Mon nom est personne

A force d’avoir les yeux rivés sur « l’œil de la Police de la pensée », sous lequel « De sa naissance à sa mort, un membre du Parti vit », Winston ne voit plus rien. Le lecteur de « 1984 » non plus. C’est que G. Orwell se fourvoie et, par conséquent, fourvoie ceux de ses lecteurs qui manquent de discrimination, lorsqu’il fait de l’« œil qui voit tout », appelé aussi l’« œil omniscient », l’attribut d’un individu de sexe masculin, « Big Brother ». En effet, l’« œil omniscient » est l’attribut, ou du moins un des attributs traditionnels de la Grande Déesse mère et de ses innombrables avatars.

Un dieu, avec ou sans majuscule, est la représentation d’un état de conscience. Les divinités masculines représentent des états de conscience supérieurs, actifs ; les divinités féminines, des états de conscience inférieurs, passifs et, dans le pire des cas, végétatifs. Les états de conscience sont en même temps des forces, des influences. Les états de conscience supérieurs sont d’ordre spirituel, tandis que les états de conscience inférieurs sont d’ordre psychique et, dans le pire des cas, d’ordre infrapsychique. Dans le domaine matériel, toute force, toute influence est représentée d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement ; indirectement, dans les religions iconoclastes ; directement, dans tous les autres cultes. La même divinité, c’est-à-dire le même type de force, d’influence, peut être représentée par divers symboles, qui constituent ses attributs et sont tous liés les uns aux autres par un rapport d’analogie. Dans ce qui suit, il ne faudra pas perdre de vue que les attributs des divinités féminines sont non seulement multiples et protéiformes mais encore trompeurs, dans le sens où chacun d’entre eux peut en dissimuler un autre de manière plus ou moins visible ; il faudra d’autant moins le perdre de vue que les symboles en question sont en quelque sorte subliminaux. Multiples et protéiques, les attributs des divinités féminines le sont par définition, parce que les divinités féminines sont des manifestations de la materia prima et que la matière est multiplicité.

Il existait originellement deux grands types de symbolisme : un symbolisme solaire et un symbolisme lunaire, dont chacun était lié à une race déterminée.

Le culte hyperboréen propre à ce que J. Evola appelle la « race boréale » est polaire, solaire et solsticial ; ses symboles principaux sont le svastika, le cercle, le cercle à rayons, la hache. Le principe lumineux y est caractérisé par l’immutabilité et la centralité : l’Apollon hyperboréen représente le soleil en soi, la nature dominatrice et immuable de la lumière.

Le culte des « races du Sud » est au contraire (tellurico)-lunaire et équinoxial. Les symboles caractéristiques de ce culte sont l’eau, symbole de la materia prima, les pierres, la caverne, archétype de la matrice maternelle, les pierres, expressions concrètes de la Grande Déesse mère, la lune, symbole du temps qui passe, des rythmes biologiques, source de fécondité. « Le symbole de la Mère […] n’apparaît pas, sinon d’une manière très secondaire, dans les traditions d’origine purement boréale, tandis que, dans les civilisations et les races du Sud, il est prédominant et prend souvent une importance centrale… »

Sous l’effet du métissage, deux nouveaux grands types de symbolisme ont vu le jour à une époque ultérieure, dont chacun a conservé des éléments des deux symbolismes originaires dans une proportion plus ou moins grande et qui sont donc liés respectivement à la « civilisation hyperboréenne » et à la « civilisation atlantique ». « … Le rapport qui s’établit entre les deux principes (la Mère et le Soleil) est ce qui explique deux formes différentes de symbolisme, dont l’une conserve des traces de la tradition « polaire » nordique, tandis que l’autre caractérise un nouveau cycle, à savoir l’âge d’argent, un mélange du Nord et du Sud, qui constitue déjà une dégénérescence ». Entre autres caractéristiques de cette différenciation régressive, il y a le fait que, «… là où les solstices sont toujours mis en relief, il subsiste sans aucun doute un lien avec le symbolisme « polaire » (l’axe nord-sud), alors que le symbolisme des équinoxes est associé au plan longitudinal (Est-Ouest), de sorte que la prédominance de l’un ou de l’autre de ces symbolismes dans les différentes civilisations permet souvent à lui seul de déterminer ce qui s’y rapporte à l’héritage hyperboréen et à l’héritage atlantique. Cependant, dans ce qui peut être appelé plus exactement la tradition et la civilisation atlantique », à laquelle nous verrons que l’Egypte ancienne se rattache, « nous sommes face à une forme mixte. Ici, la présence ordinaire d’un symbolisme solsticial témoigne de la survivance d’un symbolisme solaire ; mais la prédominance du thème du dieu solaire qui change, le fait que la figure de la Mère et des symboles semblables soient apparus au solstice et qu’il y aient acquis la primauté par la suite, sont les signes d’une autre influence, d’un autre type de spiritualité et de civilisation » En effet, « Lorsque le centre est constitué par le principe masculin solaire conçu comme vie qui croît et décline et passe par un hiver et un printemps, une mort et une renaissance, ainsi qu’il en est des « divinités de la végétation » , alors que le principe inaltérable et immuable est identifié à la Mère universelle et à la Terre en tant que principe éternel de toute vie, matrice cosmique, source et siège inépuisable de toute énergie, nous sommes en présence de civilisations décadentes, du deuxième âge [celui d’argent], qui sont traditionnellement placées sous le signe de l’eau ou de la lune. Inversement, partout où le soleil continue à être conçu comme pure lumière, comme « virilité incorporelle » surnaturelle et incréée ; partout où, suivant cette signification « olympienne », l’attention est concentrée sur la nature lumineuse et céleste des étoiles fixes, car elles semblent être moins sujettes à cette loi de naissance et de déclin qui, dans la conception opposée, affecte le soleil lui-même comme dieu de l’année, la spiritualité la plus élevée, la plus pure et le plus originelle (celle du cycle des civilisations ouraniennes) subsiste (1). »

La nature du dieu Hélios témoigne de la différentiation et de l’altération que subit le symbolisme solaire propre aux Hyperboréens au contact des peuples de race négroïde auxquels ils se mêlèrent au cours de leur migration vers le Sud et chez lesquels prédominait le symbolisme lunaire et équinoxial (2). En effet, alors que l’Apollon hyperboréen représente une essence immuable et parfaite, Hélios symbolise le soleil dans sa course quotidienne, ou annuelle, avec ses levers et ses couchers. « Guidant son impétueux équipage, l’astre divin apparaît à l’est, monte dans le ciel jusqu’à atteindre le zénith, puis amorce sa descente avant de se coucher à l’ouest » (3).

Il en va de même pour le soleil dans l’Égypte ancienne. Sous l’influence des cultes « solaires » « méridionaux », il n’est plus considéré comme une nature immuable et incorruptible mais comme une entité qui, pour reprendre une expression forgée par J. Frazer, meurt et ressuscite. Ici, le soleil se lève et se couche ; il se couche dans un élément féminin, maternel, le plus souvent la Terre ou les Eaux, protagoniste « d’une « passion » mythico-rituelle de mort et de résurrection liée à l’alternance des saisons » et qui se déroule suivant un schéma identique : « des personnages sujets à une crise, caractérisés par une mort et une descente aux Enfers, suivie d’un retour périodique à la vie, tous profondément liés à une déesse par un rapport amoureux. Leur crise, leur descente dans le monde des morts et leur retour symbolisent le processus naturel de la végétation, réactualisé par l’homme à travers des rites spécifiques dont le but est de favoriser le retour de la vie sous toutes ses formes » (4). Tel est le cas, par exemple, de Tammuz, le « dieu de la « fertilité » babylonien, d’Attis, le « dieu de la « végétation » phrygien, parèdre de Cybèle (5).

« Le concept du dieu qui meurt […] découlait naturellement d’une interprétation littérale du culte de la nature ; car la nature, qui, avec les changements de saisons, semble connaître une dissolution, représentait », pour les peuples qui partageaient ce concept, « l’image formelle de Dieu » (6).

La religion égyptienne apparaît incontestablement comme un « mélange du Nord et du Sud », dont la composante méridionale n’a fait que s’accentuer au cours du temps, même si le culte de la Grande Déesse mère n’y a jamais acquis l’importance qu’il a toujours eu dans les religions des peuples sémites et négroïdes. Avant de voir pour quelles raisons il en a été ainsi, il convient de rappeler que la religion égyptienne ne possède pas de doctrine définie, étant plutôt composée « d’innombrables spéculations très divergentes et souvent contradictoires. Ce flou doctrinal est accentué par la façon dont les traditions ont été transmises. Il est rare qu’un récit mythologique soit complet (7). » De plus, comme dans presque toutes les mythologies, la plupart des mythes égyptiens ont plusieurs versions, plus ou moins différentes les unes des autres, suivant l’époque à laquelle ils ont été rédigés, sans compter que certains mythes, comme celui d’Isis et d’Osiris, ne sont apparus dans leur forme définitive qu’à une époque relativement récente et qu’il n’est évidemment pas question de les mettre sur le même plan que les mythes archaïques. La mythologie gagne à être étudiée diachroniquement.

Dans la première partie de cette étude, nous nous intéresserons au symbole de l’œil et aux symboles qui y sont liés dans la mythologie égyptienne et dans les panthéons proche- et moyen-orientaux et nous verrons que l’œil est l’attribut principal du dieu omniscient, que celui-ci soit « solaire » ou céleste. Dans la deuxième partie, nous nous apercevrons que l’œil a été incorporé dans les « religions du Livre » sous des formes de plus en plus stylisées, de plus en plus méconnaissables et nous commencerons à voir ce qui se cache en réalité derrière l’œil. Les cabales gouvernementales et les sectes para-gouvernementales qui sont à la tête des pays dits « européens » depuis déjà quelque temps mènent à son terme le travail de sape qui, commencé à une époque très reculée, a été poursuivi sans relâche depuis l’antiquité par les suppôts des ethnies à l’origine des « religions du Livre » contre les peuples de race blanche, dont la plupart des représentants actuels, abêtis, émasculés, abâtardis à force de croisements inappropriés et criminels, s’imaginent que la seconde guerre mondiale s’est achevée en 1945 et que la crise actuelle est uniquement d’ordre économique : l’œil, soit en tant que tel, soit sous des formes schématisées plus ou moins reconnaissables à première vue, est demeuré le signe de reconnaissance de ces organisations parasitiques et subversives, une des armes les plus efficaces de la guerre à mort psychologique et psychique qu’elles mènent avec acharnement.

En ce qui concerne le mythe de la création, « les théologiens d’Héliopolis et d’Hermopolis tenaient que le créateur était le dieu-soleil Râ, ceux de Memphis lui préféraient le dieu-terre Ptah » (8), auquel Râ lui-même était soumis. « La manière dont le démiurge se manifesta pour la première fois était un sujet de spéculation. D’après les textes du temple d’Edfou, il prit son envol depuis la ténèbre primordiale sous la forme d’un faucon, pour s’établir sur un roseau au bord de l’eau. Les prêtres hermopolitains faisaient preuve d’une imagination plus fertile encore. A les en croire, juste après « la première fois », huit divinités primitives – certaines sous l’apparence de grenouilles, d’autres sous celle de serpents et toutes, par conséquent, directement liées au chaos aqueux – donnèrent naissance à une fleur de lotus dans le lac du temple d’Hermopolis, d’où Râ émergea sous la forme d’un enfant. Les Hermopolitains évoquaient également un œuf cosmique qui aurait éclos sur la colline. Mais l’iconographie prêche en faveur d’une version encore différente, d’origine héliopolitaine. Las de flotter dans le Noun, le démiurge se serait hissé sur la colline sous la forme d’un homme déjà muni d’yeux, d’une bouche, d’une langue de mains, d’un cœur, de bras, de jambes et d’un pénis. » En d’autres termes, « Au début, Râ était sorti des eaux primitives, du Nou, dans lequel il reposait inerte de toute éternité, et, par sa seule énergie, il avait tiré de lui-même un couple divin, Shou et Tafnouît, les maîtres de l’aurore et du crépuscule, de l’atmosphère et de la pluie. Shou et Tafnouît avaient engendré Sibou-Gabou le dieu-terre et Nouît la déesse-ciel, ou plutôt Shou, se glissant entre ces deux êtres qui étaient endormis dans les bras l’un de l’autre, les avait séparés pour former de Gabou la terre, de Nouït le ciel. Gabou et Nouît avaient eu pour enfants Osiris et Typhon, Isis et Nephthys, qui avaient introduit dans le monde la civilisation, la mort et la résurrection (9). »

Dans certains mythes, le dieu-soleil est appelé Horus le matin, Rê à midi, Atûmû le soir. Dans d’autres mythes, il est appelé Harmakhûîti le matin (Harmakhûîti est aussi le soleil d’été), Atûmû l’après-midi (Atûmu, le soleil d’automne), Râ au couchant (Râ, le soleil de printemps), Khepri la nuit (Khepri, le soleil d’hiver). Toujours est-il que « Râ […] s’offrait […] comme le prototype céleste de l’homme qui naît, vit et meurt pour renaître encore » ; « … l’imagination des Égyptiens chercha dans la succession des phénomènes solaires l’indication des phases diverses de l’existence humaine. Chaque point de la course de l’astre lumineux fut regardé comme correspondant aux différentes étapes de son existence (10). »

Dans la mythologie égyptienne, il est donc clair que le soleil est soumis à la loi du devenir. La nuit, ou il éclaire la région des morts, ou il se repose dans un lieu du monde inférieur dont le nom témoigne de la persistance d’un symbolisme solaire d’esprit hyperboréen : « l’île des flammes ». Cependant, les aspects féminins du symbolisme solaire s’accentuent sous le nouvel empire, où le soleil, au cours de son voyage diurne dans le monde souterrain, est représenté avec une tête de bélier, comme khnoum, gardien des eaux remontant du monde inférieur et maître des enfers : le soleil, la nuit, disparaît dans le royaume ténébreux de Khnoum et s’unit à lui. D’autre part, les deux obélisques rouges érigés devant les portes des temples étaient primitivement destinés à symboliser les limites de la course du soleil et principalement les équinoxes, ce qui, si l’on se souvient de ce qui a été mentionné précédemment sur le symbolisme des équinoxes, n’en fait donc pas un symbole d’origine hyperboréenne (11).

La plus ancienne théorie égyptienne de la création est que les hommes « étaient nés de [l’] œil » divin, ou « [des) yeux » divins et, plus précisément, d’une essence coulant de l’œil divin, après que celui-ci eut été perdu, ou endommagé, dans une de ses aventures. Cette spéculation apparaît en filigrane dans le récit égyptien de la création du monde le plus complet qui est parvenu jusqu’à nous, le Livre pour connaître les formes d’existence de Rê et pour abattre Apep (310 avant J.-C.), dans lequel la création de l’homme est simplement attribuée aux pleurs de l’œil de cette divinité, en vertu d’une analogie phonétique de remy (pleurer) avec rômet (homme) qui revient très souvent dans la littérature égyptienne après 2000 avant J.-C. et qui laisse entendre que les hommes ont été créés par les rayons de cette divinité.

Dans le paragraphe précédent, nous avons pris soin d’utiliser l’adjectif de « divin » au lieu de celui de « solaire » et de parler des « rayons de cette divinité » au lieu des « rayons du soleil », parce que, aussi stupéfiant que cela puisse sembler à celui qui a appris que la divinité dont il est question est le soleil, elle n’est pas explicitement nommée dans le mythe, exposé à la fois dans un texte magique contre les serpents, sur le mur de la chambre mortuaire de Sethos I (environ 1310 – 1290 avant J.-C) à Thèbes et sur celui de la chambre mortuaire de Ramses III (environ 1198 – 1167 avant J.-C.), qui en parle. Voici tout ce qu’on en dit : « Les hommes fomentèrent un complot ; Sa Majesté était alors vieille ; ses os étaient en argent, sa chair était en or, ses cheveux étaient en pur lapis-lazuli. Lorsque Sa Majesté apprit ce que les hommes [tramaient] contre elle, il dit à ses gardes : « Amenez-moi mon œil. » » L’œil, ici, est Hathor, que cette divinité charge d’exterminer les rebelles (12). Dans un passage des Préceptes pour le roi Me-ka-ré, un papyrus de l’époque de la dixième dynastie (2130 – 2040 av. J.-C.) dont le contenu évoque les manières du Dieu vengeur de l’Ancien Testament, il est dit qu’« Il tua ses ennemis et détruisit ses propres enfants, car ils avaient comploté contre lui ». Dans un papyrus en caractères démotiques datant apparemment du début de l’ère chrétienne, il est écrit, avec des accents qui ne sont pas sans rappeler les jérémiades vétérotestamentaires sur les « faibles et les opprimés » (Isaïe 3, 14-15), que cette divinité « connaît l’homme pieux qui [la] vénère dans son cœur » et « exalte le mendiant car il connaît son cœur ». La caractérisation la moins vague de cette divinité nous est fournie par Les Préceptes pour le roi Me-ka-ré : « Il se lève dans le ciel quand ils {les hommes] le souhaitent » (l. 132) ; « il fait se lever l’aube quand ils [les hommes] le souhaitent et il voyage en bateau (?) pour les [les hommes] voir ». Les égyptologues en ont inféré qu’il s’agit « probablement » de Rê, ou, tout au moins, d’une divinité solaire. Rien ne permet cependant de l’affirmer avec certitude. Le caractère capital de ce fait apparaîtra pleinement, lorsque nous discuterons plus bas du « sexe », non pas des anges mais du dieu des religions abrahamiques, qui, comme cette divinité, est omniscient.

Cette divinité, qu’elle soit le soleil ou non, sait tout ce que les hommes font, voit tout ce que les hommes font.

Le soleil est un œil et la lune est un œil. Ils sont pris séparément ou collectivement.

Pris séparément, la lune est principalement l’œil d’Horus, qui, selon un mythe apparu à une époque relativement récente, fut arraché par Seth, retrouvé par Horus et soigné par Thot ; une autre indication de l’origine méridionale et chthono-lunaire du symbolisme égyptien est que l’œil perdu disparaît dans les profondeurs du royaume aquatique de Khnoum, à la source du Nil et de l’océan, à la première cataracte, où il vit sous la forme de la « (déesse), grande magicienne, du Sud » ; pris séparément, le soleil est principalement l’œil de Rê (13), qui fut identifié plus tard à une divinité féminine, Satis ou Oudjaet, qui orne le front de Rê sous la forme d’un cobra femelle ou qui, en tant que Tefenet ou Hat-hor, est chargée par Rê d’anéantir ses ennemis.

Considérés collectivement, le soleil et la lune sont les yeux d’une seule et même divinité, les Yeux d’Horus (14), ou les Yeux de Rê. L’idée que le soleil et la lune sont les yeux de Rê découle de l’identification de cette divinité à Horus en tant que Rê-Harachte. Les yeux d’Horus devinrent donc les yeux de Rê. Le soleil est l’œil droit ; la lune est l’œil gauche.

A Setennu, ou Pharbetsus, capitale du onzième nome de la Basse-Égypte, Horus était vénéré sous le nom de Hr-mrtj, ou Hr-irtj. Horus y était souvent représenté avec un œil symbolique dans chaque main. A Letopolis, capitale du second nome de la Basse-Égypte (ainsi que dans la Haute-Égypte, notamment à Kus et à Ombos), Horus était adoré sous le nom de Hntj-irtj, ou Mhntj-irtj, « le dieu aux deux yeux [sur le front, ou sur le visage] ».

En égyptien, ir-tj (« yeux ») est le duel masculin du substantif féminin ir-t (« œil ») (15). Le fait que, tout au moins sous ce rapport, l’unité soit conçue comme féminine et la dualité comme masculine, en complète opposition avec la conception nordique de la nature masculine et de la nature féminine, trahit encore l’influence des cultes du Sud sur la religion égyptienne.

Comme le mot égyptien qui désigne l’« œil » est féminin, le disque du soleil pouvait être considéré comme une femme. D’autre part, dans la mythologie égyptienne, l’orbe solaire est comparé au cobra femelle (l’uraeus des Grecs et des Romains), que le pharaon, représentant du dieu-« soleil » sur la terre, portait autour de son front. Compris comme un symbole du feu, ce cobra femelle fut bientôt si étroitement identifié à l’œil flamboyant du « dieu-soleil », ou dieu céleste, que le mot d’« œil » et celui de « cobra » devinrent synonymes. Ainsi, les deux yeux du dieu céleste furent identifiés à des cobras, en dépit du fait que la lumière de la lune est plus faible ; et l’on croyait que le soleil avait deux uraei sur le front, les deux mêmes uraei qui protégeaient le front du pharaon. Ces deux yeux, ou cobras femelles, sont souvent appelés « les filles du dieu-soleil ».

Toutes ces expressions fournirent des méthodes pour solariser des divinités féminines. Les principales déesses considérées comme solaires, décrites chacune comme la fille, les yeux, le cobra, ou la couronne du soleil, étaient Tefenet, Sekhmet et Ubastet, dont la forme animale (la lionne pour la première et la seconde, le chat pour la troisième) semble également avoir contribué à les associer à l’astre du jour, car le « dieu-soleil » était souvent représenté sous la forme d’un lion. En outre Hathor, Isis et d’autres déesses célestes avaient parfois tendance à être conçues comme des divinités solaires.

La déesse Hat-hor de Denderah, qui avait été originairement symbolisée par la tête, ou le crâne, d’une vache clouée sur la porte d’un temple, fut identifiée très tôt à la déesse-vache des cieux et la nature céleste de nombreuses autres divinités féminines – en particulier Isis – fut indiquée par les cornes, ou la tête de vache, qu’elles arboraient dans les images et qui, comme nous le verrons plus bas, sont un symbole lunaire. Le symbole populaire de Hat-hor finit par associer les traits d’un visage humain à ceux d’un visage bovin. Comme ce visage était un symbole céleste, il était possible de prétendre que ses yeux étaient le soleil et la lune, bien que, dans la plupart des cas, la déesse ne représentât que l’œil principal du dieu du ciel, le soleil. Hat-hor assuma un grand nombre des fonctions de la Reine du Ciel asiatique, de sorte qu’elle devint plus tard la patronne des femmes et la divinité de l’amour, de la beauté, de la joie, de la musique et des ornements, tout en étant parfois honorée comme la déesse de la guerre, à l’instar de la déesse sémitique Astarté.

La sémitisation progressive et partielle du panthéon égyptien est confirmée par le fait qu’Isis en vint à être associée à Vénus à une époque où, dans la mythologie des Sémites occidentaux, l’étoile du matin, conçue originairement comme un principe masculin (Attar), était désignée depuis longtemps sous le nom de « Reine des cieux ». Osiris aussi, le mari d’Isis, subit un processus de solarisation. Il est intéressant que le symbole qui le représente en tant que dieu des enfers soit le même que celui qui représente Tammuz (Thammouz en Syrie) et Adôn (Adonis), qui étaient respectivement la divinité babylonienne de la « fertilité » et la divinité phénicienne de la « végétation ». (16) Avec Osiris et Isis, Horus, une divinité solarisée, forme la triade osirienne, dans laquelle elle est identifiée au soleil levant, par opposition à Osiris, le soleil couchant.

La plupart des dieux qui ont pour yeux le soleil et la lune sont des dieux du ciel et Horus n’échappe à la règle, non pas Horus l’Enfant (Harpokrates) ou Horus, fils d’Osiris et Isis (Harsiese) mais Hr-wr, celui que Plutarque appelle Horus le Vieux, fils de Nut et Geb et, par conséquent, frère et non fils d’Osiris. Outre Hr-wr, une autre forme d’Horus est Hr sms, Horus l’Aîné, son double et son prototype, qui, dans certains textes datant de la onzième dynastie, est identifié au ciel, particulièrement au ciel nocturne étoilé et au ciel diurne clair.

Comme Horus le Vieux, ou Horus l’Aîné, avait des aspects célestes, il n’est pas étonnant qu’il ait été appelé à Létopolis et ailleurs (m) hntj-irtj, « celui qui a pour yeux le soleil et la lune », comme c’est généralement le cas pour un dieu du ciel. Cependant, nous voyons se répandre, dès l’époque des Textes des Pyramides et de plus en plus souvent à partir du Moyen-Empire, la désignation de (m)hntj-n-irtj, « celui dont le visage n’a pas deux yeux ». Il est possible que (m)hntj-irtj ait représenté le ciel diurne clair et (m)hntj-n-irtj le ciel nocturne couvert.

Quoiqu’il en soit, Horus fut d’abord un dieu-faucon, la divinité locale d’un petit Etat et de ses dirigeants à l’époque préhistorique. Il était naturel que le faucon, qui aime planer haut dans le ciel et dont le nom (hr) signifie « le lointain », « celui qui est élevé », soit choisi comme symbole du ciel. Un peigne en ivoire d’Abydos datant de la première dynastie (environ 3100 av. J.-C.) montre deux ailes de faucon grandes ouvertes d’une manière qui indique qu’elles protègent la cartouche située dessous, sur laquelle est inscrit le nom du pharaon Unephes. La courbe des ailes déployées préfigure celle qui se trouve quelquefois dans le hiéroglyphe de la voûte céleste ainsi que celle qui accompagne souvent la figure de Nut, la déesse du ciel, quand elle se penche sur la terre. Une étoile à cinq branches figure souvent sur le corps de Nut et sur celui de la vache Hat-hor (littéralement, « la maison d’Horus »).

Tout laisse à penser qu’Horus dans sa forme primitive de dieu-faucon renvoie à une divinité préhistorique du ciel, à laquelle il en vint à être identifié (17), tout comme il sera identifié plus tard à Rê. Or, il est important de noter, par rapport au symbole de l’œil et au personnage d’Orwell qui aurait dû s’appeler « Big Sister » pour la raison qui a été invoquée plus haut, que, contrairement aux autres dieux égyptiens, cette divinité préhistorique du ciel avait déjà un caractère universel plus que local.

Il est fort probable que le soleil et la lune étaient les attributs d’une divinité céleste suprême , avant d’être envisagés comme les yeux d’Horus, puis comme les yeux de Rê. Or, dans le mythe très ancien de Geb et Nut, le ciel est regardé comme une femme, Nut, qui enfante le soleil chaque matin.

Outre Rê et Horus, deux autres divinités égyptiennes sont considérées comme omniscientes : Thot et Amon. Thot, l’inventeur du langage et de l’écriture, le patron des scribes et lui-même le scribe de Rê et d’Osiris. Or, il ne fait aucun doute que, à une époque très ancienne, Thot était un dieu de la lune.

La lune est un œil, l’œil qui voit de nuit. Le soleil est un œil, l’œil qui voit de jour. De même que le soleil (Rê) sait tout parce qu’il voit tout, ainsi la lune (Thor) est omnisciente parce qu’elle voit tout.

Sous le nouvel empire, le dieu Amon fut identifié à Thèbes au dieu soleil d’Héliopolis Rê, ou Rê-Harakhte, sous la forme solarisée duquel cet ancien dieu du vent et de l’air devint la divinité suprême de l’Égypte en tant qu’Amon-Rê. Toutefois, il ne perdit jamais complètement sa nature. Preuve en est que, au cours du temps, Amon en vint à être conçu comme une âme (« la grande âme », etc.) et prit un caractère de plus en plus panthéiste comme principe de la vie universelle. A Hermopolis, dans le groupe des huit divinités représentant ensemble le chaos primitif, Amon est l’air soufflant sur les eaux primordiales.

Les deux yeux cosmiques – le soleil, le droit ; la lune, le gauche – qui caractérisent Horus l’Aîné et Horus le Vieux comptent parmi ses attributs. Amon peut tout voir grâce à ses deux organes extraordinaires (18).

Dans un panégyrique d’Amon-Rê, adjoint à un oracle reçu par le grand prêtre Pinodhem au onzième siècle avant J.-C. et comprenant une sorte de credo, un résumé des principes théologiques en vigueur dans les cercles religieux à la fin du nouvel empire, Amon-Rê est appelé « L’Éternel » « aux nombreux yeux, aux yeux multiples ».

Pour résumer, le concept d’omniscience divine qui naquit dans l’Égypte ancienne était étroitement lié à l’idée d’une vision universelle. La connaissance de toutes choses était considérée comme l’apanage du dieu du ciel, dont les yeux sont le soleil et la lune. Ce dieu est Horus, le faucon aux ailes immenses, la divinité « aux yeux sur le front », le dieu du ciel clair, dont l’antithèse est le dieu « sans yeux », le dieu du ciel sombre. Dans une forme plus complète, la divinité céleste suprême correspond à Amon, dont les yeux sont le soleil et la lune et dont le souffle, qui sort de ses narines, est le vent. Un autre signe de la capacité divine de tout voir est la multiplicité d’yeux (souvent associée à la multiplicité d’oreilles), un attribut qui était à l’origine propre au « dieu du soleil », dont les rayons étaient les yeux. Ces deux symboles, c’est-à-dire les deux yeux astraux et les yeux multiples, sont évidemment similaires et, pour ainsi dire, complémentaires, de sorte qu’il n’est pas étonnant que les deux yeux astraux, qui étaient primitivement l’attribut d’un dieu du ciel (Horus), aient pu devenir les attributs d’un « dieu du soleil » (Rê) et que, inversement, les nombreux yeux du « dieu du soleil » aient pu devenir les attributs d’un dieu du ciel. La possession de deux yeux astraux ou d’yeux multiples fut reconnue comme la prérogative de toutes les divinités qui, à la faveur des changements politiques qui se produisirent au cours des milliers d’années de l’histoire de l’Égypte ancienne, furent successivement élevées au rang de dieu suprême, comme, par exemple, Aton, Ptah, Amon, Osiris. Au premier siècle après J.- C., Diodore et Plutarque attribuent toujours à Osiris une multitude d’yeux. Au quatrième siècle après J. -C., Eusèbe considère les deux yeux astraux comme la prérogative de l’« Être Suprême », Kneph-Agathos Daimon, représenté » sous la forme d’un serpent à tête de faucon.

L’idée d’un dieu du ciel qui a pour œil le soleil se retrouve dans le nord-est de l’Afrique chez les Koushites des hauts-plateaux (les Hadiya) et ceux des plaines (les Galla) ainsi que chez des Nilo-hamites comme les Nandi et les Masai, qui sont tous des peuples de pasteurs. L’idée d’un « dieu du soleil » doté de nombreux yeux représentés par ses rayons n’est pas sans évoquer le dieu « aux trente rayons de soleil » des Galla, Waqa et le dieu aux « neuf », ou « cent rayons de soleil » des Nandi, Asis. En outre, l’idée d’un dieu du ciel dont le souffle est le vent se retrouve chez le dieu du ciel des Masai, Ngai. Le contraste entre un dieu « ayant des yeux » (Hr-irtj,) et un dieu « sans yeux » ((m)hntj-n-irtj) rappelle le dualisme des deux couleurs du ciel chez les Galla, le Waka Blanc et le Waka Rouge, le Wa’a Rouge et le Wa’a Noir des Hadiya ainsi que le Ngai Rouge et le Ngai Noir des Masai.

C’est dans le monde hamite et dans celui des Nilo-hamites du nord-est de l’Afrique que se rencontrent les similitudes les plus marquées avec l’idéologie égyptienne du « dieu solaire », ou du dieu du ciel, qui voit tout. Du reste, l’élément hamite est présent en Egypte depuis les temps les plus reculés et il eut une part importante dans la formation du peuple égyptien. Certains égyptologues sont d’avis que le culte proto-égyptien du ciel est d’origine hamite ; d’autres affirment qu’il a sa source chez les peuples d’agriculteurs du nord-ouest de l’Afrique, les Libyco-Berbères (19).

Chez ces peuples, ainsi que chez les Pélasges et un ensemble d’ethnies du bassin oriental de la Méditerranée, le principe féminin est considéré comme suprême. Il prend la forme d’une déesse, ou d’une femme divine, par rapport à laquelle « non seulement le principe masculin mais aussi le principe de la personnalité et de la différence apparaissent secondaires et contingents, soumis à la loi du devenir et de la mort — par opposition à l’éternité et à l’immutabilité propres à la Grande Matrice cosmique, à la Mère de la Vie » (20). Cette Mère est parfois la Terre, parfois la loi naturelle comprise comme un fait auquel les dieux eux-mêmes sont assujettis. Sous d’autres aspects […] elle est Déméter, déesse de l’agriculture et de la terre cultivée, aussi bien qu’Aphrodite-Astarté, principe des extases orgiastiques, des abandons dionysiaques, du dérèglement hétaïrique, qui correspond analogiquement à la flore sauvage des marais. Le caractère spécifique de ce cycle de civilisation consiste principalement dans le fait qu’il limite tout ce qui est personnalité, virilité, différence, au domaine naturaliste et matériel et qu’il place au contraire sous le signe féminin (féminin au sens le plus large) le domaine spirituel, au point d’en faire souvent un synonyme de promiscuité panthéiste et d’en faire l’antithèse de tout ce qui est forme, droit positif, vocation héroïque d’une virilité dans le sens non matériel (21). »

La figure de la Mère et les symboles qui y sont liés apparurent chez les peuples de race blanche au cours du paléolithique. Cette apparition refléta l’infiltration d’influences méridionales dans leur culture et marqua le début de leur dégénérescence. Les premières traces du culte de la Grande Déesse mère datent de l’aurignacien (25 000 – 15 000 av. J.-C). Elles ont été découvertes dans toute l’Europe et dans le Proche-Orient, sous forme de figurines féminines en pierre, en argile ou en os, à la poitrine et aux hanches volumineuses et difformes et au ventre rond. Ces « monstrueuses idoles féminines stéatopyges de la première période mégalithique », monstrueuses pour ne pas dire grotesques, étaient à l’époque au centre des « cultes originaires du Sud », « dont la femme, conjointement aux démons de la terre, était l’objet principal (22). » Il semblerait que ce soit à partir du magdalénien (17 000 – 10 000 av. J.-C) qu’ait vu le jour dans le monde méditerranéen, surtout chez les Hamites, une civilisation où la place que tenait la Grande Déesse, mère non seulement des dieux mais aussi des hommes et des animaux, était si prépondérante que le principe masculin était relégué dans l’ombre. Vers le sixième siècle avant J.-C., c’est d’Asie mineure que le culte de la Grande Déesse mère se répandit en Grèce, où elle finit, non sans résistance (23), par être identifiée à Rhéa. Dans le temps qu’Hannibal ravageait l’Italie, la Sibylle de Cumes dit que la statue de Cybèle devait être amenée de Pessinonte à Rome, où, de fait, elle fut accueillie provisoirement au Palatin en 204, en attendant que son propre temple fut construit, ce qui fut fait en 191 – la prêtrise de Cybèle resta cependant interdite aux citoyens romains jusqu’au règne de Claude (41-54 apr. J.-C), premier empereur romain né hors d’Italie. Cybèle était la forme phrygienne d’une déesse de la « fécondité » commune à tout le Proche-et Moyen-Orient.

Un des symboles caractéristiques de la Grande Déesse mère est l’œil (24). Si, dans la mythologie égyptienne, telles divinités, considérées sous un de leurs aspects particuliers, peuvent avoir deux yeux, auquel cas elles peuvent en perdre un, tandis que telles autres, toujours considérées sous un de leurs aspects particuliers, peuvent n’avoir qu’un seul œil, il existe aussi des divinités aux yeux multiples. C’est le cas pour Khnoum, un dieu de la « fertilité » et de la « fécondité » ayant 77 yeux (et 77 oreilles) et pour Bès, un dieu protecteur originaire du Soudan dont le culte s’infiltra en Égypte sous la douzième dynastie ; son corps est souvent couvert d’yeux et d’animaux de toutes sortes (une statuette en bronze de ce type se trouve au musée du Louvres). Or, il est remarquable que les yeux multiples soient aussi un attribut de la Grande Déesse babylonienne Ishtar, que le christianisme devait ensuite faire entrer en contrebande sur le continent dit « européen » sous les traits purement maternels de la Vierge Marie. « La déesse aux yeux a son propre temple à Tell Brak dans l’est de la Syrie, qui date de 3000 avant J.-C. Il contient d’innombrables représentations de la déesse aux yeux. Sur le haut de spectaculaires murs intérieurs, de grands visages pourvus d’yeux alternent avec des symboles de la porte gardée par les faisceaux de roseaux d’Inanna [son équivalent sumérien]. Son rôle était évidemment de repousser du regard les assaillants hors du temple. Le motif est souligné par des rosaces, des tourbillons de pétales qui ressemblent à des yeux avec des cils (le vagin entouré de poils). Le motif, qui comporte trois symboles ayant un sens similaire, se retrouve sur toutes les parois. Le sanctuaire est orné de centaines de variations de la figure de l’œil (…). Un autel est entièrement occupé par une énorme paire d’yeux écarquillés au regard hypnotique qui ressemblent à s’y méprendre à des jumelles d’opéra (25). »

La corrélation entre l’œil et la vulve date d’une époque où la psychanalyse n’avait pas encore commencé à sévir (26). En fait, elle est apparente sur les toutes premières tablettes d’argile des Sumériens et des Babyloniens. (27) De là à en conclure que l’œil, un des attributs principaux de Yahvé, est aussi un emprunt, que ce soit au panthéon égyptien (Horus) ou au panthéon moyen-oriental (comme indiqué plus haut, l’œil est un des symboles les plus répandus des déesses du ciel, d’Inanna, vénérée à Sumer jusqu’au troisième millénaire avant J.-C, à Ishtar et Astarté, qui succédèrent à Inanna, plus ou moins aux mêmes fonctions, respectivement à Babylone et dans le Proche-Orient, vers 10 000 avant-J.-C. Toutes deux semblent être la « reine des Cieux » évoquée dans Jérémie (7:16-20, 44:15-19, 25)), il n’y a qu’un pas, que, malgré le grand nombre d’emprunts que les Apirou (les anciens Hébreux) firent aux autres religions sémitiques du Proche- et du Moyen-Orient, il n’est cependant pas question de franchir, faute, pour ainsi dire, de preuves matérielles. Il n’en demeure pas moins que, dans l’Ancien Testament, comme dans la mythologie égyptienne et dans la mythologie nilo-hamite, l’œil est un symbole de l’omniscience, de la vigilance et de l’omniprésence protectrice de Dieu (28).

La Grande Déesse mère, contrairement à une idée reçue qui va de pair avec l’illusion savamment entretenue que le judaïsme, le christianisme et l’islam seraient des cultes d’origine et de nature patriarcale, n’a pas disparu des trois principales religions sémito-négroïdes que les peuples dits « européens » subissent depuis deux millénaires – pas plus que le symbole de l’œil. En fait, la Grande Déesse y est toujours aussi présente ; elle y a simplement été maquillée en divinité masculine : Yahvé dans le judaïsme, Dieu dans le christianisme, Allah dans l’islam. « Les prophètes de l’Ancien Testament mettaient souvent le peuple en garde contre l’idolâtrie, c’est-à-dire le culte de la lune (Osée 4-13, 2-11). « […] le dieu Yahvé s’appropria les rites de la nouvelle lune, les jours de fêtes et les Sabbats de la déesse de la lune. Ils devinrent le fondement des Dix Commandements et des lois du Deutéronome. Les rituels de la déesse de la lune devinrent les rites d’une divinité masculine jalouse, agressive et vengeresse. Le judaïsme, le christianisme et l’islam adoptèrent et absorbèrent toutes les coutumes du culte de la lune. Les jours saints du judaïsme et de l’islam sont basés sur le calendrier lunaire. Le sabbat juif tire son origine du culte de la lune babylonien. A Babylone, la pleine lune est le jour de repos. Le mot de sabattu vient de Sa-bat et signifie « le repos du cœur », c’est le jour de repos que prend la lune quand elle est pleine, car à ce moment-là elle n’est ni croissante, ni décroissante. Ce jour-là, qui est l’ancêtre direct du sabbat, on pensait que le fait de travailler, de manger des aliments cuits ou de partir en voyage, portait malheur. C’est précisément ce qui est interdit [chez les Arabes musulmans et chez les Juifs pratiquants] à la femme qui a ses règles. Le jour de la « menstruation de la lune », tout le monde, homme ou femme, était soumis à des restrictions similaires, car le tabou dont la femme qui a ses règles était l’objet pesait sur tous. […] Le babylonien sabattu était le « mauvais jour » de la déesse de la lune Ishtar, dont il n’est pas improbable qu’on croyait qu’elle était réellement indisposée (29). »

Dans l’art chrétien, un soleil entouré de rayons symbolise Dieu ; un œil dans la main de Dieu, la sagesse divine créatrice ; un œil dans un triangle, Dieu le Père dans la Trinité. (30) En vérité, l’œil, dans le symbolisme chrétien, se dissimule dans l’Ichtys, le poisson, qui est le symbole de Jésus-Christ et un des symboles des « divinités de la fécondité ». C’est à cette aune qu’il faut comprendre la formule suivante de Tertullien : « Nous, petits poissons [analogiquement, les yeux], à l’image de notre Ichthys [analogiquement, l’œil], Jésus-Christ, nous naissons dans l’eau [l’élément féminin par excellence] » (De baptismo, c. 1) (31).

L’archéologie a mis au jour des vases ornés de représentations de déesses ayant un poisson dans le vagin (8000 avant J.-C.) (32) et, encore plus éloquent, des sarcophages minoens décorés de motifs dans lesquels, associés à d’autres symboles de la Grande Déesse mère (tels que les serpents, les coquillages, les filets, les spirales, les cornes et les papillons), l’œil, le poisson et l’utérus, pour ainsi dire, ne font qu’un (33). Le symbolisme ichtyologique est omniprésent dans le christianisme : les premiers chrétiens se qualifiaient pour certains de pisciculi (« petits poissons ») (34), les fonts baptismaux s’appelaient piscina et trois poissons disposés en forme de triangle pouvaient représenter la Trinité (35). Le poisson est depuis les temps les plus reculés un thème iconographique courant, qui se retrouve chez les Mayas, les Aztèques, les peuplades du Pacifique, les Chinois, les Japonais et, en fait, dans toutes les races, alors qu’il était inconnu des peuples de race blanche jusqu’à l’avènement du christianisme et la conversion d’un certain nombre de Blancs à cette religion exotique. « Dans les hymnes du Rg-veda, la pêche est encore totalement inconnue (36) et, à l’époque homérique, c’est seulement en dernier recours que les héros en consomment (Odyssée. xii 330 ; iv. 368). » (37). Le plus ancien vocabulaire indo-européen ne comporte aucun terme générique pour désigner le poisson, ni, a fortiori, aucun terme pour désigner les différentes espèces de poissons (38).

L’œil tient également une place prépondérante dans le symbolisme islamique, où l’accent est mis sur son aspect vulvaire, dont l’origine se trouve dans les cultes préislamiques des tribus arabes.

Les religions pratiquées par les Arabes avant leur conversion à l’islam (39) étaient « polythéistes » et, bien que certaines tribus eussent en commun les mêmes divinités et les mêmes pratiques religieuses, chacune (40) avait son propre dieu tutélaire, dont le peuple se considérait comme la « progéniture ». La plupart des divinités des tribus arabes étaient des divinités célestes, qui étaient souvent associées les unes au soleil et les autres à la lune et à qui était attribué un pouvoir de fécondité, de protection, ou de vengeance. Le dieu suprême du panthéon arabe était ‘Athtar (‘Atar’ate en Syrie, Ishtar à Babylone, Astarté en Phénicie, etc.), la divinité du tonnerre ; sous le nom de Shariqan (« Celui de l’Est », peut-être en référence à Vénus en tant qu’étoile du matin), il était invoqué comme divinité de la vengeance.

Si ‘Athtar était vénéré dans toute l’Arabie. A Saba, il s’appelait Ilumquh ; à Ma’in, Wadd (« Amour » ; la formule magique Wd’b : « Dieu est [mon] père, gravée sur des amulettes et sur des bâtiments, est souvent accompagnée d’un croissant lunaire surmonté d’un petit disque de Vénus ; les premiers chrétiens sauront s’en souvenir) ; à Hadramawth, Sin ; chez les Qatabaniens, ‘Amm ; chez les Hymiarites, Shams (41). Les quatre premiers sont des dieux de la lune ; le cinquième, une déesse du soleil. Une des particularités des populations sémites était en effet de concevoir le soleil comme une divinité féminine et la lune comme une divinité masculine (42). Les races proche- et moyen-orientales croyaient que le dieu de la lune et le dieu du soleil, lorsque les astres correspondants n’étaient pas visibles dans le ciel, la nuit tous les jours pour le soleil, la nuit trois fois par mois pour la lune, séjournaient dans le monde souterrain ; et c’est précisément pendant ces trois jours que le culte du dieu de la lune était généralement le plus intense. Son symbole était une lune croissante, dont les deux pointes ressemblent à celles de cornes de taureau. Une pleine lune était parfois placée à l’intérieur du croissant lunaire. (43)

Al-ilât, ou Allât (« la déesse ») était connue de tous les peuples de la péninsule arabique. Déesse du soleil, elle est la fille, ou la consœur, selon la région, d’al-Lâh, ou Allâh (« le dieu »), le dieu de la lune. Avec les déesses al-‘Uzzâ et Manât, elle est la troisième personne de cette trinité.

Il est possible qu’Allah (« le dieu ») ait été le dieu des Qorayshites à l’époque préislamique et qu’il ait pris le dessus sur les trois divinités des tribus arabes les plus anciennes, Al-’Uzza, Al-Lat et Manat, lorsque les Qorayshites sont devenus la tribu arabe la plus puissante ; en tout cas, ce processus de substitution est désigné dans le Coran par le terme commercial d’« association », ou de « partenariat ». Ce qui est certain est que Mohammed n’a pas inventé Allah – d’ailleurs, son père s’appelait Abdallah (« serviteur/esclave d’Allah »). Dans la péninsule arabique, un culte était voué depuis des temps immémoriaux à cette divinité et il s’agissait d’une divinité lunaire.

Les adeptes de l’islam, tout en ne disconvenant pas qu’Allah préexistait à la Jâhiliyya (44), croient et soutiennent qu’il est le dieu biblique d’Abraham et que l’islam n’est ni plus ni moins qu’une révélation en langue arabe de la religion des patriarches et des prophètes juifs. D’autres affirment que le dieu que vénèrent les Musulmans n’est rien d’autre que le dieu de la lune des tribus arabes de l’antiquité (45). Au fond, peu importe, puisque, même si le dieu des musulmans est bel et bien le dieu biblique, le dieu biblique, comme nous l’avons montré précédemment, trouve lui-même son origine dans des divinités qui, sans être purement et simplement lunaires, n’en sont pas moins féminines. Examinons tout de même les arguments qui montrent qu’Allah n’est qu’un ersatz du dieu lunaire des Arabes de l’époque préislamique.

Le premier est que, de toutes divinités de la Mecque à l’époque préislamique, Allah était la seule qui n’était pas représentée par une idole (46).

Le deuxième est que le calendrier musulman est lunaire et que le ramadan en est le neuvième mois (le 9 est un chiffre lunaire) : à l’époque préislamique, le jeune du ramadan du lever au coucher du soleil constituait une protestation contre la chaleur oppressante que faisait régner le dieu du soleil. La rupture du jeune à la nuit tombée était une célébration de la bonté du dieu de la lune, dont la lumière douce accompagnait la fraîcheur de la nuit.

Le troisième est qu’Allah, tout comme Sin, le dieu mésopotamien de la lune, est le dieu des contrats ; la référence au ciel et à la balance dans la sourate 55 (« Et quant au ciel, Il l’a élevé bien haut. Et Il a établi la balance ») semble indiquer que Mohammed considérait la balance et le croissant lunaire comme deux aspects d’une même réalité ; en tout cas, une balance sera utilisée le Jour du Jugement pour peser les bonnes et les mauvaises actions et déterminer ainsi qui ira au paradis et qui ira en enfer (sourates 42 et 57).

Le quatrième est l’omniprésence du symbolisme lunaire dans l’architecture musulmane arabe et dans le rituel musulman.

La circumambulation (tawâf), qui, comme d’autres rituels musulmans, tel, par exemple, la lapidation de Satan, était déjà pratiquée par les Arabes à l’époque préislamique, désigne les sept tours que les musulmans en pèlerinage (hajj) à La Mecque doivent faire autour de la Kaaba. Ils doivent les faire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire dans le sens inverse de la marche du soleil (47). De fait, le tawâf n’est pas sans évoquer le cycle lunaire, ne serait-ce que parce que le second quartier arrive précisément sept jours (quatre heures) après la pleine lune.

Le tawâf débute à l’angle sud-est de la Kaaba (48), celui où se trouve la pierre noire, que le pèlerin doit théoriquement toucher de la main droite, ou embrasser, à chaque tour, en prononçant le takbirAllah akbar »). Le trajet du pèlerin vers le mur en forme de croissant dit al-Hâtim représenterait la lune croissante, car le mur semble devenir de plus en plus grand à mesure qu’il s’en rapproche ; une fois arrivé au mur, celui-ci lui apparaîtrait comme une pleine lune ; le trajet qu’il fait ensuite de l’angle irakien à l’angle yéménite serait analogiquement celui de la lune décroissante ; passé l’angle yéménite, il marche du côté de la Kaaba opposé au mur, qu’il ne peut donc plus voir, comme la lune n’est plus visible dans le ciel à la fin de chaque mois.

De plus, le sommet de chaque mosquée est orné d’un croissant lunaire ; le mirhab (de la racine hrb, « combattre »), une niche placée dans la mosquée, qui indique la direction de la Kaaba à La Mecque, fut primitivement un autel à Venus et à la lune ; les murs de la Kaaba, que Mohammed aida à reconstruire, étaient constitués de couches alternées de bois et de pierre, comme les piliers du temple du dieu de la lune abyssinien Mahram. Dans certaines mosquées, le nom d’Allah (aUI, dont le milieu ressemble à un croissant lunaire) apparaît entre les pointes d’un croissant lunaire (49).

Selon Moshan Fani, la Kaaba est un emblème de la déesse du soleil. D’autres sources, plus précises, laissent penser que la « maison d’Allah » est un bétyle dédié à la déesse du soleil (Al-lat), consœur du dieu de la lune, ainsi qu’à leurs trois filles. Le mot Kaaba, comme celui de « dieu » en arabe, est féminin. La pierre cubique représenterait la poitrine d’Allah, comme l’indique son étymologie : « gonfler » dans le sens d’« augmenter de volume » pendant l’allaitement. La kiswa, l’étoffe de soie de couleur noire ornée de versets coraniques recouvrant la Kaaba, indique que cet édifice est la demeure d’une déesse. L’Ancien Testament rapporte en effet qu’une kiswa recouvrait la porte d’entrée des temples dédiés à la déesse Ashtorah ; ce voile, tissée par les prostituées attachées à ces lieux saints, s’appelait burka. Pour toutes ces raisons, la Kaaba a longtemps été comparée au soleil parcourant les cieux.

De plus, al-Hâtim, le muret qui s’élève devant le mur nord-ouest de la Kaaba, a une forme analogue à celle du croissant de la lune. Des sacrifices, à la fois animaux et humains, auraient eu lieu en l’honneur du dieu de la lune dans l’espace qui l’environne (Hedjer), sacrifices dont certains supputent que ce sont « les choses » qu’ibn Hisham a supprimées de son édition de la biographie de Mohammed d’ibn Ishaq, parce qu’il estimait qu’il était «… indigne de les raconter [et qu’elles] causeraient du chagrin à certaines personnes (50)… »

Les prêtres préposés à ces sacrifices sanglants les pratiquaient avec un couteau en forme de croissant, la djambiya. (51) Le dhab’h est une forme d’abattage rituel, au cours duquel le nom d’Allah est prononcé par le sacrificateur au moment où il tranche la gorge de l’animal. Les produits issus d’un animal tué selon ce rite sont appelés halal, un terme qui ressemble à hilal (« croissant de lune »). Les nuits de pleine lune, celle-ci prend l’aspect d’un visage souriant, si bien que Mohammed en déduisit que le dieu de la lune arborait ce sourire parce qu’il était content d’avoir tourmenté les damnés dans le monde souterrain pendant les trois jours qu’il y séjournait chaque mois. La proportion de la surface illuminée de la lune visible depuis la Terre pendant sa phase de croissance représentait à ses yeux une djambiya avec laquelle le dieu de la lune tranchait la gorge des infidèles, comme en témoignent plus ou moins explicitement de nombreux passages du Coran. Cette ressemblance formelle explique que, dans l’Arabie méridionale de l’époque, la plupart des dieux de la lune étaient en même temps des dieux de la guerre ; là encore, de nombreux passages du coran indiquent que Mohammed voyait en Allah un dieu de la guerre (sourates 20, 21, 22, 34, 57).

Y. Nathan a une formule heureuse pour qualifier les universitaires crédules du dix-neuvième siècle qui « ajoutaient foi à l’affirmation de certains musulmans mal renseignés selon laquelle l’islam n’avait strictement rien à voir avec le croissant » : des « acaDhimmis ». De nombreux musulmans étaient alors persuadés que les Turcs avaient introduit le croissant dans les autres pays islamiques. Selon l’Encyclopedia Britannica, le croissant « devint le symbole de l’empire byzantin, vraisemblablement parce que la soudaine apparition de la lune sauva la ville de Byzance d’une attaque surprise. On pensait autrefois que les Turcs ottomans avaient adopté le croissant pour leurs propres drapeaux après avoir capturé Constantinople en 1453 mais, en réalité, cela faisait au moins un siècle qu’ils utilisaient ce symbole, car il figure sur les étendards de leur infanterie sous le sultan Orhan (1324 – 1360) ». Le croissant lunaire commença à apparaître, souvent accompagné d’une étoile à cinq ou six branches, sur des décorations et des pièces de monnaie arabes dès le premier siècle de l’islam et, dans le siècle qui suivit, les Arabes musulmans prirent l’habitude de coiffer la croix des églises dont ils s’emparaient d’un croissant, ou de la remplacer par un croissant.

Pour en finir avec l’étude de la configuration du principal lieu saint musulman, le mûr en forme de croissant al-Hâtim, la Kaaba cubique et la pierre noire représenteraient respectivement la lune, le soleil et Vénus. Les pèlerins qui, à l’exemple de Mohammed, embrassent la pierre noire, selon une coutume préislamique, rendent ainsi, inconsciemment ou non, un culte à Vénus. Or, l’écrin de la pierre noire ressemble à s’y méprendre à un œil, à une vulve (52).

Un autre argument de poids à l’appui de la théorie selon laquelle Allah n’est rien d’autre qu’un dieu de la lune est que Mohammed était lui-même associé à la lune à la Mecque. « Comme la pleine lune, qui ne ment pas, lorsqu’il [Mohammed] est apparu [comme la pleine lune], nous l’avons suivi et nous lui sommes restés fidèles », explique un de ses premiers zélateurs, qui rapporte que le visage de « Mohammed ressemblait à la lune » ; un autre indique que « Le jour ou l’apôtre de Dieu est venu à eux [les Mecquois] fut comme une lune radieuse » (53) Dans le Coran, l’attribut d’Allah est souvent la lune : an-noor (la lumière) (54).

Pour récapituler, l’arc de cercle est la figure caractéristique du symbolisme islamique. Il renvoie, dans leurs lignes principales, à plusieurs objets. Horizontalement, il prend l’aspect de cornes de taureau, d’un couteau à lame très courbe (la djambiya) et, redoublé, d’une balance à plateaux concaves ; verticalement, dirigé vers la droite ou vers la gauche, d’un œil, d’une vulve (55). Accompagné d’une étoile, le quartier de lune figure un G. Il faut voir aussi que l’œil, vu de face et réduit à ses caractères les plus typiques, c’est-à-dire deux arcs de cercle, représente un poisson.

En définitive, tous ces symboles réfléchissent l’attribut principal de la grande Déesse mère : la vulve, à laquelle ils servent pour ainsi dire de camouflage. Par toutes ces formes, elle marque pour ainsi dire son territoire.

La stylisation de la vulve n’a cessé de devenir de plus en plus sophistiquée. Dans la franc-maçonnerie, elle se fait géomètre sous la forme de deux objets ouverts en losange. Au centre de ce losange figure tantôt la lettre M, tantôt la lettre G, qui se retrouve dans le symbole arabo-islamique du croissant et de l’étoile. La boucle du G majuscule représente alors le croissant lunaire ; la barre horizontale, l’étoile.

Le fait que ce losange soit parfois matérialisé par d’autres objets qu’un compas et une équerre montre (56) que ce n’est pas tant les objets que la forme qui importe du point de vue de la franc-maçonnerie (57).

Un autre symbole des adeptes francs-maçons de la Grande Déesse mère est la ruche (58). Rassurante, protectrice, maternelle, la ruche symbolise pour eux la loge, une collectivité laborieuse qu’ils considèrent naturellement internationale et multiraciale. La ruche, par métonymie, c’est l’abeille. L’abeille se situe au centre d’un réseau de symboles propres à la Grande Déesse mère : l’œil et le taureau. Selon un mythe égyptien, les abeilles sont nées d’un liquide coulant de l’œil de Rê. (59) Dans la mythologie grecque, après que les dieux ont détruit le rucher d’Aristée, courroucés de ce qu’il ait involontairement causé la mort de la nymphe Eurydice en essayant de la séduire, il sacrifie aux Nymphes, sur les conseils de sa mère, quatre taureaux et quatre génisses, dans le ventre desquels, au bout de neuf jours, « on voit, parmi les viscères liquéfiés des bœufs des abeilles bourdonner qui en remplissent les flancs, et s’échapper des côtes rompues, et se répandre en des nuées immenses (60)… » L’abeille (61) est également un des attributs de l’Artémis préhellénique d’Ephèse, la « Mère des dieux », aussi appelée polymastros (« plusieurs seins », qui seraient en réalité des testicules de taureaux immolés en son honneur (62)), qui, comme l’abeille, donne la vie par voie asexuée et que le christianisme reconvertira en « vierge Marie », (63) la « mère de Dieu ». Dans une continuité parfaire avec les anciens cultes sémitiques, le christianisme incorporera l’abeille dans sa mystique. « Un sacramentaire gélasien fait allusion aux qualités extraordinaires des abeilles qui butinent les fleurs en les frôlant sans les flétrir. Elles n’enfantent pas : grâce au travail de leurs lèvres elles deviennent mères; ainsi le Christ procède-t-il de la bouche du Père. Par son miel et par son dard, l’abeille est considérée comme l’emblème du Christ : d’un côté, sa douceur et sa miséricorde ; et de l’autre, l’exercice de sa justice en tant que Christ-juge. Les auteurs du Moyen Age évoquent souvent cette figure; pour Bernard de Clairvaux elle symbolise l’Esprit Saint » (64).

Comme l’a bien remarqué Michel Rouche, l’abeille est l’animal qui est le mieux à même de symboliser une organisation sociale où la femme domine, dans la mesure où elle « pond sans cesse et autour de laquelle gravitent toutes les autres. Incontestablement, la reine procrée sans mâle apparent. Elle affirme sa puissance matriarcale dans l’indistinction sexuelle (65). » Or, comme chacun sait, « les abeilles fournissent des alimens aux faux-bourdons [abeilles mâles] pendant tout le tems qu’ils sont nécessaires pour féconder la reine: mais dès qu’elle cesse de s’en approcher, ce qui arrive dans le mois de Juin, dans le mois de Juillet, ou dans le mois d’Août, les abeilles ouvrières les tuent à coup d’aiguillon, & les entraînent hors de la ruche: elles sont quelquefois deux, trois ou quatre ensemble pour se défaire d’un faux bourdon. En même temps, elles détruisent tous les œufs, tous les vers dont il doit sortir des faux-bourdons (66). »

Le caractère chthonien et lunaire et, pour tout dire, infra-humain des forces qui sont à l’œuvre dans la franc-maçonnerie s’affiche dans le troisième symbole principal de cette association à but subversif : l’« œil » qui – comme Yahvé et Allah – « voit tout » et qui a tellement l’air d’un œil que personne ne semble voir qu’il s’agit en réalité d’une vulve schématisée. La pyramide qui figure sur le billet de 1 dollar n’a rien de « tronquée », ni d’« inachevée », tout au contraire. Rien n’a été retranché de son extrémité et elle est tout ce qu’il y a de plus achevé ; elle est simplement scindée en deux parties, la partie inférieure étant composée de treize degrés, la partie supérieure étant constituée d’un triangle orné d’un « œil » d’où émanent des rayons. Comme l’a suggéré un « matriarchiste » états-unien, il n’est pas improbable que la partie inférieure de cette pyramide représente la franc-maçonnerie en tant que telle, prétendument « patriarcale », tandis que le sommet représenterait l’organisation matriarcale qui en tire les ficelles dans les coulisses.

Tout, dans la franc-maçonnerie, de la symbolique au dogme et au rituel, suinte l’influence des cultes négro-asiatiques de la Grande Déesse mère. De manière générale, il est facile de reconnaître, sans même avoir à examiner leurs doctrines, les mouvements exotiques qui, depuis la nuit des temps, se sont relayés sous des noms divers et variés pour travailler dans les coulisses à la destruction de la culture et de la civilisation dite « européenne » et, en même temps, à l’extermination des derniers représentants de la race nordique : ils ont tous pour symboles les attributs propres à la Grande Déesse mère. C’est ainsi que l’emblème des partis communistes et de l’U.R.S.S., la faucille et le marteau, tournés vers la gauche ou vers la droite et vendus au public comme le symbole de l’union de la classe paysanne et de la classe ouvrière, n’est qu’une variante parmi d’autres du symbole préislamique du croissant et de l’étoile. Sa version la plus récente est le signe graphique de l’Euro, un C traversé par deux lignes parallèles horizontales, que le service de publicité de la « Commission Européenne » présente respectivement comme un epsilon et un symbole de stabilité. En réalité, ce signe graphique est une synthèse du marteau et de la faucille d’une part et du croissant et de l’étoile d’autre part (67).

La définition de J. Evola de la notion de guerre occulte, qui appartient « pour ainsi dire, à une vision tridimensionnelle de l’histoire, dans laquelle l’histoire n’est pas considérée en surface, selon deux dimensions, celles des causes apparentes, des événements et des dirigeants mais en profondeur, selon sa troisième dimension, sa dimension profonde, qui contient des forces et des influences décisives souvent irréductibles au simple élément humain, qu’elles soient individuelles ou collectives », peut s’appliquer aux signes servant de marques de reconnaissance et de catalyseurs aux agents de ces forces et de ces influences, en ce sens que, que les dirigeants apparents des mouvements subversifs qui les choisissent, ou les adoptent, en soient conscients ou non, chacun de ces signes peut toujours en dissimuler un autre, qui sera d’autant plus subliminal qu’il est soigneusement dissimulé. La dissimulation de cornes de taureau dans un œil stylisé de profil, d’un œil stylisé de profil dans un couteau à lame très courbe stylisé, d’un couteau à lame très courbe stylisé dans les deux plateaux stylisés d’une balance, des deux plateaux stylisés d’une balance dans une vulve stylisée de profil est à la fois délibérée et naturelle ; naturelle, parce que la dissimulation est dans la nature même du principe féminin, dont ces symboles sont tous des manifestations ; délibérée, parce qu’il est des temps et des lieux où il n’est pas prudent pour les adeptes de la Grande Déesse mère d’exposer ses attributs à la vue de tous : aux (aca)Dhimmis il vaut mieux présenter un croissant lunaire qu’un couteau à lame très courbe ; il n’avait pas échappé aux premiers disciples du Nazôréen qu’il était peu probable qu’ils réussissent à sensibiliser l’aristocratie romaine à leur propre variante du culte de la Grande Déesse en la représentant sous la forme d’une vulve pubescente et ils la travestirent donc, par exemple, en un soleil entouré de rayons. En réalité, les premiers chrétiens, qui étaient pour la plupart des Juifs, ne semblent pas avoir été très pressés d’offrir une représentation plastique de leur divinité, puisqu’il fallut attendre le neuvième siècle pour qu’on « crut […] pouvoir tenter l’essai de donner à Dieu une forme humaine ». « Il est facile, ajoute l’abbé Crosnier, avec une ironie involontaire, dans le chapitre 7, qui n’a de remarquable que sa brièveté, de reconnaître une sorte d’indécision… » (68) La décision fut finalement prise de le représenter sous une forme masculine : le travestisme est une coutume ancestrale dans le Proche- et le Moyen-Orient (69).

Les féministes ne savent sans doute pas à quel point elles n’ont pas fondamentalement tort d’affirmer que Dieu est une femme.

La gynécocratie, ou civilisation de la mère, qui, « s’identifie à la civilisation anti-aryenne ou pré-aryenne, de la Méditerranée archaïque », a quatre traits distinctifs. Sa première caractéristique est le « tellurisme » (de tellus, qui, tout comme chthonos, d’où l’adjectif « chthonien », signifie « terrestre »). Cette civilisation considère la loi de la terre comme la loi suprême. La terre est la Mère. Sous l’aspect de la Femme Divine, de la Grande Mère de la Vie, elle incarne ce qui est éternel et immuable. Elle reste identique à elle-même et inexorable, alors que tout ce qu’elle produit a une naissance et un déclin, une existence finie et évanescente purement individuelle. Dénué de toute virilité spirituelle et surnaturelle, tout ce qui est force et masculinité revêt donc un caractère obscur, sauvage et, en fait, « chthonien » et « tellurique ». Et si « tellurique » fait généralement penser à des phénomènes sismiques, cette association d’idées, dans une certaine mesure, est juste. Dans la vision du monde en question, la virilité a pour prototypes des figures divines comme Poséidon, aussi appelé l’« ébranleur du sol », le dieu chthonien des eaux souterraines agitées, que les anciens associèrent analogiquement aux forces de la passionalité et de l’instinct. Plus généralement, l’âge, ou la civilisation, de la Mère est « tellurique » par rapport au sentiment du destin, de la nécessité, de l’inévitabilité de la dégénérescence, de l’enchevêtrement de la vie et de la mort, source d’impulsions sauvages et irrépressibles » (70). Dans ce type de civilisation, « où la virilité est synonyme de matérialité, la femme, que ce soit en raison de l’énigme de la génération ou de ses qualités subtiles de dévotion et de charme, prend des traits religieux et elle devient le point de référence des cultes et des initiations qui promettent un contact avec les Mères de la vie, avec la spiritualité cosmique, avec le mystère de la matrice de la Terre » (71).

Le matriarcat est la conséquence sociale de ce sentiment. Si, sous son aspect maternel, elle incarne la loi et est le fondement et le centre de la famille, la Grande Déesse mère, « sous son aspect aphrodisien, […] est également au-dessus de l’homme, qui est l’esclave de ses sens et de la sexualité, un simple être « tellurique » qui ne trouve le repos et l’extase que dans la femme. D’où les différents types de reines asiatiques ayant des caractéristiques aphrodisiennes – surtout dans les civilisations anciennes d’origine sémitique – et les amants de la reine, des mains de qui les hommes reçoivent le pouvoir et qui deviennent le centre d’une vie extrêmement raffinée, un signe d’une civilisation fondée essentiellement sur l’aspect matériel et sensuel de l’existence » (72). Voilà pour la deuxième caractéristique du matriarcat.

Les deux autres sont l’égalitarisme et l’« amazonisme ». J. Evola rappelle qu’un des mérites de J. Bachofen a été « de mettre en lumière les origines « telluriques » et matriarcales de la doctrine du soi-disant droit naturel. La prémisse initiale d’une telle doctrine est précisément que tous les hommes, en tant que fils de la Mère et êtres soumis à la loi de la terre, sont égaux, de sorte que toute inégalité est une « injustice », un outrage à la loi de la nature. D’où le lien que l’antiquité nous montre entre l’élément plébéien et les cultes maternels et chthoniens et le fait que ces anciennes fêtes orgiaques et dionysiaques, qui, sous les formes les plus extrêmes de licence et de promiscuité sexuelle, avaient pour but de célébrer le retour des hommes à l’état de la nature à travers l’effacement momentané de toute différence sociale et de toute hiérarchie, étaient centrés précisément sur des divinités féminines du cycle « tellurique », plus ou moins directement dérivées du type de la Grande Mère de la Vie » (73).

Quant à l’« amazonisme », « Bachofen le regardait comme une variante de la « gynécocratie ». Partout où la femme ne parvient pas à s’affirmer par son élément religieux maternel (« démétrien »), elle tente de s’affirmer vis-à-vis de l’homme par une contrefaçon des qualités viriles de pouvoir et de combativité » (74).

Or, la civilisation contemporaine, sous de nombreux aspects, correspond de manière frappante à la civilisation de la Mère. Dans ses manifestations extérieures, cette correspondance a été notée par un érudit national-socialiste : « Dans les rues de Berlin, de Paris, ou de Londres, il suffit d’observer un instant un homme ou une femme pour se rendre compte que le culte d’Aphrodite est celui devant lequel Zeus et Apollon durent battre en retraite… En fait, l’époque actuelle présente toutes les caractéristiques d’une époque gynécocratique. Dans une civilisation sans vie et décadente, de nouveaux temples d’Isis et d’Astarté, de ces déesses-mères asiatiques qui étaient célébrées dans les orgies et dans la licence, dans un plongeon désespéré dans la volupté, se dressent. La fascinante femelle est l’idole de notre époque et, les lèvres maquillées, elle se promène dans les villes européennes comme elle le faisait à Babylone. Et, comme si elle voulait confirmer l’intuition profonde de Bachofen, la souveraine moderne de l’homme, légèrement vêtue, tient en laisse un chien, l’antique symbole de la promiscuité sexuelle illimitée et des forces infernales (75). » Les temps modernes sont « telluriques », non seulement dans leurs aspects mécanistes et matérialistes mais aussi et essentiellement dans plusieurs de leurs aspects « vitalistes », dans leurs diverses religions de la vie, de l’irrationnel et du devenir, antithèses radicales de toute conception classique et olympienne du monde.

En outre, « avec l’avènement de la démocratie, avec la proclamation des « immortels principes » et des « droits de l’homme et du citoyen » et le prolongement ultérieur de ces « conquêtes » en Europe dans le marxisme et le communisme, c’est exactement le « droit naturel », le droit niveleur et antiaristocratique de la Mère, que l’Occident a exhumé, en renonçant à toute valeur « solaire » virile aryenne et en confirmant, par la toute puissance si souvent accordée à l’élément collectiviste, l’insignifiance de l’individu dans la vision « tellurique » » (76).

Ce qu’on appelle la « culture » a porté le raffinement matériel à l’extrême et la femme et la sensualité à un degré pathologique et obsessionnel. « Et, partout où la femme ne devient pas la nouvelle idole des masses sous les formes modernes de la star de film et de semblables apparitions aphrodisiennes fascinantes, elle affirme souvent sa primauté dans des formes « amazoniennes » nouvelles. Il y a ainsi la nouvelle sportive masculine, la garçonne, la femme qui se consacre aveuglément au développement de son corps, trahit sa véritable mission, s’émancipe et devient indépendante, au point d’être en mesure de choisir les hommes qu’elle veut avoir et utiliser (77). » Viennent s’y ajouter les femmes d’affaires, les politicardes, les cheftaines d’entreprise, les magistrates, les avocates, les professeures, etc. Il a été fort justement remarqué que l’entrée massive des femmes dans la politique au début des années 1990 a marqué la fin de la politique. En règle générale, l’entrée massive des femmes dans un secteur pour les activités duquel, en raison de leur nature, elles ne sont ni faites, ni qualifiées annonce sa fin, sa paralysie (78). Il convient cependant de bien garder à l’esprit que l’accès des femmes aux secteurs dans lesquels elle n’a strictement rien à faire dans une société de type nordique normale n’a été possible que parce que ces secteurs étaient eux-mêmes « dirigés » par des hommes féminins, si tant est, d’où les guillemets, qu’un individu qui est aussi masculin du point de vue biologique qu’il est féminin du point de vue mental, psychologique et spirituel, ne pouvant, par définition, se diriger, puisse diriger autrui.

De même que le judéo-christianisme ne put s’imposer à Rome à partir du premier siècle de notre ère que parce que les esclaves « qui y avaient émigré en provenance de Syrie, d’Asie Mineure, de Phénicie et de Samarie, en apportant avec eux les cultes du « soleil » chaldéens et les cultes à mystères » (79) qui répugnaient aux patriciens de souche, fournirent un terreau favorable à cette religion proche-orientale, ainsi le culte oriental de la Grande Déesse mère, auquel les populations dites « européennes » ont été conditionnées au cours des siècles par l’adoration de la Vierge Marie, a pris une tout autre dimension sur ce continent depuis que, avec la complicité et la bénédiction des grands prêtres du culte de la Grande Déesse, rebaptisé entre-temps « laïcité », s’y sont installés des millions d’extra-Européens, dont la masse forme la base, au sens guénonien de « pôle substantiel », de « quantité pure », qui sert de support à l’action des influences subtiles ou psychiques d’ordre inférieur, infrahumaines, dont la Grande Déesse mère, par certains de ses aspects, est le symbole, avec ses attributs divers et variés mais analogues et, aujourd’hui, de plus en plus stylisés : l’œil, le quartier de lune, les cornes de taureau, etc.

« Mon nom est personne », B. K.

(1) Voir J. Evola, Rivolta contro il mondo moderno, Mediterranee, 2007, chap. Nord e Sud.
(2) D’après O. Wirth, des groupes d’Hyperboréens auraient émigré au néolithique vers le nord-ouest du continent africain, où, après s’être mêlés à la race négroïde, ils auraient formé le peuple qui serait connu plus tard sous le nom d’Égyptiens.
(3) Peter Schnyder, Métamorphoses du mythe : Réécritures anciennes et modernes des mythes antiques, Paris, Éd. L’Harmattan, coll. Université/Domaine littéraire, 2008, p. 100-101.
(4) F. Schott-Billmann, Le féminin et l’amour de l’autre : Marie-Madeleine, avatar d’un mythe ancestral, Odile Jacob, 2006, p. 96-97.
(5) http://www.mediterranee-antique.info/Auteurs/Fichiers/ABC/Allard/Julien_Apostat/T1/JAP_111.htm.
(6) A. Pike, Magnum Opus Or the Great Work, Kessinger Publishing, 2010, p. 11.
(7) L. H. Gray, Mythology of all Races, Vol. 12, Marshall John Company, 1918, p. 3.
(8) N. Cohn, Cosmos, chaos et le monde qui vient : du mythe du combat à l’eschatologie, Editions Allia, 2000, p. 16.
(9) G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient, http://remacle.org/bloodwolf/livres/maspero/egypte.htm.
(10) Ibid.
(11) Quant au soleil couchant et au soleil couché, ils furent très tôt identifiés à Osiris.
(12) Dans un mythe de la période ptolémaïque, l’œil du soleil est sa fille et il est significatif que la « déesse courroucée » parte pour la Nubie, après avoir abandonné son père. Dans un autre mythe, Djehouti (Thot), le dieu lunaire de Khemenou en Moyenne-Égypte, soigne l’œil du soleil, lorsqu’il est blessé, ou le remplace, lorsqu’il a été arraché.
(13) Une autre divinité est appelée l’Œil de Rê, voire l’Œil d’Horus, ou encore l’Œil de Ptah : Maât, la déesse de la justice.
(14) Plutarque, De Iside et Osiride, sect. 52, vol. ii, p. 372b.
(15) « Œil » en égyptien se dit uzait, nom qui ressemble à Ua Zit, la déesse de la sagesse qui était vénérée dans le delta du Nil.
(16) E. Lipiński, Dieux et déesses de l’univers phénicien et punique, Peeters, Louvain, 1995, p. 90.
(17) L’identification d’Horus à cette divinité préhistorique du ciel semble avoir été favorisée par l’essor de l’Etat de Basse-Egypte dont il était la divinité tutélaire.
(18) Il peut également tout savoir parce qu’il est le dieu du vent et que l’air imprègne tout et que le vent pénètre partout. A cet égard, un parallèle a été établi entre Amon, Yahvé en tant que dieu du vent et l’Esprit de Dieu (ruah ‘elohim), qui devint la Troisième Personne de la Trinité, l’Esprit saint.
(19) Cf. Raffaele Petazzioni, The All-Knowing God, Arno Press Inc., 1956 ; chap. I et II.
(20) http://la-dissidence.org/2012/12/27/julius-evola-les-meres-et-la-virilite-olympienne/.
(21) Ibid.
(22) Voir J. Evola, op. cit. ; chap. Nord e Sud.
(23) « D’après les témoignages postérieurs de Photios, de Suda, de Julien et de certains commentateurs, qui sont considérés comme les plus importants témoignages de cet événement, les Athéniens ont exécuté l’un de ces prêtres, car il enseignait à leur femmes le-culte de la déesse. La mort de ce prêtre a provoqué le courroux de la déesse et la peste dans la ville. Cette situation a pris fin seulement quand les Athéniens ont expié en construisant, au centre de la ville, un temple, hommage à la déesse ». http://users.auth.gr/pachisp/pdf/07.pdf.
(24) Dans la mythologie grecque, les sœurs des Gorgones, les Grées (graiai : « vieilles femmes »), Enyo, Péphredo et Dino, divinités de la terre, ou de la mer, n’ont qu’un seul œil et qu’une seule dent, qu’elles se partagent.
(25) B. Johnson, Lady of the Beasts: The Goddess and Her Sacred Animals, Rochester, Inner Traditions International, 1994, p. 70.
Quelques exemplaires d’« idoles aux yeux » représentant Ishtar se trouvent à http://www.sacredthreads.net/www.sacredthreads.net/the_evil_eye.html ; voir aussi J. Allen Black, A. Green,T. Rickards, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia : An Illustrated Dictionary, British Museum Press for the Trustees of the British Museum, 1992 p. 79 ; http://www.collector-antiquities.com/175/ D’autres symboles propres à la Grande Déesse, comme, par exemple, la pleine lune et la chouette, rappellent l’œil ; voir Ô. Kāmîr, Every Breath You Take Stalking Narratives and the Law, The University of Michigan, 2001, p. 33.
(26) Un écho s’en est conservé dans le mot français de « pupille », du latin pupilla, qui avait la même signification. Par ailleurs, le Mahābhārata raconte que Gautama, courroucé par la luxure d’Indra, couvrit son corps de mille marques semblables à autant de vulves et que les dieux, lui ayant pardonné, les transformèrent en yeux
(27) A cette époque au Moyen-Orient, nombreux étaient ceux qui, selon les principes de l’homéopathie, se protégeaient du « mauvais œil » en plaçant sur le seuil de leur maison un talisman appelé « l’œil qui souffre beaucoup » ; l’entrée de la maison était ainsi conçue symboliquement comme l’entrée de l’utérus. Comme l’utérus est l’organe qui donne la vie et, par conséquent, la mort, il n’est pas surprenant que le culte de l’œil ait été directement lié aux « déesses de la génération » (Ishtar, Isis, etc.).

A. Dundes, s’appuyant sur R. B. Onians, The Origins of European Thought: About the Body, the Mind, the Soul, The World Time, and Fate (Cambridge University Press, 1951), affirme que les peuplades primitives de Mésopotamie, qui vivaient dans des régions arides où l’eau potable est rare et dont les mythes de la création place l’eau avant toute chose, concevaient le « mauvais œil » comme une sorte de dessèchement, ce qui est confirmé par le fait que la plupart de leurs amulettes contre le « mauvais œil » représentaient des liquides organiques (sang, sperme, lait et même salive) ; d’ailleurs, il est probable que la pratique chrétienne consistant à cracher à la gueule de ce que les chrétiens appellent le diable tire son origine de ces croyances exotiques ; de même, il est probable que l’opposition de l’Eglise à la crémation – les Juifs la considéraient déjà comme une opprobre et le Capitulaire saxon promulgué par Charles en fit un crime capital – y a sa source ; à l’inverse, les peuples indo-européens pratiquaient la crémation dans le but de dessécher le corps du défunt et de permettre ainsi à son « daemon » de le quitter aussi vite que possible (G.R.A. Aquaro, Death by Envy: The Evil Eye and Envy in the Christian Tradition, iUniverse, p. 7-8). Il n’est pas inintéressant que, mythologiquement, le « mauvais œil » soit associé au regard hypnotique agressif (J. M. Heaton, The Eye: Phenomenology and Psychology of Function and Disorder, Tavistock, vol. 4, 1968, p. 83).
(28) La lettre 0, quinzième lettre de l’alphabet hébraïque, est dérivée de la seizième lettre de l’alphabet protosinaïtique ayin, qui signifie « œil ». De fait, son idéogramme épousait à l’origine la forme d’un œil (Psaume, 11:4, Job, 34:21 ; 2 Chroniques, 16:9, Ecclésiaste, 34:19, etc.).
(29) S. Karimah, Moon Goddess, iUniverse, 2003, p. 31.
(30) Même s’il convient de préciser que ce symbole, qui fut d’abord celui d’Osiris, n’est apparu qu’à l’époque baroque (U. Becker, The Continuum Encylopedia of Symbols, Continuum International Publishing Group, 2000, p. 106), il convient également d’attirer l’attention sur le fait, peu relevé, qu’un archétype propre à une tradition peut n’y apparaître au grand jour qu’après une période de latence plus ou moins longue.
(31) La mitre, coiffure de cérémonie que portent le pape, les évêques et certains abbés depuis les premiers temps de l’Eglise, ressemble, dans sa partie supérieure, à la gueule ouverte d’un poisson, dont la forme rappelle à la fois des cornes de taureau et le croissant de lune. Voir http://www.masters-table.org/pagan/fishMitre.jpg
(32) M. Gimbutas, The language of the Goddess, New York, Harper Collins, 1991, p. 258-262. En grec, delphis signifie “dauphin” et delphys « uterus ».
(33) H. B. Werness, The Continuum Encyclopedia of Animal Symbolism in World Art, The Continuum International Publishing Group Inc., 2006, p. 176.
(34) F.-J. Chastellu, De la félicité publique ; ou, Considérations sur le sort des hommes dans les différentes époques de l’histoire, M. M. Rey, vol. 1, p. 250.
(35) Annales de l’Académie de Mâcon, Vol. 6 à 8, L’Académie, p. 183 ; J. A. Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, Librairie hachette et Cie, Paris, 1865, p. 641.
(36) H. Zimmer, Altindisches Lehen, Berlin, 1879, p. 26.
(37) O. Schrader, Prehistoric antiquities of the Aryan peoples: a manual of comparative philology and the earliest culture, Kessinger Publishing, 2006, p. 118.
(38) Ibid., p. 354.
(39) Cf. Merriam-Webster’s Encyclopedia of World Religions, p. 71. C’est, de très loin à notre connaissance, l’exposé le moins confus sur les religions préislamiques de la péninsule arabique.
(40) Par « tribu » il ne faut cependant pas entendre un groupe social, généralement composé de familles se rattachant à une souche commune, qui présente une certaine homogénéité raciale, ethnique, linguistique, culturelle, etc. « L’unité généalogique de la tribu était une fiction souvent superposée à ce qui, à l’origine, était ou une unité locale, ou une union d’émigrants sous un chef, ou encore une autre combinaison fortuite ». (D. S. Margoliouth, Mohammedanism, Williams and Norgate, Londres, 1911, p. 4)
(41) Les Sumériens l’avaient vénéré sous les noms de Nanna, Suen et Asimbabbar ; les Akkadiens, sous celui de Suen, puis de Sin, « dieu des contrats ». Il n’est pas exclu que le désert du Sinai (Midbar Tzin) tire son nom de cette divinité.
(42) Dans la langue arabe, le soleil est de genre féminin et la lune de genre masculin, comme il l’est en allemand moderne (respectivement : die Sonne et der Mond), dans les langues slaves et dans les langues baltes et comme il l’était déjà en gothique et en vieil anglais (respectivement : sunna et mona). Lorsqu’on sait que le genre féminin n’existait pas en proto-indo-européen, ou que, tout au moins, il n’y apparut que très tard, on mesure à quel point les peuples qui parlaient les langues susmentionnées étaient déjà influencés par les cultes du Sud. Une inversion des genres, reflet d’une prise de pouvoir des prêtresses chez ces peuples à une époque archaïque, n’est pas à exclure.
(43) Il apparaît que la Hanoukka menora, avec ses neuf branches (9 est un chiffre lunaire) à la forme analogue à un croissant, ou au plateau d’une balance, devint un symbole de la lune au cours de la période intertestamentaire.
(44) L’époque préislamique est appelée Jâhiliyya (« la période de l’ignorance ») dans le Coran, selon lequel les Mecquois n’eurent aucune révélation, aucun prophète avant l’avènement de l’islam. Le Coran fait cependant une exception, lorsqu’il suggère clairement que le sage Luqmân (certaines légendes font de lui un Noir) avait été monothéiste avant l’heure.
(45) Une thèse parallèle est que le prototype d’Allah est al-Ilah (littéralement, « le dieu », « la seule divinité »). Voir, cependant, à http://allahumma.blogspot.fr/ la savante réfutation
de la thèse selon laquelle « allah » est une contraction de « al-Ilah ».
(46) La plupart de ces points sont empruntés à Y. Nathan, Moon-o-Theism: Religion of a War and Moon God Prophet, Vol. 2, chez l’auteur, 2006, l’un des rares ouvrages de fond sur la question. Il convient de signaler que, aux Etats-Unis, les rares tenants universitaires de la thèse qu’il soutient sont ostracisés d’une manière beaucoup plus radicale que ne le sont les révisionnistes historiques.
(47) http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhr_0035-1423_1996_num_213_2_1218.
(48) http://www.ahlazzikri-bambilor.org/IMG/gif/kaaba_description.gif.
(49) Le symbolisme lunaire est encore plus frappant dans le dôme du Rocher, un sanctuaire édifié sur ordre du calife Abd al-Malik ben Marwan sur l’esplanade du temple de Salomon à Jérusalem, qui est le plus ancien monument islamique conservé et le troisième lieu saint de l’islam sunnite ; le mur de tympan est orné de motifs qui rappellent l’utérus ; voir Y. Nathan, op. cit., p. 282.
(50) Y. Nathan, op. cit., p. 72.
(51) http://www.swordsantiqueweapons.com/images/s877.jpg. Les sacrifices humains sont d’ailleurs toujours pratiqués par les musulmans, dans le contexte de ce que l’on appelle aujourd’hui le « terrorisme » ; « écoutez-moi, O Qoraishites. Avec l’aide [d’Allah], qui tient ma vie dans sa main, je vous apporte le massacre [dhabb] », in ibn Ishaq, p. 130.
(52) http://a403.idata.over-blog.com/0/24/52/70/pierre_noir.jpg ; http://img802.imageshack.us/img802/4650/blackstone.jpg. Un des symboles de Vénus est naturellement la vulve.
(53) In Y. Nathan, op. cit., p. 331.
(54) Certains érudits musulmans sont d’avis que « noor » est le plus grand nom d’Allah. Y.T. Al-Jibouri, Allah: the Concept of God in Islam, Ansariyan Publications, 1997, p. 201 ; et la sourate 24, intitulée précisément an-Noor, décrit Allah comme « la lumière des cieux et de la Terre », c’est-à-dire la lune.
(55) Le croissant lunaire est symboliquement associé à des cornes de taureau ; à Sumer, En-su, le dieu de la lune, était surnommé le « taureau sauvage », dont les cornes se reflétaient dans le croissant de la lune. Or, l’animal le plus fréquemment sacrifié au dieu de la lune est précisément le taureau. Le « signe de Tanit », omniprésent dans l’art punique dès le quatrième siècle avant J.-C., s’est conservé dans l’église orthodoxe, dans laquelle les deux bras de Vierge orante représentent le croissant lunaire (ou des cornes de taureau) et sa tête l’orbe. http://a403.idata.over-blog.com/0/24/52/70/pierre_noir.jpg ; http://www.flickr.com/photos/23864735@N03/3918270954/
http://jahiliyyah.files.wordpress.com/2009/12/signe-de-tanit.jpg Il semble que, au neuvième siècle de notre ère, de nombreux chrétiens autour de Constantinople aient cru que Marie représentait la lune. Un homme orant est représenté sur le mûr de l’église pyrénéenne de Sant Quirze de Pedret http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/67/Sant_quirze_pedret-pintures-1.jpg ; des pièces byzantines de cette époque sont à l’effigie de Marie tenant un croissant de lune dans les mains. Ibn Ishaq rapporte que Mohammed priait dans cette posture ; il arrive également que le muezzin prie dans une posture analogue dans le minaret.
(56) http://rlv.zcache.be/degre_de_couteau_et_de_fourchette_sticker_ovale-rf0e278130cfa4541b151f00744fb7d2d_v9wz7_8byvr_216.jpg
(57) E. D. Van Buren, E. D., Symbols of the Gods in Mesopotamien Art, Rome, Pontificium institutum biblicum, 1945, p. 115-119. En ce qui concerne toujours l’association entre le losange, la vulve et l’œil, voir aussi J. M. Sasson, Civilizations of the ancient Near East, vol. 3, Scribner, 1995.
(58) La ruche figure, entre autres, sur des tabliers, des gravures et des porcelaines du dix-huitième ainsi que sur des bannières du dix-neuvième siècle (Études Rétiviennes : bulletin de la Société Rétif de la Bretonne, la Société, 1990, Vol. 34, p. 261) http://mvmm.org/c/images/tablierorcelr.jpg ; http://www.timbres-fiscaux.fr/archives/2012/05/13/24249701.html.
(59) « Le liquide de son œil tomba à terre et se mua en abeille. », in S. H. Aufrère, Thot Hermès l’égyptien, L’Harmattan, 2007, p. 195.
(60) Cet épisode est à rapprocher de celui du Livre des Juges (14:5-10) dans lequel Samson, allant à Thammatha avec ses parents pour y épouser une fille des Philistins, tue un jeune lion avec l’aide de Yahvé et découvre dans son cadavre un essaim d’abeilles et du miel (http://www.mediterranees.net/mythes/orphee/georgiques-rat.html).
(61) Le soi-disant trésor de Childéric 1er, retrouvé en 1623 à Tournai, contient, entre autres objets précieux, une tête de taureau et 300 abeilles stylisées en or, que le roi mérovingien aurait rapportées d’un séjour chez les Thuringiens et que ceux-ci auraient ouvragées en s’inspirant d’un des motifs typiques de l’art des Huns, auxquels ils étaient alors soumis. Plus tard, on la retrouvera sur les habits d’un certain nombre de rois de France, dont Louis XII et elle sera omniprésente dans la symbolique napoléonienne.
(62) http://www.encyclopedie-universelle.com/abeille1/artemis-prytanee-ephese.jpg.
(63) La notion de « virginité » n’a pas le même sens dans le christianisme et dans les cultes sémites dans lesquels cette religion plonge ses racines : dans celui-là, une « vierge » est une femme qui n’a jamais eu de relations sexuelles, tandis que, dans ceux-ci, c’est une femme qui a des mœurs très libres, au point de choisir à son entière discrétion ses partenaires sexuels, comme c’est précisément le cas dans les pays dits « européens » aujourd’hui.
(64) A. Gheerbrant, J. Chevalier, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 1982, p. 2.
(65) M. Rouche, Attila, Fayard, 2009, p. 275.
(66) D. Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Troisième édition, tome premier, Jean-Léonard Pellet, Genève, p. 72.
(67) La « Commission Européenne » a jusqu’à présent refusé de divulguer les noms des quatre personnes dont elle prétend qu’ils ont créé ensemble ce design. http://www.guardian.co.uk/world/2001/dec/23/euro.eu1.
(68) L’abbé Crosnier, Iconographie chrétienne ou étude des sculptures, peintures, etc., Derache, 1848, p. 83. Une autre des caractéristiques remarquables de cet ouvrage, qui fait toujours référence en la matière, est qu’il ne comporte aucun document iconographique. La fameuse Iconographie chrétienne : Histoire de Dieu de Didron ne nous en dit pas davantage et, surtout, ne nous en montre pas davantage. Il n’est pas un ouvrage sur l’iconographie chrétienne qui ne glisse subrepticement du thème de la représentation plastique de Dieu à celui de la figuration de Jésus-Christ et du Saint-Esprit au bout de trois ou quatre courts paragraphes. La raison en est simple : en fait, l’Eglise, pas plus que les Juifs, n’a jamais représenté son dieu. Le christianisme, comme le judaïsme, est fondamentalement iconoclaste. Les représentations de « Dieu » sous la forme d’un vieillard à la barbe grise datent de la Renaissance et il est clair qu’elles n’ont qu’une valeur artistique.
(69) E. K. Rowson, « The Effeminates of Early Medina », Journal of the American oriental Society, vol. 111, n°4, octobre-décembre, 1991, p. 671-693 ; « Gender Irregularity as Entertainment: Institutionalized Transvestism at the Caliphate Court in Medieval Bagdhad », in S. Farmer, Gender and Difference in the Middle Ages, S. Farmer, C. Braun Pasternack éds., p. 45-72. D’anciens textes mésopotamiens font référence à des musiciens travestis et à des musiciennes travesties ; cf. T. W. Burgh, Listening to the Artifacts : Music Culture in Ancient Palestine, Clark T&T International, 2006, p. 69. En connaissance de cause, un hadith déclare : « Que la malédiction soit sur l’homme qui s’habille comme une femme et sur la femme qui s’habille comme un homme. »
(70) Julius Evola, « Viviamo in una civiltà « ginecocratica » ? », Augustea, XVI, n°20, 1er novembre 1941.
(71) Ibid.
(72) Ibid.
(73) Ibid.
(74) Ibid.
(75) In « Viviamo in una civiltà « ginecocratica » ? »
(76) Ibid.
(77) Ibid.
(78) Parmi les innombrables effets désastreux qu’ont eu les deux guerres mondiales sur la civilisation dite « européenne », dont on sait qui les ont provoquées, il y a eu, en ce qui concerne la première, la substitution des employées féminins aux employés masculins dans l’administration et l’ouverture des métiers du tertiaire aux femmes. Le fait que le développement tératologique du secteur tertiaire et des occupations essentiellement parasitiques et prédatrices qui y prolifèrent ait été accompagné par la destruction progressive des activités comme l’industrie et l’agriculture des pays dits « européens » depuis la fin de la seconde guerre mondiale est indirectement lié à l’entrée massive des femmes sur le « marché du travail » au tout début des années 1970 ; indirectement , puisque, en dernière analyse, c’est bien évidemment les agent(e)s de la haute finance internationale apatride qui sont à l’origine de ce phénomène, les femmes européennes n’ayant été, une fois de plus, que leur jouet, à plus d’un titre.

Sur l’ouverture totale et inconditionnée de ce « marché » aux femmes, qui faisait partie du plan des pseudo-élites, il y aurait beaucoup à dire : les vannes sont ouvertes à la fin des années 1960 ; le chômage de masse commence à s’installer dans les pays dits « européens » à la suite du soi-disant « choc pétrolier » (1973), touchant les hommes aussi bien que les femmes ; l’immigration de peuplement extra-européenne est initiée au début des années 1980. Ces trois phénomènes sont étroitement liés ; ils constituent les trois étapes d’un même plan. Dans un premier temps, il s’agissait de créer de toutes pièces des emplois plus ou moins fictifs pour les femmes européennes, afin qu’elles puissent ainsi inonder le « marché du travail » ; dans un second temps, il s’agissait de provoquer artificiellement une « crise » et, donc, un chômage de masse, c’est-à-dire un tampon qui puisse amortir l’importation massive de populations extra-européennes en contrebande sur le sol européen, de telle sorte qu’elle passât pratiquement inaperçue. C’est ainsi que des millions d’extra-Européens purent pour la plupart se noyer dans la masse des chômeurs et des chômeuses de souche et, pour une minorité d’entre eux, occuper des emplois qui, dans tout Etat européen digne de ce nom, seraient réservés à des autochtones. Le tour était joué. Croit-on sérieusement qu’une immigration massive d’extra-Européens dans les pays dits « européens » aurait pu passer inaperçue, si, à la fin des années 1970, les actifs avaient été pour la plupart des hommes et avaient tous eu un emploi salarié ?

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le « bénévolat », ce fléau, qui, répandu par les femmes désœuvrées de la bourgeoisie très-chrétienne à la fin du dix-neuvième siècle, plonge ses racines dans la pratique antisociale chrétienne de la « charité ». Ce sont précisément les « œuvres de charité » qui ont modifié la mentalité des femmes de cette époque et, leur ayant laissé entrevoir que le travail était un droit pour elles, ont fait que des femmes issues des couches moyennes se sont mis en tête d’exercer des professions libérales, intellectuelles, ou commerciales (voir Françoise Battagliola, Histoire du travail des femmes, La Découverte, 2000). De plus, les « œuvres de charité » avaient ceci d’obscène et de vicieusement cynique que, ce que Madame donnait d’une main, Monsieur, chef d’entreprise, le reprenait d’une autre, en sous-payant et en maltraitant ses employés.
(79) Aussi désastreuse que soit pour les autochtones la présence physique de millions d’extra-Européens d’origine asiatique ou africaine dans les pays dits « européens » d’un point de vue social, économique, culturel et racial, elle n’est rien par rapport aux influences immatérielles, subtiles qu’elles répandent dans le milieu. Bruno-Piaud est un des rares à avoir bien vu cette menace psychique : « Il y aurait beaucoup à dire sur le « choc en retour » que nous [..] subissons [de « L’Or Noir (aqua infernalis) [qui] joue un rôle pourrissant conforme à sa nature »] ; on pourrait parier de la « déstabilisation » via le terrorisme, etc. Mais soulignons plutôt une chose passée sous silence massif, le fait que les immigrés islamiques permettent le passage en Occident de « contrôleurs » de supports d’influences rendues dissolvantes : les « marabouts » qui infestent depuis quelques années les milieux de 1′« occultisme alimentaire ». Ils s’affirment dans leurs annonces publicitaires originaires du « grand centre de la magie africaine », soit de la Casamance. Or, ce fameux centre est un pole extérieur de rayonnement d’une des deux « Tours du diable » situées en Afrique, au nord de l’équateur, tours du diable que Guénon avait, en son temps, pris grand soin de repérer. Une étude de l‘implantation des « marabouts » en France montre un « quadrillage » qui renseigne sur cette « prise de possession » des pouvoirs subtils attachés à certains nœuds locaux… Le phénomène se passe ailleurs, via d’autres « agents » (les prêtres vaudou, aux U.S.A., par exemple). Le processus de « dépersonnalisation » totale des nations occidentales, tant au niveau racial qu’au plan psychique et spirituel est, sur le long terme, désormais irréversible. » (B. Bruneau-Piaud, « Sectes : un fléau contre-initiatique », L’âge d’or. Spiritualité et Tradition, n°7, hiver 1987) Ces individus servent « d’instruments et de « supports » passifs à certaines influences appartenant aux « bas-fonds » du monde subtil, influences qu’ils véhiculent partout avec eux, et qui ne manquent pas d’affecter dangereusement tous ceux, savants ou autres, qui viennent à leur contact et qui, par leur ignorance de ce qu’il y a au fond de tout cela, sont totalement incapables de s’en défendre ». (R. Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Gallimard, Gallimard, 1945, p. 289)

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