la preuve de sa bonne volonté.
La croisade contre les Juifs ne devait pas avoir plus de succès. C’est le 20 mai 1920 que l’hebdomadaire de Ford, le Dearborn Independant publia un article intitulé : « Le Juif international, problème mondial » qui retentit à travers toute l’Amérique comme un coup de tonnerre.
Eh ! quoi ? on osait toucher aux Juifs ! On osait aborder ce sujet tabou, braver les dieux tout-puissants de Wall Street et de la Maison-Blanche ! Les gens se regardaient, pétrifiés d’horreur. Qu’allait-il se passer ? Sûrement le ciel allait s’effondrer…
Ce premier article était pourtant assez banal, ou plutôt il nous semble tel, à nous qui sommes familiarisés avec le problème juif et qui avons vu s’accomplir point par point les prédictions (vraies ou fausses, peu importe) des protocoles des sages de Sion. L’auteur anonyme expliquait qu’il existait un complot juif pour s’assurer la domination du monde, que les Juifs contrôlaient déjà la Russie grâce aux bolcheviks et l’Europe occidentale grâce aux financiers internationaux, qu’aux États-Unis les Juifs avaient déjà conquis New-York et en avaient fait la ville la plus dépravée du monde, qu’ils étaient en train de mettre la main sur le pays tout entier.
La philippique du Dearborn Independant était suivie de cette mention : Henry Ford prend la responsabilité de tous les articles publiés dans l’Independant, ce journal étant sa propriété personnelle. La question juive, comme le sait chaque homme d’affaires, s’est aggravée aux États-Unis. Et personne n’a osé la discuter parce que l’influence juive aurait été assez puissante pour l’anéantir…
Comment Henry Ford, cet homme si peu cultivé, si peu curieux des choses de l’esprit, confiné dans ses usines et privé volontairement de tout contact avec New-York avait-il pu se rendre compte aussi clairement de la puissance juive ? Il en avait eu la révélation sur le fameux « bateau de la paix » qui l’emmenait en Europe, en 1916, et il l’a raconté dans une page de souvenirs que Gringoire a opportunément rappelée le 13 février 1942 :
Sur le navire étaient deux Juifs considérables. Nous n’avions pas fait deux milles en mer qu’ils commencèrent à m’entretenir du pouvoir de la race juive, à me dire comment ils tenaient le monde par le contrôle de l’or et que les Juifs seuls et nuls autres que les Juifs pouvaient arrêter la guerre.
Je résistais à les croire et je leur dis. Alors, ils entrèrent dans des détails pour me dire par quels moyens les Juifs manoeuvraient la guerre… argent… matières premières… tant et si bien qu’ils me persuadèrent.

Ils affirmaient et ils croyaient que les Juifs avaient déclenché la guerre, qu’ils la continueraient aussi longtemps que bon leur semblerait et qu’elle ne s’arrêterait pas tant que les Juifs, n’auraient pas décidé de l’arrêter.
Alors, ayant perçu le danger, Henry Ford décida de se lancer dans la bagarre, avec tous ses moyens financiers qui étaient immenses, et ses moyens intellectuels qui étaient, hélas, beaucoup plus limités. Mais il agissait spontanément, homme de bonne volonté, dans le seul but d’ouvrir les yeux de ses compatriotes, de leur rendre service.
L’article du Dearborn Independant était le premier d’une longue série. Au début, les Juifs jugèrent plus habile de ne pas répondre. Ils firent autour du journal de Ford une vaste conspiration du silence, la méthode favorite des gens d’Israël chaque fois qu’ils sont impuissants à exercer des représailles directes contre leurs ennemis. Cependant, la vente du Dearborn Independant ne cessait de croître et les révélations de ses rédacteurs se faisaient de plus en plus précises, de plus en plus alarmantes.
Alors, certains Juifs perdirent patience et l’un d’eux, Isaac Laudmann, rédacteur en chef de l’American Hebrew défia Ford de « prouver » qu’il existait un complot juif. L’American Hebrew s’offrait à payer les détectives. C’était un piège grossier, car il est bien évident qu’il est impossible de sténographier les conciliabules des chefs de la juiverie ou de les photographier « en train de conspirer ». Mais Ford qui, comme tous les simples, avait un faible pour les romans policiers, tomba allègrement dans le panneau et lança ses propres détectives sur la piste du complot. Alors, ce qui devait arriver arriva. Le Dearborn Indépendant fut inondé de faux documents fabriqués par des policiers véreux à la solde des Juifs. Et ceux-ci en profitèrent pour triompher bruyamment chaque fois que Ford se laissait mystifier. Le fruste businessman de Detroit n’était pas de taille dans cette joute contre les talmudistes subtils et sans scrupules de New-York.
Cependant, toute cette agitation alarmait les Juifs. C’est leur intérêt majeur qu’on parle d’eux le moins possible, c’est seulement sous le couvert de l’ignorance qu’ils peuvent asseoir leur domination et mieux vaut un silence total que la plus brillante campagne de presse en faveur de la race élue. Car prendre leur défense, c’est les désigner à l’attention, et ils ne peuvent vraiment agir avec efficacité que lorsqu’il est admis une fois pour toutes qu’il n’y a pas de question juive.
Ford était accablé de papier timbré. Par centaines, des Juifs lui intentaient des procès ou exigeaient l’insertion de mises au point ou de démentis. Il s’en réjouissait : Nous avons provoqué, écrivait son journal, un grand déchaînement de bavardage au sujet de la question juive dans ce pays.
Il fallait en finir : un beau jour, sur un ordre mystérieux, tous les Juifs — ce qui n’était pas tellement grave — et tous les aryens enjuivés, contrôlés, domestiqués, asservis par les Juifs — ce qui était beaucoup plus inquiétant — se mirent à boycotter les automobiles Ford. Plus un sou pour l’ennemi des Juifs.
Ford était riche d’un milliard de dollars, mais c’était une fortune entièrement investie dans ses usines, une fortune qui faisait vivre des centaines de milliers de personnes, une fortune extrêmement vulnérable. Que la vente s’arrêtât et la débâcle serait verticale.
Alors, Ford capitula. En janvier 1922, le Bearborn Independant publia une note embarrassée expliquant que le journal devait renoncer à ses attaques, mais qu’il invitait tous les Goym à ne pas perdre de vue la question juive.
Les Juifs avaient réduit au silence le businessman le plus riche des États-Unis.

* * *

L’échec de Ford ressemble beaucoup à la faillite du Ku Klux Klan au lendemain de l’autre guerre. On sait que cette association secrète a pris naissance en Géorgie pendant la période dite « de reconstruction » qui suivit en 1865 la débâcle des armées sudistes. Le K.K.K. dont le rituel et l’aspect carnavalesque nous paraissent risibles, aussi risibles que les mascarades de nos francs-maçons, était cependant, à l’époque, impérieusement nécessaire. Et nécessaire dans sa forme même, avec ses cagoules, ses suaires et ses croix flamboyantes. On peut même dire que c’est le K.K.K. qui a sauvé, en même temps que la personne physique des blancs, tout ce qui pouvait encore être sauvé de la civilisation sudiste. C’est que, sous la protection des baïonnettes nordistes les nègres brutalement émancipés par
Lincoln avaient reçu tous les droits, on les encourageait à en user, à en abuser, à prendre toutes les revanches, à assouvir tous leurs instincts. Des troupes de pillards noirs incendiaient les fermes, massacraient les planteurs, violaient les femmes blanches. Et si un gentleman sudiste esquissait un geste de défense, il était automatiquement condamné par les cours martiales yankees. Par principe le blanc avait toujours tort, le nègre toujours raison.
Incapables de se faire rendre justice, bien résolus cependant à ne pas se laisser exterminer par leurs anciens esclaves, les sudistes vaincus imaginèrent alors le Ku Klux Klan. Ce n’était pas une mauvaise idée. L’association devait être secrète pour échapper aux recherches de la police nordiste, elle devait, de plus, avoir un aspect terrifiant pour étouffer chez les nègres toute velléité de résistance. Or, les noirs étaient tellement superstitieux que les draps de lit dont s’affublaient les membres du Klan pour ressembler à des fantômes avaient plus d’effet sur ces êtres primitifs que le châtiment le plus sanglant. À très peu de frais, en n’exécutant que le minimum de nègres, en se contentant de les épouvanter, les gens du Ku Klux Klan réussirent assez vite à ramener un peu d’ordre dans l’anarchie de la « reconstruction » et surtout à remettre chacun à sa place.
Puis, lorsque les troupes nordistes d’occupation se retirèrent et que les États du Sud recommencèrent à s’administrer eux-mêmes, le K.K.K. perdit peu à peu sa raison d’être et s’éteignit doucement. Au lendemain de la guerre de 1914-1918 il devait connaître une brève résurrection. Mais il ne s’agissait plus cette fois de mettre au pas des noirs trop entreprenants. Les buts du Klan étaient plus vastes. Le nouveau K.K.K., d’inspiration sudiste comme le premier, se proposait de débarrasser les États-Unis des influences étrangères, de tout ce qui ternissait l’idéal américain. Il professait un nationalisme jaloux, il prétendait remettre en honneur, au milieu des désordres de toutes sortes consécutifs à la guerre, le goût du travail, de la famille, de l’austérité, du patriotisme. Il dénonçait les méfaits du capitalisme, il répudiait le marxisme. Le Klan contenait en somme les germes d’un véritable national-socialisme américain. Malheureusement, les hommes qui s’étaient mis à sa tête n’avaient pas l’envergure nécessaire pour rendre populaires un idéal aussi noble et des principes aussi sains. Us s’obstinaient à conserver le rituel bouffon et désuet de la « reconstruction ». Or, si l’ère des chemises de couleur commençait, celle des fantômes était close. En 1920, avec leurs suaires, les gens du Klan ne faisaient plus peur à personne, et l’on ne se gênait pas pour se moquer d’eux.
Pourtant, en dépit de l’insuffisance de ses dirigeants et du ridicule de ses méthodes le Klan faisait d’assez étonnants progrès, surtout dans les petites villes de l’Ouest, parmi les classes moyennes, car la tentation du fascisme — ce mal du siècle, comme l’a dit Robert Brasillach avec tant de compréhensive sympathie — était grande et seul le Klan répondait à ce besoin religieux de rénovation nationale et de pureté. On évalue à environ quatre millions de personnes le nombre des adhérents et sympathisants du Klan, en 1920.
Seulement, le nouveau Klan était antisémite. Il ne pouvait pas ne pas l’être. Le danger n’était plus comme en 1865 la révolte des esclaves. Les cagoulards de la « croix flamboyante » qui nourrissaient par ailleurs d’assez naïves préventions contre les catholiques « sujets d’un souverain étranger » avaient très bien compris que les véritables ennemis de l’américanisme étaient les Juifs. Malheureusement, ils n’étaient pas de taille pour lutter contre de tels adversaires. Leur doctrine était confuse, leurs méthodes périmées, et lorsque les Juifs eurent décidé d’en finir avec le Klan la liquidation se fit en quelques mois. Pour cela, les Juifs que soutenaient toutes les associations d’obédience maçonnique eurent recours à leur arme favorite : la calomnie. Comme les Juifs contrôlaient les principaux journaux, il leur fut aisé de déshonorer les chefs du nouveau Klan. Attaqués dans leur probité, dans leur honneur, dans leur moralité, ceux-ci ne purent faire entendre leur défense. Et par ailleurs, on ridiculisait — ce qui n’était pas très difficile — l’institution tout entière, en mettant l’accent sur son rituel puéril, en assimilant ses pratiques aux traditions les plus odieusement « obscurantistes » de l’Inquisition.
Le Klan de l’après-guerre avait eu une brusque croissance. Il disparut presque aussi vite. Ainsi s’évanouirent les promesses d’un fascisme américain.
Pendant un temps on a pu croire que le père Coughlin, le radio priest, allait coaliser tous les adversaires du judaïsme. Ce sympathique ecclésiastique s’était taillé une place exceptionnelle dans la vie politique américaine. Chaque semaine il haranguait sur toutes les longueurs d’onde des millions d’auditeurs. Et ce qu’il disait n’était pas déraisonnable du tout. Il flétrissait le capitalisme et le marxisme avec une fougue de véritable fasciste, il invoquait l’encyclique de Léon XIII pour justifier l’édification d’un État nouveau où régnerait la justice sociale et, sans attaquer ouvertement la démocratie, il laissait entendre qu’il se consolerait fort bien de sa disparition.
Au début, lorsqu’on ne pouvait encore juger Roosevelt que sur ses promesses, le père Coughlin avait soutenu de toute son éloquence le candidat démocrate. Mais, dès 1934, le radio priest s’aperçut que le Président trahissait la cause des humbles, qu’il livrait le pays aux Juifs, qu’il menait l’Amérique à la guerre. Il rompit avec la Maison-Blanche et il se mit à la tête de la « Ligue Nationale pour la justice sociale ». En 1935, le père Coughlin dénonça pour la première fois devant le micro l’action des « banquiers internationaux », les Baruch, les Loeb, les Warburg, les Rothschild. Le mot juif n’était pas prononcé mais on ne s’y trompa point et les rabbins de New-York se dressèrent immédiatement pour accuser Coughlin de promouvoir des « haines de races ». Procédé classique. Dès qu’on met le pied sur un malfaiteur juif, qu’il s’agisse de Dreyfus, de Stavisky ou de Blum, tous les Juifs hurlent en choeur qu’on les attaque injustement, ils sont aussitôt solidaires du moins défendable d’entre eux.
Puis, le père Coughlin devint de plus en plus précis dans ses accusations, il se mit à appeler de plus en plus les choses par leur nom. Il voyait venir la guerre et avec beaucoup de clairvoyance il en distinguait les causes. Avec une énergie sans cesse accrue il adjurait ses compatriotes de ne pas se laisser glisser vers la catastrophe.
Je crains plus une armée de dix millions de chômeurs chez nous qu’une armée de dix millions d’ennemis au delà des flots, proclamait-il le 8 janvier 1939. Je crains plus les conséquences de la misère de vingt millions de personnes vivant au-dessous du standard de vie américain que les forces combinées des dictateurs d’Europe… Comme Wilson, Roosevelt nous entraîne à la guerre, avec les mêmes méthodes, pour les mêmes raisons…
Et le 29 janvier 1939, le père Coughlin donnait tout son sens à la frénésie des bellicistes :
Que les Juifs prennent donc position contre le communisme ! Qu’ils l’osent ! C’est le seul moyen qu’ils ont de prouver leur sincérité ! Mais ils ne s’en prennent qu’aux nazis et aux fascistes, sous prétexte qu’il s’agit de doctrines « étrangères » et qu’ils sont, eux, trop « américains » pour les accepter. Ils se gardent bien, par contre, de toucher au bolchevisme qui est tout de même — si les mots ont encore un sens — une doctrine étrangère !… Mieux, ils font tout pour que des soldats américains soient appelés un jour à mourir aux côtés des bolcheviks dans la croisade juive contre les pays totalitaires…

Pourquoi le père Coughlin qui voyait si sainement les choses n’a-t-il pas mieux réussi ? D’abord son catholicisme éloignait de lui la plupart des protestants qui entretiennent aux États-Unis le vieux préjugé antipapiste des premiers puritains.
Et puis l’homme avait ses défauts. Il y avait dans ce personnage débordant des meilleures intentions du monde un je ne sais quoi qui empêchait qu’on le prît trop au sérieux : trop d’attitudes théâtrales, trop de pirouettes foraines, pas assez de consistance dans sa doctrine.
D’ailleurs, les Juifs ne lui laissèrent pas le temps de pousser l’expérience bien loin. Dès qu’il se mit à dénoncer l’influence d’Israël et à tonitruer que les Juifs voulaient la guerre, les unes après les autres, comme par enchantement, les stations de radiodiffusion lui retirèrent leurs micros. Chassé des ondes, le père Coughlin était désarmé. On lui donna le coup de grâce dès le début des hostilités en l’inculpant de haute trahison, en l’accusant d’être vendu à l’Allemagne. Un vieux truc juif qui réussit toujours.

* * *

Quant aux autres adversaires du judaïsme, ils étaient, eux aussi, condamnés au silence. Certes, de nombreux Américains déploraient la dictature juive, des clubs et même des universités instauraient sournoisement une sorte de numerus clausus. Mais du moment que ces initiatives étaient isolées, elles n’inquiétaient guère la tribu. Ce que l’on ne pouvait pas tolérer, c’était l’expression publique de la révolte aryenne. M. Léon de Poncins cite dans La Mystérieuse internationale juive le texte d’une lettre envoyée le 13 décembre 1933 par l’Anti Defamation League de Chicago aux rédacteurs en chef des journaux américains :
Scribners and Sons viennent de publier un livre de Madison Grant intitulé : La Conquête d’un Continent. Il est extrêmement hostile aux intérêts du judaïsme.
Nous avons intérêt à étouffer la vente de ce livre. Nous croyons obtenir au mieux ce résultat en ne nous laissant pas entraîner à lui faire de la publicité.
Tout commentaire ou critique publique d’un livre de ce genre attire sur lui l’attention de beaucoup de gens qui, sans cela, en ignoreraient l’existence. Il en résulte un accroissement de vente. Moins il y aura de discussions sur ce livre, plus la vente en sera réduite.
En conséquence, nous faisons appel à vous pour éviter tout commentaire de ce livre qui sera soumis tôt ou tard à votre attention. Nous sommes convaincus qu’une obéissance générale à cette ligne de conduite servira d’avertissement aux éditeurs et les empêchera de renouveler pareille aventure.

Que faire contre une conspiration du silence aussi merveilleusement organisée ? Dans un pays où le moindre journal est imprimé sur cinquante pages, le leader antisémite James True, fondateur de l’America First Incorporated, en était réduit, avant la guerre, à envoyer à ses partisans un bulletin hebdomadaire ronéotypé, qui suait la misère. En septembre 1934, James True avait réuni les souscriptions de quatre cents industriels qui s’étaient engagés à lui verser deux cent mille dollars pour fonder un journal. M. Roosevelt ayant eu vent de l’histoire menaça les souscripteurs de les mettre sur les listes noires du gouvernement. L’argent fut retiré et James True dut se débrouiller seul, rédiger ses bulletins dans sa chambre et les tirer avec un matériel de conspirateur. Ce qui n’empêchait d’ailleurs pas les ploutocrates juifs d’accuser James True d’être vendu à l’Allemagne !
Ainsi, aucune opposition possible. Une propagande belliciste dont Roosevelt et les grands Juifs se sont réservée le monopole, qui écrase toutes les velléités de résistance, qui fait taire toutes les voix discordantes. Lindbergh revient d’Allemagne en 1938, convaincu de la suprématie aérienne du Reich. On le chasse aussitôt de la Lindbergh Air Line qui disparaît et lorsque, en 1939, le héros national prend résolument la tête de la croisade antibelliciste, on le couvre des injures les plus ignobles, on met en question son courage, son intelligence, sa probité. Le vainqueur de l’Atlantique n’est plus qu’un « vendu », le chef de la « cinquième colonne ». De besogneux publicistes juifs tout aussi vils que les gangsters qui lui ont assassiné son fils s’acharnent à le déshonorer. On a vu, d’ailleurs, que les efforts de Lindbergh s’étaient dépensés en vain. Entre un héros aryen et le clan juif, aux États-Unis, la partie n’est pas égale.

* * *

Un autre personnage, moins célèbre mais tout aussi sympathique, s’est cassé les reins dans la même entreprise, le général George van Horn Moseley. Ce militaire avait eu l’imprudence de dénoncer le complot belliciste. Il fut aussitôt convoqué devant la commission d’enquête parlementaire présidée par le congressiste Dies dont le but était de faire la « lumière » sur l’activité des fascistes et des nazis aux États-Unis. Là, le 29 septembre 1938, le général Moseley se transforma d’accusé en accusateur et son réquisitoire fut jugé si convaincant que la Commission refusa de l’insérer dans son procès-verbal. Moseley fut obligé de l’imprimer à ses frais et de l’envoyer à ses rares amis.
Le général racontait tout d’abord qu’au début, lorsqu’il s’abstenait de parler des Juifs, on lui laissait dire tout ce qu’il voulait mais que le jour même où, dans un discours, il fit allusion à la race élue, il reçut une invitation de Louis-L. Strauss de la banque Kuhn, Loeb and C°, qui lui demandait un rendez-vous « amical ». Strauss l’assurait qu’ils pourraient facilement « s’entendre ». Moseley refusa tout net. Dès lors, il ne put plus publier un seul article ni prononcer un seul discours. Il était mis à l’index par la toute-puissante censure juive.
Et Moseley d’ajouter :
C’est une bien grande erreur stratégique que de s’acharner à ne s’entendre avec nos lointains voisins ni du côté de l’Atlantique, ni du côté du Pacifique… L’Amérique cherche une dangereuse querelle à l’Allemagne… J’ai trois fils. Je ne veux pas qu’ils aillent mourir pour satisfaire les passions idéologiques de M. Roosevelt.
Un autre général (décidément, certains militaires américains sont bien sympathiques), le général Butler, s’écrie, le 11 mars 1939 :
S’il faut se battre tous les vingt ans pour la démocratie, pourquoi diable conservons-nous la démocratie ?
Naturellement ces deux généraux adversaires du casse-pipe sont aussitôt chassés de l’armée.
À la veille de la guerre, les Juifs avaient brisé toutes les résistances, ils avaient fait le vide devant eux. Certes, les Américains n’étaient pas très chauds pour aller au combat, mais alors que les bellicistes étaient solidement organisés et maîtres du pays, le parti de la paix était décapité, sans chef ni doctrine, condamné à l’impuissance la plus complète.

Pierre-Antoine Cousteau, L’Amérique juive, Les Éditions de France, 1942, p. 49-56.

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