Le monothéisme

Le monothéisme est une forme tout à fait inhabituelle de religion et c’en est une qui crée des difficultés même aux plus adroits de ses théologiens. S’il s’agit d’un théisme, son dieu doit être une personne surhumaine, consciente et accessible à ses sectateurs. Donc les religions qui posent une force impersonnelle, comme le Fatum classique, ou le Brahma impersonnel (neutre) de l’Hindou, pour puissance suprême dans l’univers n’en sont pas un, pas plus que toutes les formes de panthéisme qui considèrent que l’univers entier est une entité vivante, mais inconsciente, qui ne peut pas être qualifié de dieu. Et si le monothéisme est mono, Dieu doit être effectivement suprême et donc tout-puissant, bien qu’il ne soit pas nécessairement le seul être surnaturel dans l’univers. Les hommes peuvent difficilement imaginer un dieu ermite, si bien que le monothéisme, pour être viable, suppose un Dieu qui soit vraiment un maître absolu, mais qui ait son cortège de collaborateurs, de compagnons et de serviteurs qui lui obéissent et exécutent ses ordres. Mais il doit être suprême : tous les autres dieux doivent être considérés comme ses agents et aucun autre dieu ne peut être représenté comme son rival et ennemi. C’est là, évidemment, ce qui rend impossible de considérer le christianisme comme une religion monothéiste, du moins pendant la plus grande partie de son histoire et tel qu’il est décrit dans le Livre Saint, qui flanque le Dieu chrétien d’un dieu rival (Satan) et pose que les deux dieux s’affrontent pour la suprématie, même si l’un deux doit finir par triompher. En fait, ces dernières années, les membres du clergé de la plupart des sectes chrétiennes se sont ligués pour tuer le diable, afin de faire de leur religion un monothéisme, de sorte qu’un éminent théologien catholique, le Père Jacques Turmel, s’est plaint, dans l’ouvrage qu’il a publié en traduction anglaise sous le pseudonyme de Louis Coulanges : « Satan … est maintenant comme le Fils de l’homme, dont l’Évangile nous dit qu’il n’avait reposé sa tête sur aucune épaule. » Mais tant que le christianisme posait l’existence d’un dieu et d’un anti-dieu, c’était un dithéisme – et encore dans la seule hypothèse où son dieu tripartite n’en formait qu’un seul et que l’anti-dieu était le souverain de tous les autres dieux, comme Jupiter, Apollon, Vénus et Dionysos, un point sur lequel certains des premiers Pères de l’Eglise n’étaient pas d’accord.
L’invention du monothéisme est généralement attribuée à Akhenaton (Akh-en-Aton), un roi difforme et à demi fou, qui gouverna (et faillit ruiner) l’Égypte de 1354 à 1369 avant J.-C. et qui ne peut pas avoir été digne de sa charmante épouse, Nefertiti qu’il se mit à haïr tellement qu’il fit effacer son nom des monuments qui les représentaient tous les deux. Ses portraits, qui le représentent avec un ventre proéminent et des hanches larges qui contrastent pitoyablement avec un corps et des membres frêles, montrent qu’il était atteint d’une maladie ou de malformation. C’était un bâtard. Sa grand-mère était une princesse aryenne blonde, peut-être nordique, dont le crâne et les cheveux attestent la race. Les traits du père laissent penser qu’il pouvait avoir un ancêtre sémite, la race de sa mère, au visage rond, est incertaine : c’était peut-être une octoronne, voire une quarteronne ; et ses lèvres épaisses sont la marque visible d’un sang noir, tandis que la forme étrange de sa mâchoire témoigne de chocs entre des gènes incompatibles. Un esprit si divisé contre lui-même génétiquement devait correspondre à la difformité de son corps. Il ne fait aucun doute qu’il vénérait Aton, le disque solaire, comme dieu suprême et il faut reconnaître que l’héliolâtrie est un monothéisme fort rationnel, puisque le soleil est évidemment la source de toute vie sur terre. La question de savoir si le roi admettait l’existence d’autres dieux, subordonnés, divise les égyptologues, mais ne remet pas en cause, comme nous l’avons indiqué ci-dessus, sa prétention d’être le premier monothéiste. Il n’est pas aussi certain que cette innovation religieuse soit due à son père, Amenhotep III, avec qui il régna peut-être conjointement pendant quelques années.
La religion d’Akhenaton, pour laquelle il bouleversa l’Egypte et renonça à son empire, ne doit pas avoir été bien connue des Aryens qui vivaient alors en Crète et dans la région de Mycènes, mais rien n’indique qu’ils aient été impressionnés par son monothéisme. Certains ont conjecturé qu’une tradition relative à Akhenaton est peut-être parvenue aux Juifs, qui, cependant, ne développeront des tendances monothéistes qu’un millénaire plus tard, inspirés en cela par des modèles très différents.
Le premier Aryen considéré comme monothéiste fut Xénophane (570 – 470). Il rejeta certainement les dieux anthropomorphes du polythéisme et affirma l’existence d’un seul dieu, certes sphérique, parce que c’est une forme parfaite, éternelle et immuable, mais qui était aussi une sphère infinie et identique à l’univers. L’univers était-il conscient et les hommes, dont Xénophane pensait qu’ils étaient les produits d’une sorte de réaction chimique entre la terre et l’eau, pouvaient-ils prier l’être gigantesque dont ils formaient une infime partie ? Il n’existe aucune preuve que Xénophane le pensait et je ne vois pas comment on peut imaginer qu’un homme pourrait attirer l’attention de l’univers. Même en supposant que Xénophane concevait l’univers comme un être vivant (qui, bien sûr, n’est pas immuable), est-il imaginable qu’une cellule de notre corps nous prie ? A mon avis, ce qui a été appelé « le seul vrai monothéisme qui ait jamais existé dans le monde » était, à proprement parler, un athéisme. S’il n’est aucun dieu auquel les hommes peuvent demander d’intervenir dans les affaires humaines, c’est tout simplement un abus de langage d’appeler une force impersonnelle inexorable « dieu ». Xénophane fut certainement l’un des grands hommes dont notre race peut légitimement être fière, mais je ne vois pas comment on peut le qualifier de monothéiste, même s’il est possible qu’il ait contribué plus tard à faire accepter le monothéisme aux Grecs.
La propagation du stoïcisme dans le monde gréco-romain est l’un des phénomènes les plus remarquables de l’histoire. Beaucoup ont fait observer qu’il est paradoxal qu’un Sémite, un marchand phénicien dans le commerce d’exportation, qui, en voyage d’affaires à Athènes, y assista à des conférences d’un philosophe cynique et qui parlait mal le Grec, allât jusqu’à prétendre être un philosophe à part entière et, bien qu’il fût étranger par les traits et par la langue, fît de nombreux adeptes parmi les Grecs (1). Encore plus paradoxal est que ce qui a inspiré la doctrine subversive et les foyers d’agitation révolutionnaire dans lesquels Robert von Pöhlmann a reconnu un ancien communisme devînt la philosophie des Romains les plus conservateurs. Le premier paradoxe peut s’expliquer par le fait que, lorsque Zénon se rendit à Athènes dans la seconde moitié du IVe siècle avant J.-C., la Grèce traversait une crise économique interminable et était culturellement démoralisée ; un grand nombre de citoyens subissaient la même fascination morbide de l’exotisme que celle qui pousse nos contemporains à mettre les Russes « mélancoliques » et les swamis hindous sur un piédestal. Quant au deuxième paradoxe, les successeurs de Zénon modifièrent tellement sa doctrine que Panaétius, un Grec de Rhodes, réussit à rendre cette philosophie attrayante pour l’esprit romain (2).
Le stoïcisme fut pendant plusieurs siècles la philosophie dominante des esprits cultivés dans le monde gréco-romain, pour quatre raisons principales.
1. Il affirmait être exclusivement fondé sur l’observation des réalités du monde physique, « suivre la nature » et rejeter toutes les superstitions sur le surnaturel. Cet argument était renforcé par les études de phénomènes naturels, comme les causes des marées, entreprises par quelques-uns des principaux stoïciens.
2. Il affirmait être strictement fondé sur la raison, inaccessible au mysticisme religieux et cet argument était conforté par un système très élaboré de logique et de dialectique qui permettait de déduire infailliblement toute proposition des phénomènes observés et de fournir des certitudes absolues et de satisfaire des esprits qui ne pouvaient pas se contenter d’un haut degré de probabilité, qui est tout ce que les limites épistémologiques nous permettent d’atteindre .
3. Il entretenait la stabilité sociale en garantissant l’essentiel du code de la morale généralement admise et en stigmatisant les dérogations à ce code comme irrationnelles et contre nature.
4. Plus important encore pour l’esprit romain, le stoïcisme (révisé par Panetius) était la seule philosophie qui encourageait les hommes et même les enjoignait à prendre une part active à la vie politique et à se dévouer au service de l’Etat et de la nation. Le patriotisme et la moralité, qui font les grands hommes d’État et les grands généraux, étaient décriés par d’autres systèmes philosophiques, en particulier le cyrénaïque, le cynique et l’épicurien et pratiquement ignorés par la Nouvelle Académie, qui anticipait la méthodologie de la science moderne et représentait le sommet intellectuel de la civilisation gréco-romaine, mais exigeait un rationalisme et une froide objectivité dont seuls les meilleurs esprits sont capables.
Tous ceux qui ont lu le De natura deorum de Cicéron se rappellent qu’ils furent pris par surprise, quand Cicéron, dans le tout dernier paragraphe, se prononce en faveur du point de vue stoïcien, bien que Cicéron fût lui-même membre de la Nouvelle Académie et que, en outre, il ne pouvait pas manquer de voir quel était celui des arguments qu’il avait repris qui était le plus raisonnable. Dans la dernière phrase, l’homme d’Etat impose silence au philosophe en invoquant la raison d’Etat.
Le stoïcisme, qui fut adopté par la plupart des hommes instruits et influents jusqu’à l’époque de Marc-Aurèle et du crépuscule de la raison humaine, était une philosophie, pas une religion : il n’avait pas de mystères, pas de révélations, pas d’évangiles, pas de temples, pas de prêtres, pas de rituels, pas de cérémonies, pas de culte. Néanmoins, cette doctrine éminemment « respectable », qui influença profondément les masses, était un monothéisme.
Les stoïciens affirmaient que l’univers (qui, on s’en souvient, était pour eux la terre et ses dépendances, le soleil, la lune et les étoiles qui tournaient autour d’elle) était un seul organisme vivant, dont Dieu était le cerveau, l’animus mundi. Cet esprit cosmique ordonnait et contrôlait tout ce qui se passait, si bien que le destin, le lien de cause à effet (heimarmene), ne faisait qu’un avec la Providence divine (pronoia). Cet animus mundi, qu’ils appelaient généralement Zeus et que certains d’entre eux situaient dans le soleil, était conscient et avait des pensées et des desseins incompréhensibles aux hommes, qui ne pouvaient s’y conformer. Leur Zeus, qui, bien sûr, n’était pas anthropomorphe, était le dieu suprême, peut-être le seul dieu. Cependant, peu étaient prêts à refuser les compromis avec les religions répandues et en conséquence ils admettaient l’existence probable des dieux populaires comme des subordonnés de Zeus, un ordre d’êtres vivants supérieurs aux hommes et plus ou moins anthropomorphes, qui faisaient partie du plan divin. En conséquence, ils interprétaient les croyances et les mythes populaires comme des allégories, en jouant sur les mots et en manipulant les idées avec une ingéniosité sophistique qui faisait d’eux des théologiens hors pair. Après avoir fait cette concession aux cultes d’Etat et aux superstitions populaires, les stoïciens insistent qu’un homme sage perçoit que les différents dieux qui semblent réels au peuple sont tous en fait des aspects de l’animus mundi et qu’il n’y a vraiment qu’un seul Dieu.
Cléanthe, le disciple et successeur de Zénon à Athènes, est surtout connu pour la prière éloquente, communément appelé hymne, adressée à un Dieu unique, qui commence ainsi : « Conduisez-moi, Zeus et toi Destinée. » Après avoir parlé de la majesté de l’esprit universel, il assure Zeus qu’il ira volontiers partout où le dieu le conduira, mais ajoute que, s’il ne voulait pas le conduire, cela ne ferait aucune différence, car il serait obligé de le suivre. Evidemment, il s’agit simplement de la phrase souvent citée de Sénèque, Ducunt volentem fata, nolentem trahunt, par laquelle, par ailleurs, Spengler conclut de manière appropriée son Untergang des Abendlandes. Il n’y a là rien que de très cohérent, puisque nous reconnaissons dans le fata le lien inexorable de cause à effet dans le monde réel. En revanche, nous sommes quelque peu surpris de constater que cette prière est adressée à un dieu – qui sans doute peut l’entendre – et qu’on nous assure ensuite que la Divine Providence a fixé l’ordre des événements d’une manière si invariable que ce qui doit arriver arrivera de toute manière. Un homme sensé demandera immédiatement pourquoi il faut prier, si la prière n’a aucune importance.
Les stoïciens ont une réponse. Le bien et le mal, la douleur et le plaisir, ne sont que dans la tête et ce qui fait la différence est votre attitude à l’égard des événements : il serait aberrant aussi bien que futile de s’opposer au plan divin, quoi qu’il vous ordonne. Tout ce qui compte pour vous est de conserver votre intégrité morale et, aussi longtemps que vous le faites, les événements n’ont aucun pouvoir sur vous. Ils insistent même sur le fait que le sage, conscient de son intégrité morale, serait parfaitement heureux, même s’il était plongé dans l’huile bouillante. Pour autant que je sache, cette proposition n’a jamais été soumise à un examen empirique, bien que les hommes intelligents aient souvent dû penser que c’aurait été une expérience intéressante de mettre Chrysippe ou un autre éminent stoïcien dans le pot afin de vérifier si l’huile bouillante aurait modifié son opinion.
Les stoïciens affirmaient que, comme tout est « conforme à la nature », c’est-à-dire à la Providence, le mal ou l’injustice n’existe pas. Pour soutenir ce paradoxe, ils durent concevoir divers arguments, généralement emballés dans une longue séquence de propositions apparemment logiques, assaisonnées de définitions infiniment complexes, dont certaines étaient de simples ruses verbales qui passaient inaperçues dans leurs harangues. La proposition la plus plausible était que ce qui nous semble injuste ou mauvais n’est qu’une partie d’un tout que nous ne pouvons pas comprendre. Pour la simplifier par une analogie, les poumons ou le foie ont beau être repoussants en eux-mêmes, même une belle femme en est dotée. Les stoïciens construisirent ainsi une théodicée qui les satisfaisait. Naturellement, ces intellectuels s’évertuaient à excogiter des arguments qui sapaient le bon sens.
Ce que nous avons dit suffit pour montrer comment les stoïciens firent du monothéisme une croyance éminemment « respectable ». Il devint la marque distinctive des grands cerveaux.
Le professeur Gilbert Murray a fait une observation des plus juste dans son célèbre Five Stages of Greek Religion. Après avoir rapporté l’anecdote selon laquelle un Grec impressionnable qui avait assisté à des cours d’Aristotéliciens, puis à des cours de stoïciens, déclara qu’il y avait la même différence entre les deux qu’entre les hommes et les dieux, Murray constate : « les Grecs laissaient place aux Sémites, la philosophie à la religion. » Il est vrai que nous savons que Zénon et quelques autres stoïciens étaient des Sémites et nous pensons que quelques autres étaient peut-être des hybrides provenant du croisement de Grecs et d’individus d’un des innombrables peuples de l’Asie Mineure que les conquêtes d’Alexandre avaient hellénisés, mais le fait est que leur doctrine attira des Aryens (il n’y a aucune raison de penser que Panétios ne fût pas de notre race) et fut accepté sans défiance par la grande majorité des Grecs et des Romains des classes instruites. Il en acquit ainsi du prestige.
En outre, le stoïcisme n’était pas seulement une idéologie étrangère aux Aryens crédules à qui elle avait été imposée. Il contenait des éléments conformes à notre psyché raciale. Le professeur Günther observa que les Aryens « ont toujours eu tendance à considérer le destin comme supérieur à la puissance des dieux » et mentionna la croyance en un moros, un Fatum, un Wyrd impersonnel, inexorable, dont nous avons parlé ci-dessus. L’animus mundi des stoïciens s’en rapprochait, avec son immuable Providence. Les Aryens acceptent la réalité du monde visible et tangible de la nature et rejettent instinctivement la putride haine sémite de ce monde. « Jamais », dit Günther, « les Indo-Européens [= Aryens] n’imaginèrent qu’ils deviendraient plus religieux, lorsqu’ils remplacèrent leur ici-bas par un au-delà et que cet ici-bas fut rabaissé à n’être qu’un lieu de douleur, de persécution et de Salut ». Là encore, la croyance stoïcienne que ce monde est le seul qui existe et que tout ce qui arrive est « conforme à la nature » s’accordait à la mentalité de notre race. Loin que la croyance aryenne à un lien inaltérable de cause à effet conduise au fatalisme passif et servile, kismet, de l’Islam, le destin est au contraire une réalité que l’Aryen accepte courageusement : « Le fait d’être lié au destin s’est avéré être dès le début la source de son existence spirituelle » Ainsi l’Aryen sain « ne souhaite même pas être racheté de la tension d’une vie qui, pour lui, est liée au destin » et Günther cite Schopenhauer : « Ce qu’il nous faut, ce n’est pas une vie heureuse, mais une vie héroïque. » L’idéal aryen, continue Günther, est le héros qui « comprend noblement que le sort qui l’attend est son destin, l’affronte avec droiture et est donc fidèle à lui-même. » De manière similaire, le stoïcisme affirme qu’il n’est rien de plus précieux que l’intégrité morale. Ce fatalisme peut sembler passif, mais le stoïcisme fut dans la pratique la croyance de Caton d’Utique et bien d’autres aristocrates romains qui vécurent fièrement et moururent héroïquement, obéissant au destin avec sa résolution inébranlable.
Le stoïcisme fut fondé et, dans une mesure considérable, promu par des Sémites, même s’il comprenait, par hasard ou à dessein, beaucoup d’éléments conformes à l’esprit et à la mentalité aryenne, c’était une philosophie hybride, bâtarde, car elle contenait aussi beaucoup d’éléments sémitiques et étrangers à notre race. Comme l’a fait remarquer Gilbert Murray, il y avait un fanatisme latent dans sa religiosité et il prétendait offrir une sorte de salut à une humanité malheureuse ; malgré son appel ostentatoire à la nature et à la raison, c’était une sorte d’évangélisme, « dont la profession éblouissait la raison ».
Il prétendait déduire de la biologie une ascèse qui était en fait fondamentalement inhumaine et donc irrationnelle ; par exemple, il limitait les rapports sexuels à la reproduction. Bien qu’elle fût la croyance de héros, il est clair qu’il y avait quelque chose de malade et de déformé dans cette philosophie.
Qui plus est, le stoïcisme fut une catastrophe intellectuelle. Il charriait le cosmopolitisme délétère qui parle d’ « un seul monde » et imagine que la Divine Providence a intégré tous les êtres humains dans le Plan Divin, afin qu’il n’y ait pas de différences raciales, mais seulement des différences dans l’éducation et la compréhension de la vérité des stoïciens. C’est pourquoi il arrive souvent que nous ne connaissions pas la race d’un individu qui avait appris à bien parler et écrire le grec (ou le latin) et avait reçu, ou avait pris, un nom grec. Nos sources d’information furent si stupéfiées par le verbiage insipide de la Confrérie de l’Homme qu’ils en oublièrent de faire preuve de discrimination.
Le Professeur Murray a raison de dire que le stoïcisme est essentiellement une religion, mais il était recouvert de tant de couches de discours spécieusement logique et précis et il fallait déployer tant d’efforts intellectuels pour comprendre ses complexités qu’il fut considéré comme une philosophie. Et je pense que nous pouvons l’accepter comme tel sur la base d’un critère : il n’avait pas de rituels ou de cérémonies et il n’avait pas de prêtres. C’est un point important sur lequel nous revendrons plus tard.

Revilo P. Oliver, « The Origins of Christianity », Historical Review Press, chap. III, 2001, traduit de l’américain par B.K.

(1) Il n’y là rien de particulièrement paradoxal, puisque, comme il a été montré à https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2013/10/01/la-liberte-un-concept-desclaves-2/, d’une part la philosophie, dans la Grèce antique, était essentiellement un produit d’importation, dont la propagation dans l’Attique fut d’autant plus rapide que le Grec de l’époque était déjà fortement métissé et, d’autre part la plupart des philosophes étaient ou des métèques ou des Sémites. F. Sayre, dans The Greek Cynics, rappelle que le premier public des stoïciens à Athènes était composé uniquement de Sémites.[note de l’éditeur.]
(2) Je n’ai pas besoin de dire que je fais des généralisations, que j’estime valides, au sujet d’une doctrine qui avait déjà une histoire longue et compliquée et fut représentée par un grand nombre d’ écrivains et d’enseignants, dont les divers changements qu’ils apportèrent à la doctrine donnèrent lieu, bien sûr, à d’interminables controverses. L’étude la plus systématique et complète du stoïcisme est en allemand : Max Pohlem, Die Stoa (Göttingen, 2 vol., 1948). Le petit livre sans prétention du professeur Edwyn Bevan, Stoics and Sceptics (Londres, 1913) est agréable et profitable à lire.

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