Le mélange racial dans l’islam (1)

Historien, anthropologue, romancier et journaliste jamaïcain, Joel A. Rogers (1883 – 1966) est considéré comme le père de l’afrocentrisme. Spécialiste de l’histoire des noirs, on lui doit les premiers travaux sur la présence négroïde sur le continent européen de l’antiquité au XVIIIe siècle et sur la contribution des noirs au développement de la civilisation dite « occidentale » moderne, deux sujets tabous qui, en dépit d’un antiracisme qui, sans surprise, l’amène à assimiler la conscience raciale à un « préjugé », lui ont valu d’être ignoré par un milieu universitaire chargé d’entretenir le dogme de l’origine intellectuelle blanche de la civilisation moderne et le mythe du rôle déterminant, voire exclusif, de l’Homme blanc dans la formation de cette monstruosité. Au contraire, les recherches de cet auteur font partie des rarissimes travaux antiracistes qui gagnent à être étudiés par ceux qui ont une conscience raciale, car, a contrario, ils confortent ceux-ci dans leur analyse géostratégique raciale du monde contemporain, dans leur certitude que seule l’adoption du point de vue racial dans l’analyse des bouleversements actuels permet de les comprendre exactement.
Le texte que nous présentons ci-dessous jette la lumière, a contrario et involontairement, sur l’une des raisons essentielles pour lesquelles la racaille d’en haut, fanatique propagatrice du métissage et elle-même métissée, a commencé à remettre à la mode l’islam chez la canaille d’en bas, à partir de la fin des années 1970. Comme tous les projets universalistes, l’islam naît d’un melting-pot et tend naturellement à élargir autant que possible le melting-pot, à mesure qu’il s’étend.

Une des caractéristiques principales de l’islam à travers les siècles a été son indifférence presque totale à l’égard de la race et de la classe ; la possibilité qu’il a donné à tout disciple capable et ambitieux de se hisser au rang le plus élevé possible, indépendamment de sa couleur ou de son statut social. Des esclaves sont devenus sultans, des femmes esclaves favorites du dirigeant et mères d’héritiers au trône. À certains moments, l’esclave lui-même a détenu un grand pouvoir et a été craint par des hommes libres riches et puissants.
Le christianisme, qui était aussi une religion orientale, eut la même attitude à ses débuts. « Dieu, dit saint Paul, a fait tous les hommes d’un même sang ». Les distinctions raciales étaient inconnues du christianisme primitif. Les premiers grands dirigeants du christianisme, à côté de Saint-Paul, étaient tous nés dans certaines parties de l’Afrique où la souche noire était abondante dans la population et étaient très probablement eux-mêmes des noirs. Cela est vrai de saint Augustin, Tertullien, Origène, Cyprien et Clément d’Alexandrie. Tertullien et saint Athanase (296-373), étaient certainement des noirs.

Qui était Mahomet ?

Mahomet, le fondateur de l’Islam, était-il un Arabe ? Qu’est-ce qu’un Arabe ?

L’Encyclopédie Britannica (11ème édition) dit des habitants actuels de l’Arabie : « L’Arabie a une population noire libre très importante et, là encore, par des mariages avec les blancs des régions avoisinantes, elle a rempli le pays d’une race mulâtre de toutes les nuances, tant et si bien que, dans l’Est et les provinces du sud en particulier, la peau blanche est presque une exception. » En Arabie, aucun préjugé n’existe contre les alliances avec des noirs ; aucune ligne sociale ou politique ne sépare l’Africain de l’Arabe. .
Il y a tout lieu de croire que la photo ci-dessus représente l’Arabe tel qu’il est depuis plusieurs milliers d’années. L’Arabie n’est qu’une extension de l’Afrique, où la population noire du sud-ouest et des blancs, ou des personnes presque blanches, du nord-ouest, se sont rencontrés et ont mêlé leur culture et leur sang.
Mahomet lui-même, selon tous les témoignages, était noir. Un de ses contemporains le décrit comme ayant « une bouche large » « de couleur bleuâtre », « des cheveux (…) ni raides, ni bouclés », c’est-à-dire des cheveux qui étaient probablement crépus. « Il se trouve que certains indigènes aux traits fortement négroïdes du Soudan ont précisément une peau bleuâtre. La mère de Mahomet était africaine. Son grand-père, Abd al Muttalib, avait la peau « très sombre ». Il aurait pu être un esclave, « Abd » ou « Aabd » signifiait à l’origine « esclave ». Par conséquent, lorsque Dermengham (1b) dit que la souche nègre « semblait à peine perceptible » chez Mohamed, il a évidemment tort.=
La plupart des premiers disciples de Mahomet étaient des esclaves noirs. Son deuxième converti et ami le plus proche et le plus estimé jusqu’à sa mort fut Bilal, un ancien esclave éthiopien. Mahomet avait tant de considération pour Bilal qu’il lui confia qu’il avait « entendu le bruit de [ses] sandales devant [lui] au Paradis. Mahomet adopta également comme son propre fils un autre Noir, Zayd Ibn Harithat, son troisième converti, qui devint l’un de ses plus grands généraux (2). Plus tard, pour montrer son respect pour Zayd, il prit comme femme l’une de celles de Zayd, la belle Zainab… Une des premières injonctions de Mahomet fut la suivante : « Et parmi ses signes (les signes de Dieu), il y a aussi la Création des cieux et de la Terre, la diversité de vos couleurs et de vos langues. » (Coran, XXX, 21).
L’Arabie, à l’époque de Mahomet, était, comme elle l’est encore aujourd’hui, une terre de mulâtres. Ces mulâtres se considéraient comme supérieurs à la fois aux blancs et aux noirs. Cette caractéristique n’était pas propre aux mulâtres d’Arabie et elle n’appartient nullement au passé. Certaines anciennes familles mulâtresses des Antilles, de l’Afrique de l’Ouest et l’Éthiopie se sentent toujours supérieures aux blancs et aux noirs. L’Arabe considérait ceux qui avaient la peau blanche comme inférieurs, peut-être vaudrait-il mieux dire qu’il avait une certaine répulsion pour la peau blanche, comme c’est le cas aujourd’hui dans pratiquement toute l’Afrique et l’Asie du Sud. Gobineau dit que Mahomet « était naturellement trop favorisé pour montrer une peau blanche à ses disciples » (3). Le professeur Toynbee dit aussi : « Les Arabes, élément dirigeant du califat des Omeyyades, s’appelaient « le peuple gens basané » avec une connotation raciale de supériorité et leurs sujets perses et turcs « le peuple roux » avec une connotation d’infériorité raciale… » Ce sentiment de supériorité de la part de métis était probablement renforcé par la culture très peu développée des pays nordiques de l’époque (4).
Les Zenghs, ou Zends, des indigènes d’Afrique à la peau très noire qui furent importés en grand nombre comme esclaves dans les pays arabes, étaient également méprisés, probablement pour la même raison. Un ouvrage d’al-Jahiz, un écrivain noir que
Christopher Dawson appelle « le plus grand érudit et styliste du neuvième siècle » (5) ne laisse guère de doute là-dessus. Ce livre est intitulé Wa al Kitab Soudan l- Bidan, ou « La supériorité en dignité de la race noire sur la race blanche », un titre qui parle de lui-même. Par « race blanche » il ne faut pas entendre ici les blancs à la peau claire, mais les blancs à la peau foncée et les mulâtres.
Dans certaines régions de l’Est, comme en Ethiopie, le blanc à la peau claire est appelé « l’homme roux ». En outre, Jahiz, dans son essai, inclut les Indiens parmi les noirs.
Un autre écrivain de cette époque, al-Mas’ûdî, a beaucoup écrit sur ces noirs (6).
Ils étaient si mal traités par leurs maîtres, dont certains étaient eux-mêmes des noirs, qu’ils fomentèrent ce qui fut sans doute la plus grande révolte d’esclaves dans l’histoire, plus importante même que celle d’Haïti. Sous la conduite de leur chef Al Burkhui (Le prophète voilé), ils s’emparèrent de Bagdad, la capitale de l’empire le plus puissant dans le monde à l’époque et l’occupèrent pendant treize ans (870 – 883).
Les Zenghs tuèrent plus d’un demi-million de leurs oppresseurs, un chiffre énorme pour cette époque. Ils décapitaient leurs maîtres et jetaient leur tête dans les canaux du Tigre, la laissant dériver jusqu’à des parents inquiets qui attendaient en aval de voir à qui ce serait le tour (7).
Plusieurs passages de la littérature arabe révèlent aussi un certain préjugé contre les noirs non métissés. Dans le grand classique de la littérature érotique arabe, Er Roud el aater fi nezaha el khater (Le jardin parfumé), les remarques du Calife sur les prouesses sexuelles du noir Al Durgham dont il est témoin et l’enquête minutieuse qu’il mène pour découvrir la cause de ses pouvoirs laissent peu de doute à ce sujet (8).
En outre, le poète An-Nami, des cheveux gris duquel une personne se moquait en lui disant qu’il ne lui restait plus qu’un seul cheveu noir, lui répondit : « Une épouse africaine noire ne restera pas longtemps dans une maison où la seconde épouse est blanche. » (Notez que « blanc », dans l’Orient, comme au Brésil, est parfois synonyme de « mulâtre »).
Abou Ishak, un poète qui a beaucoup écrit en faveur de son esclave noir Youmn, dit aussi : « Youmn à la peau foncée dit à une personne dont la couleur égalait la blanc de l’œil, « Pourquoi votre visage se vante-t-il de son teint clair ? Pensez-vous qu’une teinte si claire le rende plus digne ? Un grain de beauté de ma couleur l’embellirait, mais une trace de blanc sur ma joue la défigurerait » (9).
Deux des plus grands de tous les dirigeants orientaux, Antar et Kafur, souffrirent, dans un premier temps, de préjugés raciaux. Antar, fils d’un esclave éthiopien, fut d’abord méprisé par les Bédouins, eux-mêmes négroïdes, en raison de sa négritude. Kafur, « un noir à la peau douce, brillante et très foncée » qui, esclave originaire du Soudan, devint plus tard souverain de l’Egypte et de la Syrie, avait d’abord été raillé par ses compagnons d’esclavage et appelé « la lune des ténèbres » par le célèbre poète al-Mutanabbi (10).
L’expression « noire mais belle » montre également une certaine opposition au noir. Ce sentiment existe toujours dans une certaine mesure dans l’Orient. Je me souviens avoir vu une fois au Caire un homme très noir aux cheveux courts crépus, mais avec un profil presque grec. Comme ce type racial m’était inconnu, j’ai demandé à mon compagnon, un Bédouin, au moins aux trois quarts noir lui-même, si l’homme était un Égyptien. « Non, répondit-il, c’est ce que les Égyptiens appellent un bougnoule. » Il m’a dit que son père avait des gens comme lui comme esclaves, mais a ajouté rapidement qu’ils étaient très bien traités.
Ce préjugé contre les blancs non métissés et les noirs non métissés a longtemps existé dans l’Éthiopie aussi (11).
Le comte Gleichen a fait observer justement que les Éthiopiens « détestent l’homme blanc » et font tout pour qu’il reste hors de leur pays. Les Amharas, qui, en général, ressemblent plus aux Noirs qu’à la plupart des Afro-Américains, méprisent les Chankalas, un peuple noir archaïque. Un bon nombre de grands Éthiopiens sont d’origine Chankala. Il en fut ainsi du grand empereur Ménélik, dont la peau était aussi noire que le charbon. Sa mère, Edgig-aiehou, était une esclave Chankala. En Égypte aussi, des Noirs à la peau foncée, certains d’entre eux arborant même leurs signes tribaux, occupent un rang élevé dans l’armée égyptienne. Le chambellan de feu le roi Fouad était un noir, Sammi Bey, tandis que le Premier ministre, Nahas Pacha, était un mulâtre. En bref, le préjugé contre les personnes de couleur dans l’Orient ne s’explique pas de la même façon qu’aux aux États-Unis. Il est d’ordre culturel plutôt que d’ordre racial. Il fait penser au préjugé que les nègres du Nord ont pour la plupart de ceux du Sud aux États-Unis.
La couleur n’a jamais été un obstacle sérieux dans les pays musulmans, ni dans l’Orient. Plusieurs des dirigeants de l’Empire musulman au sommet de sa gloire ne furent pas seulement des mulâtres, mais des noirs. Un d’entre eux était Ibrahim al-Mahdi (le chanteur le plus célèbre de l’islam) et le demi-frère de Haroun al–Rachid, le calife des Mille et Une Nuits. Ibrahim se qualifie lui-même de « nègre » dans son autobiographie.
Son oncle et rival au trône, Mamoun le Grand, se qualifie lui aussi de « nègre ». La mère d’Ibrahim était la fille d’un roi de Perse. Ibn Khallikan, historien arabe du XIIIe siècle, dit de Ibrahim que, « Etant d’un teint foncé qu’il avait hérité de sa mère, Shikla ou Shakla, une négresse, il reçut le nom de Al-Thinnin – le Dragon (en raison de sa taille et de la noirceur de sa peau). Il fut proclamé calife à Bagdad sous le titre d’Al Moubarak (Le Saint) » (12). Au moins deux des autres califes, al-Muktafi et Rachid, eurent une mère noire, d’après Suyuti.
Le renommé Kafur, souverain de l’Egypte, était un esclave nègre lippu de naissance chankala ; Haroun al-Rachid fit de Khusabeb, un autre ancien esclave noir, le maître de l’Egypte (13). Mahmud de Ghazni, le plus grand des conquérants musulmans, était le fils d’un esclave.
Les Mamelouks, dont certains étaient des esclaves blancs du Caucase et d’autres des esclaves noirs du Soudan, dirigèrent l’Egypte pendant trois siècles (1250-1517) et avaient toujours beaucoup de pouvoir, lorsque Napoléon envahit l’Égypte. L’Inde musulmane aussi eut beaucoup de grands dirigeants d’origine noire, dont Malik Ambar (14), – un ancien esclave, qui devint Premier Ministre du sultanat d’Ahmadnagar – et Malik Andeel, un autre ancien esclave, sultan du Bengale (15).
Les nababs, grands princes musulmans de l’Inde, étaient de souche éthiopienne (16). Ils furent extrêmement puissants jusqu’au début du XIXe siècle.

Le noir au premier rang pour ses aptitudes sexuelles

En ce qui concerne les relations sexuelles, les noirs n’étaient pas ostracisés non plus. Les noirs, dont certains étaient des eunuques, avaient parfois de grands harems avec des femmes de races diverses. L’un de ceux-ci, Sunbullu (la jacinthe noire), fit cadeau d’une de ses femmes blanches au sultan. En matière d’aptitudes sexuelles, qui sont fort admirées dans le monde arabe, l’Arabe donna la première place au noir et le fit apparemment sans malice aucune.
Dans l’orgie sexuelle décrite dans L’Histoire de Zohra dans Le Jardin Parfumé, l’honneur d’ouvrir les hostilités est accordé à Mimoun, un Noir qui, seul, pouvait satisfaire la nymphomane Mouna. Mimoun se surpasse, moyennant quoi la princesse Zohra accorde ses faveurs à son maître et il peut se marier à Mouna (17).
Dans les contes arabes aussi les noirs sont généralement réservés aux « reines et aux femmes de haut rang. Dans le classique de la littérature érotique mentionné ci-dessus de Cheikh Nafzawi se trouve l’Histoire du noir al-Durgham et de la belle al-Budoor, dans laquelle certaines des plus grandes femmes de l’empire, comme celles du Premier ministre, du secrétaire d’Etat, du trésorier de l’Etat et la propre fille du calife se rencontrent, dans des scènes de splendeur orientale, pour profiter des étreintes sexuelles de vigoureux noirs. Al Durgham avait des femmes « que même le roi n’avait pas dans son palais ». En fait, les noirs, dans les harems, étaient surchargés de travail sous tous les rapports. Comme al-Durgham l’a chanté,

« Nous , les noirs , sommes comblés par les femmes
Nous ne craignons pas leurs ruses, aussi subtiles qu’elles soient. »

Sir Richard Burton, dans une traduction anglaise de cet ouvrage, déclare que ces scènes n’ont rien de singulier. Il ajoute : « la société cairote des années 1860 s’empressa d’étouffer un grand scandale sur les prouesses sexuelles d’un Noir qui avait la charge du harem d’un pacha… il avait supplanté son propriétaire dans ses devoirs conjugaux, à la satisfaction profonde des femmes lascives du ménage. » Le pacha, paraît-il, croyait avoir acheté un eunuque noir, mais il avait été dupé par le marchand d’esclaves.
La traduction de Burton des Mille et Une Nuits contient plusieurs histoires qui sont généralement expurgées, comme L’histoire du roi Shahryar et de ses frères, L’histoire de l’eunuque Buhkayt, L’Homme de Al Yémen et ses six filles esclaves et L’histoire du prince ensorcelé. Dans la première histoire, les dames de compagnie de la reine, des femmes qui sont blanches ou presque blanches, vont dans le jardin et chacune choisit comme partenaire un homme de la même couleur qu’elles, mais la reine choisit un noir à la peau d’ébène, sur lequel elle déverse toute son affection. Mais la reine, qui « était restée seule s’écria : « Viens ici, approche-toi de moi, Oh mon seigneur Saeed » et c’est alors que s’élança de l’un des arbres un grand Noir baveux aux yeux révulsés, un spectacle vraiment abominable. Il s’avança hardiment vers elle et lui sauta au cou, alors que… » Le reste de l’histoire n’est pas à mettre entre toutes les mains.
Dans une note à la deuxième histoire, dans laquelle la fille du maître se donne à un noir, Burton déclare : « Cette familiarité avec de jeunes esclaves noirs est commun dans l’Orient et se termine souvent comme dans l’histoire. »
« De mon temps, aucun musulman indien honnête n’aurait emmené ses femmes avec lui à Zanzibar en raison des énormes tentations auxquelles elles s’exposaient sur cette île. » (Burton se réfère ici aux hommes noirs musclés qui erraient nus dans les rues) (18).

Napoléon sur le mélange racial dans l’Orient

Quand Napoléon envahit l’Égypte en 1798 et s’aperçut que les différentes races de l’humanité vivaient en harmonie en Islam, tandis que, dans la Haïti chrétienne, les blancs, les mulâtres et les noirs s’entre-tuaient, il fut tellement impressionné qu’il essaya de faire des lois pour y introduire le mélange racial. Il écrivit : « L’Asie et l’Afrique sont habitées par plusieurs couleurs d’hommes, la polygamie est le seul moyen efficace de les confondre pour que le blanc ne persécute pas le noir, ou le noir, le blanc. La polygamie les fait naître d’une même mère ou d’un même père. Le noir et le blanc étant frères, sont assis et se voient à la même table. Aussi en Orient, aucune couleur n’affecte la supériorité sur l’autre. »
« Les législateurs ont pensé que pour que les blancs ne fussent pas ennemis des noirs, les noirs des blancs, les cuivrés des uns et des autres, il fallait les faire tous membres d’une même famille, et lutter ainsi contre ce penchant de l’homme, de haïr tout ce qui n’est pas lui. Mahomet pensa que quatre femmes étaient suffisantes pour atteindre cet objectif, parce que chaque homme pouvait avoir une blanche, une noire, une cuivrée et une femme d’une autre couleur. »
« Lorsqu’on voudra, dans nos colonies, donner la liberté aux noirs, et détruire les préjugés des couleurs, il faudra que le législateur autorise la polygamie et permette d’avoir à la fois une femme blanche, une noire et une mulâtre. Dès lors les différentes couleurs faisant partie d’une même famille seront confondues dans l’opinion de chacune ; sans cela on n’obtiendra jamais de résultats. Les noirs seront ou plus nombreux ou plus habiles, et alors ils tiendront les blancs dans l’abaissement : et vice-versa. »
« Par suite de ce principe général de l’égalité des couleurs qu’a établie la polygamie, il n’y avait aucune différence entre les individus composant la maison des mamelouks. Un esclave noir qu’un bey avait acheté d’une caravane d’Afrique devenait katchef et égal au beau mamelouk blanc, originaire de Circassie ; l’on ne soupçonnât pas même qu’il put en être autrement. »
« En Orient, l’esclavage n’a jamais eu le même caractère que dans l’Occident. L’esclavage de l’Orient est celui que l’on voit dans l’écriture sainte; l’esclave hérite de son maître, il épouse sa fille. La plupart des pachas ont été esclaves; grand nombre de grands vizirs, tous les Mamelouks, Ali-Bey, Mourad-Bey, l’ont été et ont commencé par remplir les plus bas offices dans la maison de leur maître, et se sont élevés par leur mérite ou la faveur. En Occident, au contraire, l’esclave fut toujours au-dessous du domestique; il occupait le dernier rang » (19).
Bref, le noir n’a fait l’objet d’aucune discrimination fondée sur la seule couleur de peau dans aucune phase du mahométisme. L’islam est le plus grand et le plus libre de tous les grands melting-pots. Et il a porté le mélange racial dans l’ensemble du plus vaste empire que le monde ait jamais connu. Au sommet de sa puissance, l’islam s’étendait du centre de la France au sud de la Méditerranée, sur les deux rives de cette mer jusqu’au Levant et de là, vers l’Inde, la Chine et les îles du Pacifique ainsi qu’en Russie asiatique.
Les sultans dans cette vaste région étaient de toutes les couleurs, du blond au charbon noir et il y avait des femmes de toutes les couleurs dans leurs harems. L’islam a fait des prisonniers blancs des deux sexes en Europe et les a dispersés en Afrique du Nord et en Asie et, simultanément, il a dispersé des captifs noirs des deux sexes en Europe et en Asie. Avec le temps, les différences de couleur entre les musulmans en sont venues à compter aussi peu que les différentes couleurs des fleurs dans un jardin de fleurs (20).
Du sang négroïde, plus ou moins prédominant, coule dans les veines de l’ensemble des musulmans. Comme le dit Keane, « Tous ceux qui acceptèrent le Coran se mêlèrent aux vainqueurs pour former une population qui avait en commun un sang négroïde (21). »
Ce fut cet empire fondé par le noir Mahomet avec l’aide de bâtards bruns, jaunes et blancs qui fit sortir la fière Europe du sommeil de l’âge des ténèbres et jeta les bases de sa culture actuelle. La science moderne doit beaucoup aux grands chimistes, architectes, mathématiciens, médecins et scientifiques arabes.
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L’Égypte actuelle

La composition raciale de la population égyptienne aujourd’hui peut se résumer ainsi: Alexandrie et le delta sont un peu plus blanc que noir en raison de l’immigration européenne ; au Caire, il y a aussi beaucoup d’Européens, mais la population autochtone est mulâtre ; ces mulâtres ont la peau foncée ; à Thèbes, la plupart des habitants sont des mulâtres à la peau plutôt sombre, avec un fort pourcentage de noirs et, au Soudan anglo-égyptien, il y a beaucoup plus de noirs que de mulâtres et très peu de blancs, la plupart d’entre eux européens. Certains de ces noirs n’ont pas les caractéristiques générales du noir de l’Afrique de l’Ouest : leurs cheveux sont laineux. Un certain nombre de noirs à la peau de jais et aux cheveux crépus ont un profil presque grec. Une composante levantine est également visible dans une partie de la population. Bref, cette population noire est extrêmement métissée.
Les habitants du sud de la Perse sont encore pour la plupart négroïdes. Certains sont des noirs purs, comme les Bombassis. Les Susiens dans la basse vallée de l’Euphrate sont également fortement négroïdes. Dans toute cette région du Proche-Orient, la traite négrière a toujours fourni des noirs « purs » en grand nombre et des noires continuent à entrer dans les harems. Les noirs dans cette région se marient aussi à des femmes blanches.

J. A. Rogers, Sex and Race, Negro-Caucasian Mixing in All Ages and All Lands, Volume I : The Old World. New York, J. A. Rogers, 1941, extrait, trad. de l’américain par B.K.

(1a) David Samuel, Margoliouth, Mohammed, Londres, 1927, p. 63.
(1b) Emile Dermenghem, The Life of Mohamet, p. 5, Londres, 1930.
(2) Islamic Review, vol. 20, p. 220, juin-juillet 1932.
(3) A Study of History, vol. I, Londres, 1934, p. 226 ; voici la citation complète : « Les différentes races n’ont pas douté que l’auteur antique de l’espèce n’eût précisément leurs caractères. Sur ce point, sur celui-là seul, leurs traditions sont unanimes. Les blancs se sont fait un Adam et une Ève que Blumenbach aurait déclarés caucasiques ; et un livre, frivole en apparence, mais rempli d’observations justes et de faits exacts, Les Mille et Une Nuits, raconte que certains nègres donnent pour noirs Adam et sa femme ; que, ces auteurs de l’humanité ayant été créés à l’image de Dieu, Dieu est noir aussi, et les anges de même, et que le prophète de Dieu était naturellement trop favorisé pour montrer une peau blanche à ses disciples. »
(4) Intellectual Development of Europe, New York, 1863, p. 348. Les anciens nordiques n’avaient que faire de la « culture » et de ses connaissances et valeurs abstraites, dont le développement dans une société est proportionnel à l’importance qu’y a l’élément féminin, lunaire, aphrodisien.
« Quand j’entends le mot « culture », asséna justement Baldur von Shirach en 1933, reprenant la pointe de Friederich Thiemann et joignant le geste à la parole, je sors mon revolver ».
(5) The Making of Europe, p. 152. New York, 1932 ; Philip Khuri Hitti, History of the Arabs, Londres, 1937, p. 382.
(6) Al-Mas’ûdî, Les Prairies d’Or, vol. I, p. 163-67 ; vol. Ill, chap. 33, Paris, 1863.
(7) Philip Khuri Hitti, op. cit.., p. 467-68.
(8) Nefzawi, Le Jardin Parfumé. History of the Negro, pp. 44-72, Paris, 1927.
(9) Ibn Khallikan, Biographical Dictionary, (trad. MacGuckin de Slane), Vol I no 32 111. Pans, 1842-71.
(10) lbn Khallikan, Biographical Dictionary, (McGuckin de Slane), Vol II, pp 524 et seq., Paris. 1842.
(11) Job Ludolphus. A New History of Ethiopia, livre I, chap. 14, Samuel Smith, Londres, 1682.
(12) lbn Khallikan, op. cit.., vol. 1, p. 17.
(13) Saadi, Golistan, éd. Sir Edward Arnold, p. 80-1, 1899.
(14) Voir note 39.
(15) Voir note 40.
(16) Morié, Louis-J., Histoire de l’Ethiopie, Vol. II, p. 33, Paris, 1904.
(17) P. 281-297, Paris, 1927.
(18) Vol. 1, pp. 1-16, 6. 71 : Vol. II. p. 49: Vol. IV, p. 245-60, 253, 278.
(19) Mémoires, vol. III. p. 152-54, 259-76. Paris, 1904.
(20) Il convient de préciser que la population de la péninsule arabique était déjà passablement métissée, selon un auteur cité par Rogers lui-même, Margoliouth. (N.d.T.)
(21) Augustus Henry Keane, Man, Past and Present, Cambridge, 1920, p. 64.

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