Hérédité raciale et tradition

Plus particulièrement, quelle est la signification profonde de la loi de l’hérédité sur le plan de l’expérience personnelle ?
Cette signification est double. D’abord, c‘est le dépassement de la conception libérale, individualiste et rationaliste de l’individu : pour la conscience raciste, l’individu n’est pas une sorte d’atome, d’entité en soi, qui ne vit et n’a de valeur que pour soi. Au contraire, le racisme conçoit et met en valeur l’individu par rapport à une communauté donnée à la fois dans l’espace (en tant que race d’individus vivants) et dans le temps (en tant qu’unité d’une lignée, d’une tradition, d’un sang). En ce qui concerne le premier aspect, c’est-à-dire la valeur de l’individu comme fonction organique d’un tout dans l’espace, il y a une autre convergence du racisme et de la conception totalitaire corporative du fascisme. Quant au second aspect, c’est-à-dire l’unité dans le temps, la conscience raciste donne un sens à la fois plus vivant, plus énergique, plus profond à ce que le langage courant appelle « tradition ». En effet, on attribue trop souvent à ce terme un sens purement « historiciste », culturel et humaniste, quand il n’est pas carrément rhétorique. Lorsqu’on entend par là la somme des créations, des acquisitions et des croyances héritées de nos prédécesseurs, on est loin de faire ressortir l’essentiel, le substrat le plus profond de toute tradition digne de ce nom. Ce substrat, c’est le sang, la race vivante, le sentiment d’être reliés non pas tant aux créations de nos ancêtres qu’aux forces même dont leurs œuvres dérivèrent – forces qui demeurent dans notre sang, dans les strates les plus mystérieuses et les plus sacrées de notre être. C’est ainsi que le racisme vivifie et rend concret le concept de tradition : il accoutumera l’individu à voir chez nos ancêtres non pas une série de « morts » plus ou moins illustres mais l’expression de quelque chose qui vit encore en nous et à quoi nous sommes toujours intérieurement reliés. Nous sommes porteurs d’un héritage qui nous a été transmis et que nous devons à notre tour transmettre – et, dans cette conscience, il y a quelque chose qui est au-delà du temps, quelque chose qui nous permet de commencer à discerner ce que nous avons appelé ailleurs la « race éternelle ».
Venons-en maintenant au second sens de l’idée raciste d’hérédité, celui qui nous permet de comprendre le racisme comme une réfutation explicite de la théorie lamarckienne et aussi, en partie, de la théorie marxiste de l’influence du milieu.
Il est faux d’affirmer que le milieu détermine les individus et les races. Le milieu, qu’il soit naturel, historique, social ou culturel, ne peut influencer que le phénotype, c’est-à-dire le mode extérieur et contingent de manifestation, chez un individu ou un groupe donné, de certaines tendances héréditaires et raciales, qui resteront toujours l’élément principal, originel, essentiel et incoercible. Être raciste signifie donc être explicitement conscient et savoir concrètement que ce sont des forces enracinées au plus profond de nous-mêmes et non pas les influences mécaniques et impersonnelles du milieu qui sont vraiment déterminantes pour notre vie, notre caractère et nos vocations. C’est là un point de vue qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives historiques. En effet, il s’oppose à la théorie du milieu en tant qu’elle considère que les grandes civilisations du passé furent déterminées par la géographie, les conditions climatiques et, dans un sens étroit, historiques, l’économie et ainsi de suite. Au contraire, l’homme est la force décisive qui, souvent même dans un milieu hostile, a façonné les diverses civilisations – toutefois, il faut le répéter, non pas l’homme dans l’abstrait mais l’homme comme représentant d’une race, tant corporelle que spirituelle. Cette race extérieure et intérieure explique non seulement que, dans un peuple donné pris dans son ensemble, une vocation donnée est propre à des groupes donnés d’individus mais aussi que, dans un milieu donné et dans une époque donnée, ce fut une civilisation de guerriers et non de marchands, ou d’ascètes et non d’humanistes, qui naquit. Dans chaque cas, les forces irrésistibles ou, plus précisément, fatidiques qui vivent en nous, façonnent notre nature et sont liées au mystère des origines, sont décisives.
Quel est le lien entre l’individu et, en général, la personnalité humaine et ces forces ? Il pourrait sembler qu’avec le racisme on tombe dans une forme intériorisée de déterminisme : la race serait tout et la personnalité en tant que telle rien. C’est pourquoi on peut avoir l’impression d’être confronté à un vague collectivisme, à un retour à l’esprit du clan, à la promiscuité de la horde sauvage. La réalité est bien différente. On peut affirmer avec raison que – abstraction faite de problèmes d’ordre spécifiquement métaphysique –, si l’individu n’est rien en dehors de la race, la race, d’une certaine manière, n’existe pas non plus en dehors de l’individu, ou mieux de la personnalité.
Pour clarifier cette formulation, il convient de rappeler l’aspect « aristocratique » déjà souligné dans des expressions telles que celle d’« être racé » ou d’« avoir de la race ». D’une manière quelque peu paradoxale, on pourrait dire que la race n’existe vraiment que chez ceux de ses représentants qui « ont de la race ». En d’autres termes, la race est un héritage en même temps qu’un substrat collectif. Bien qu’elle tende à s’exprimer chez tout le monde et y parvienne effectivement d’une façon ou d’une autre, elle ne se réalise pleinement et parfaitement que chez quelques-uns – et c’est justement ici que s’affirment l’action et la signification de l’individu, de la personnalité. Chez les hommes vraiment supérieurs, la race se réalise, s’actualise à son plus haut degré, qui est en même temps le point culminant des valeurs de la véritable personnalité. L’hérédité raciale peut être comparée à un patrimoine. Il n’y a aucun déterminisme, car les descendants sont libres de l’utiliser à leur guise ; ils peuvent le conserver, pour le préserver, le cultiver et le faire fructifier, tout comme ils peuvent choisir de le dissiper et le détruire. De ce qui lui a été fourni par une hérédité biologique et spirituelle spécifique, l’individu peut donc, s’il reste fidèle à sa race, tirer les forces nécessaires pour atteindre une perfection personnelle et représenter l’incarnation parfaite de l’idéal d’une race toute entière, ou il peut contaminer cet héritage, le dilapider et le mettre à la merci des déterminismes auxquels donnent lieu les croisements et les métissages, en conséquence de quoi il sera tôt ou tard submergé par des influences paralysantes ou dissolvantes.
La conscience raciste, si elle reconnaît la signification et la fonction de la personnalité dans la race, vise à faire prendre conscience à l’individu des responsabilités qu’il a à l’égard de l’utilisation de sa liberté par rapport au patrimoine racial biologique et spirituel qu’une longue chaîne de générations lui a transmis.

Julius Evola, Eléments pour une éducation raciale, traduit de l’italien par B. K.

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