Fraîche et joyeuse

« C’est aux États-Unis que l’on observe au mieux, que l’on goûte toute la panique du Juif, la folle angoisse qui l’étrangle, camouflée d’arrogance, à la moindre évocation d’une possibilité d’un règlement de compte général, mondial. Ils en parlent, ils en tétanisent, ils s’en désossent de terreur comme sur la chaise d’exécution. « La guerre contre Hitler ! » Et tout de suite ! Ralliement, mot d’ordre, magie précipitative, évangélisation de toute la juiverie américaine, fantastiquement démocrate.»
Louis-Ferdinand Céline
L’École des Cadavres.

Les Américains ont gardé un très mauvais souvenir de l’avant-dernière guerre. Non qu’ils aient beaucoup souffert : leurs pertes s’élevèrent à soixante-quinze mille hommes, ce qui, proportionnellement à la masse de leur population, est insignifiant. Non qu’ils aient eu à se plaindre au point de vue matériel : les destructions furent réservées à l’Europe et, malgré la carence des États débiteurs, l’opération se solda par de jolis bénéfices, par un développement vertigineux de l’industrie, par la conquête de nouveaux marchés raflés aux belligérants en Amérique du Sud et en Extrême-Orient.
Pourtant l’Américain moyen a eu l’impression d’avoir été dupé. Et, en fait, il a bien été dupé. Dupé par Wilson qui avait promis la paix pour se faire élire et qui déclara la guerre dès qu’il eut pipé les suffrages de ses compatriotes. Dupé par les alliés qui refusèrent de faire la paix « sans annexion ni indemnités » et qui se dérobèrent ensuite au paiement de leurs dettes. Dupé par l’ensemble des nations européennes que l’effroyable expérience ne réussit pas à assagir et qui recommencèrent, dès la signature du traité de Versailles, à se disputer.
Non, décidément, ces gens-là (les Européens) ne méritaient pas que l’on s’occupât d’eux, que l’on se sacrifiât pour assurer leur bonheur et pour faire régner la justice. Qu’ils se débrouillent entre eux ! Qu’ils règlent seuls leurs sordides petites querelles de préséances et de bornes-frontières.
La guerre n’avait servi à rien. Elle n’avait profité qu’aux banquiers et aux marchands de canons. L’homme de la rue, aux États-Unis, jura, dès 1919, qu’on ne l’y reprendrait plus.
En 1921, lorsque je fus admis dans une école de New-York, un de mes premiers étonnements fut de constater à quel point les alliés étaient impopulaires. En quelques mois les Américains avaient oublié qu’ils venaient de se battre contre l’Allemagne. Pas trace de rancune. Au contraire, on plaignait les vaincus de subir le traité de Versailles, on flétrissait l’« impérialisme » français et le Juif américain Otto Kahn menait campagne dans le Forum pour que l’Autriche et les provinces Sudètes de la Tchécoslovaquie fussent rattachées à l’Allemagne.
En 1929, lorsque je retournai aux États-Unis, ce sentiment n’avait fait que se développer. Les sympathies allaient à l’Allemagne, et ceci avec d’autant plus de conviction que le Reich était alors un bastion juif. Les directeurs de conscience des États-Unis aimaient la Judenrepublik de Weimar comme ils devaient aimer un peu plus tard la France juive de Léon Blum. Mais il était bien entendu que ces sympathies ne pourraient en aucun cas se manifester de façon tangible. L’Amérique était farouchement résolue à ne plus jamais intervenir, quoi qu’il arrivât, dans les affaires d’Europe.
En 1935, les sympathies américaines avaient changé d’objet. Ou plutôt, sans que l’on se fût mis à chérir la France, on flétrissait l’hitlérisme, on ameutait l’opinion contre la « barbarie raciste ». Mais l’isolationnisme américain était intact. On voulait bien encourager les combattants, on n’envisageait nullement de descendre dans l’arène. Le sentiment dominant des mobilisables moyens était que le triomphe de la démocratie en Europe ne valait pas les os d’un garde national de l’Oklahoma. Sentiment tellement fort que les polémistes juifs les plus excités n’osaient heurter de front l’opinion publique en préconisant la participation des États-Unis à la grande croisade antihitlérienne et que le président Roosevelt lui-même était contraint de rabâcher qu’il maintiendrait le pays en dehors de tous les conflits futurs.
Pourtant, le président Roosevelt était d’ores et déjà le chef spirituel de la croisade, le protagoniste secret mais fanatique de la guerre qui venait, le pape des bellicistes.
Par une coïncidence significative, le chancelier Hitler et M. Roosevelt ont pris le pouvoir à peu près en même temps, à quelques semaines d’intervalle. D’un côté, le libérateur des aryens. De l’autre, le champion de la juiverie. Entre ces deux hommes, entre les valeurs qu’ils symbolisent, pas, de compromis possible. Car du jour où Hitler est devenu chancelier du Reich date le début de la guerre que les Juifs du monde entier ont déclarée à l’Allemagne. Le physicien Einstein a exprimé avec une naïveté bien instructive les sentiments parfois cachés mais profonds des gens de sa race. Avant Hitler, il écrivait : En cas de guerre, je refuserai tout service militaire direct ou indirect et je m’efforcerai de persuader à mes amis d’en faire autant, sans tenir compte des droits et des torts quant à l’origine du conflit.
Dès qu’Hitler prend le pouvoir, le même Einstein passe la frontière et il déclare aussitôt aux gens qui l’ont accueilli : Si j’étais Belge, je ne refuserais pas le service militaire dans les circonstances actuelles, mais je l’accepterais, au contraire, en pleine conscience.
Notez qu’Einstein n’a pas plus envie « après » qu’« avant » d’aller personnellement à la riflette. Mais « avant », il prêchait la crosse en l’air et « après » il envoie au massacre d’un coeur léger, en pleine conscience, les braves petits gars aryens des pays asservis.
D’un seul coup, à l’instar d’Einstein, les Juifs du monde entier se sont transformés, avec plus ou moins de succès, en sergents recruteurs. Et M. Roosevelt est trop étroitement soumis aux Juifs pour avoir pu songer, un instant, à contrecarrer leurs aspirations. Bien au contraire, il a servi de caution morale à ces aspirations, il les a camouflées en mouvement humanitaire, il s’est employé avec une vigilante ténacité à mettre le plus d’atouts possible dans le jeu d’Israël, à dresser le plus d’adversaires possible contre l’hitlérisme, et surtout à saper, à user l’isolationnisme américain, à faire progressivement accepter par le peuple des
États-Unis l’idée que la guerre est possible, qu’elle est nécessaire, qu’elle est inévitable.
Travail de longue haleine, qui se heurtait en Amérique à beaucoup plus d’obstacles qu’en Europe. Car on peut toujours persuader à un Européen, surtout lorsqu’on le lance dans une guerre d’agression, que son existence est menacée, tandis qu’il est tout de même difficile de faire admettre à un fermier du Middle West qu’il est urgent d’aller mourir quelque part dans les Flandres.
Je me rappelle un film, « Monsieur Tout-le-Monde », qui illustrait assez bien l’état d’esprit des administrés de M. Roosevelt. « Monsieur Tout-le-Monde » est un Américain, si merveilleusement moyen en tout, qu’une maison de publicité l’a engagé pour lui servir de « témoin ». On est sûr que, lorsqu’il a choisi une cravate, c’est bien la cravate qui plaît à presque tous les Américains, on sait que le cocktail qu’il préfère est celui qui convient à la majorité des Yankees altérés, qu’une torpédo remarquée par lui au Salon se vendra sans difficulté. Les goûts de « Monsieur Tout-le-Monde » sont toujours ratifiés par la clientèle et il suffit de le consulter pour entreprendre sans risque des fabrications en grande série.
« Monsieur Tout-le-Monde » est tellement infaillible qu’on décide un jour de connaître son sentiment sur la politique étrangère On le réveille au milieu de la nuit pour lui annoncer une agression fasciste. Fichez-moi la paix, répond « Monsieur Tout-le-Monde ». Et il se rendort. Une heure après, on le prévient que la démocratie agonise en Europe. Pour l’amour de Dieu, ne troublez pas mon sommeil. Enfin on l’informe que les avions ennemis sont dans le ciel de New-York. Bien, dit « Monsieur Tout-le-Monde », dans ce cas, je vais me battre. Et il se lève pour aller s’engager.
C’est ce « Monsieur Tout-le-Monde », ce sont ces innombrables « Messieurs Tout-le-Monde » des États-Unis que le président Roosevelt, idéale incarnation du bellicisme juif, a lancés dans la guerre des démocraties.
La première chose à faire était d’éliminer les Américains clairvoyants qui avaient éventé le complot, qui avaient compris vers quels désastres le président et son gang juif entraînaient le pays. Nous avons vu dans le chapitre précédent comment ces gens ont été réduits au silence.
Un seul obstacle aux projets de M. Roosevelt, un obstacle qui était, il est vrai, de taille : l’apathie du peuple américain, sa ferme volonté de ne pas faire la guerre. Ce peuple saoulé, abruti de propagande juive, était acquis aux idées de ses maîtres. Il haïssait le fascisme. Il adorait la démocratie. Mais il ne voulait pas se battre. D’où la nécessité de lui dorer la pilule, de l’habituer tout doucement, extrêmement doucement, à l’idée de la guerre.
Au début, la volonté isolationniste du peuple américain est si grande que M. Roosevelt (tout comme Wilson) est obligé, pour conserver sa popularité, de multiplier les professions de foi pacifistes. C’est ainsi qu’il prononce, le 14 août 1936, à Chautauqua, ce discours qui constitue, comme on dit au Palais de Justice, des « aveux spontanés », qui représente le plus impitoyable réquisitoire qui ait jamais été prononcé contre le propre bellicisme du président :
Si la guerre devait éclater sur un autre continent, ne nous dissimulons pas que, poussés par l’appât de profits immédiats, il se trouverait dans le pays des milliers d’Américains qui essayeraient de nous faire sortir de la neutralité. Ils vous diront — et malheureusement leurs vues rencontreront une large publicité — que s’ils pouvaient produire et exporter tous les articles dont les belligérants ont besoin, tous les chômeurs d’Amérique trouveraient du travail. Ils vous diront que s’ils pouvaient ouvrir des crédits aux nations en guerre, ces crédits seraient utilisés aux États-Unis pour bâtir des maisons et des usines et pour payer nos dettes. Ils vous diront qu’une fois de plus, l’Amérique
s’emparerait du commerce du monde.
Il sera dur de résister à cette clameur. Il sera dur, je le crains, pour beaucoup d’Américains de regarder plus loin, de réaliser les inévitables retours qui suivent la fausse prospérité. Pour résister aux cris de cette meute, si la guerre survenait, il faudrait mobiliser la masse des Américains qui aiment la paix. Si nous avons un choix à faire entre les bénéfices et la paix, la nation devra répondre et répondra : la paix !
En 1937, le président donne à son opinion la satisfaction de la fameuse loi de neutralité qui interdit l’exportation de matériel de guerre destiné à des pays belligérants.
Cette attitude n’est d’ailleurs pas en contradiction avec les plans des membres du « trust des cerveaux ». Ceux-ci ne tenaient pas essentiellement à faire la guerre. Ils tenaient à ce que l’on fît la guerre à Hitler, ce qui n’était pas tout à fait la même chose.
Bien sûr, dans les déclarations officielles, dans les articles de presse, c’est surtout à la dictature que l’on s’en prend et l’on affecte de n’agir ainsi que pour défendre la démocratie. Mais assez curieusement, on ne blâme presque jamais le dictateur Staline, ni les dictateurs d’Amérique du Sud, ni le dictateur turc, ni Tchang Kaï Chek. Hitler seul est en cause (et aussi, à un moindre degré, Mussolini, son allié). Parce qu’Hitler est antisémite. Et seulement parce qu’il est antisémite, il doit être abattu.
D’ailleurs si Roosevelt conserve quelque prudence dans ses invectives, certains de ses collaborateurs immédiats sont beaucoup moins hypocrites, beaucoup plus francs. Ils ne craignent pas de désigner nommément l’ennemi n° 1 de la juiverie. C’est ainsi que Harold L. Ickes, secrétaire d’État à l’intérieur baptisé « le Juif synthétique » par les antisémites américains, multiplie les provocations et clame bien haut ce qu’insinue son patron Roosevelt.
Présidant le 26 avril 1938 un banquet donné en l’honneur de la racaille juive réfugiée aux U.S.A., il s’écrie :
Les États-Unis se sont enrichis du flot des esprits brillants réduits à l’exil par les persécutions nazies. Notre pays salue ces exilés !… Bientôt les rayons de la liberté perceront les nuages sombres, car le plus puissant des tyrans ne peut tuer l’âme de l’homme.
Le 18 décembre 1938, parlant à Cleveland (Ohio), il est plus précis encore :
On insulte le moyen âge en lui comparant les pays totalitaires modernes… Si l’on veut faire une comparaison, il faut remonter à l’âge où il n’y avait pas de civilisation, mais simplement de la bestialité. Certaines régions de l’Europe permettent en ce moment aux anthropologues d’étudier l’homme préhistorique sans recourir à une mâchoire ou à une dent humaine remontant à l’époque préhistorique.
Jamais, en temps de paix, dans aucun pays du monde, un ministre responsable n’avait encore défié plus insolemment une nation étrangère avec laquelle n’existe aucun différend sérieux. Mais les Juifs américains sont tellement aveuglés par leur fureur raciste qu’ils ont perdu toute espèce de pudeur. Ils trépignent d’impatience. Ils brûlent de se venger, il leur faut du sang, des cadavres, le plus vite possible.
Interprète fidèle des passions qui animent les maîtres des États-Unis, l’American Hebrew écrit tout crûment, le 3 juin 1938 :
Hitler chevauche une vague, il va y sombrer. Il a oublié l’exemple du Pharaon, le sort de ceux qui persécutent le peuple élu. Ce peuple se lève toujours pour mordre au talon ceux qui veulent marcher sur lui.
Les forces de la réaction sont mobilisées. Une combinaison de l’Angleterre, de la France et de la Russie arrêtera tôt ou tard la marche triomphante du Führer que le succès affole. Soit par accident ou par décision ( ?) un Juif est monté à un poste d’importance prédominante dans chacune de ces trois nations ; dans les mains de ces non-aryens réside le sort de millions de vies humaines.
Blum n’est plus premier ministre de la France, mais le président Lebrun n’est qu’un homme de paille et Daladier n’a pris les rênes que pour un moment. Léon Blum est le Juif prédominant, celui qui compte. Il peut donc être le Moïse qui, au bon moment, conduira la nation française.
Le grand Juif qui siège à la droite de Staline, ce soldat de plomb du communisme, Litvinov, a grandi en stature au point de dépasser n’importe quel camarade de l’Internationale, à la seule exception du chef au teint jaune du Kremlin.
Fin, cultivé, l’habile Litvinov a imaginé et réalisé le pacte franco-russe. C’est lui qui a convaincu le président Roosevelt. Il a réalisé le summum dans le jeu diplomatique en gardant la conservatrice Angleterre conduite par les Etonians en chapeau de soie dans les termes les plus amicaux avec la Russie rouge.
Et Hore Belisha ! Suave, versatile, rusé, ambitieux et compétent, flamboyant, autoritaire, son étoile s’élève toujours. Il suivra le chemin de Disraeli jusqu’à la résidence du 10 Downing Street où se décide le destin de tous les sujets du roi. La montée de Bore Belisha a été sensationnelle. Il est passé maître dans le sage emploi de la propagande, ayant acquis son expérience auprès de lord Beaverbrook. Il a manoeuvré pour tenir son nom toujours en vedette. Ce jeune homme agressif a transformé la vieille armée anglaise déguenillée, rustre, routinière et usée en une machine guerrière mécanisée qui est sur pied de guerre
dans un monde qui menace de devenir un simple crottin ( ?) pour les dictateurs.
Ces trois fils éminents d’Israël vont se liguer pour envoyer au diable l’audacieux dictateur qui sera abaissé — pas trop doucement — dans un trou creusé dans la terre. Et alors les Juifs chanteront Alleluia. L’Europe sera broyée en morceaux.
Il est presque certain que ces trois nations se tiendront coude à coude, dans une virtuelle alliance contre Hitler. Quand la fumée de la bataille tombera, quand les clairons se seront tus et quand les obus auront fini d’exploser, alors le trio des non-aryens entonnera un Requiem qui sonnera curieusement comme un mélange de la Marseillaise, du Gode save the King et de l’Internationale, se terminant dans une grande finale agressive, fière et militante qui sera l’hymne juif : Eili ! Eili !
À la lueur de cet article, la politique américaine de ces dernières années devient limpide : tout pour la guerre, ne rien négliger pour envenimer les querelles européennes, pour encourager les russo-franco-britanniques à aller de l’avant, le meilleur encouragement étant de leur laisser croire qu’en cas de conflit l’Amérique se précipitera à leur secours. D’où le jeu extrêmement subtil de M. Roosevelt qui s’emploie, d’une part, à rassurer son opinion publique (soyez tranquilles, nous ne bougerons pas !) et d’autre part, à exciter les démocrates bellicistes d’Europe (allez-y, nous sommes avec vous !)
Ce n’est pas par hasard que le premier ambassadeur nommé à Paris par M. Roosevelt est le Juif Jesse Strauss (propriétaire des magasins Macy de New-York) et que son successeur est le demi-Juif William Bullitt, fils de la Juive Louisa Gross Horwitz et marié à la veuve du leader communiste américain John Reed. Bullitt arrive tout droit de Moscou où il a tumultueusement sympathisé avec Staline et où il a cédé sa place à un autre Juif, Steinhardt. La mission de ces gaillards est précise. Ils doivent mettre le feu aux poudres.
La crise tchèque fait frétiller d’allégresse tous les Juifs d’Amérique. C’est l’occasion tant espérée, tant attendue. M. Pittmann, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat écarte d’avance toute tentative de compromis : La Tchécoslovaquie, dit-il, a le droit d’attendre et de demander la protection des gouvernements responsables de sa création et qui se sont engagés à la protéger. Bernard Baruch, après avoir passé tout l’après-midi avec le président Roosevelt, téléphone à sir John Simon : Ne cédez pas, nous vous soutenons. Mais les Anglais trouvent que la guerre serait prématurée et c’est l’accord de Munich qui est accueilli en Amérique avec une véritable consternation. La presse juive,
horriblement déçue, exhale sa fureur contre la France : Alors quoi ? On se dégonfle ? On renâcle ? On ne veut plus être le « Christ des Nations » ? Les Français n’ont donc plus rien dans le ventre ?
Au retour d’un voyage aux États-Unis, le docteur Goldmann, un des leaders du « Congrès juif mondial », résume assez bien cette déception dans une interview que l’Ordre (15 janvier 1939) recueille pieusement :
Les Juifs d’Amérique ont compris que l’époque humanitaire est à jamais révolue, que le problème juif ne ressortit plus à la philanthropie, que, pour sauver le corps mutilé du peuple juif, il faut, non plus des emplâtres de bienfaisance, mais une action d’ensemble, précise, énergique, radicale.
Qu’il me soit permis d’ajouter quelques mots encore sur l’étonnement attristé qu’éprouvent des différents milieux (les bellicistes américains) en constatant que la France est absente du combat décisif qui se livre aujourd’hui dans le monde autour des droits de l’individu.
De son côté, Roosevelt comprend qu’une des raisons qui ont retenu les démocraties est l’incertitude dans laquelle elles se trouvent sur la nature de l’appui américain (4) et qu’il devient nécessaire, si l’on veut vraiment qu’elles se battent, de leur prodiguer des encouragements plus spectaculaires sans prendre naturellement d’engagements précis. L’assassinat du conseiller von Rath par le misérable Grynspan lui en fournit l’occasion. C’est le premier coup de feu de la guerre mondiale, quelque chose d’assez semblable à l’« exploit » du Juif Princip à Saraïevo. Mais le vertueux M. Roosevelt n’a pas un mot pour plaindre la victime et dès que le Reich décide des représailles contre la communauté israélite, il se solidarise avec le meurtrier : dans un geste de théâtre, il rappelle son ambassadeur à Berlin. Puis, dans un discours prononcé au début de janvier 1939, il se lance dans une violente diatribe contre le racisme. Nos bellicistes n’attendaient que cela pour redresser la tête.
Voici qu’un nouvel espoir, qu’un nouvel encouragement nous viennent de l’autre rive de l’Atlantique, écrit Pierre Brossolette dans le Populaire (5 janvier 1939). De telles paroles méritent les applaudissements, certes. Mais elles font plus. Elles nous imposent des devoirs.
Le président Roosevelt n’est ni un Munichois, ni un pleutre, ni un complice, renchérit Gabriel Péri dans l’Humanité, c’est un homme d’État clairvoyant et courageux.
Et Albert Bayet, qui n’en rate pas une, écrit dans la Lumière : Le président Roosevelt, une fois de plus, s’est fait l’interprète éloquent de la conscience humaine.
Ainsi, Roosevelt est devenu chez nous le directeur de conscience des avaleurs de sabres. Et lorsque des journaux français — comme ce fut le cas de Je suis Partout et de Gringoire — font timidement remarquer que si les belles harangues du président nous poussent à la guerre, elles ne nous apportent aucune aide militaire, ces voix sont aussitôt couvertes par les clameurs furieuses des bellicistes. Roosevelt est sacré, Roosevelt est tabou. Défense de formuler la moindre critique contre le pape de la croisade antifasciste. Défense de chercher à comprendre.
Pour un peu, on nous dirait qu’il faut se battre parce que la paix chagrinerait trop le bon président et qu’il ne faut lui faire nulle peine, même légère.
Les gens « bien informés » colportent la « certitude » que les États-Unis sont prêts à marcher et l’ambassadeur Bullitt appuie ces rumeurs de toute son autorité. En février 1939, on annonce qu’au cours d’une conférence de presse, M. Roosevelt a déclaré que la frontière des États-Unis était sur le Rhin. Un député — Juif naturellement — le congressiste E.-V. Isaac qui représente la Californie et qui est membre de la commission des Affaires étrangères, confirme cette rumeur devant le Parlement et déclare bien haut qu’il approuve les propos du président.
Cependant, Roosevelt est obligé de démentir (car tous les référendums — cela, on n’en tient pas compte — donnent 90 % des suffrages aux adversaires d’une participation à la croisade) mais à Paris, les bellicistes refusent d’accepter le démenti, ils tiennent la boutade prêtée au président pour un engagement solennel. Ce frénétique acharnement que mettent nos antifascistes à être plus Rooseveltiens que Roosevelt. c’est l’autre aspect, l’aspect parisien du complot contre la paix.
— On ne prend la peine de démentir, écrit Kérillis, que les choses vraies !
— M. Roosevelt dément une phrase, note Paris-soir. Ce n’est pas dire qu’il souscrit à l’idée contraire.
— La mise au point de M. Roosevelt, affirme la voyante Geneviève Tabouis dans l’OEuvre, ne change rien au fond de la politique très nette mainte fois affirmée par le président des États-Unis.
Le démenti d’hier, renchérit l’Ordre, ne diminue pas la joie que nous avons éprouvée sur le premier moment. Ce qui compte, c’est l’esprit et non la lettre.
— La mise au point, dit Gabriel Péri, dans l’Humanité, ne modifie pas substantiellement l’esprit de ces propos.
Et Léon Blum enfin, toujours infaillible, explique sous le titre « une mise au point qui confirme » :
— Le président Roosevelt n’a pas tenu le langage exact qu’on lui a prêté, mais qu’on ne s’avise pas, maintenant, de lui prêter une pensée contraire à celle que son langage exprimait.
Donc, à Paris, dans le gang belliciste, une volonté farouche de croire au mirage américain, de prendre de vagues promesses, même manifestement fausses, même démenties, pour des engagements formels. — « Et s’il me plaît à moi d’être cocu ? » — et de s’en autoriser pour lancer la France forte de l’« alliance » américaine dans les plus folles aventures.
Le frère de Léon Blum, René Blum, chargé de mission artistique (sic) aux États-Unis en 1939, se fait, avec tant d’autres, le champion de l’illusionnisme :
Nous avions perdu du terrain après Munich, déclare-t-il à la presse. Mais les récents événements (la tension franco-allemande) font remonter notre coteL’Amérique est un pays sur lequel la France peut compter !
Les jobards acceptent ces cajoleries juives sans discuter. De plus en plus l’homme de la rue incorpore chez nous la puissance américaine dans la coalition antifasciste. Et les ministres des « grandes démocraties » ne sont pas moins crédules, ou ils affectent de l’être. La tâche des émissaires de M. Roosevelt en est singulièrement facilitée.
On sait qu’à Paris, Bullitt se multiplie, qu’il fait le siège de nos hommes d’État, qu’il va de l’un à l’autre, prodiguant les conseils de « fermeté », laissant entrevoir une aide miraculeuse et se fâchant tout rouge lorsqu’il croit deviner, chez les bellicistes français, un certain fléchissement.
Les excitations de Bullitt n’ont pas laissé chez nous de trace matérielle. Ras de promesses écrites ! Mais si l’on conservait quelque doute sur le rôle joué par ce singulier diplomate, il suffirait de se rapporter à un rapport envoyé à son gouvernement par M. Jerzy Potocki, ambassadeur de Pologne à Washington. M. Potocki rend compte d’une longue conversation qu’il a eue avec Bullitt, au cours de laquelle l’envoyé de M. Roosevelt a précisé :
L’opinion formelle du président est que la France et l’Angleterre doivent mettre un terme à toute politique de compromis avec les États totalitaires. Elles ne doivent s’engager avec eux dans aucune discussion ayant pour but des modifications territoriales, quelles qu’elles soient.
M. Bullitt donne l’assurance morale (sic) que les États-Unis renoncent à la politique d’isolement et sont prêts en cas de guerre à intervenir de façon active ( ?) aux côtés de l’Angleterre et de la France.
Le diplomate polonais ajoute :
Bullitt souligna en toute netteté que la France ne devait se prêter à aucun genre d’accord avec Mussolini.
À Londres, mêmes pressions. Roosevelt fait savoir à Chamberlain, après l’occupation de Prague, que si l’Angleterre ne renonce pas à la politique de Munich, il dénoncera le traité de commerce anglo-américain. C’est un véritable ultimatum.
On sait quel fut l’épilogue de cette action diplomatique : la guerre de septembre 1939. Ce n’est point mon intention de trouver des circonstances atténuantes aux misérables qui ont précipité la France dans cette effroyable aventure, mais il convient de noter qu’ils y furent poussés, pour une large part, par le gouvernement américain. Les Juifs de New-York et de Washington avaient atteint leur but, ils avaient lancé l’armée française contre Hitler
Les choses, ensuite, ne se passent pas très exactement comme ils l’avaient escompté. L’armée française est écrasée (sans d’ailleurs que l’Amerique daigne répondre aux signes de détresse de l’affreux petit Reynaud). Et, au lieu d’une victoire de la démocratie juive, c’est l’hitlérisme qui triomphe.
Affreuse déception. Alors, Roosevelt comprend qu’il faut aller plus loin encore et payer de sa personne, ou plus exactement payer avec les cadavres des soldats et des marins yankees offerts en holocauste à la vengeance juive. Il décide que les États-Unis doivent entrer eux-mêmes dans la guerre. Article par article, il se met à grignoter sa propre loi de neutralité pour pouvoir ravitailler l’Angleterre, dernier bastion juif en Europe occidentale qui n’a pu résister jusqu’à ce jour que grâce aux envois de vivres et de matériel des Américains (expédiés d’ailleurs au prix fort).
En septembre 1940, Roosevelt cède à l’Angleterre cinquante vieux destroyers en échange de bases navales prélevées sur l’Empire britannique, puis il obtient du Congrès l’autorisation de prêter de l’argent au gouvernement de Londres. En même temps, les marins américains reçoivent l’ordre de communiquer à la flotte anglaise tous les renseignements qu’ils pourront recueillir sur les mouvements des navires de l’axe.
Roosevelt dépêche dans les Balkans le fameux colonel Donovan, dit « le sauvage Bill » qui est chargé, en étroite liaison avec l’Intelligence Service, de saper par tous les moyens l’influence allemande, de subventionner les terroristes et les saboteurs, de provoquer des insurrections contre les gouvernements qui seraient tentés de composer avec les puissances de l’axe.
En mars 1941, Roosevelt ordonne la saisie de tous les bateaux allemands et italiens réfugiés dans les ports des U.S.A.
Dès qu’éclate à Belgrade le putsch antifasciste du colonel Simovitch, Roosevelt qui a plus ou moins financé ce complot, se hâte d’accorder sa « garantie » aux nouveaux maîtres de la Yougoslavie. Ceux-ci, forts de l’« appui » américain, provoquent le Reich et l’affaire se règle militairement, en dix jours, à la grande confusion des « protecteurs ».
Le 14 juin 1941, Roosevelt saisit tous les avoirs allemands bloqués aux États-Unis.
Le 19 juin, un destroyer américain combat à la bombe un sous-marin allemand.
Le 7 juillet, des troupes américaines occupent l’Islande, possession danoise.
Le 10 juillet, la flotte américaine reçoit l’ordre de tirer, à vue, sur les navires de l’axe, et le 4 septembre, un destroyer des U.S.A. exécute cet ordre.
Le 11 septembre, Roosevelt confirme publiquement qu’il a bien ordonné de faire feu sur les navires allemands et italiens.
Le 17 octobre, nouvel acte de guerre de la flotte américaine.
Le 6 novembre, un vapeur allemand est capturé en haute mer par des torpilleurs yankees. De plus, les convois anglais sont désormais escortés par des bateaux de guerre américains.
Ainsi, bien que la guerre ne soit pas déclarée, bien que l’état de paix subsiste théoriquement entre les puissances de l’axe et les U.S.A., les Américains ne cessent de multiplier les actes d’hostilité. Cela, bien entendu, sans que le peuple américain soit consulté, par la seule volonté de M. Roosevelt et de ses conseillers juifs. Aux États-Unis l’opposition à la guerre demeure puissante, malgré les frénétiques excitations des pamphlétaires hébreux et le colonel Lindbergh, symbole de la volonté de paix des masses américaines et chef de la puissante ligue anti-interventionniste America First (l’Amérique d’abord) conserve assez d’influence sur la majorité de ses compatriotes pour interdire à Roosevelt de franchir légalement le Rubicon.
Roosevelt obtient du Congrès tout ce qu’il désire, tous les crédits, tout le matériel nécessaire pour soutenir l’Angleterre, mais il lui reste impossible d’obtenir une déclaration de guerre formelle… C’est pour cela que s’autorisant des pouvoirs que lui confère la constitution qui fait de lui le chef suprême de l’armée et de la marine, il cherche l’« accrochage », l’incident qui précipitera l’irréparable, qui lui permettra de mater son opposition, sous prétexte d’union sacrée, et de mobiliser pour la croisade antifasciste toutes les forces du pays.
Seulement, la vraie guerre, Roosevelt l’a eue sur un terrain qu’il n’avait pas choisi, contre un adversaire dont il avait sous-estimé la puissance. Car en même temps qu’il encourage la résistance des ennemis de l’Europe nouvelle, Roosevelt poursuit dans le Pacifique de subtiles intrigues et s’efforce d’intimider le Japon en organisant son étranglement économique. Toujours la même illusion des ploutocrates libéraux pour qui tous les problèmes politiques se réduisent à des statistiques de matières premières, à des bilans industriels, cette illusion que le New-York World Telegram a exprimée en ces termes :
La nation qui contrôle le commerce et le crédit contrôle le monde et celle qui manoeuvre les canons importe peu.
Sur le papier, le Japon, pays pauvre, est condamné. Déjà les économistes distingués exécutent sur son cadavre une furieuse danse du scalp. Déjà l’amiral Stirling se fait fort de lui régler son compte en six semaines. Déjà le New-York Herald Tribune écrit dans son éditorial du 20 octobre 1941 :
Le moment est particulièrement favorable pour corriger une fois pour toutes les Japonais.
Et puis, brutalement, d’un seul coup, le Japon brise l’étreinte anglo-saxonne. Alors se révèle l’infériorité congénitale du colosse américain. En quelques heures la flotte du Pacifique est mise hors de combat, en quelques semaines, les Yankees sont chassés de leurs possessions d’Extrême-Orient. On s’aperçoit — mais nous, nous le savions depuis longtemps — que les États-Unis sont une nation pourrie, affreusement impuissante, incapable de prévoir, de s’organiser, de vaincre, qu’ils sont, en un mot une démocratie, une vraie démocratie.
Ce n’est pas impunément qu’un pays s’abandonne aux Juifs et joue avec les « immortels principes ». Les mêmes microbes provoquent sous toutes les latitudes les mêmes désordres organiques et ce qui a failli tuer la France ne pouvait pas faire de l’Amérique une nation saine.
Les Yankees s’apercevront — trop tard sans doute — du mal que les Juifs leur ont fait. Ils se rendront compte de leur asservissement et de leur avilissement. Ils comprendront que leurs maîtres les ont froidement lancés dans une guerre folle sans autre raison que le désir d’assouvir une vengeance raciale, d’assurer le triomphe mondial d’une race étrangère, profondément étrangère, qui n’amène avec elle, depuis deux mille ans, partout où elle réussit à dominer, que la ruine, la honte, la corruption et la guerre.
Alors ce jour-là, lorsque les Américains comprendront vraiment, il y aura un assez joli pogrom à l’ombre des gratte-ciel.

Pierre-Antoine Cousteau, L’Amérique juive, Les Éditions de France, 1942, p. 57-67.

(4) Le New-York Times écrivait en décembre 1938 : Évidemment, la France et l’Angleterre sont bien obligées d’être prudentes, mais nous, pourquoi nous gênerions-nous ?

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