Anti-Amérique

HISTOIRE ET RÔLE DE L’AMÉRIQUE

~ ESSAI ~

On croit bien connaître l’Amérique, ce pays qui exerce désormais à travers le monde une si grande influence dans tous les domaines de la vie. Une étude plus approfondie nous révèle déjà que nos premières idées étaient inexactes, voire totalement fausses. Cependant, même une étude sérieuse de l’Amérique ne pourra jamais apporter qu’une connaissance imparfaite de ce pays pour la simple raison que l’histoire officielle de l’Amérique est tronquée, en plus d’être dominée par le mythe. En effet, qui comprend aujourd’hui que l’Amérique a commencé à exister en tant que croyance judéo-chrétienne bien avant sa « découverte » en 1492 ? Qui évalue à sa juste portée l’action du puritanisme sur l’Amérique, et cela dès le fanatisme des « Pères pèlerins » ? Qui soupçonne que les Etats-Unis sont une création de la franc-maçonnerie, qui a entre ses mains le destin de l’Amérique depuis la première moitié du dix-huitième siècle ? Qui connaît réellement l’explosion sectaire qui eut lieu au dix-neuvième siècle, ainsi que le rôle des sectes dans la formation de la spiritualité et de l’esprit américains ? Enfin, qui est apte à tracer, d’un point de vue traditionnel, un portrait fidèle de la « civilisation » américaine s’il ne connaît pas la véritable histoire de l’Amérique ?
Par cet essai, nous voulons répondre d’une manière synthétique à toutes ces questions. Nous voulons établir la synthèse de ce qu’est réellement l’Amérique, depuis les expéditions européennes du quinzième siècle jusqu’à aujourd’hui. Nous n’inventons rien: tout ce que nous disons est vérifiable mais sera en général dispersé dans la littérature. Toutefois, il est quelques rares livres qui traitent de la question de l’Amérique d’une manière magistrale. Parmi ces livres, on peut citer « Histoire secrète de l’Amérique » de L. Guillaud et les textes de J. Evola sur l’Amérique. Nous nous sommes considérablement aidés de ces deux œuvres pour écrire cet essai et nous remercions les auteurs.
Nous précisons que, dans cet essai, nous employons le terme d’ « Amérique » d’une manière interchangeable avec celui d’ « Etats-Unis ».

Année 2013

Première partie: l’Amérique comme croyance

La recherche d’un paradis terrestre et le développement des sciences positives comme motivations des grandes expéditions d’exploration européennes
Les nombreuses expéditions européennes du quinzième siècle au dix-septième siècle permettent l’exploration et la cartographie de la Terre, ainsi que l’établissement de contacts directs avec des populations extra-européennes, faisant ainsi ce qui a été appelé l’ « âge des découvertes ». Deux motivations, plus ou moins conscientes, sont à la base de cette vaste entreprise. La première motivation est l’accumulation de données et de connaissances rationnelles, scientifiques, qu’on appellera « positives » au dix-neuvième siècle. Tout au cours de la « Renaissance », ce travail de fourmis planétaire sera poursuivi et exprimé par plusieurs personnages importants de cette époque, dont Giordano Bruno qui donna l’ordre de « tout peser, tout mesurer ». L’étude du monde physique est aussi un moyen de se rapprocher de Dieu puisque, selon l’énumération des deux premiers chapitres de la Genèse, le Dieu judéo-chrétien est le créateur des éléments temporels, géographiques et climatiques, ainsi que des animaux et des hommes. La deuxième motivation, qui joua le plus grand rôle, est la recherche du paradis terrestre (1). Au quinzième siècle, en Europe chrétienne sous l’influence de la Réforme protestante, la croyance en un paradis sauvé du Déluge quelque part sur la terre est très forte. Le paradis, une notion ancienne très présente durant le « moyen-âge », est souvent symboliquement identifié à un lieu insulaire qu’on atteint par un voyage. Dans tous les cas, le paradis est un lieu présent sur la Terre, auquel on peut en principe accéder, et ce n’est qu’au début de la période moderne qu’il faut placer la conception du paradis comme une idée intellectuelle et essentiellement intérieure (2). Certains évènements terribles comme la peste noire ou encore la guerre de Cent Ans et son cortège de maux purent contribuer à développer l’enthousiasme autour de la recherche d’un paradis terrestre. La notion de paradis terrestre est aussi étroitement liée à l’eschatologie: dans l’Europe du quinzième siècle, on croyait que la fin du monde allait avoir prochainement lieu et que la découverte et l’évangélisation de nouvelles terres permettraient le renouvellement du monde chrétien par le paradis terrestre ou « tout au moins, le recommencement de l’Histoire sacrée, la réitération des évènements dont parlait la Bible » (3).
Ainsi, en plus de C. Colomb qui croit être arrivé aux portes du paradis en « découvrant » l’Amérique, plusieurs autres expéditions ont pour but de trouver le paradis terrestre: les quatre expéditions partant des îles Canaries entre 1526 et 1721 recherchent la « Terre promise » de saint Brendan, le conquistador Ponce de León est à la poursuite de la « fontaine de jouvence » à l’Ouest, Vàsquez de Coronado veut trouver les « cités d’or de Cibola », Sebastián Cabot parcourt le globe pour trouver la terre extraordinaire du Livre des Rois, les aventuriers Ambrosius Ehinger, Georg Hohermuth et Gonzalo de Quesada recherchent l’ « Eldorado », etc. Déjà, des thèmes financiers sont mêlés à la religion: en plus de leur signification religieuse, les « cités d’or » et l’ « Eldorado » sont faites d’or et le paradis terrestre est supposé contenir des richesses matérielles immenses. D’une manière générale, avant même que l’Amérique soit « découverte », le spirituel et le matériel se mêlent dans l’esprit de ceux qui veulent trouver le paradis terrestre.

Christophe Colomb, prophète judéo-chrétien et évangélisateur du monde

Colomb n’a pas « découvert » l’Amérique en 1492. De nombreuses preuves archéologiques, linguistiques et mythologiques montrent que, de l’Antiquité au « moyen-âge », des individus et des peuples blancs savaient qu’il y avait une terre au-delà de l’Océan Atlantique (4). Certains y étaient même allés. Toutefois, en ce qui concerne Colomb, ce n’est pas cela qui a le plus d’importance. Son identité ne l’est pas plus, même s’il règne l’incertitude sur qui il était vraiment. En effet, plus de quatorze pays se disputent son berceau originel et Simon Wiesenthal a redoublé d’efforts pour tenter de démontrer que Colomb était un Juif (5). Nous pouvons affirmer que, au vu de ses actes et de sa pensée tels que nous les connaissons, il était judéo-chrétien d’esprit. Se sentant proche du prophète Isaïe, connaissant les enseignements cabalistiques et templiers (6), Colomb rêve d’évangéliser le monde entier, ce qui rappelle saint Paul. Dans son « Livre des prophéties », Colomb affirme que la conquête du nouveau continent, son évangélisation et la destruction de l’Antéchrist déclencheront la fin du monde, ce qui permettra le Second Avènement du Christ, selon une perspective millénariste et apocalyptique. N’allant pas jusqu’à se donner un rôle de messie eschatologique, il se voit tout de même le prophète du Nouveau Monde et s’identifie au pilote des Argonautes. S’adressant au prince Jean, il déclare: « Dieu m’a fait messager du nouveau ciel et de la nouvelle terre, dont il parle dans l’Apocalypse de saint Jean, et dont il a déjà parlé par la bouche d’Isaïe; et Il m’a montré l’endroit où le trouver. » Enfin, pensant que les habitants du paradis devaient parler l’hébreu et l’araméen et les assimilant aux tribus perdues d’Israël, il se fait accompagner par Rodrigo de Jerez, un Juif converti qui parlait ces langues. Ces thèmes, loin d’être éphémères, auront une influence durable tout au cours de l’histoire de l’Amérique, que ce soit sur les colons ou les évangélisateurs. Le premier Américain est déjà un prêcheur.

L’influence des utopies

Le thème de l’utopie, qui se greffa à l’eschatologie, aura également une influence très importante, tellement qu’on peut dire que les colons avaient la Bible dans la main droite et l’ « Utopie » de Thomas More dans la main gauche. C’est durant la conquête du continent que l’utopie prend de plus en en plus d’importance, lorsque les colons réalisent que ce continent vierge peut être modelé afin de devenir un paradis terrestre tel qu’ils le conçoivent, tel qu’ils le rêvent. Les colons haïssant souvent l’Europe jugée corrompue et considérée comme l’Antéchrist, ce paradis terrestre est programmé pour être son antithèse. Ainsi, sont prônés la réforme, la tolérance religieuse, le principe de raison appliqué aux lois et l’égalitarisme. Concrètement, la religion doit être une religion morale qui s’identifie à la science (7). La fraternité, l’amour de l’ordre, le dévouement à la patrie, l’égalité entre les hommes et le mépris du luxe sont élevés au rang de dogmes qui doivent être obéis, les utopies ayant pour la plupart un caractère nettement autoritaire. Insolemment fier de la supériorité de son pays, l’utopien est dédaigneux des autres pays qui ne sont pas au niveau du sien, préfigurant le chauvinisme et l’impérialisme interventionniste de l’Américain moyen de demain. Ce sont les Indiens, cette « race grossière à civiliser », qui feront les frais les premiers de cet état d’esprit. Malgré la volonté de rupture avec l’Europe, ce thème de l’utopie est cependant chargé d’une influence chrétienne considérable provenant d’Europe puisqu’il y a au seizième siècle et au dix-septième siècle plusieurs utopies chrétiennes-sociales (Tommaso Campanella, Giordano Bruno, Martin Luther, Giordano Savonarole, Johann Andrae, etc.), dont celle de Rabelais qui décrit parfaitement ce que sera l’éducation en Amérique. En effet, le cadre de l’utopie rabelaisienne est un grand monastère champêtre, véritable havre de liberté, ouvert aux jeunes garçons et filles qui pratiquent harmonieusement le sport et l’étude. Science et religion sont ainsi réunies. Plusieurs de ces utopies comportent des éléments cabalistiques, hermétiques et technologiques qui seront parfois retranscrits dans le paysage américain, dans le plan des villes américaines par exemple. Enfin, il est nécessaire de mentionner l’influence qu’a Francis Bacon avec son utopie « Nouvelle Atlantide », qui peut être résumée par une de ses déclarations : « Je suis citoyen du monde » (8), préfigurant ainsi le mondialisme du vingtième siècle.

L’influence de la Réforme, du calvinisme

La «  découverte  » de l’Amérique coïncide avec la Réforme protestante, qui, en accentuant la tendance du judéo-christianisme à considérer la transcendance d’un point de vue purement moral et donc, en fin de compte, utilitaire, fera de cette religion un pur humanisme. Luther prédit comme imminente la destruction de l’ancien monde et prêche qu’un « nouvel âge » ou « millénium » viendra. Quant à Calvin, dont la famille s’appelait Cohen avant de changer de nom, il prône les dogmes de prédestination et d’élection, qui seront au cœur du puritanisme américain dont nous traiterons plus tard. En effet, le puritain américain sera un despote éclairé, intransigeant car certain de détenir la vérité, doctrinaire et utopiste, à la vision manichéenne. Notons que ces caractéristiques sont toujours celles de l’Américain moyen d’aujourd’hui.
Nous nous intéressons ici avant tout à la forme anglaise du calvinisme car ce sont les Anglais principalement qui coloniseront le nouveau continent. Il s’agit du presbytérianisme prêché par John Knox, qui parviendra à instaurer une théocratie en Ecosse. Toutefois, les calvinistes sont persécutés en Angleterre et en Ecosse et c’est en partie cela qui les poussera à aller en Amérique, pour trouver le paradis annoncé par Calvin et fonder leur cité de Dieu. Cette vague de persécutions aura aussi comme conséquence importante de disperser aux quatre coins du monde les fidèles, aidant grandement à la propagation de leur foi. Pour les calvinistes, la rupture avec l’Eglise de Rome signifie rupture avec le temps profane et avec le passé car l’édification de leur utopie au-delà l’Atlantique nécessite de repartir de zéro, aussi afin de supprimer le pêché originel. Cette tabula rasa est aussi l’une des raisons pour laquelle plusieurs autorités diront que les fondateurs de l’Amérique étaient des hommes sans passé et sans histoire, ce qui rappelle le cas des premiers chrétiens, que Celse décrivait en ces termes : « il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune: ce sont les Chrétiens. » (9).
Les anglicans, qui coloniseront aussi l’Amérique, ont le même état d’esprit que les protestants car, selon l’opinion de tous, les Anglais sont le « peuple élu », choisis par Dieu pour la mission sacrée de colonisation de l’Amérique. En effet, des prélats anglicans et calvinistes prônent que « l’Angleterre est Israël », que « le Dieu d’Israël est le Dieu d’Angleterre » et que « l’Arche d’alliance a été déplacée de la terre d’Abraham à la terre anglaise » (10). De même, Cotton Mather considère que Dieu a choisi l’Angleterre pour son grand dessein. On peut donc dire que les Anglais s’approprient le vieux thème judaïque du peuple élu, qui jouera un rôle non moindre pour expliquer le racisme anglais lors de la construction de l’Empire britannique, leur racisme ayant avant tout des fondements religieux et non raciaux. Enfin, si l’Amérique n’est découverte que maintenant, c’est parce qu’elle était cachée par Dieu jusqu’à ce que viennent les réformés, les élus de Dieu pour qui elle est destinée.
A l’orée de la colonisation de l’Amérique par l’Angleterre au début du dix-septième siècle, c’est le calvinisme qui a prévalu sur le luthérianisme en Angleterre. C’est une lutte entre calvinistes modérés et calvinistes intransigeants qui sera donc au centre des luttes idéologiques américaines. En plus de coloniser l’Amérique, l’Angleterre veut implanter le christianisme protestant et convertir les impies et les Indiens, jugés obscurantistes. Ainsi prend forme ce qu’on appellera plus tard l’ingérence américaine, ce sentiment calviniste qui veut modeler le monde pour le rendre conforme à la volonté divine, qui est évidemment définie par les calvinistes.
En raison de l’éloignement progressif de sa métropole, la jeune colonie s’en remettra de plus en plus aux institutions calvinistes.

Deuxième partie: l’Amérique puritaine

L’extrémisme puritain des « Pères pèlerins »

Témoin de la prédominance calviniste est l’importance qui sera donnée plus tard aux « Pères pèlerins », dont l’aventure sera mythifiée et placée sous le sceau de la providence calviniste, alors qu’ils ne sont même pas les premiers colons. Le mythe et la fiction l’emportent toujours sur l’histoire de nos jours.
En Angleterre et en Ecosse, les futurs « Pères pèlerins » prêchent la réforme, assistent à des réunions secrètes et vivent en marge de la société, comme des parias. Dénoncés, pourchassés, plusieurs s’enfuient en Hollande et en profitent pour faire de nouvelles recrues là. Acculés dans leurs derniers retranchements, l’avenir incertain, ils décident de fuir en Amérique. La traversée, qui n’avait que de faibles chances de succès, finit par réussir. C’est le premier miracle de l’histoire américaine, qui a un ton de happy ending, propre à l’état d’esprit américain. Les « Pères pèlerins » sont judéo-chrétiens d’esprit: ils se voient comme des missionnaires, des « propagateurs de l’Evangile » (11), des futurs saints du Nouveau Monde et souhaitent s’unir à Dieu par contrat, comme Israël avec Jéhovah. Ils ont ce que seront les qualités du futur peuple américain.
Dans l’ensemble, les « Pères pèlerins » furent aidés par les Indiens, et l’histoire officielle ne reconnaît pas assez cette aide, ou bien la travestit en « miracle ». L’histoire de Pocahontas, cette Indienne qui permit l’approvisionnement en blé de la colonie, fut aussi mythifiée. Bien plus que toute autre chose, elle illustre le métissage interracial, qui deviendra si fréquent dans les Etats-Unis de la deuxième moitié du vingtième siècle.
Les « Pères pèlerins » ont une dévotion particulière pour les Ecritures et la Raison, qui se traduit par une obsession pour la Bible (l’Ancien comme le Nouveau Testament) et l’éducation, qui sont censées permettre la lutte contre Satan et l’Europe décadente. Cette dualité, le « naturel » et le « surnaturel », sera toujours présente dans l’âme américaine, confinant souvent à la schizophrénie. L’éducation élémentaire des enfants est une obligation légale dès 1642 (12). A partir de ce moment, vont être construites les universités mondialement renommées aujourd’hui. Chacune est financée par une dénomination religieuse ou une secte. Au dix-neuvième siècle et au vingtième siècle, ce seront les grands industriels et les magnats qui agiront de cette sorte (13).

L’Amérique est le paradis terrestre tel que défini par les écritures sacrées

La migration en Amérique se poursuit. John Winthrop, à la tête de 400 colons, y débarque en 1629. Il imite le langage de saint Mathieu afin de construire la Cité de Dieu (14). Cette croyance en la possibilité d’ériger un paradis terrestre traduit une névrose optimiste qui ressurgira tout au cours de l’histoire américaine. Croyant revivre les temps bibliques, les migrants s’identifient aux Hébreux de la Bible traversant la Mer Rouge, fuyant la persécution. Ils se voient comme les « enfants d’Israël (Chauncy, Champion, Abbot, Hitchcok, etc.). Pour eux, l’Amérique est un pays merveilleux, « le jardin du monde où coulent le lait et le miel » (Daniel Price), « une terre telle que Dieu l’a faite » (John Smith), « ce Canaan promis, qui a été découvert par la grâce de Dieu pour bénir les travaux d’un peuple élu », etc. (15). Les divers obstacles (nature sauvage, climat dur, Indiens hostiles, etc.) rencontrés sont perçus comme temporaires et, surtout, comme des épreuves morales et spirituelles desquelles il faut triompher pour bâtir le paradis terrestre. Avec cet état d’esprit, le travail, et particulièrement le défrichage, revêt une importance extrême: c’est l’instrument par lequel on peut créer le paradis terrestre. On voit que la notion de progrès est déjà très présente dans le millénarisme, ce qui expliquera en partie la future reconversion des Puritains dans le mercantilisme. Contre ce paradis terrestre en construction, se dresse l’Europe qui est identifiée comme son ennemie (16). C’est à ce titre que les colons méprisent la culture et l’intelligence. John Cotton écrit que « plus vous êtes cultivé et intelligent, plus vous êtes prêt à travailler pour Satan » (17). Naîtra un véritable complexe de supériorité morale chez les colons, qui perdurera chez les Américains modernes. Cela se ressentira à travers toute l’histoire américaine, surtout dans la politique étrangère et l’acharnement à diffuser l’American way of life sur toute la planète (18), d’autant plus que, au fil du temps, déçus par la non-réalisation du paradis terrestre, les Américains voient l’avènement et l’hégémonie de la nation américaine dans le monde comme une promesse divine plus concrète.

L’Américain est un être façonné par le millénarisme

L’homme américain sera profondément façonné par les diverses croyances millénaristes des premiers temps de la colonisation, qui finiront par se concrétiser dans un cadre nationaliste, si bien que c’est à cette époque qu’il faut attribuer l’origine de la mentalité américaine moderne. En effet, c’est cela qui explique que les Américains modernes sont des évangélisateurs, des prêcheurs, des zélotes. Selon les croyances millénaristes déjà mentionnées, le retour du Christ sur la Terre n’était possible que lorsque l’Evangile aurait été « répandu de par le monde ». L’obsession américaine pour le progrès et la nouveauté sont le fruit de l’obsession calviniste pour le « Nouveau Monde », lieu incarnant une « renaissance », censé apporter une nouvelle vie ardemment désirée, comme l’atteste la toponymie de nombreuses villes et régions (New-York, New England, New Canaan, New Hampshire, Nova Scotiae, etc.). Ainsi doit être expliqué le vif intérêt qu’ont les Américains pour la dernière mode, le dernier gadget, la dernière crème cosmétique antirides permettant d’apparaître plus jeune, le dernier modèle de voiture et, avant tout, la technologie, si bien que l’on pourrait dire, audacieusement, que le monde moderne, dominé par la technologie, est un produit calviniste, biblique, judaïque, tout comme « les Etats-Unis sont fils de Calvin » (19).
La propagande et la publicité sont aussi deux inventions américaines, la première ayant historiquement donné naissance à la seconde. Par exemple, « au Sud de la Virginie, la terre d’ ‘’Eden’’ essaie d’attirer à elle des émigrants âgés, soucieux de rajeunissement » (20), le paradis terrestre agissant comme la fontaine de jouvence. La régénération doit aussi se faire au niveau de la race, au travers du métissage racial et culturel. En effet, l’homme américain est un composé de plusieurs races, un métis. Comme le dit Crèvecoeur : « Ici, les individus de toutes les nations se fondent pour former une nouvelle race » (21). En ce qui concerne le métissage racial avec les esclaves noirs, il fut beaucoup plus important qu’on ne le soupçonne. Le thème de la régénération est aussi lié à celui de la jeunesse, les Américains se proclamant souvent comme une « jeune nation » qui doit prendre la relève de l’Europe. Nous verrons plus tard qu’il vaut mieux parler d’infantilisme.
Les croyances millénaristes se concrétiseront, la fin du monde n’arrivant finalement pas. La science, la technique, l’industrie et les machines deviennent les véhicules par lesquels sera menée à bien la régénération du monde, le thème de l’utopie étant encore présent. Pour vaincre les dernières réticences du public, les industriels développent des activités philanthropiques, devenues obligatoires aujourd’hui pour toute grande entreprise.

La théocratie puritaine: le contrat social calviniste

Après s’être engagés devant Dieu à créer un corps politique pour établir une colonie et la gloire de Dieu, les « Pères pèlerins » instaurent une théocratie puritaine. Tolérance et démocratie n’ont pas bonne presse à cette époque et la théocratie puritaine le reflète. Bien qu’hospitaliers, les « Pères pèlerins » ne veulent pas de liberté religieuse et sont décidément autoritaires, voire sectaires et fanatiques. L’ordonnance de 1631 dit que seuls les membres de l’Eglise sont citoyens. Les anabaptistes et les quakers sont persécutés. Le service religieux est rendu obligatoire en 1651. Il est interdit de travailler, boire de l’alcool et voyager le dimanche. Des peines sont prévues pour les femmes coupables de « délit sexuel ». L’éthique de travail protestante, tant vantée, a des origines bien négatives: le Dieu chrétien, par l’intermédiaire du péché originel, a condamné les hommes au travail. L’austérité est de mise dans tous les domaines de la vie: les fêtes, même religieuses, sont proscrites, et les femmes doivent porter des tenues strictes. Tout est soumis à la théologie, à la Bible.
Le contrat social calviniste est introduit par un sermon de Winthrop (« Un modèle de charité chrétienne, 1630). Ainsi, « l’homme est libre d’aller vers Dieu sous la protection de l’autorité de tutelle divine » (25). Les textes de lois sont inspirés de la Bible. Plus globalement, les puritains se montrent le « peuple de la Loi » (avec une majuscule), qu’elle soit religieuse ou civile. Le long épisode judiciaire contre Thomas Morton, qui fut d’ailleurs quasiment supprimé des livres d’histoire puritains, le prouve. Ce dernier proposait un mode de vie alternatif, plus européen dans certains points comme la curiosité et la tolérance, et, pour cela, il fut pourchassé par les puritains. On peut affirmer que l’obsession américaine pour la procédure judiciaire est un trait hérité des puritains.
La vie économique est aussi soumise à la théologie. L’homme étant dans un rapport d’inégalité avec Dieu, cette situation doit être maintenue. L’esclavage des noirs ainsi que l’accaparation des terres indiennes sont justifiés théologiquement. Les aspects communistes de la vie économique, hérités de la Bible, vont toutefois s’atténuer et l’économie marchande apparaît dès le dix-septième siècle. En effet, dès les années 1660, les enfants des « Pères pèlerins » oublient de plus en plus Dieu et priment la richesse matérielle. Pour les calvinistes, Dieu accorde la richesse à seulement quelques « élus ». Ainsi, la richesse est un signe d’élection, de sainteté. C’est même plus que cela: c’est la récompense du Dieu judéo-chrétien à ceux qui le servent (« Je te donnerai les trésors cachés, et les richesses enfouies, afin que tu saches que je suis Yahweh, le Dieu d’Israël, qui t’ai appelé par ton nom. » Isaie, 45:3 ; « Mais tu te souviendras de l’Éternel, ton Dieu, que c’est lui qui te donne de la force pour acquérir ces richesses, afin de ratifier son alliance, qu’il a jurée à tes pères, comme il paraît aujourd’hui. » Deutéronome 8:18). Les « Pères pèlerins » s’en souviendront.
Le chemin vers le mercantilisme est alors entamé. L’utopie puritaine n’aura pas duré longtemps même si elle sera constamment présente dans l’histoire américaine, sous une forme diluée.

Oppositions au puritanisme calviniste

Au fil des années, de nombreux conflits vont éclater, le puritanisme ne satisfaisant pas tout le monde. Jugé trop rigoriste, il ne peut pas intégrer la masse des nouveaux arrivants qui, bien souvent, apportent avec eux leurs propres croyances et systèmes théologiques, surtout s’ils viennent de pays autres que l’Angleterre. Il y a aussi des conflits purement théologiques, les gens n’étant pas d’accord sur le sens à donner à la Bible. Cela n’a rien d’étonnant en soi car il y a autant de versions du christianisme que de chrétiens, la Bible pouvant être interprétée dans un grand nombre de sens, selon les inclinations particulières de chacun.
On peut déjà relever le rôle important que joue la femme dans la spiritualité américaine en citant comme dissidents Anne Hutchinson, Mary Fisher, Ann Austin, etc. Ces schismes, car c’est de cela qu’il s’agit, auront des conséquences importantes dans le futur. Toutefois, d’un point de vue supérieur, c’est-à-dire métaphysique, ces différentes formes de christianisme sont équivalentes. Il ne s’agit toujours que de religions dévotionnelles, orientées vers le bas et résolument telluriques et chthoniennes, pour reprendre la terminologie de Bachofen (26).
L’opposition au puritanisme ne sera pas seulement de nature chrétienne, bien que des idées chrétiennes réapparaîtront dans cette opposition, étant quasiment gravées dans l’hérédité des colons. Une partie importante des colons ne sont pas affiliés à des églises et sont ignorants des pratiques chrétiennes. Sorcellerie, astrologie (qui s’accorde toutefois bien avec le calvinisme car les deux font de l’homme un objet qui subit la fatalité sans rien pouvoir faire contre), alchimie de bas niveau, shamanisme, magie invocatoire ancêtre du spiritisme, vaudou, démonologie, satanisme et occultismes en tout genre se côtoient et se mélangent, donnant des formes hybrides ; notons toutefois que, comme l’a indiqué Alfred Rosenberg, une certaine forme de magie noire est présente dans le christianisme, et ce depuis ses origines ; en effet que sont Jésus chassant les démons qui pénètrent dans les porcs, l’apaisement de la mer déchaînée sur le commandement de Jésus, la résurrection suivie de l’ascension au ciel après la mort sur la croix sinon de la magie noire ? Dans la plupart des cas, les idées et les dogmes calvinistes réapparaissent d’une manière ou d’une autre, plus ou moins dilués (par exemple, il arrive que les Indiens sont perçus comme Satan). Ainsi, ces diverses pratiques doivent dans une large mesure être considérées comme des pratiques religieuses. Conjuguées à la psychose créée par la croisade puritaine contre les hérétiques, elles auront une influence particulièrement négative sur la psyché américaine.
L’emprise de l’imagination et de l’irrationnel sur l’esprit est très forte, et les hallucinations sont fréquentes dès la fin des années 1690 : « on croit apercevoir des vaisseaux fantômes, la silhouette noire de Satan dans les forêts, des monstres marins au large des côtes ou sur le rivage » (27). Cela explique en partie la popularité qu’auront au vingtième siècle les soucoupes volantes, les « extra-terrestres » ainsi que tout ce qui est lié au « surnaturel », considéré comme très exciting. La névrose est profonde: de nos jours, des millions d’Américains affirment avoir été kidnappés par des « extra-terrestres » (28). Ce penchant pour le fantastique, l’irrationnel donc, est visible dans la littérature et le cinéma américains, avec, par exemple, les produits « fantastiques » et de « science-fiction ». Plus généralement, la superstition, si grande chez l’Américain moyen d’aujourd’hui, se développa dans une large mesure à cette époque. L’explosion sectaire du dix-neuvième siècle confirmera tout cela.

La qualité raciale des Américains

Enfin, parce que notre essai suit un ordre chronologie et parce que le peuplement de l’Amérique commence réellement avec la colonisation puritaine, c’est maintenant que nous devons traiter de la qualité raciale des Américains. Nous devons le faire puisque la race, qu’elle soit de corps, d’âme ou d’esprit, est un facteur déterminant dans les actions d’un individu. Plusieurs auteurs avertis ont jugé comme mauvaise la qualité héréditaire du matériel humain qui a peuplé l’Amérique. Au dix-neuvième siècle, Emile Boutmy dit que l’Amérique est de plus en plus « faite de la boue de toutes les races », de « l’écume rejetée par la société européenne » (22). Henry Miller dit que l’Amérique a reçu ce qu’il y avait de plus dégénéré en Europe (23). Les immigrants des premiers temps étaient – en excluant les esclaves et les quelques Asiatiques – des Aryens de corps (souvent plus ou moins Nordiques, surtout les pionniers) mais judéo-chrétiens d’âme et d’esprit. Les Juifs ont immigré en masse en Amérique vers la fin du dix-neuvième siècle (24). De nombreuses mesures ayant des conséquences sur la race ont été mises en œuvre depuis la seconde moitié du vingtième siècle: l’abolition de la ségrégation, l’immigration de masse provenant du tiers-monde, la promotion du métissage, l’accroissement de la pauvreté, la baisse des niveaux d’éducation, etc.

Troisième partie: l’Amérique franc-maçonnique

L’action invisible de la franc-maçonnerie sur la destinée de l’Amérique

Avant d’entamer cette partie, nous précisons d’emblée que nous considérons la franc-maçonnerie comme l’un des principaux acteurs de la subversion mondiale, comme une force anti-traditionnelle, ainsi que le prouvent de nombreux ouvrages traitant de la question (29). Nous ne discuterons donc pas de ce qu’est la franc-maçonnerie. Nous nous contenterons seulement d’identifier les agissements de la franc-maçonnerie américaine.
La franc-maçonnerie, dite « spéculative » bien qu’elle soit en réalité très active, exerce depuis le début du dix-huitième siècle une influence considérable sur la destinée de l’Amérique, si bien qu’on peut affirmer que les Etats-Unis furent créés par la franc-maçonnerie. En Europe, la franc-maçonnerie fut combattue énergétiquement par une partie importante de la société civile à partir du moment où elle montra son vraie visage, c’est-à-dire dès 1789. En Amérique, par contre, la franc-maçonnerie fut bien accueillie et prospéra facilement, bien qu’elle rencontra quelques résistances par moments. C’est par l’âme américaine qu’il faut expliquer l’accueil favorable que reçut la franc-maçonnerie. Puisque cette dernière est prédisposée à la religiosité et est attachée aux valeurs communautaires et éthiques, elle parvint à s’identifier aisément au courant majoritaire protestant de la société américaine (30). Ouverte à toutes les nationalités européennes, tout immigrant pouvait espérer la rejoindre. C’est ainsi que l’appartenance à la franc-maçonnerie devint un signe reconnu de respectabilité. L’attrait des Américains pour les sociétés secrètes en tout genre est confirmé par ces chiffres: au début du vingtième siècle, plus de cinq millions d’Américains, sur une population d’environ quatre-vingt millions de personnes, appartenaient à plus de 600 sociétés secrètes.
L’activité franc-maçonnique connue en Amérique commence dès 1730 avec la nomination par la Grande Loge de Londres de Daniel Coxe au grade de Grand Maître Provincial, puis l’année suivante, au grade de Grand Maître pour l’Amérique du Nord. Jonathan Belcher, un franc-maçon américain, sera fait par le roi d’Angleterre gouverneur des colonies du Massachusetts et du New Hampshire. Ainsi, dès ses débuts, la franc-maçonnerie américaine a dans ses rangs des membres influents, ce qui facilitera indubitablement ses manœuvres. En 1732, la séparation avec l’Angleterre est fomentée et Coxe propose un projet destiné à fédérer les colonies. Officiellement, la franc-maçonnerie est neutre politiquement. Officieusement, elle soutient les idéaux démocratiques et l’indépendance. De ses quartiers généraux de Boston et Philadelphie, un nom éminemment franc-maçonnique d’ailleurs, la franc-maçonnerie a l’ambitieux projet de créer une société nouvelle. Environ cinquante ans après, la première étape sera atteinte avec la rupture avec l’Angleterre.

Le progrès de la franc-maçonnerie américaine et le cas de Benjamin Franklin, émissaire à l’international de la franc-maçonnerie américaine

Le progrès de la franc-maçonnerie américaine est inséparable de la vie de Benjamin Franklin, autour duquel un mythe a été élaboré, empêchant d’y voir clair. A l’emprisonnement de son père, le jeune Franklin doit diriger le premier journal « radical, anticlérical et pornographique du Nouveau Monde » (31). Dans les années 1720, en rupture avec son passé calviniste, il est attiré successivement par le déisme, le matérialisme et le mysticisme, un éclectisme résumant bien l’âme américaine. Il devient franc-maçon en 1731 et mène une brillante « carrière » franc-maçonnique pleine de zèle jusqu’à sa mort. Franklin croit en une « providence » divine, ce qui fait qu’il faut aimer et craindre Dieu et lui obéir. Cela nous rend benevolent, c’est-à-dire philanthropes, et utiles aux autres. Cette foi sociale et utilitariste sera au cœur de l’idéologie de la franc-maçonnerie américaine et, donc, des Etats-Unis. C’est aussi là qu’il faut chercher la base de la morale humanitaire qui connaîtra un fort développement dans le monde dans la deuxième moitié du vingtième siècle.
A partir de 1730, les loges franc-maçonniques se répandent rapidement sur le territoire américain, prônant l’unité nationale, le patriotisme. Des loges militaires sont également créées. Leur influence est immense car au moins douze généraux (peut-être jusqu’à trente-trois) de l’armée continentale sont des francs-maçons (32). En trente ans, la franc-maçonnerie s’installe partout dans le pays. Toutefois, ses journaux sont modérés dans leur discours. Mais, dans les actes, les francs-maçons seront parmi les premiers rebelles, montrant ainsi une nouvelle fois la duplicité de la franc-maçonnerie. Des francs-maçons seront à l’origine de ce qui sera appelé la guerre d’indépendance américaine.
Avant d’aborder cette partie, il est nécessaire de détailler les agissements de Franklin qui sera, de 1750 à 1775, le principal émissaire de la franc-maçonnerie américaine à l’étranger. Franklin établit des relations avec des hommes influents et cherche à obtenir des soutiens à la cause américaine. Il se rapproche, entre autres, de Sir Francis Dashwood, le chancelier anglais de l’Echiquier et conseiller politique de George III, qui est aussi passionné d’occultisme et de satanisme. Dashwood est lui-même le fondateur du « Hell Fire Club », une société secrète dont les cérémonies, qu’elles aient toutes été sexuelles ou non, satanistes ou non, doivent être considérées, pour certaines, comme des recréations des fêtes consacrées aux déesses mères dans la Rome et la Grèce antiques dans le cadre d’un culte « lunaire » et « tellurique ». C’est exactement de ce genre d’individus détraqués que Franklin obtient le soutien, en partie au travers du « Hell Fire Club », dont il est un membre assidu. Franklin fait plus que d’obtenir des soutiens et de plaider la cause américaine. En 1772, il détourne des documents secrets, des lettres du gouverneur du Massachusetts Thomas Hutchinson, qu’il a obtenu par l’intermédiaire de ses relations franc-maçonniques ou du « Hell Fire Club ». Dans ces lettres, le gouverneur demande des renforts armés pour mater la rébellion. Franklin les renvoie à ses frères franc-maçonniques en Amérique qui les publient afin d’exciter la vindicte populaire. L’indignation suscitée permettra à la franc-maçonnerie d’aller plus loin et d’envisager des actes symboliques de rupture avec l’Angleterre plus osés. Plus ou moins démasqué comme un infiltré, Franklin part en 1776 pour la France, qui soutient déjà les insurgés afin de combattre l’Angleterre. « Grâce à sa réputation scientifique et ses relations maçonniques, ‘’ce nouveau Prométhée qui avait volé le feu au ciel’’, comme l’écrit Kant, se lie avec tout ce que Paris compte de notabilités » (33). Là, il parvient à convaincre une grande partie de la noblesse « éclairée » de soutenir l’indépendance de l’Amérique.

La première opération « sous faux pavillon » de l’histoire américaine est franc-maçonnique et sert à précipiter la guerre d’indépendance

Les révolutions et les grands mouvements de foule sont rarement spontanés. Ainsi, fait peu connu, la révolution dite française de 1789 commença par une « réaction populaire » soigneusement montée par Philippe Egalité au moyen d’un astucieux stratagème (34). La révolution américaine commença de la même manière. En juin 1770, il se produit une querelle entre soldats britanniques et ouvriers américains à propos de salaires, les soldats pouvant avoir un emploi civil en dehors de leur service (35). Attaqués par la foule, les soldats ouvrent le feu et tuent cinq personnes. Cette rixe n’a donc aucun rapport avec le colonialisme ou l’unité nationale américaine. Pourtant, la franc-maçonnerie et, plus particulièrement, les francs-maçons Samuel Adams et Paul Revere, vont monter l’incident en épingle au moyen de techniques de propagande et en faire un assassinat (on parle alors du « Massacre de Boston ») afin, encore une fois, d’exciter la vindicte populaire. Dans leur version, les soldats britanniques sanguinaires ont fait feu sur une population paisible et sans armes. On pressent déjà le poids qu’auront les médias et la propagande: la révolution américaine et l’histoire des Etats-Unis commencent sous le signe de la tromperie.
La contestation, toujours orchestrée dans l’ombre par la franc-maçonnerie, continue jusqu’à ce qu’en 1773 ait lieu la célèbre « Boston tea party » (l’émeute du thé de Boston). Les chefs de la franc-maçonnerie de Boston revendiquent des droits pour les colonies et n’acceptent pas que l’Angleterre exclue les colons du marché de thé. En plus, l’Angleterre vient d’imposer une taxe sur le thé importé. Trois gros navires chargés de thé sont à quai au port de Boston, ce qui offre l’opportunité d’un coup d’éclat. Des dizaines d’hommes déguisés en Indiens sortent du quartier général de la franc-maçonnerie de Boston, pillent et jettent à l’eau les centaines de caisses de thé constituant la cargaison des navires. La police anglaise ne trouvera jamais les coupables. On entendit dans la soirée les francs-maçons de Boston chanter « Rassemblez-vous Mohakws ! Déterrez vos haches de guerre ! Et dites au roi George que nous ne paierons aucun impôt » (36). L’envenimement des relations entre la colonie et sa métropole continuera et sera entretenue jusqu’à ce qu’éclate la guerre. La franc-maçonnerie commet de véritables attentats contre les Anglais: en 1772, les francs-maçons John Brown et Abraham Whipple attaquent un bureau de douane au large de Rhode Island et y mettent le feu.
Ainsi, les nombreuses opérations « sous faux pavillon » qu’utiliseront les Etats-Unis au cours de l’histoire pour imposer leur hégémonie mondiale relèveront de la méthode franc-maçonnique. De telles opérations seront utilisées pour justifier des guerres dans de nombreux cas: le sabordage par les Etats-Unis de l’USS Maine en 1898 pour justifier la guerre avec l’Espagne; le sabordage du Lusitania pour justifier l’entrée des Etats-Unis dans la première guerre mondiale (le paquebot transportait des armes et des munitions, qui est la raison pour laquelle il reçut une torpille allemande, mais une explosion non identifiée causa son naufrage (37)); les « incidents » du Golfe de Tonkin en 1964 pour justifier une guerre avec le Vietnam; la destruction de l’USS Liberty en 1967 par des avions supposément égyptiens, mais en réalité israéliens, afin de justifier la Guerre des Six Jours; les « attentats du 11 septembre 2001 » pour justifier une série de guerres au Proche et Moyen Orient, etc. Plus largement, il faut considérer que la manipulation et la tromperie sont à la base de la politique étrangère américaine.

La franc-maçonnerie et le début de la guerre d’indépendance

Précisons tout de suite que les grandes loges américaines seront les premières organisations à s’émanciper de la tutelle britannique dès la déclaration d’indépendance, même si officieusement la rupture était consommée depuis bien longtemps.
Le premier Congrès continental se réunit en septembre 1774 dans le but d’élaborer une politique de défense commune. Il est présidé par un franc-maçon, Peyton Randolf, qui est grand maître provincial de Virginie. En 1775, le congrès provincial du Massachusetts annonce des plans d’une résistance armée, ce qui oblige l’Angleterre à déclarer la colonie en état de rébellion. La franc-maçonnerie fait tout pour attiser la situation et représente l’Angleterre comme un pouvoir tyrannique duquel il faut s’éloigner. C’est notamment le pamphlet Common Sense (1776) du sympathisant franc-maçon Thomas Paine qui permettra cela (38). Les discours enflammés de francs-maçons participeront aussi à emporter l’opinion. Par exemple, le franc-maçon Patrick Henry parsèmera ses discours de telles exclamations: « Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort » (39). Le troisième congrès provincial du Massachusetts, qui décrète la mobilisation de 30000 hommes en avril 1775, est encore présidé par un franc-maçon, Joseph Warren, le grand maître pour l’Amérique du Nord. En mai 1775, le second congrès continental se réunit et autorise la levée d’une armée. Il est présidé par deux francs-maçons: Randolf et John Hancock, de la loge Saint-André. Le commandement de l’armée est attribué à l’éminent franc-maçon George Washington. Les autres prétendants (les généraux Richard Montgomery, David Wooster, Hugh Mercer, Arthur Saint-Clair, Horatio Gates, Israel Putnam et John Stark) étaient tous francs-maçons.
Imprégné des idéaux franc-maçonniques, Washington appartient à la société secrète depuis qu’il a vingt ans. Franc-maçon zélé, il participe activement à la création de nouvelles loges et sait mettre de son côté des personnages influents. Il gravit rapidement les échelons hiérarchiques et devient grande maître de la loge de Virginie.

La déclaration d’indépendance et la constitution des Etats-Unis sont des créations de la franc-maçonnerie

En 1776, l’opinion publique, manipulée par d’habiles propagandistes comme Philip Freneau et Thomas Paine, finit par basculer de la modération à la radicalisation. Pour marquer cette radicalisation, Richard Henry Lee propose officiellement que les colonies deviennent des « Etats libres et indépendants » et qu’une déclaration d’indépendance soit rédigée. Au moins trois des cinq rédacteurs (Franklin, Livingston et Sherman) sont francs-maçons. La déclaration est l’exposition de la philosophie du droit naturel, « la pensée de Locke offerte à la médiation du plus grand nombre » (40). Sont cités l’égalité, les droits inaliénables de l’homme, le consentement des gouvernés, le droit de résistance à l’oppression, le contrat social, la recherche du bonheur et diverses références au droit naturel. La signature de la déclaration est « mythologisée » afin de faire croire aux Américains que la providence a joué un rôle important et que Dieu favorisait la création de la République. La guerre continue et le besoin d’une véritable union, ayant une constitution, se fait sentir. La constitution des Etats-Unis sera identique en esprit à la déclaration d’indépendance. Ainsi, ces principes qui seront à la base des démocraties modernes sont des créations de la franc-maçonnerie.

Quelques éléments mythiques symbolisant l’emprise de la franc-maçonnerie sur l’Amérique

Nous étudierons, pour conclure cette partie, quelques éléments de l’indépendance qui symbolisent l’emprise de la franc-maçonnerie sur l’Amérique.

a) George Washington

Il y a tout d’abord George Washington, ce franc-maçon zélé, qui fut élevé, par la propagande républicaine du dix-neuvième siècle, au même rang que les « Pères pèlerins » et peut-être même au-dessus. C’est surtout l’épisode de la prétendue « vision de Valley Forge », que nous ne décrirons pas ici. Nous nous contenterons de signaler ce qui est important. Cet épisode, qu’il ait eu lieu ou non, montre parfaitement la volonté de schématiser l’histoire américaine, d’en faire des images d’Epinal aisément compréhensible par la population. Cette vision prophétique a pour but de renforcer l’unité nationale, de mettre les Etats-Unis sous l’auspice de la providence, de préparer la population à de futures guerres potentielles et de promouvoir des valeurs telles que l’égalité, la fraternité et l’unité. Mais, avant tout, il s’agit en quelque sorte de dire que Washington, ce « fils » de la République, est un élu divin et que, donc, ce qu’il fait ou représente ne peut pas être mauvais. Outre l’excessive simplification historique, qui sera un trait américain, il faut noter l’influence chrétienne dans cette vision avec la trinité (trois coups de trompette, trois périls), le ton prophétique, l’idée de miracle et l’idée de Révélation. Il y a, toutefois, un sens plus profond dans cette prophétie. C’est l’idée, qu’après la « vieille » Europe, c’est au tour des Etats-Unis d’être l’axe de la Terre. Dès la fin du dix-huitième siècle, les comparaisons des Etats-Unis avec la Rome antique des débuts sont fréquentes dans les cercles franc-maçonniques mais aussi dans la littérature et l’art. Des symboles plus ou moins romains comme la charrue (ce symbole pourrait être lié à une civilisation gynécocratique et « tellurique », un substrat pré-romain), qui symbolise le commencement, et l’aigle, qui symbolise l’empire, sont utilisés. Il y a aussi des comparaisons avec les missionnaires chrétiens de l’époque de la Rome antique. C’est ici, bien sûr, l’idée que les Etats-Unis sont la Nouvelle Jérusalem, au moins dans un sens spirituel si ce n’est géographique.
Témoin du processus de mythologisation qui eut lieu autour de la personne de Washington est que les Américains croient qu’il fut le premier président alors que, techniquement, il ne fut que le huitième. Il devient président le 30 avril 1789 – symboliquement, quelques semaines avant la fin de la monarchie française –, en prêtant serment sur une Bible fournie par la « Loge n°1 » de New-York et présentée par le grand maître de l’Etat de New-York. Il pose la première pierre de la Maison Blanche le 13 octobre 1792, en sa qualité de franc-maçon. Il fait de même pour la première pierre du Capitole, en sa qualité, cette fois, de maître des cérémonies de la « Loge Alexandria ». Ces deux faits ne sont pas des faits isolés. Pendant longtemps, le franc-maçon est considéré comme un fondateur et, logiquement, les pouvoirs publics feront appel à des personnalités de la franc-maçonnerie pour inaugurer les nouveaux édifices. Les francs-maçons n’ont-ils pas fondé les Etats-Unis ? Les deux lignes verticales sur le S du dollar, instaurées en 1792, seraient les piliers « nasoréens » de « Mishpat » et de « Tsedeq », connus dans la franc-maçonnerie sous les appellations de « Boaz » et de « Jakin », colonnes de la voûte d’entrée du Temple de Salomon (41).
Washington est enterré maçonniquement le 18 décembre 1799. Les formalités sont remplies par la « Loge Alexandria n° 22 ». L’idée de construire un mémorial est tout de suite émise mais les crédits manquent. Vers 1830, le président de la loge 22 resoumet l’idée. Le mémorial doit être construit avec un monument à la gloire de la franc-maçonnerie, ce sera le « Washington Monument » dont le plan initial est de l’architecte franc-maçon Robert Mills. Bien que le monument ne soit pas exactement conforme au plan original (le bâtiment circulaire ne fut pas construit mais un cercle de drapeaux sur leur mât le remplace), il n’en demeure pas moins que, du haut de ses 169 mètres, il est un monument symbolisant la puissance de la franc-maçonnerie. De plus, ce monument représente bien l’âme américaine qui est attirée par tout ce qui « grand » et quantitatif. Les Français le comprirent bien lorsqu’ils conçurent et donnèrent en présent la « Statue de la Liberté », un monument également franc-maçonnique.
Nous n’étudierons pas le symbolisme franc-maçonnique que comportent ces deux monuments et les autres éléments symboliques que nous allons évoquer. Il est important de comprendre que le « symbolisme » (il vaut mieux parler de symbolâtrie) franc-maçonnique ne présente guère d’intérêt tant qu’on ne les dépouille pas de leur camouflage créé par la franc-maçonnerie. Aussi, une certaine proportion des symboles utilisés sont anciens et n’ont souvent pas de rapport avec la franc-maçonnerie. Elle les utilise pour se donner les airs de posséder une connaissance supérieure, c’est-à-dire ésotérique (alors qu’il ne s’agit que d’érudition au mieux) et, donc, en imposer au « profane ». Ce qu’il faut voir, c’est qu’une grande proportion des symboles franc-maçonniques est d’origine judaïque ou cabalistique. Beaucoup de symboles reflètent également une spiritualité lunaire et féminine. Ainsi, le compas et l’équerre franc-maçonniques, débarrassés des interprétations données par la franc-maçonnerie, ne représentent jamais que la vulve de la femme vue à la fois de derrière et de devant, une représentation qui est loin d’être rare d’un point de vue historique puisque, comme l’a noté Bachofen, des symboles de la femme, de la sexualité et de la génération étaient courants dans les civilisations gynécocratiques anciennes. Un dernier point: si ces symboles sont autant mis en avant, c’est en grande partie par pure arrogance franc-maçonnique contre le « profane », l’ « esclave ». Pour la franc-maçonnerie, il s’agit d’exprimer cela: « Je suis ton maître, tu me vois partout mais tu ne me reconnais pas. » Ainsi, les signatures franc-maçonniques sont très présentes et très visibles dans le domaine de l’architecture: la géométrie des rues américaines, l’assiette de la ville de Washington qui décrit le tablier franc-maçonnique, le Capitole reconstruit en 1812, la ville de Sandusky en Ohio qui reproduit le compas et l’équerre, les 33 grandes routes qui sortaient du Washington du dix-neuvième siècle, etc.

b) Le premier drapeau américain

On sait l’importance qu’a le drapeau américain pour l’Américain moyen qui est très « patriote », pour ne pas dire chauvin. La légende entourant l’histoire du premier drapeau américain l’emporte sur la réalité. Se passant en 1776, elle met en scène un vieil érudit mystérieux, démocrate et astrologue, anonyme dans la légende, qui prédit à Franklin et à Washington l’indépendance et l’hégémonie de l’Amérique. Il fait des propositions de motifs qui seront vite acceptées. Il faut voir dans l’érudit la franc-maçonnerie car la main de Franklin s’éclaire quand il la serre. Les étoiles représentent une « nouvelle constellation » et elles apparaissent aussi sur le sceau américain.

c) Le sceau américain

En 1776, Franklin, Adams et Jefferson sont chargés de par le Congrès de « concevoir un sceau qui puisse refléter les aspirations de la Révolution et la destinée du peuple américain » (42). On sait donc à quoi il faut s’attendre. C’est à William Barton et Charles Thomson, un franc-maçon, qu’on doit la version finale de l’emblème. Nous nous contenterons de mentionner quelques points particulièrement intéressants. L’aigle doit être interprété comme l’aigle de la Rome antique, celui que les légions portaient dans les pays conquis, reflétant ainsi, par détournement de signification toutefois, la volonté impérialiste américaine. Certains disent que le laurier que l’aigle regarde doit être considéré comme un symbole de paix. C’est une interprétation possible mais le laurier était aussi porté par les chefs de guerre victorieux. Les étoiles en forme de pentagrammes au-dessus de l’aigle sont des étoiles de David, c’est-à-dire le sceau de Salomon, ce qui dénote l’esprit judéo-chrétien des fondateurs des Etats-Unis. Sur le revers, plusieurs symboles rappellent le rôle divin que doit jouer l’Amérique, guidée par la providence: la devise « annuit coeptis » (« il a favorisé notre entreprise ») signifiant que la révolution fut voulue de Dieu, l’œil de la providence trônant au-dessus de la pyramide franc-maçonnique (qui doit être regardée comme représentant l’Amérique) et, à la base, nous pourrions dire la volonté d’un « nouvel ordre des temps » (« novus ordo seclorum »). Ainsi, selon le revers du sceau, l’Amérique, née véritablement en 1776, est la seule nation élue de Dieu et guidée par lui car elle-seule est au-dessus des autres: c’est une pyramide qui surplombe les autres pays. Elle doit imprimer un nouvel ordre au reste du monde qu’elle domine: sur le revers, la volonté d’un « nouvel ordre des temps » s’étalant partout. Ce nouvel ordre est celui de la démocratie moderne. Ceux qui croient, au vingt-et-unième siècle, à ce qui se dit à propos du « nouvel ordre mondial » sont victimes de mystifications: le nouvel ordre mondial existe depuis deux ou trois siècles en Occident (en réalité, le nouvel ordre mondial a commencé avec la destruction du monde antique par, en partie, les premiers chrétiens et la christianisation progressive des peuples européens ; cette annihilation du monde antique est la cassure première de laquelle découle l’ensemble du monde moderne). Il ne peut s’agir maintenant que d’une nouvelle étape, encore plus destructive.

La franc-maçonnerie et l’Amérique d’après-guerre

Sous l’impulsion de la franc-maçonnerie, les thèmes millénaristes que nous avons évoqués, surtout l’idée de providence, vont se concrétiser. Désormais, la providence, conjuguée à Dieu, correspond à la liberté nouvellement conquise. Un nouvel âge d’or, c’est-à-dire un recommencement, comme celui décrit dans la Bible, peut prendre place maintenant que tous les obstacles ont été écartés. La pastorale de la terre promise est ainsi réactivée. Les personnalités américaines (par exemple, James Dana et William Gordon) comparent toujours l’Amérique à Israël, la nation élue. L’immigration américaine est comparée à l’immigration des Israélites anciens. Toutefois, le thème de l’élection s’inscrit maintenant dans un cadre nationaliste.
Enfin, il apparaît une volonté d’étendre ces « bénédictions divines » au monde entier, tel que l’exprime le revers du sceau américain. La destinée grandiose de l’Amérique échappe à la prédestination puritaine pour rentrer dans un cadre humaniste et progressiste (la science), de signification universaliste, c’est-à-dire franc-maçonnique (43), mais aussi judéo-chrétienne puisque le judéo-christianisme se veut universel. C’est dans ce cadre qu’il faut interpréter un bon nombre d’idées contemporaines comme, par exemple, l’évolutionnisme de Darwin qui prêche une progression constante de l’homme et qui s’applique à toutes les races. Sous l’influence de l’humanisme, l’évolutionnisme considère l’homme uniquement comme une entité biologique et matérielle. La réalité est tout autre: il vaut mieux parler d’involution (44).

Quatrième partie: l’Amérique sectaire

L’Amérique attire les miséreux et les déséquilibré(e)s du monde

Ce n’est qu’au dix-neuvième siècle qu’aura lieu une migration de masse vers l’Amérique et que se formeront de nombreuses sectes, bien que des immigrants avaient déjà créé quelques sectes avant cette période. Des millions d’Européens, ainsi que des Asiatiques, y débarquent. Beaucoup sont des miséreux ou des persécutés qui voient l’Amérique comme une terre d’espoir où leurs ambitions matérielles pourront se réaliser facilement, ce qui explique la soif d’argent des Américains d’avant et de maintenant, ainsi que leur matérialisme. Cette matière humaine constituera également un riche vivier de « fidèles » pour les nombreuses sectes et Eglises qui vont pulluler. En effet, l’Amérique est aussi perçue par tous les créateurs de sociétés et de religions nouvelles comme un terrain plus vierge que l’Europe, comme un endroit où ils pourront lancer leurs sociétés nouvelles et leurs croyances sans qu’il y ait de véritable répression de la part de l’Etat. Les Etats-Unis eux-mêmes ne sont-ils pas fondés sur un acte de dissidence ? Le nombre de sectes prêchant des croyances inférieures et folles (mais toutes plus ou moins liées aux idées et dogmes calvinistes et puritains), ainsi que l’engouement qu’elles rencontreront accusent la santé intérieure, spirituelle, d’une grande partie des Américains du dix-neuvième siècle et d’après. Ainsi, si ces « inventeurs » de religions et de sociétés nouvelles étaient rejetés en Europe, c’est qu’il y avait une raison. Nous allons maintenant passer en revue les principales sectes américaines, en ne nous attardant, encore une fois, que sur les points les plus intéressants et les moins connus. Il est important de comprendre que la spiritualité américaine actuelle est largement formée par les idées et croyances que nous allons décrire.

a) Les sectes utopiques

Nous avons déjà évoqué l’idéologie utopique du puritanisme. Les sectes utopiques sont nées au dix-septième siècle avec les réductions socialisantes des jésuites au Paraguay, qui étaient de véritables théocraties chrétiennes socialistes. Il y des sectes utopiques dès la même période en Amérique du Nord: les mennonites, les labadistes ou encore « Woman in the Wilderness » de Kelpius. Plus tard, il y a les dunkers de Beissel, qui crée aussi l’ « Eglise du septième jour ». La secte « Snow Hill » en sera issue. Ce sont ces sectes qui mettront en place plusieurs pratiques qui marqueront l’Amérique: la préparation personnelle au jugement dernier, l’organisation communautariste tendant à la promiscuité, la séparation des deux sexes, le célibat et les rituels personnels basés sur la foi destinés à relier l’homme à un Dieu personnel, etc. Florissantes, les communautés utopiques seront jusqu’au nombre de 300 jusqu’à la première guerre mondiale. Il est important de reconnaître que les sectes se développeront moins dans le Sud puisque, selon l’idéologie utopique, le progrès suit un cours occidental. Ainsi, comme nous y reviendrons quand nous parlerons de la guerre de Sécession, le Sud doit être, historiquement, considéré comme plus sain d’esprit.
Fondé par une femme, le mouvement shaker peut être considéré comme un parfait exemple de spiritualité inférieure et « lunaire », rappelant par certaines de ses pratiques, comme ses rituels extatiques qui comprennent des tremblements, les cultes de peuples « primitifs », bien qu’il faudrait plutôt dire crépusculaires, puisque les peuple « primitifs » ne sont que les débris de races dégénérées et non des humains plus « jeunes » destinés à « évoluer ». La prophétesse fondatrice du culte, Ann Lee, interdit l’acte charnel en disant qu’il fut la cause du péché originel. Incarnation féminine de l’esprit du Christ, elle se fait appeler « Mother Ann ». Sont prêchés la danse convulsive pour communiquer avec le divin, le célibat, la non-violence, la fin de la propriété individuelle et la ségrégation des sexes. Les villages des shakers ont un gouvernement autoritaire mais avec une nette orientation vers le socialisme. Durant la première moitié du dix-neuvième siècle, le mouvement se livre au spiritisme, qui est, cependant, d’essence millénariste, puisque le mouvement prédit la fin du monde. Il aura environ 17000 membres répartis dans 24 communautés. Sous le nom d’ « Amie publique universelle », une autre femme, Jermina Wilkinson, imitera Ann Lee et créera sa propre secte, qui connaîtra un succès moindre: elle s’éteindra en 1819 en raison de la rébellion de ses membres contre le caractère divin de Wilkinson.
Une autre communauté utopique et millénariste est celle des rappites. Créée par l’allemand George Rapp, emprisonné en Europe pour hérésie à plusieurs reprises, elle comptera jusqu’à 1200 membres en 1847, date de la mort de Rapp. Croyant que l’ « androgynat des origines » peut être recouvré, les relations sexuelles sont interdites. L’industrie et l’agriculture jouent un rôle important. La cité de Dieu, le futur lieu où se rassembleront les élus destinés à survivre à l’apocalypse, est fondée en Pennsylvanie. Elle s’appelle « Economy », ce qui constitue une preuve supplémentaire des liens qu’il y a entre la religion et le succès matériel pour un Américain.
D’origine allemande, les séparatistes et les inspirationnistes menés par Joseph Bäumeler créent plusieurs communautés utopiques au dix-neuvième siècle. Certaines seront prospères tandis que d’autres s’effondreront rapidement. D’orientation communiste, les communautés accordent toutefois une certaine importance aux arts. Certaines communautés deviennent riches et adoptent un système salarial.

b) Les sectes utopiques et socialistes

En raison des importants mouvements de population au dix-neuvième siècle, les sectes protestantes doivent choisir entre deux tendances: le Dieu chrétien d’amour et de tolérance (le Nouveau Testament) ou le retour au Dieu juif tyrannique et intransigeant, Jéhovah (l’Ancien Testament). Ce sera majoritairement ce dernier choix qui sera favorisé. C’est un choix qui exprime une nostalgie envers l’ordre ancien, comme l’étaient les puritains. Cela signifie la persistance de l’utopie, qui se mélangera avec les idées égalitaires venues d’Europe en proie aux révolutions. Dans tous les cas, l’augmentation de la population signifie le règne, combinée à une idéologie matérialiste, de la multitude, de la démocratie et de la religion de masse. En politique, le bipartisme entre républicains et démocrates est la traduction du manichéisme religieux de l’âme américaine. C’est dans ce cadre que naîtront les sectes utopiques et socialistes, qui ne seront pas sans similitudes avec le communisme bolchevique du vingtième siècle. Comme nous allons le voir, si les sectes utopiques et socialistes ont échoué, c’est avant tout à cause de leur athéisme. Elles auraient pu devenir prédominantes en Amérique si elles avaient conservé au moins un vernis religieux.
Le britannique Robert Owen crée un système social dans lequel le machinisme et la science peuvent subvenir aux besoins du monde. Il transforme son usine de New Lanark en association communautaire basée sur le socialisme coopératif. L’industrie et l’agriculture jouent un rôle important, au contraire de la religion, de la propriété privée, de la famille et du mariage, qui sont abolis. Bien que réunissant plusieurs centaines de membres, les communautés d’Owen ne vivront pas longtemps en raison de l’hostilité que leur athéisme génère chez les Américains.
Les idées du Français Charles Fourier, à partir desquelles sera créé le fouriérisme, seront très populaires en Amérique du Nord dès 1837. Fourier propose une explication du monde complète, qui s’avère très farfelue et qui inclut un occultisme de bas niveau. Toutefois, ses idées sur la sexualité et sa critique du capitalisme anticipent celles de Marx et de Freud. Plusieurs communautés, des phalanstères, ces idéaux égalitaires préconisés par Fourier, voient le jour en Amérique du Nord.
Des socialistes français arrivent en 1848 au Texas. Ils sont des disciples d’Etienne Cabet, un idéologue communiste dont les influences formatrices sont Rousseau, Robespierre et Babeuf. Pour Cabet, comme pour beaucoup de socialistes utopiques, Jésus Christ est associé au socialisme et les communistes d’aujourd’hui sont les continuateurs du Christ. Malgré des échecs, Cabet finit par réussir à fonder son utopie en Illinois. Là, règnent l’égalité absolue, la mise en commun des biens et leur répartition, l’étatisation de l’économie, l’ordre moral, la censure, la technocratie et l’uniformité générale. C’est, malheureusement, une description qui pourrait concerner la société actuelle. Vieillissant, Cabet devient despotique et se fait chasser de son utopie. Il meurt quelques mois après.

c) Les nouveaux messies

On peut classer John Thomas et Thomas Lake Harris comme des nouveaux messies mais aussi comme des « dissidents » puisque, à l’inverse de la plupart des créateurs de sectes, ils pensent que la doctrine millénariste se réalisera au moyen un second évangile, une seconde bonne nouvelle. Comptant plusieurs milliers de membres, Thomas prêche que le Christ doit revenir en Palestine afin de convertir les Juifs, ce qui déclenchera le nouveau règne de 1000 ans du Christ. Harris, lui, suit une voie non judaïque. Il organise son mouvement autour des thèses de Swedenborg et accorde de l’importance à l’évangile et à l’amour. Il crée un mysticisme sexuel confus teinté d’orientalisme. Comme la majorité des créateurs de sectes américains, Harris se déclarait immortel. Peu après sa mort, la communauté qu’il a fondée se dissout.
L’utopie d’Oneida, créée par John Humphrey Noyes, accorde également une importance extravagante à la sexualité. Utilisant une facette de la doctrine de l’androgynat, Noyes prêche que l’amour libre, c’est-à-dire le libertinage, est la loi de l’humanité et une façon de se rapprocher de la divinité. Noyes a une vision socialiste de l’économie et du gouvernement et il rejette les institutions traditionnelles de la famille et du mariage. Accusé de viol, Noyes s’enfuit au Canada et son utopie meurt peu après.
Le mormonisme sera l’une des sectes américaines qui remportera le plus de succès sur le long terme. Aujourd’hui, plus de cinq millions de personnes dans le monde (dont la moitié sont des Américains) sont des mormons et le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Mitt Romney, est mormon. Le fondateur de cette secte est Joseph Smith Jr., une personne peu équilibrée mentalement s’intitulant prophète et s’intéressant à l’occultisme. Dans le livre qu’il dit avoir trouvé, Smith retrace l’histoire d’une tribu israélite persécutée, vieille de 2500 ans, qui serait parvenue à atteindre l’Amérique. Mormon est le dernier survivant de cette race de martyrs. Ainsi, Salt Lake City sera la nouvelle Jérusalem des mormons. Syncrétique, le mormonisme est un véritable melting-pot qui comporte la croyance en Jésus Christ, le rejet du péché originel, le mélange de la Bible avec d’autres textes « sacrés », un polythéisme apparent, la polygamie, la présence de doctrines occultistes et d’éléments de la franc-maçonnerie, la croyance en la sacralité de la constitution des Etats-Unis, l’emprunt d’idées indiennes, etc. Témoin de la pathologie de la mentalité mormone est la frénésie de recherches généalogiques de la part de l’Eglise mormone qui l’a conduit à creuser de vastes tunnels souterrains afin d’entreposer des banques de mémoire informatiques sur plus de 80 millions de personnes décédées. Le but est de connaître les noms de ces personnes pour les baptiser afin de les sauver quand viendra l’apocalypse, assimilée il fut un temps à l’an 2000.
Un autre prophète est William Miller, le créateur de la secte adventiste, qui a environ quatre millions de membres aujourd’hui. Voltairien, déiste et franc-maçon, il fait un passage dans l’Eglise baptiste avant de concevoir, à partir de nombres se trouvant dans la Bible, sa prophétie millénariste selon laquelle le Christ reviendrait en 1843. La Terre serait alors embrasée par un déluge de feu, un nouveau monde viendrait et les justes ressusciteraient. Miller trouve nombre de soutiens dans les diverses Eglises, ce qui lui permet d’organiser des centaines de conférences dans lesquelles il suscite l’angoisse et la peur chez les audiences. Des manifestations de défoulement collectif (hallucinations, etc.) ont lieu, ainsi que des suicides et des meurtres. Comme il ne se produit rien en 1843, Miller fixe une autre date: 1844. Rien ne se passe et le mouvement est discrédité. Miller meurt quelques années après mais son mouvement lui survit. Des métamorphoses et des schismes ont lieu mais il n’y a que peu de différences dans la doctrine. Il est à noter qu’il existe une forte filiation entre l’adventisme et les Témoins de Jéhovah.

d) Les sectes métaphysico-intellectuelles

Comme les autres sectes de cette section, qualifiées de « métaphysico-intellectuelles », les transcendantalistes mettent de côté le calvinisme, prônent la liberté individuelle et intellectuelle de chacun, ce qui revient à défendre un humanisme encore plus étendu, et mélangent science et religion, le plus souvent dans une vision pragmatique et optimiste, tout en se parant d’idées orientales. Né dans les années 1830, le transcendantalisme s’oppose au conformisme de la société et de la religion. Fortement humaniste, le transcendantalisme pratique la charité, dit que tout homme est bon et place l’instinct au-dessus de tout. La Bible est mêlée à des croyances venant d’Inde. Sur le terrain, dans les trois communautés utopiques fondées, le transcendantalisme promeut la liberté, la croissance, la justice et l’amour. La communauté de Brook Farm met l’accent sur le plaisir intellectuel et physique dans un cadre socialiste et utopique. Il est à noter que c’est la première fois dans l’histoire américaine que la musique classique fait partie intégrante de la vie. Cependant, la communauté ne durera guère, tout comme les deux autres. Foncièrement humaniste, pour ne pas dire animaliste, celle de Fruitlands interdit les bêtes de somme et ne tolère que les légumes ambitieux, c’est-à-dire ceux qui poussent vers le ciel. Malgré ces échecs, les intellectuels transcendantalistes comme Emerson, Thoreau, Parker, Brownson, Alcott et Fuller deviendront des réformateurs sociaux et ouvriront la voie à l’individualisme, au féminisme, à la libération sexuelle et à l’orientalisme. Le mouvement laissera sa marque sur le « New Age » et sur l’ensemble des communautés du vingtième siècle.
Il est temps d’aborder la question du spiritisme et du théosophisme, deux mouvements intrinsèquement liés. En ce qui concerne le spiritisme, nous avons déjà évoqué les ressemblances qu’il a avec le mouvement shaker. En tenant compte de la nocivité réelle du spiritisme sur l’esprit (45), pour indiquer l’ampleur de la diffusion du spiritisme en Amérique dans les années 1850, il nous suffira d’indiquer qu’il y avait plus de deux millions de personnes participant à des « séances » spirites, ce qui est une preuve du fort intérêt de l’âme américaine pour l’ « occultisme » de bas niveau. Le théosophisme naîtra dans ces bas-fonds, grâce à la rencontre du franc-maçon américain Henry Olcott avec la spirite Russe Helena Blavatsky. Tous les deux sont passionnés par l’ « occultisme » et Blavatskya a des aptitudes pour la médiumnité et la voyance. La « Société théosophique » est créée en 1875 et se fixe des buts ambitieux: être le noyau d’une fraternité universelle, étudier les religions anciennes et modernes et faire des recherches sur les pouvoirs psychiques de l’homme ainsi que sur les lois naturelles. En réalité, la théosophie ne sera toujours qu’un mélange de spiritisme, de franc-maçonnerie et de traditions étrangères venant principalement de l’Inde ancienne, le plus souvent incomprises et déformées. En plus des effets psychiques négatifs du spiritisme, c’est ce dernier point qui est particulièrement dangereux ; il semble que les Indiens aient aussi été victimes de cette déformation. Bien qu’international, le théosophisme est fortement lié aux Etats-Unis dès ses débuts car le gouvernement de l’Amérique franc-maçonnique voit dans le théosophisme un instrument pouvant servir à « ouvrir à l’humanité des perspectives nouvelles ». Ainsi, le théosophisme est soutenu par le président américain franc-maçon Rutherford Hayes. Après la mort de Blavatsky en 1891, la secte se scinde en plusieurs groupes et plusieurs personnes apparaîtront sur le devant de la scène pour diriger la plus grande partie de ces groupes: Charles Leadbeater, Annie Besant et Alice Bailey. Katherine Tingley, une théosophiste de haut grade, créera le centre Point Loma en Californie, toujours plus à l’Ouest afin d’être en accord avec les idées calvinistes de la recherche du paradis (c’est d’ailleurs pour cette raison que la Californie deviendra au vingtième siècle en Amérique le point de ralliement des sectes en tout genre). On voit ainsi la forte présence de la femme dans le spiritisme et le théosophisme.
Il y aura également une forte présence féminine (Omiki San, Mary Anne Girling, Mary Baker Eddy, etc.) dans le mouvement qui sera appelé « Nouvelle Pensée », qui se développera surtout à partir des années 1860. Cette secte proclame que l’esprit, c’est-à-dire la foi selon elle, est plus fort que la science matérialiste, particulièrement dans le domaine de la santé, mettant ainsi en exergue une nouvelle fois l’aspect pragmatique des croyances américaines. Préfigurant certaines courants sectaires du vingtième siècle, les membres de la « Nouvelle Pensée » affirment que les maladies résultent d’un déséquilibre mental. Une fois ce déséquilibre éliminé grâce à un travail de réflexion, le patient retrouverait la santé. La secte affirme aussi que la souffrance et la mort sont les effets de la pensée négative, matérialiste. Sur le point de vue théologique, la secte propose un protestantisme libéral et une interprétation propre du personnage de Jésus, vu comme un guérisseur par l’esprit. Comptant aujourd’hui plus de deux millions d’adeptes, cette secte, qui se fait désormais appeler « Science chrétienne », sut se concilier la sympathie des Eglises plus régulières tout en attirant une élite cultivée, notamment grâce à son vernis scientifique.
La pensée des adeptes de la Terre creuse, un thème qui sera très visible dans la littérature fantastique, mettra en évidence l’obsession américaine de mélanger le concret et le fantastique. Rationalisée au début dix-neuvième siècle par John Cleves Symmes et son fils, la théorie de la Terre creuse sera prise au sérieux par le gouvernement américain qui accordera des centaines de milliers de dollars à John. N. Reynolds en 1836 pour explorer l’Antarctique afin de trouver le trou permettant d’entrer à l’intérieur de la Terre. A partir de cette théorie qu’il modifiera et à laquelle il ajoutera plusieurs éléments judaïques, Cyrus Reed Teed, dont le père est guérisseur, fonde un courant sectaire qui connaîtra un franc succès, le koreshanisme.

f) L’évolution de la franc-maçonnerie

Nous avons déjà largement démontré dans cette étude que les liens entre les croyances et le pouvoir politique sont très forts, allant jusqu’à inféoder l’histoire américaine à la théologie puritaine et calviniste. Nous allons rapidement traiter de la franc-maçonnerie américaine du dix-neuvième siècle à aujourd’hui.

La franc-maçonnerie américaine continua à se renforcer, revendiquant 550000 membres dans les années 1870, même si elle dut faire face à quelques crises, comme celle suscitée par William Morgan. A ce sujet, il est important de souligner que le combat contre la franc-maçonnerie américaine durant la première moitié du dix-neuvième siècle est d’une nature différente de celui mené en Europe. C’est avant tout pour des raisons théologiques, et avec des arguments théologiques, que la franc-maçonnerie américaine est combattue, l’opposition la plus violente venant des milieux chrétiens, qui la considère comme un émissaire du diable dont les rituels sont blasphématoires (46). La raison profonde de cette opposition est la peur du complot, une idée récurrente, pour ne parler de paranoïa, dans l’histoire américaine. Ainsi, pour ces milieux chrétiens, si la prophétie des puritains pour l’Amérique semble avoir du mal à se réaliser, c’est à cause d’une entité qui complote pour la destruction de l’Amérique. L’opposition à la franc-maçonnerie perd beaucoup en intensité dès les années 1830 avec la large défaite de William Wirt, le candidat du Parti antimaçonnique, contre le franc-maçon Andrew Jackson. L’expansion de la franc-maçonnerie est fulgurante à partir des années 1850, le nombre de francs-maçons faisant plus que quintupler en 30 ans. Appartenir à la franc-maçonnerie devient un signe de respectabilité, c’est-à-dire de réussite sociale, et on n’hésite pas à se proclamer publiquement franc-maçon. Pour le White Anglo-Saxon Protestant, qui est le profil type du franc-maçon américain, la franc-maçonnerie devient une véritable religion. La preuve la plus probante de cette transformation est l’adhésion à la franc-maçonnerie dans les années 1890 d’un grand nombre de pasteurs baptistes, méthodistes et épiscopaliens. Dans les années 1920, à l’époque où l’Europe est en train de rejeter les idées franc-maçonniques à travers le fascisme et le national-socialisme, la franc-maçonnerie américaine, largement ouverte à la classe moyenne, jouit d’une popularité sans précédent et dirige effectivement les Etats-Unis. Le président Harding est franc-maçon haut-gradé, comme beaucoup de présidents américains ; l’organisation compte plus de deux millions et demi de membres et entreprend d’ambitieux projets de construction. La politique du « New Deal » de Franklin Delano Roosevelt, un franc-maçon haut-gradé dont nous reparlerons, s’inscrit dans la volonté de se rapprocher du paradis terrestre en organisant un retour à la terre dans un cadre socialisant. Aujourd’hui, la franc-maçonnerie américaine compte plus de quatre millions de membres répartis dans plus de 16000 loges. Elle a une forte influence sur les destinées de l’Amérique et du monde, bien qu’elle ne soit plus seule à cause du processus mondialiste par lequel ont été créés d’autres acteurs tout aussi puissants.

Cinquième partie: visage de l’Amérique contemporaine

L’Amérique du dix-neuvième siècle considérée par un observateur perspicace, de Tocqueville

Avant de commencer cette partie qui traitera de l’Amérique depuis la Guerre de Sécession jusqu’à aujourd’hui, nous voulons citer quelques observations capitales faites par de Tocqueville dans son ouvrage classique sur l’Amérique. En faisant cela, nous voulons illustrer quelques-unes des caractéristiques typiques de l’Amérique telle qu’elle est durant la première moitié du dix-neuvième siècle, c’est-à-dire une entité informée par l’ensemble des éléments décrits jusqu’ici. Ainsi, nous verrons que l’Amérique d’il y a 200 ans était largement similaire à celle d’aujourd’hui, comme le démontre, plus largement, « De la démocratie en Amérique », dont l’auteur, bien que critique envers l’Amérique, semble cependant en avoir été fascinée.
-L’emprise de la religion: « C’est la religion qui a donné naissance aux sociétés anglo-américaines : il ne faut jamais l’oublier; aux États-Unis, la religion se confond donc avec toutes les habitudes nationales et tous les sentiments que la patrie fait naître; cela lui donne une force particulière. À cette raison puissante ajoutez cette autre, qui ne l’est pas moins: en Amérique, la religion s’est, pour ainsi dire, posé elle-même ses limites; l’ordre religieux y est resté entièrement distinct de l’ordre politique, de telle sorte qu’on a pu changer facilement les lois anciennes sans ébranler les anciennes croyances. Le christianisme a donc conservé un grand empire sur l’esprit des Américains, et, ce que je veux surtout remarquer, il ne règne point seulement comme une philosophie qu’on adopte après examen, mais comme une religion, qu’on croit sans la discuter. Aux États-Unis, les sectes chrétiennes varient à l’infini et se modifient sans cesse, mais le christianisme lui-même est un fait établi et irrésistible qu’on n’entreprend point d’attaquer ni de défendre. Les Américains, ayant admis sans examen les principaux dogmes de la religion chrétienne, sont obligés de recevoir de la même manière un grand nombre de vérités morales qui en découlent et qui y tiennent. Cela resserre dans des limites étroites l’action de l’analyse individuelle, et lui soustrait plusieurs des plus importantes opinions humaines. »
-La non-pensée comme système: « Aux États-Unis, la majorité se charge de fournir aux individus une foule d’opinions toutes faites, et les soulage ainsi de l’obligation de s’en former qui leur soient propres. Il y a un grand nombre de théories en matière de philosophie, de morale ou de politique, que chacun y adopte ainsi sans examen sur la foi du public ; et, si l’on regarde de très près, on verra que la religion elle-même y règne bien moins comme doctrine révélée que comme opinion commune. Je sais que, parmi les Américains, les lois politiques sont telles que la majorité y régit souverainement la société ; ce qui accroît beaucoup l’empire qu’elle y exerce naturellement sur l’intelligence. Car il n’y a rien de plus familier à l’homme que de reconnaître une sagesse supérieure dans celui qui l’opprime. Cette omnipotence politique de la majorité aux États-Unis augmente, en effet, l’influence que les opinions du public y obtiendraient sans elle sur l’esprit de chaque citoyen ; mais elle ne la fonde point. C’est dans l’égalité même qu’il faut chercher les sources de cette influence, et non dans les institutions plus ou moins populaires que des hommes égaux peuvent se donner. Il est à croire que l’empire intellectuel du plus grand nombre serait moins absolu chez un peuple démocratique soumis à un roi, qu’au sein d’une pure démocratie; mais il sera toujours très absolu, et, quelles que soient les lois politiques qui régissent les hommes dans les siècles d’égalité, l’on peut prévoir que la foi dans l’opinion commune y deviendra une sorte de religion dont la majorité sera le prophète. »
-L’esprit prométhéen de l’Américain: « À mesure que les castes disparaissent, que les classes se rapprochent, que les hommes, se mêlant tumultueusement, les usages, les coutumes, les lois varient, qu’il survient des faits nouveaux, que des vérités nouvelles sont mises en lumière, que d’anciennes opinions disparaissent et que d’autres prennent leur place, l’image d’une perfection idéale et toujours fugitive se présente à l’esprit humain. De continuels changements se passent alors à chaque instant sous les yeux de chaque homme. Les uns empirent sa position, et il ne comprend que trop bien qu’un peuple, ou qu’un individu, quelque éclairé qu’il soit, n’est point infaillible. Les autres améliorent son sort, et il en conclut que l’homme, en général, est doué de la faculté indéfinie de perfectionner. Ses revers lui font voir que nul ne peut se flatter d’avoir découvert le bien absolu; ses succès l’enflamment à le poursuivre sans relâche. Ainsi, toujours cherchant, tombant, se redressant, souvent déçu, jamais découragé, il tend incessamment vers cette grandeur immense qu’il entrevoit confusément au bout de la longue carrière que l’humanité doit encore parcourir ».
-L’individualisme extrême de l’Américain fait de lui un être sans passé: « A mesure que les conditions s’égalisent, il se rencontre un plus grand nombre d’individus qui, n’étant plus assez riches ni assez puissants pour exercer une influence sur le sort de leurs semblables, ont acquis cependant ou ont conservé assez de lumières et de biens pour pouvoir se suffire à eux-mêmes. Ceux-là ne doivent rien à personne, ils n’attendent pour ainsi dire rien de personne; ils s’habituent à se considérer toujours isolément, et ils se figurent volontiers que leur destinée tout entière est entre leurs mains. Ainsi, non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains; elle le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cœur ».
-La promiscuité de la société américaine: « Les associations politiques qui existent aux États-Unis ne forment qu’un détail au milieu de l’immense tableau que l’ensemble des associations y présente. Les Américains de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les esprits, s’unissent sans cesse ».

La Guerre de Sécession

Il faut donner plus d’importance à la Guerre de Sécession car c’est la victoire du Nord qui a confirmé l’orientation démocratique du pays. En effet, une victoire du Sud aurait probablement permis, dans une certaine mesure, de remettre en question la voie sur laquelle était en train de s’engager l’Amérique démocratique, puritaine et franc-maçonne. Ce sont donc les raisons pour lesquelles nous commençons cette partie sur l’Amérique contemporaine en traitant de la Guerre de Sécession.
Nous dirons d’emblée que la Guerre de Sécession ne fut pas déclenchée pour abolir l’esclavage [Sur l’esclavage, voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2013/05/10/canaille-du-haut-racaille-du-bas/, note 2], comme on le dit habituellement. Il faut plutôt voir dans ce conflit un combat entre deux conceptions du monde, dans une certaine mesure seulement cependant. Le Nord, foncièrement puritain, protestant et capitaliste, voulut détruire le Sud, qui, lui, avait une conception du monde plus européenne, basée sur l’enracinement de l’homme sur la terre qu’il cultive. Il nous faut toutefois mentionner que le caractère « aristocratique » conféré à l’Old South n’a pas de réalité historique (47): celui qui a été appelé « aristocrate » n’était que le paysan ayant mieux réussi que ses voisins, s’étant embourgeoisé. De plus, il y avait un nombre important de Juifs parmi les Sudistes et les Confédérés (48).
Selon la « géographie sacrée » calviniste et puritaine, le Sud n’est pas sur l’axe du paradis et ne peut donc être que le diable. Outre cela, il y avait la question des barrières douanières: « Lorsqu’on nous explique, à l’école, que l’esclavage fut la cause et l’enjeu de la guerre de Sécession, on se moque effrontément de nous. La guerre de Sécession fut une guerre de tarifs douaniers. Pas autre chose. Le Nord était protectionniste, le Sud libre-échangiste. Le Nord s’était rapidement industrialisé, il avait besoin pour ses produits manufacturés d’une forte protection. Le Sud, au contraire, vivait de ses exportations de coton, il trouvait plus avantageux d’acheter ses machines et ses étoffes dans les pays d’Europe où il écoulait ses récoltes. Mis en demeure de subir la loi du nombre, le Sud, à plusieurs reprises, menaça de se retirer de l’Union. C’eût été pour les businessmen yankees une catastrophe : ils eussent perdu à la fois d’immenses débouchés commerciaux et l’accès à la mer par le Mississipi — the old man river — dont le contrôle est indispensable à la prospérité du Middle West. Chaque fois un compromis plus ou moins satisfaisant permit d’ajourner provisoirement le conflit. D’année en année, cependant, la querelle devenait plus aiguë, la sécession plus menaçante. Or, il était bien évident que les Nordistes n’accepteraient jamais un divorce, qu’ils iraient jusqu’à la guerre, s’il le fallait, pour maintenir l’Union et conserver leurs clients. Seulement, une guerre pour des tarifs douaniers, ça n’est pas très avouable. Il est beaucoup plus reluisant de proclamer que l’on se bat pour la fraternité humaine, le droit, la justice, la liberté, la démocratie et l’affranchissement des esclaves. L’affranchissement des esclaves fut l’alibi des Yankees » (49). Il faut bien comprendre que les esclaves noirs, dans le Sud, n’étaient pas mal traités (l’apartheid n’existera qu’après la victoire nordiste, tout comme les lois de ségrégation), contrairement au prolétariat, en partie importé d’Europe par des sergents recruteurs mentant sur les conditions de travail qui attendaient les masses recrutées, des usines du Nord, qui gagnait à peine de quoi ne pas mourir de faim: « Les Sudistes traitaient leurs esclaves non point évidemment comme leurs égaux — ils étaient trop justement conscients de leur supériorité — mais avec une condescendance familière dont la sympathie n’était pas exclue. Pour la plupart, d’ailleurs, ils avaient été élevés par une de ces mamies d’ébène, plantureuses et tyranniques, qui prenaient dans chaque foyer l’importance des nourrices du vieux répertoire espagnol. Ils connaissaient les noirs, ils savaient leur parler, leur inspirer confiance. Bien rares étaient ceux qui abusaient de leur pouvoir. La haine des races, en tout cas, était un sentiment totalement inconnu. Cette haine n’a pris naissance que plus tard, après l’émancipation, après, que les « idéalistes » de Washington eurent déchaîné la guerre civile. Et puis l’esclavage se résorbait progressivement. Personne n’imaginait évidemment de faire des affranchis les égaux politiques des hommes blancs, mais de profondes réformes étaient en gestation qui tendaient à améliorer le sort des noirs sans compromettre l’équilibre social » (50). Comme nous le verrons dans la seconde guerre mondiale, c’est la quantité qui a triomphé de la qualité: les Sudistes se battaient contre un ennemi quatre fois supérieur en nombre.

Le Ku Klux Klan

On ne connaît pas les origines premières du Ku Klux Klan mais il semble que certaines idées acceptées doivent être rejetées. Par exemple, il semble que de nombreux Juifs en étaient des membres, comme Simon Baruch, le père de Bernard Baruch. Cela laisse donc des doutes sur le caractère antisémite du mouvement. Quoi qu’il en soit, le Ku Klux Klan est une réaction des Sudistes dépossédés par les Nordistes et agressés physiquement par les ex-esclaves, chez qui les Nordistes avaient excité la rancœur et auxquels ils avaient donné tous les droits. Une sorte de « discrimination positive » avait été mise en place au profit des ex-esclaves à qui étaient donnés des postes importants dans la « reconstruction ». Jouant sur la superstition, les membres du Ku Klux Klan les épouvantaient au moyen de déguisements et d’autres stratagèmes, ce qui limitait l’utilisation des méthodes fortes. Le Ku Klux Klan atteint rapidement ses objectifs et perd de son importance. Il renaît à partir de 1915 et, cette fois, s’attaque à des problèmes d’une toute autre ampleur. Le Ku Klux Klan dénonce le capitalisme et le marxisme. Il prône l’honneur, la famille, le goût de la famille, de l’austérité et du patriotisme. Mouvement nationaliste, il s’en prend aux influences étrangères qui gouvernent l’Amérique et est désormais plus ou moins antisémite. Malgré un soutien important parmi la population, le Ku Klux Klan n’est cependant pas de taille à lutter. Il manque de personnalités d’envergure pour la tâche qu’il s’est donné et commet quelques imprudences. Il est aussi discrédité par les journaux qui montent en épingle une série de scandales plus ou moins inventés, qui vont ternir à jamais le Ku Klux Klan dans l’esprit de la plupart du peuple américain. Qualifié de premier mouvement fasciste de l’histoire (51), le Ku Klux Klan n’a pas imprimé une empreinte durable sur les Etats-Unis.

La première guerre mondiale, l’entre-deux-guerres et la seconde guerre mondiale

La première guerre mondiale fut l’occasion pour les Etats-Unis d’augmenter leur puissance financière et politique. Ayant peu souffert de la guerre, les Etats-Unis en ressortent comme une grande puissance internationale. Plusieurs grandes firmes réalisent d’énormes bénéfices en distribuant les armes et les munitions aux alliés et, aussi, en en vendant aux ennemis (52). Ainsi, Bernard Baruch, membre des B’naï B’rith, celui qui sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt sera appelé le « président officieux » des Etats-Unis (53), accumule les profits grâce à la guerre: « Avant 1914, il avait déjà accumulé une fortune colossale en spéculant à Wall Street sur les tabacs, le cuivre, le caoutchouc. Dès que la guerre éclate, il entre au « Comité des industries de guerre » ; il devient une sorte de dictateur à l’économie. Aucun marchand de canons ne peut obtenir de crédits sans son assentiment. C’est lui également qui décide des quantités de matériel que les alliés recevront et comment se fera la répartition. Les bénéfices qu’il réalise ainsi, avec le sang des autres, dépassent l’imagination. Il l’a d’ailleurs reconnu devant une commission d’enquête parlementaire qui le questionnait — bien timidement, d’ailleurs, comme toujours — sur ses agissements :
— J’ai eu probablement, a-t-il dit, plus de puissance qu’aucun autre homme pendant la dernière guerre.
Lorsque s’ouvre la conférence de la paix, Bernard Baruch surgit à Paris dans le sillage de Wilson. Il amène avec lui 117 collaborateurs tous juifs qui l’aident à consolider, dans les couloirs de la conférence, ses prodigieux bénéfices » (54). La reconnaissance très rapide des Soviets par le gouvernement américain sera l’œuvre personnelle de Baruch (55). Enfouie au fond des consciences américaines façonnées par le calvinisme, la « croisade » que mène le président Wilson est aussi un moyen de réaliser la mission divine, la destinée évangélisatrice de l’Amérique: « civiliser » le monde, le conformer à son image afin que la « paix américaine » devienne réalité. De la fin du dix-neuvième siècle jusqu’au milieu du vingtième siècle, les forces occultes agirent beaucoup par l’intermédiaire de la famille Rockefeller.
L’entre-deux-guerres sera d’abord marqué par une sympathie pour la République de Weimar, méprisée par les Allemands conservateurs car soumise aux intérêts de la franc-maçonnerie et faible sur le plan international. Viendra après une campagne de propagande poussant à la guerre contre l’Allemagne national-socialiste. En plus de cet accroissement de puissance que pouvait procurer une intervention dans une nouvelle guerre, comme ce qui s’était fait durant la première guerre mondiale, les Etats-Unis partiront en guerre contre le national-socialisme pour deux raisons:
-Résoudre la crise intérieure par une guerre extérieure: à partir de la fin des années 1920, les Etats-Unis traversent une crise économique très grave, qui sera appelée Great Depression. Nous ne nous attarderons pas sur ce qui causa cette crise mais nous pouvons dire qu’il faut y voir, en plus des causes traditionnellement avancées, une action sournoise de la haute-finance, déjà très puissante à l’époque. Il y eut jusqu’à plus de 15 millions de chômeurs (56). Mais il faut aussi noter qu’il y avait déjà beaucoup de chômeurs, plus de huit millions en 1928 (57) dans les années prospères de l’économie américaine (58). Le « New Deal » de Roosevelt, associé à des milliards de dollars, ne réussit pas à abaisser le nombre de chômeurs au-dessous de dix millions. Les conséquences sur l’homme furent affreuses. Cela est prouvé par le fait que Roosevelt déclara qu’un Américain sur deux était inapte au service militaire pour insuffisance physique ou morale (59). Deux tiers des enfants américains connaissaient depuis leur naissance des conditions de vie misérables (60). Ainsi, la seule solution des hommes d’argent qui dirigeaient les Etats-Unis, s’ils ne voulaient pas avoir à faire face à une révolution domestique qui pouvait les détruire, était la guerre. L’Allemagne national-socialiste devint un bouc émissaire servant à expliquer les difficultés intérieures des Etats-Unis. Une guerre contre l’Europe fasciste et plus particulièrement contre l’Allemagne national-socialiste permettait non seulement de détourner encore plus l’attention vers l’extérieur et d’expliquer les difficultés intérieures par la guerre extérieure mais aussi de multiplier les besoins industriels et agricoles nécessaires pour rétablir l’économie et fournir du travail à la moitié des chômeurs au moins. Allant contre ses promesses, Roosevelt déclarait publiquement dès 1937 que la guerre était « nécessaire » (61). Il était relayé par la plus grande partie de la presse américaine.
-Abattre l’Allemagne national-socialiste et l’Italie fasciste, des ennemis pour des raisons métahistoriques et métaphysiques: les vrais dirigeants des Etats-Unis ont senti très tôt la vision du monde du fascisme et du national-socialisme constituait le plus strict opposé à la leur, quasiment métaphysiquement. Leur vision du monde, basée sur la quantité, résolument démocratique et capitaliste, issue du protestantisme et de l’esprit de la franc-maçonnerie devait abattre le fascisme et le national-socialisme qui, eux, privilégiaient la qualité, l’honneur, la dignité de l’homme et lui donnaient un sens dans la vie, autre que celui d’amasser des dollars et de jouir perpétuellement. Si cette vision du monde s’implantait durablement en Europe, cela signifiait la fin plus ou moins rapide de son opposée. Comme le symbolisaient le svastika noir national-socialiste penché vers la gauche et la fameuse expression ayant un caractère initiatique « Allemagne, réveille-toi », cela signifiait le début d’un nouvel âge, ou plutôt le retour à un âge aujourd’hui révolu, par la création d’un nouveau matériel humain, supérieur, et la fin d’une vision du monde largement judéo-chrétienne et franc-maçonnique. Cela signifiait à terme un retour à l’esprit romain antique. Roosevelt et les vrais dirigeants des Etats-Unis devaient donc détruire cette vision du monde par tous les moyens disponibles, ou bien ils finiraient par être balayés par elle. Ainsi, comme l’indique le journal Daily Express du 24 mars 1933, avec comme une « Judea Declares War On Germany – Jew Of All The World Unite In Action », la guerre non militaire contre l’Allemagne national-socialiste fut déclarée très tôt. Les individus constituant l’entourage immédiat de Roosevelt (Bernard Baruch, Henry Morgenthau Jr., La Guardia, H. S. Cummings, J. H. Jones, H. H. Sevier, J. Schenk, Felix Frankfurter, etc) s’assurèrent que l’Amérique participât résolument à cette guerre, puis à la guerre militaire en fournissant d’abord abondamment du matériel et de la nourriture aux forces soviétiques qui permirent aux Soviétiques de refouler l’armée allemande, puis en envahissant et occupant l’Europe.
1945 donna aux Etats-Unis une prépondérance mondiale. Les Etats-Unis et la Russie soviétique contrôlèrent effectivement l’Europe. Nous pouvons même dire que l’Europe d’après 1945 a été avant tout façonnée par les Etats-Unis et le Russie soviétique. C’est avec cette connaissance qu’il faut interpréter la plupart des processus qui, aujourd’hui, affectent l’Europe d’une manière ou d’une autre.

Analyse finale de l’Amérique moderne

Cette analyse finale devra être lue en perspective de tout ce qui a été dit plus haut. Le portrait de l’Amérique que nous allons dresser, qui s’inspire fortement des textes de J. Evola, est le résultat de l’ensemble des processus que nous avons décrits. Conformément à notre plan diachronique, comme nous traitons maintenant du vingtième siècle, autant de fois qu’il le sera possible, nous établirons les ressemblances qu’il y a entre l’américanisme et le communisme, tel qu’il a été mis en place en Russie à partir de 1917, afin de démontrer que l’Amérique et le communisme sont loin d’être des opposés et qu’ils ne sont que les deux faces d’une même pièce.
L’extrême mécanisation, le collectivisme-promiscuité, la religion de l’utilitarisme, du rendement, de la production et de la technique, le règne tout-puissant de l’argent et du matérialisme et, comme nous l’avons déjà signalé, la primauté de la quantité sur la qualité, sont toutes des caractéristiques que les Etats-Unis et l’idéologie communiste ont en commun. C’est ainsi que des intellectuels soviétiques louaient les Etats-Unis dès les années 1920 (62). Staline lui-même loue l’américanisme (63). Il déclare que l’union de l’esprit révolutionnaire et de l’américanisme définit le « style du léninisme… dans le travail du parti et de l’Etat » ainsi que « le type complet du militant léniniste ». En effet, contrairement aux forces de la subversion qui continuent à entretenir l’opposition fictive entre le capitalisme et le communisme, il faut bien être conscient que les Etats-Unis et le communisme partagent de nombreux points de convergence. Il est bon de rappeler que l’avènement de l’ « homme-masse » en Amérique s’est produit d’une manière quasi-spontanée alors qu’il a fallu une révolution sanglante et de nombreux meurtres en Russie.
L’Américain ayant choisi la soumission à la production et ne voyant qu’un seul but dans la vie, « faire de l’argent » (l’expression en anglais est « to make money »), il cesse de s’appartenir à lui-même et se sépare irrémédiablement du spirituel. Devenu un instrument de production consacrant tous ses efforts physiques et spirituels à la recherche de la grandeur matérielle, un rouage dans l’immense machine collectiviste, l’Américain ne peut plus connaître la liberté. La richesse accumulée par l’Américain ne lui sert même pas d’instrument pour son libre plaisir. L’argent n’est plus un moyen pour acquérir quelque grandeur extra-économique mais un but en lui-même. Cette soif d’argent inassouvissable condamne l’Américain à des processus en chaîne démoniques qui n’admettent aucune trêve. Cette conception de la vie est diamétralement opposée à l’ancienne tradition européenne. Chateaubriand dira, dans ses Mémoires d’outre-tombe, qu’il « ne faut pas chercher aux Etats-Unis ce qui distingue l’homme des autres être de la création » et que « l’Américain a remplacé les opérations intellectuelles par les opérations positives ».
Tous les domaines de la vie en sont affectés. L’art et l’intellectualité qui est la source de tout vrai art sont déconsidérés, une caractéristique partagée par tous les peuples au sein desquels règne l’esprit féminin, selon Bachofen. L’Américain moyen éprouve pour la figure de l’intellectuel une indifférence instinctive ou de la méfiance, voire de l’hostilité, car l’intellectuel ne produit rien (Chateaubriand note que « la poésie et l’imagination, partage d’un très petit nombre de désœuvrés, sont regardées aux Etats-Unis comme des puérilités de premier et du dernier âge de la vie » et que la seule littérature qu’on trouve en Amérique, c’est « la littérature appliquée, servant aux divers usages de la société ; c’est la littérature d’ouvriers, de négociants, de marins, de laboureurs »). L’intellectuel ne sert en rien à l’homme-masse car il n’apporte même pas un divertissement quelconque. Même quand les seigneurs du Troisième Etat attirent en Amérique, grâce à leurs dollars, des représentants ou des œuvres de l’ancienne culture européenne, ils ne sont que des sujets de détente et d’amusement. La figure de l’inventeur sera toujours mieux considérée que l’intellectuel car, lui, il crée quelque chose de tangible, que ce soit un engin permettant d’augmenter le rendement ou un nouveau divertissement destiné à l’homme-masse. Ainsi, l’utile est le critère du vrai et la valeur de toute chose doit être jugée selon son efficacité économico-sociale. Nous pouvons dire que l’homme américain est pragmatique. Dans le domaine scientifique, l’Américain Dewey et le Soviétique Pavlov se rejoignent en sous-entendant, l’un avec le behaviorisme, l’autre avec ses théories sur le conditionnement, que l’homme n’a pas de Moi et de conscience en tant que principe substantiel. Cette théorie toute « démocratique » proclame donc que n’importe qui peut devenir n’importe quoi tant qu’il a la formation adéquate. L’homme, réduit à une substance informe et malléable, à une inconsistance intérieure, peut donc être manipulé par son environnement au moyen de stimulations. Cela explique, en passant, l’importance en Amérique de la publicité, de l’advertising, ainsi que de la propagande.
Malgré son inconsistance intérieure, l’Américain est persuadé d’avoir toujours raison. Il croit que c’est son devoir moral de mettre le monde à son niveau (un niveau qu’il n’a parfois même pas), le conformisme et la standardisation étant au cœur de la mentalité américaine. C’est l’équivalent d’une pensée d’état, telle qu’elle existait il y encore peu en Russie soviétique. Ainsi, l’Américain, l’homme politique d’envergure internationale comme l’individu moyen, est avant tout un prêcheur (la figure du prêcheur est très répandue dans la littérature américaine). Le résultat est l’intrusion du collectif et du social dans la sphère individuelle. Loin d’être « open-minded » comme il le prétend, l’Américain est un être rempli de tabous et de préjugés dont il n’a même pas conscience.
Dans le domaine économique, cette volonté de tout standardiser avait réduit des millions d’hommes à être de simples machines, au travers du taylorisme et du fordisme. Ford et Staline se donnaient la main ici. L’uniformité et la réduction à quelques types sont une caractéristique commune de l’américanisme et du communisme, même si aujourd’hui la diversité des types dans l’industrie est plus grande. L’artisanat et la dimension qualitative du travail ont été éliminés. L’œuvre n’existe plus ; le « product » la remplace.
Cette volonté de « standardiser » le monde est souvent accompagnée d’une brutalité quasi-animale. Par exemple, durant la croisade de Roosevelt en Europe, le primitivisme américain s’exprima avec violence. Les avions anglo-américains tuèrent quelques 70000 Français civils lors de raids aériens (64). Les crimes de guerre commis par les soldats américains, tant blancs que noirs, contre les populations civiles françaises, italiennes et allemandes sont nombreux et souvent sadiques. Sans aller dans le détail, après avoir semé le chaos en Angleterre où ils furent jugés comme très portés sur le sexe par les Britanniques, les soldats Américains commirent au moins 3500 meurtres et viols (c’est-à-dire en ne comptant que les exactions qui donnèrent lieu à des poursuites) en France de juin 1944 à juin 1945 et 84% des condamnés à mort pour ces exactions en France étaient des soldats noirs (les noirs dans l’armée américaine ne représentaient que 10% de l’effectif total). En Allemagne, au moins 11500 meurtres et viols furent commis par les Américains. Eisenhower assouplit beaucoup les sanctions pour les exactions contre des femmes allemandes. Le viol était pratiquement toléré: il était considéré comme un simple délit qualifié de « relation sexuelle illicite avec une femme non mariée » ou de « poursuite illicite des désirs ». Eisenhower ne pensait pas que le viol d’une femme allemande méritât une sanction trop lourde (64). La brutalité américaine s’exprima d’une autre manière, bien plus grave: des centaines de milliers de soldats allemands, jusqu’à 800000, moururent dans les « camps de prisonniers » d’Eisenhower en 1945 (65). Ce sinistre individu, avec Henry Morgenthau et des Français haut-placés, mit en place une politique « punitive », c’est-à-dire d’extermination, contre les civils allemands qui a fait des millions de morts (66). En Amérique, il ne faut pas oublier que ce sont des Anglo-Saxons qui ont froidement annihilé des dizaines de milliers d’Indiens.
En ce qui concerne la « culture », le jazz représente parfaitement l’âme américaine dans le domaine musical. « Dans les grandes salles des villes américaines où des centaines de couples se secouent de concert comme des pantins épileptiques et automatiques aux rythmes syncopés d’une musique noire, c’est vraiment un « état de foule », la vie d’un être collectif mécanisé, qui se réveille. Il est peu de phénomènes qui expriment, comme celui-là, la structure générale du monde moderne dans sa dernière phase: cette structure se caractérise, en effet, par la coexistence d’un élément mécanique, sans âme, essentiellement fait de mouvement, et d’un élément primitiviste et sub-personnel qui entraîne l’homme, dans un climat de troubles sensations (« une forêt pétrifiée dans laquelle s’agite le chaos » H. Miller). » (67)
L’importance du sport, et surtout du sport collectif, dans la vie américaine est une autre conséquence de tout ce que nous avons décrit jusqu’à maintenant. Il y avant tout le narcissisme et le culte de l’apparence physique et du jeunisme, tous deux très puissants, qui poussent les Américains à faire autant de sport. Dans une société qui a éliminé tout intellectualité et qui est purement matérialiste, n’est-il par normal que toute l’attention soit donnée au corps ? Il y a aussi la dimension collective de l’âme américaine qui s’exprime dans la pratique du sport et les meetings sportifs gigantesques. Ainsi, le sport n’est pas utilisé pour dépasser le corps mais pour y donner encore plus d’importance. L’importance donnée au « record » est un autre trait purement américain. Un auteur a dit que le sport moderne était la religion de l’ouvrier (68). Il vaudrait mieux dire que c’est la religion du plébéien, du paria du Quatrième Etat.
Nous avons analysé les origines chaotiques de la religion en Amérique. Il ne faut maintenant parler plus que de religiosité, le protestantisme ayant rejeté les quelques éléments supérieurs et véritablement traditionnels qu’avait conservé le christianisme. La religiosité américaine n’est plus qu’un simple moralisme au service d’une collectivité conformiste. Et même la morale est en train de disparaître définitivement en Amérique. Toutefois, la plupart des thèmes des sectes du dix-septième siècle et du dix-huitième siècle continuent à réapparaître d’une manière ou d’une autre dans la grande diversité des Eglises américaines.
Cette baisse de niveau généralisée affecte évidemment les relations entre homme et femme. C’est en Amérique que prit forme l’émancipation de la femme ainsi que le féminisme. Cela ne fut réalisable uniquement parce que l’homme n’avait plus qu’un rôle purement matérialiste et utilitariste, celui du « bread winner ». Le seul droit de l’homme américain est de gagner de l’argent pour ses enfants et sa femme coquette et superficielle. La famille est désagrégée à cause des nombreux divorces et d’une législation en la matière qui favorise trop la femme. Cette dernière croie s’élever en assumant une activité masculine. En réalité, elle a renoncé à sa nature et trouve des compensations dans la boisson, le culte narcissique de son corps au travers du sport, le consumérisme, etc. Outre la destruction de la famille, la promiscuité entre les sexes, le fait que les jeunes hommes et jeunes femmes se considèrent avant tout comme des amis, a aussi une origine américaine. La prédominance du facteur gynécocratique en Amérique a pour résultat que toute femme est dotée d’une supériorité morale et d’une innocence innée, que l’homme n’a pas. Il est plutôt doté d’une infériorité générale et de sentiments négatifs, d’autant plus s’il est blanc. Même les milieux américains soi-disant « réactionnaires » sont touchés par ce sentimentalisme de nature gynécocratique. Tout cela trouvait son équivalent en Russie soviétique.
J. Evola dit que « l’Amérique n’est pas seulement ‘négrifiée’ sur le plan démographique et racial » mais qu’elle l’est « aussi et surtout sur le plan de la culture, du comportement, des goûts, même quand on n’est pas en présence de métissage proprement dit. » (69) Après avoir constaté que le « folklore américain » est en grande partie composée d’éléments venant des Noirs, et rejoint par Jung, il donne comme origine la culture noire à plusieurs traits caractéristiques de l’Américain. Parmi ceux-ci, il y a: les manières exubérantes de l’Américain (le rire fort, la démarche relâchée, la quantité des mouvements, etc.), le bavardage omniprésent, la manifestation toute extérieure et effrénée du sentiment religieux, le tempérament extrêmement vif (visible dans le base-ball), la vie collective et le peu d’intimité, le goût de la brutalité sous toutes ses formes (visible dans les films américains, le fanatisme pour la boxe, le catch, etc.), un pathos banal dans les relations sentimentales mais un érotisme omniprésent, le goût pour tout ce qui est gros et « grand » (Sombart dit à propos des Américains: « they mistake bigness for greatness »), etc. Evola poursuit sa critique dans un autre chapitre (70) et dit que le goût de la vulgarité, qu’elle soit verbale, vestimentaire ou plus généralement comportementale, est une caractéristique américaine. Il faut ici souligner la perversion et le sadisme présents dans nombre de produits d’origine américaine, qui mettent en avant une humanité déchue dont le public doit rire, se dégradant lui-même en faisant cela. On peut évidemment citer comme exemples les émissions de « téléréalité » mais aussi la plupart des « comédies », dont le but est de diffuser les normes abêtissantes de l’idéologie mondialiste. Cette tendance est très répandue aujourd’hui. On peut l’assimiler à un véritable satanisme, tout comme la pornographie qui est presque entièrement entre les mains d’extra-Européens. Il faut savoir que c’est un puissant agent de féminisation et de corruption physiologique et psychologique.

Conclusion

Tout au long de cette étude, nous avons prouvé que l’Amérique était l’antithèse du vieil esprit européen et qu’elle occupait le premier plan dans le complot mondial contre les peuples blancs. Nation de parias (au sens antique, c’est-à-dire celui sans race, patrie et traditions), l’Amérique a combattu tout ce qui restait de supérieur dans le monde, faisant que, d’un point de vue métaphysique, elle peut être considérée comme une entité maléfique. L’américanisme est un mode de vie de sous-homme qui devient la norme dans le monde entier et, plus particulièrement, dans l’Europe occidentale, sous domination américaine depuis 1945. Son action corrosive peut être comparée à celle du christianisme, lorsqu’il s’imposa par la ruse et l’épée. Loin d’être négligeables, les conséquences de l’américanisme sont bien visibles, ne serait-ce que dans la vie quotidienne, bien que le processus n’en soit qu’à ses débuts, si rien n’est entrepris pour l’arrêter. La conséquence la plus visible de l’américanisme sont le multiculturalisme et le multiracialisme, qui ont été imposés à l’Europe, comme l’a martelé, pour ne prendre qu’un exemple, [le Juif] Wesley Clark, en sa qualité de chef de l’organisation mondialiste OTAN: « In the modern Europe there is no room for homogeneous national states. It was an idea from the 1800s, and we are going to carry it (multi-culturalism) through… and we are going to create multi-ethnic states » (71). Bien que les effets de ces deux phénomènes soient déjà immenses en 2013, qu’en sera-t-il dans seulement 50 ans, où les traces du métissage se verront sur nombre de visages des habitants des grandes métropoles européennes, qui n’auront d’ailleurs plus d’européennes que le nom ?

Références et notes

(1) M. Eliade, La nostalgie du paradis et la naissance de l’Amérique, Revue Question De. N° 16 (La fin du monde), 1977.
(2) M. Bockmuehl, G. G. Stroumsa, Paradise in Antiquity, Jewish and Christian Views, Cambridge Press, 2010, p. 192.
(3) M. Eliade, op. cit.
(4) L. Guillaud, Histoire secrète de l’Amérique, Philippe Lebaud, 1997, première partie, chap. 1.
(5) S. Wiesenthal, Les Voiles de l’espoir, Robert Laffont, 1992.
(6) L. Guillaud, op. cit., première partie, chap. 2.
(7) L. Guillaud, op. cit., première partie, chap. 3.
(8) L. Guillaud, op. cit., première partie, chap. 4.
(9) Celse, Discours vrai contre les chrétiens, J. J. Pauvert, 1965.
(10). C. Sanford, The Quest for Paradise, University of Illinois Press, 1961.
(11) R. Bartlett, The Faith of the Pilgrims, United Church Press, 1978.
(12) D. Royot, J-L Bourget, J-L Martin, Histoire de la culture américaine, P.U.F., 1993.
(13) A. Johann, Le pays sans cœur, Les éditions du livre moderne, 1944, chap. 2.
(14) T. Miller, T. Johnson, The Puritans, Harper Torchbooks, 1963.
(15) M. Eliade, op. cit.
(16) M. Eliade, op. cit.
(17) M. Eliade, op. cit.
(18) C. Sanford, op. cit.
(19) J. Hepburn, L’Amérique brûle, Nouvelles Frontières, 1968.
(20) L. Guillaud, op. cit., seconde partie, chap. 2.
(21) M. Cunliffe, The Littérature of the United States, Penguin Books, 1986.
(22) Cité par F. Ryssen, http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EpuAVVuuVuCFxckXHr.shtml.
(23) Cité par J. Evola, Julius Evola, Ricognizioni, uomini e problemi, Edizioni Mediterranee, 1974.
(24) P.-A. Cousteau, L’Amérique juive, Les éditions de France, 1942, chap. 3.
(25) J. Béranger, R. Rougé, Histoire des idées aux USA, P.U.F., 1981.
(26) J. Bachofen, Le Droit Maternel, recherche sur la gynécocratie de l’Antiquité dans sa nature religieuse et juridique, L’Age d’Homme, 1996.
(27) D. Royot, Histoire de la culture américaine, P.U.F., 1993.
(28) http://www.abc.net.au/science/correx/archives/aliens.htm.
(29) Par exemple : De Malynski, de Poncins, La guerre occulte, G. Beauchesne, 1936; D. Schwarz, Die Freimaurerei – Weltanschauung, Organisation undPolitik, F. Eher, 1938; J. Bertrand, C. Wacogne, La fausse éducation nationale, C.A.D., 1942; B. Faÿ, Les documents maçonniques, 1942-1944 J. Evola, Ecrits sur la franc-maçonnerie, Pardès, 1996.
(30) L. Guillaud, op. cit., troisième partie, chap. 1.
(31) B. Faÿ, La franc-maçonnerie et la révolution intellectuelle du XVIIIème siècle, Editions de Cluny, 1935.
(32) L. Guillaud, op. cit., troisième partie, chap. 1.
(33) L. Guillaud, op. cit., troisième partie, chap. 1.
(34) G. Breton, Histoires d’amour de l’histoire de France, Omnibus, 1991, tome 2.
(35) A. Kaspi, La naissance des Etats-Unis, P.U.F., 1972.
(36) « Des Mohwaks francs-maçons, Les Francs-Maçons : mortier et mysticisme », in Les sociétés secrètes, Time-Life, 1989.
(37) http://www.dailymail.co.uk/news/article-2172654/Was-Lusitania-war-crime-1-198-passengers-died-liner-sank-1915–German-torpedo-really-blame.html et http://www.dailymail.co.uk/news/article-1098904/Secret-Lusitania-Arms-challenges-Allied-claims-solely-passenger-ship.html#ixzz20cfNgVBP.
(38) M. Baigent, R. Leigh, Des templiers aux francs-maçons, Rocher, 1994.
(39) B. Vincent, Les frères fondateurs : enquête sur le rôle de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution américaine in Les oubliés de la Révolution américaine, P.U.F. de Nancy, 1990.
(40) A. Kaspi, C.-J. Bertrand, J. Heffer, La civilisation américaine, P.U.F., 1991.
(41) L. Guillaud, op. cit., troisième partie, chap. 2.
(42) P. Case, The Great Seal of the United States, Santa Barbara, Californie, J. F. Rowny Press, 1935.
(43) L. Guillaud, op. cit., troisième partie, chap. 2.
(44) J. Evola, Révolte contre le monde moderne, G. Trédaniel Editeur, 2009.
(45) R. Guénon, L’erreur spirite, Editions Traditionnelles, 1971 ; J. Evola, Masques et visages du spiritualisme contemporain, Pardès, 1996.
(46) L. Dumenil, Freemasonry and American Culture, Princeton University Press, 1984.
(47) W. Cash, Of Time and Frontiers: the Myth of “Cavalier” Confederate Leadership in Myth and Southern History, 1989.
(48) R. Rosen, The Jewish Confederates, University of South Carolina Press, 2000.
(49) P.-A. Cousteau, op. cit., chap. 2.
(50) P.-A. Cousteau, op. cit., chap. 2.
(51) J.-C. Pichon, Histoire universelle des sectes et des sociétés secrètes, Lucien Souny, 1994.
(52) P.-A. Cousteau, op. cit., chap. 5.
(53) Article du Jewish Examiner du 20 octobre 1933.
(54) P.-A. Cousteau, op. cit., chap. 5.
(55) P.-A. Cousteau, op. cit., chap. 5.
(56) R. Frank, B. Bernanke, Principles of Macroeconomics, McGraw-Hill, 2007.
(57) Bureau of Labor Statistics USA, janvier 1928.
(58) Pour des détails sur la mauvaise gestion des Etats-Unis, voir dans leur intégralité A. E. Johann, Le pays sans cœur, Les éditions du livre moderne, 1944; P.-A. Cousteau, L’Amérique juive, Les éditions de France, 1942.
(59) Rapport de l’United Press du 11 août 1941.
(60) Rapport de la conférence de la Maison Blanche en janvier 1940 ayant pour thème « Les enfants dans la démocratie ».
(61) F. Roosevelt, Discours du 5 octobre 1937.
(62) Gasteff proclamait le « super-américanisme » et Majekowski adressait son hymne collectiviste à Chicago, qu’il qualifie de « métropole électro-dynamo-mécanique » dans R. Füllöp-Miller, MachtundGeheimnis der Jesuiten. EineKultur- und Geistesgeschichte, Fourier Verlag, 1996.
(63) J. Staline, The Principles of Leninism, 1924.
(64) E. Florentin, Quand les alliées bombardaient la France, Librairie Académique Perrin, 2008.
(65) Documentaire La face cachée des libérateurs réalisé par P. Cabouat, basé sur les travaux de J. Robert Lilly, un historien américain qui a enquêté sur les exactions des soldats américains contre les populations civiles européennes au cours de la deuxième guerre mondiale.
(66) J. Bacque, Other Losses, Londres, Futura, 1989; Crimes and Mercies, Little, Brown and Company Limited, 1997.
(67) J. Evola, Révolte contre le monde moderne, G. Trédaniel Editeur, 2009.
(68) A. Tilgher, Work, what it has meant to men through the ages, Arno Press, 1977.
(69) J. Evola, L’arc et la massue, Pardès, 1995, chap. 4.
(70) J. Evola, op. cit., chap. 9.
(71) Cité à http://www.civilliberty.org.uk/newsdetail.php?newsid=1325.

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