Race et esprit

Nous avons dit que, dans la conception totale du racisme fasciste, la race ne se réduit pas à la simple entité biologique. L’être humain n’est pas seulement un corps, mais aussi une âme et un esprit. Cependant, jusqu’à présent, l’anthropologie scientiste soit était fondée sur une conception matérialiste de l’être humain, soit, même si elle reconnaissait la réalité de principes et de forces non matérielles chez l’homme, posait le problème racial du seul point de vue corporel.
Les idées sur les relations entre la race, le corps et l’esprit manquent aussi de clarté dans de nombreuses formes de racisme contemporain et on peut même y remarquer de dangereuses déviations, dont, évidemment, les adversaires du racisme ne manquent pas de tirer le plus grand profit. De notre point de vue, il faut donc prendre clairement position contre ce racisme qui considère toute faculté spirituelle et toute valeur humaine comme le simple effet de la race au sens biologique et réduit ainsi d’une manière consternante le supérieur à l’inférieur, plus ou moins dans le même esprit que le darwinisme et la psychanalyse. Mais, en même temps, il est nécessaire de prendre aussi position contre ceux qui, tirant profit d’un racisme qui s’en tient aux problèmes anthropologiques, génétiques et biologiques, affirment que la race existe, mais qu’elle n’a rien à voir avec les problèmes, les valeurs et les activités proprement spirituels et culturels de l’homme.
La position que nous défendons en affirmant que la race existe dans le corps aussi bien que dans l’esprit dépasse ces deux points de vue. La race est une force profonde qui se manifeste à la fois dans le domaine corporel (la race du corps) et dans le domaine animico-spirituel (la race intérieure, la race de l’esprit). La pureté raciale au sens plein existe lorsque ces deux manifestations correspondent, c’est-à-dire que la race du corps est conforme à la race de l’esprit, ou race intérieure, de telle sorte que le celle-là puisse exprimer celle-ci de la manière la plus adéquate.
L’aspect révolutionnaire de ce point de vue est évident. L’affirmation selon laquelle il existe une race de l’âme et de l’esprit contredit le mythe égalitaire et universaliste, y compris sur les plan culturel et éthique, vient à bout de la conception rationaliste de la « neutralité » des valeurs et, en un mot, affirme le principe et la valeur de la différence sur le plan spirituel comme sur le plan matériel. Une toute nouvelle méthodologie en découle. D’abord, devant une philosophie donnée, on se demandait si elle était « vraie » ou « fausse » ; devant une morale donnée, on exigeait des éclaircissements sur les notions de « bien » et de « mal ». Eh bien, du point de vue de la mentalité raciste, tout ceci est dépassé : elle n’est pas confrontée à la question de savoir ce qu’est le bien et le mal. Elle se demande pour quelle race une conception donnée peut être vraie, pour quelle race une forme donnée peut être valable et « bonne ». On pourrait en dire autant des formes juridiques, des critères esthétiques et même des systèmes de connaissance de la nature. Une « vérité », une valeur ou un critère qui peut être valable et salutaire pour une race donnée peut ne pas l’être du tout pour une autre race, mais, si elle l’adopte, peut mener à sa dénaturation et à son altération. Ce sont là les conséquences révolutionnaires qui, dans le domaine de la culture, des arts, de la pensée, de la sociologie, dérivent de la théorie des races de l’âme et de l’esprit, au-delà de celles du corps, c’est-à-dire, pour utiliser la terminologie que nous avons adoptée dans d’autres ouvrages, du racisme du second et du troisième degré, au-delà du racisme du premier degré.
Il convient cependant de préciser à la fois les limites du point de vue que nous venons d’exposer et la distinction qu’il faut faire entre la race de l’âme et la race de l’esprit. La race de l’âme concerne la forme du caractère, la sensibilité, l’inclination, le « style » d’action et de réaction et l’attitude à l’égard de ses propres expériences. Nous sommes donc dans le domaine de la psychologie et de la typologie : cette science des types est devenue ici le racisme typologique, ou typologie raciste, discipline que Clauss a appelée psycho-anthropologie. De ce point de vue, la définition de la race, comme nous l’avons dit ailleurs, est « un groupe humain défini non par la possession de telles ou telles caractères psychiques et corporels, mais par le style qui se manifeste à travers celles-ci ». Nous pouvons constater à partir de là la différence entre la conception purement psychologique et la conception raciste, qui cherche à aller plus avant. La psychologie définit et étudie certaines dispositions et certaines facultés dans l’abstrait. Certains racistes ont cherché à leur tour à répartir ces dispositions et ces facultés dans les diverses races. De son côté, le racisme du second degré ou, si vous préférez, la psycho-anthropologie procède autrement. Il affirme que toutes ces dispositions, bien que de façon différente, sont présentes dans les diverses races, mais que, dans chacune de ces races, elles revêtent une signification et une « fonctionnalité » différentes. C’est ainsi qu’il ne soutiendra pas, par exemple, qu’une race est caractérisé par l’héroïsme et qu’une autre l’est au contraire par le mercantilisme. Il y a dans toutes les races des hommes qui ont des dispositions héroïques ou mercantiles. Mais, s’il a ces dispositions, l’homme d’une race donnée les manifestera conformément à cette race et se distinguera ainsi d’un homme de race différente, qui, en exerçant ces activités et ces dispositions, suivra un « style » différent. Il y a donc différents manières, conditionnées par la race intérieure, d’être un héros, un chercheur, un marchand, un ascète, etc. Le sentiment de l’honneur, tel qu’il apparaît, par exemple, chez l’homme de race nordique, n’est pas le même que celui qui se manifeste chez l’homme de race « occidental » ou levantine. On pourrait en dire autant de la « loyauté » et ainsi de suite.
Tout ceci a donc été dit pour expliquer la signification du concept de « race de l’âme ». Le concept de « race de l’esprit » s’en distingue parce qu’il ne concerne plus les différents types de réaction de l’homme à l’égard du milieu et le contenu de l’expérience normale qu’il fait tous les jours, mais ses différentes attitudes à l’égard du monde spirituel, supra-humain et divin, tel qu’il s’exprime dans la forme propre aux systèmes spéculatifs, aux mythes et aux symboles et dans la diversité des expériences religieuse elle-même. Là encore, il existe des « invariants » ou, si vous préférez, des « dénominateurs communs », des similarités d’inspiration et d’attitude, qui renvoient à une cause interne différenciatrice, qui est précisément la « race de l’esprit ».
Il convient cependant de signaler une limite évidente au critère raciste de la « différence » et de la dépendance des valeurs à l’égard des différences de race. La dépendance est réelle et décisive, même dans le domaine des manifestations spirituelles, s’agissant des créations propres à un type « humaniste » de civilisation, c’est-à-dire d’une civilisation où l’homme s’est privé de toute possibilité d’un contact effectif avec le monde de la transcendance et a perdu toute véritable compréhension des connaissances relatives à ce monde et propres à une tradition vraiment digne de ce nom. En revanche, dans une civilisation vraiment traditionnelle, l’efficience des « races de l’esprit » ne dépasse pas un certain point, dans la mesure où elle ne concerne pas le contenu, mais uniquement les diverses formes d’expression que, chez un peuple ou chez un autre, dans un cycle de civilisation ou dans un autre, des expériences et des connaissances identiques et objectives dans leur essence ont revêtues parce qu’elles se référaient effectivement à un plan supra-humain.

Julius Evola, Eléments pour une éducation raciale , traduit de l’italien par B. K.

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