L’Arabie noire et l’origine africaine de l’islam (I)

Allah ne créa pas les hommes, il créa les noirs. Les premiers hommes étaient noirs. La ville de La Mecque fut fondée par des noirs. Parmi eux se trouvaient vingt-quatre sages. Ne s’entendant pas avec leurs congénères, ils formèrent la tribu des Shabazz, ancêtres des noirs américains. C’est dans cette tribu que naquit, il y a environ 6600 ans, un certain Yacoub, surnommé « grosse tête », en raison de sa tête exceptionnellement grosse et de son arrogance. À 18 ans, il était devenu un puits de science après avoir fréquenté toutes les universités de La Mecque. Il se mit à prêcher. A cette époque, environ 30% de la population de la Mecque n’était pas satisfaite de sa religion et de ses conditions de vie. C’est à cette partie de la population que s’adressa Yacoub. Sa prédication suscita le mécontentement des autorités et il fut exilé à Patmos – l’île grecque où, selon la Bible, Jean reçut la révélation des Évangiles – avec ses 59999 disciples. Déterminé à se venger, il conçut de créer une race agressive qui emploierait la violence et la science de la ruse pour assujettir, non seulement les Mecquois, mais l’ensemble des noirs. Ayant établi que la structure génétique de la race originelle, la race noire, contenait à la fois un élément noir et un élément brun, il parvint progressivement à créer des blancs par une certaine manipulation génétique. Au bout de six siècles, la nouvelle race, c’est-à-dire la race blanche, quitta l’île pour la Mecque, où, en six mois, elle transforma ce paradis terrestre en enfer, en conséquence de quoi les noirs l’exilèrent en Europe, où, réfugiée dans des grottes, elle revint à l’état animal. Deux mille ans plus tard, Allah envoya Moïse en Europe pour apporter la civilisation aux blancs. Malgré ses efforts, il ne parvint pas à les civiliser ; tout juste réussit-il à leur apprendre à porter des vêtements. Ce qu’ils avaient appris par eux-mêmes au cours de ces deux millénaires d’existence bestiale et que même ils savaient utiliser pleinement, c’était la technique de la ruse, grâce à laquelle ils finirent par usurper la place des noirs et les réduire à l’esclavage (voir, en particulier, http://www.africanafrican.com/folder12/african%20african%20american3/Atlantic%20slave%20trade/supremewisdom.pdf)
De telles vues, exprimées par Wallace D. Fard Muhammad, fondateur de Nation of Islam, mouvement dont le but est d’améliorer les conditions économiques, sociales, mentales et spirituelles des noirs aux États-Unis et dans le monde entier, reflètent essentiellement les désastres intérieurs que provoque le mélange des races : le père de Wallace D. Fard Muhammad était noir, sa mère, blanche.
Elijah Muhammad (de son vrai nom Elijah Poole) (1897-1975), son successeur à la tête de Nation of Islam, ne le démentit pas, en affirmant que le blanc est « le diable de Yacoub » et « la pourriture de la Terre ». Le célèbre Malcom X, porte-parole du mouvement sous Elijah Muhammad, de retour d’un pèlerinage à la Mecque, déclara que le fait d’y avoir vu des musulmans « de toutes les couleurs, des blonds aux yeux bleus aux Africains à la peau noire » interagissant en égaux l’avait amené à considérer l’islam comme un moyen de surmonter les problèmes raciaux. Comme ce n’était pas le point de vue de Nation of Islam sur l’islam, il en tira les conséquences et quitta le mouvement, pour se convertir à l’islam sunnite. En effet, Nation of Islam condamnait les mariages mixtes et le mélange des races, du moins publiquement.
Louis Farrakhan Muhammad Sr (de son vrai nom Louis Eugene Wolcott, 11 mai 1933), leader de Nation of Islam depuis le début des années 1980, a récemment remis au goût du jour les vues de Wallace D. Fard Muhammad, en assurant aux 300000 personnes abonnées à son compte « Twitter » que le virus Ebola est une « arme biologique » créée par « les blancs » (http://www.washingtontimes.com/news/2014/oct/2/rev-louis-farrakhan-calls-ebola-a-race-targeting-b/) et en profitant de l’occasion pour apporter sa modeste contribution à la propagation du mythe viral de la dépopulation. L’interdiction du métissage ne semble plus être à l’ordre du jour. Louis Farrakhan Muhammad Sr, quatre ans avant d’appeler le politicard noir musulman actuellement à la Maison Blanche, « le premier Président juif », jugeait que, « certes, il n’est pas le Messie, mais il vous donne toujours l’impression de vouloir unir les races, les ethnies, les idéologies, les religions et donne aux gens un sentiment d’unité, qui n’est pas nécessairement l’œuvre de Satan, au contraire je crois que c’est l’œuvre de Dieu ». En 1997, à la question de savoir si un noir peut épouser une blanche, ou une noire épouser un blanc et être toujours en règle avec Nation of Islam, il répondait, avec une mièvrerie œcuménique qui dut ravir les « blancs » mondialistes dont il prétend ostentatoirement être l’ennemi : « … l’amour transcende notre appartenance raciale ou ethnique. » (http://www.finalcall.com/national/mlf-mtp5-13-97.html)
Le conseiller culturel de Louis Farrakhan Muhammad Sr à la mosquée Maryam de Chicago, le quartier-général de Nation of Islam, est l’historien, professeur, chercheur, pasteur de Nation of Islam et chouchou actuel du milieu universitaire états-unien Wesley Muhammad. Nous avons bien dit : « historien ». Rien, dans ses écrits, du moins dans ceux dont nous avons connaissance, ne montre qu’il partage les vues délirantes de Wallace D. Fard Muhammad et de Elijah Muhammad sur la préhistoire de la race blanche ; et, quand bien même il les partagerait, un blanc digne de ce nom, c’est-à-dire une personne blanche, s’il est permis de s’exprimer ainsi, de corps, d’âme et d’esprit, n’en serait pas plus affecté qu’il ne l’est par le matraquage psychologique visant à faire naître chez l’Européen dit de souche un sentiment de culpabilité raciale : s’élever contre le fait que les médias de masse, sous le contrôle de cosmopolites de races de couleur, mènent une campagne intensive contre le blanc reviendrait à s’étonner que l’eau mouille, pour nous servir d’une comparaison polie.
Historien, Wesley Muhammad l’est par ses recherches documentées sur les « principaux contours religieux, historiques et culturels de l’Islam comme (1) phénomène historique, religion mondiale et civilisation transnationale (c’est nous qui soulignons) et (2) sujet d’étude critique. » (http://drwesleymuhammad.com/teaching) ; il l’est aussi par le soin qu’il prend à contredire ses détracteurs ; attaqué, par exemple, dans Exposing Wesley Muhammad on Prophet Muhammad’s Complexion: Refutation of NoI’s Racist Theology
[http://www.letmeturnthetables.com/2011/11/wesley-racist-complexion-muhammad-noi.html], pour avoir affirmé, non sans arguments, que Mohammed était noir, il a réfuté un à un les contre-arguments qui lui avaient été présentés, dans Abyaḍ and the Black Arabs: Refuting the Would-be Refuters [http://www.drwesleymuhammad.com/yahoo_site_admin/assets/docs/Abyad_and_the_Black_Arabs_Final.336113349.pdf]. À cette thèse viennent s’ajouter celles-ci : la vénération d’Allah comme Dieu suprême – précéda le prophète arabe Mohammed de plusieurs millénaires. Les plus anciennes traces écrites de la vénération d’Allah indiquent que les noirs, ou les « Africains d’Arabie », furent les initiateurs de ce culte. Les « Africain d’Arabie » l’appelaient islam avant Mohammed. Mohammed fut initié à l’islam non pas par un ange dans une caverne, mais par un membre de sa famille qui faisait partie de cette secte musulmane noire.
L’exposition de ces thèses est précédée d’une présentation des diverses races et ethnies qui vivaient dans la haute antiquité dans l’aire géographique que l’auteur désigne par le néologisme transparent d’Afrabie : leur type est décrit, leur origine géographique est recherchée, qu’elle soit autochtone ou allogène, des hypothèses sont faites sur les mouvements migratoires et les croisements. Cette présentation est cependant unilatérale, dans la mesure où elle fait comme si l’Égypte pré-dynastique et, d’ailleurs, l’Égypte antique tout court n’avait été peuplée que de groupes sémites ou noirs, ce qui est loin d’être le cas. D’après O. Wirth, des groupes d’Hyperboréens auraient émigré au néolithique vers le nord-ouest du continent africain, où, après s’être mêlés à la race négroïde, ils auraient formé le peuple qui serait connu plus tard sous le nom d’Égyptien. Quoiqu’il en soit, il semble établi que plusieurs groupes importants de blancs, un de Nordiques, un d’Alpins et un de « Méditerranéens », étaient présents en Égypte dès la période pré-dynastique, groupes qui se mêlèrent par la suite pour former l’élite de la société égyptienne de l’Ancien Empire (2700 – 2100 avant J.-C.) ; des restes momifiés de nombreux pharaons et de gens du peuple de cette période ont des caractéristiques propres à la race blanche, telles que les cheveux blonds. L’Ancien Empire fut le théâtre d’incessants conflits raciaux entre l’élite blanche et les Nubiens, à tel point qu’elle en arriva à édicter une loi interdisant aux noirs d’entrer en Égypte. Peu à peu, cependant, les pharaons prirent l’habitude d’utiliser des noirs comme main d’œuvre ou comme mercenaires et c’est ainsi que ceux-ci s’infiltrèrent progressivement dans la société égyptienne, pour venir à bout de son élite blanche vers 800 avant J.-C. (Arthur Kemp, March of the Titans: The Complete History of the White Race, chap. 8: Nordic Desert Empire — Ancient Egypt, http://marchofthetitans.com/2013/03/05/nordic-desert-empire-ancient-egypt/ ; voir également Alice Baghdjian, Half of European men share King Tut’s DNA, https://uk.reuters.com/article/oukoe-uk-britain-tutankhamun-dna-idUKTRE7704OR20110801 ; Collectif, Ancient Egyptian mummy genomes suggest an increase of Sub-Saharan African ancestry in post-Roman periods, https://www.nature.com/articles/ncomms15694). Les deux premiers chapitres de « Black Africa » ne doivent donc être pris que pour ce qu’ils sont – une description partielle – et non pas pour ce que leur auteur voudrait faire croire qu’ils sont – une vue d’ensemble.
De toute façon, du point de vue de l’historiographie raciste blanche, la valeur de l’ouvrage réside essentiellement dans sa contribution notable à la connaissance de l’influence de la race noire dans les pays arabes et des dessous de la religion musulmane.
Il va sans dire que les conclusions qu’un blanc tirera de l’étude de Wesley Muhammad seront toutes autres que celles auxquelles il aboutit et dont les militants des mouvements suprématistes noirs et les afro-centristes, dont, cependant, l’auteur ne fait pas partie, ne semblent pas se douter, incapables qu’ils sont de voir l’incohérence fondamentale de leurs thèses. Elle constituera une preuve supplémentaire que la civilisation blanche n’a pu s’écrouler récemment que parce qu’elle avait été minée dès l’antiquité par des influences émanant de races de couleur, en l’occurrence par celles du judéo-christianisme, dont l’islam n’est qu’une déclinaison.

I. Les peuples de l’Arabie

Dans son livre révolutionnaire, The Destruction of Black Civilization, Chancelor Williams suggère qu’ « il y a des noirs en Arabie pour les mêmes raisons qu’il y a des noirs aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et dans les îles des Caraïbes : parce qu’ils ont été capturés et mis en esclavage » (1). Les études archéologiques, anthropologiques et ethno-historiques ont démontré l’erreur de ce postulat. Un examen plus précis est certainement celui de Runoko Rashidi, selon qui « La péninsule arabique… fut, comme une bonne partie de l’Asie, d’abord peuplée par des noirs… Certaines des populations noires qui y ont survécu, connues sous le nom de veddoïdes, constituent une partie importante du peuple Mahra, qui vit encore aux confins de l’Arabie (2).
Il peut sembler paradoxal de parler d’ « Arabie noire » – l’Arabe que la plupart connaissent est le Sémite à la peau claire et au visage de faucon. Il se trouve cependant que ce dernier partage aujourd’hui la péninsule avec un type arabe très différent. Comme l’observa en 1932 le major-général Maitland, résident politique de la Grande-Bretagne à Aden, « Les peuples de l’Arabie… appartiennent à deux races distinctes et apparemment très différentes (3). Pour la plupart d’entre nous, le type arabe … c’(est) l’homme grand, barbu, au visage de faucon. Les Arabes de l’Arabie du Sud sont plus petits, ont la peau plus sombre, des traits plus grossiers et sont presque imberbes (4)… Toutes les autorités conviennent que les Arabes du Sud sont plus ou moins liés par leur origine aux Abyssins (5).
L’Arabe du Sud à la peau noire est le mieux représenté aujourd’hui par les tribus Mahra, Qara et Shahra d’Oman et de l’Hadramaout, les Arabes noirs de l’Hadramaout. Sans doute issus des premiers habitants de l’Arabie (7), ces groupes ont une affinité à la fois avec les « Hamites » de l’Afrique de l’Est (Somaliens, Abyssiniens) et les Dravidiens du sud de l’Inde (8) et représentent peut-être un « lien génétique » entre ces deux populations (9). Ces Arabes noirs doivent être compris dans le contexte de ce que les aventuriers et les anthropologues européens du XIXe et du XXe siècle surnommèrent « la ceinture noire de l’humanité ». Sir Arthur Keith, célèbre anthropologue du musée d’Histoire Naturelle, observa : « L’énigme de l’anthropologie moderne est la ceinture noire de l’humanité. Elle commence en Afrique et finit parmi les indigènes des îles mélanésiennes du Pacifique. A chaque extrémité de la ceinture, en Afrique comme en Mélanésie, nous trouvons des peuples à la peau noire, aux cheveux crépus, plus ou moins imberbes, prognathes et au crâne allongé. Nous ne pouvons pas supposer que ces peuples nègres, bien qu’ils soient maintenant pour la plupart séparés, aient évolué indépendamment les uns des autres. Nous supposons donc que, à un moment donné, une ceinture proto-négroïde traversait le monde antique, occupant toutes les terres intermédiaires, l’Arabie, le Baloutchistan, l’Inde, les Philippines et l’archipel malais (10). »
Cette énigmatique « ceinture noire » de l’humanité est d’autant plus particulière qu’elle est apparemment composée de deux souches différentes, qui ont toutes deux la peau noire, mais dont presque toutes les autres caractéristiques ethnologiques sont différentes. Les « terres intermédiaires » de cette bande proto-négroïde – les régions de l’Asie occidentale, de l’Afrique du Nord et du sud de l’Inde – semblent abriter un type au visage noir nettement différent de celui que nous associons généralement aux peuples « noirs / africains ». L’érudit africain Cheik Anta Diop explique : « Il y a deux races noires bien définies : l’une a la peau noire et les cheveux laineux ; l’autre a aussi la peau noire, souvent exceptionnellement noire, les cheveux raides, le nez aquilin, les lèvres minces, les pommettes saillantes. Nous trouvons un prototype de cette race en Inde : le Dravidien. Il est également connu que certains Nubiens appartiennent également au même type nègre, comme l’indique cette phrase de l’auteur arabe Edrissi : « Les Nubiens sont les plus beaux des noirs ; leurs femmes ont les lèvres minces et les cheveux droits (11). » Alors que le (stéréo) type « négroïde » (type brachycéphale), peau sombre, nez large (platyrhinien), lèvres charnues, prognathisme, indice facial supérieur (visage petit et large), chevelure laineuse (ulotrique), semble avoir son origine en Afrique sub-saharienne, la deuxième souche (le type dolichocéphale), peau exceptionnellement foncée, tête étroite, nez aquilin, lèvres minces, pommettes hautes et cheveux raides ou ondulés, se trouve normalement plus à l’Est. Il est en Inde, où le représentant caractéristique de ce type est le Dravidien. Cependant, l’Afrique du Nord abrite également cette population (les « Hamites ») (12). Le type dolichocéphale, appelé (à tort) hamitique, méditerranéen ou race brune, avait été compris (aussi à tort) comme une variété brune de la race caucasienne et donc ethniquement distincte du type brachycéphale africain, chromatiquement similaire, mais phénotypement différent (13). Cependant, comme l’a bien souligné Keith W. Crawford, les études scientifiques qui calculent le degré de parenté entre les populations mondiales sur la base de similarités génétiques par rapport à certaines protéines révèlent que les populations africaines actuelles, quelle que soit leur morphologie, forment un groupe distinct des autres populations du monde (14) (Ici, l’auteur, favorable à la thèse de l’origine africaine de l’humanité, ne paraît pas se rendre compte que les résultats de ces études scientifiques en constituent une réfutation parmi d’autres. Note de l’Editeur.). Donc, le Sénégalais subsaharien (type brachycéphale) et l’Ethiopien de la Corne de l’Afrique (type dolichocéphale) ont une parenté génétique qui les distingue des populations d’Europe, d’Asie et des peuples indigènes d’Amérique. D’autres études suggèrent que le type dolichocéphale est « le produit d’une longue évolution dans les écosystèmes africains » (15). Il faut entendre par là que le type brachycéphale et le type dolichocéphale ne constituent pas vraiment deux souches distinctes, mais deux variations morphologiques d’une seule et même souche noire. C’est avec ce type africain dolichocéphale que l’Arabe noir a une affinité (16). Non seulement l’Arabe primitif, mais le Proche-Oriental primitif en général semble avoir pour prototype le Dravidien qui habite aujourd’hui les Indes, lequel semble avoir lui-même pour origine l’Arabie (17).

II. L’Afrabie

Cette parenté ethnologique avec le type africain dolichocéphale n’est pas surprenante: L’Arabie elle-même, nous assure-t-on, n’est que « le prolongement géologique de l’Afrique » (18). Comme l’a souligné Maurizio Tosi dans son exposé, « The Emerging Picture of Prehistoric Arabia », « Physiquement, la péninsule (arabe) est une partie de l’Afrique, formée par les mêmes processus géologiques et climatiques que le Sahara oriental et les hauts plateaux éthiopiens » (19). L’Encyclopedia Britanica explique : « L’Arabie de l’Ouest faisait partie de la masse continentale africaine avant qu’une fracturation ne se produise dans la croûte terrestre, à la suite de laquelle la mer Rouge se forma et l’Afrique finit par se séparer de la péninsule arabique il y a cinq à six millions d’années. Ainsi, la moitié sud de la péninsule a une plus grande affinité avec les régions de la Somalie et de l’Ethiopie en Afrique qu’avec l’Arabie du Nord ou le reste de l’Asie (20). »
Suivant la tectonique des plaques, l’Afrique et l’Arabie se séparèrent au cours du Précambrien (4 540 Ma – ± 1,0 Ma), du Miocène (23,03 Ma – 5,333 Ma) ou peut-être même au Pliocène (5,333 Ma – 2,58 Ma), lorsque la plaque arabique se détacha du bouclier africain, donnant ainsi naissance à la mer Rouge. Néanmoins, l’Arabie reste le prolongement géologique et écologique de Afrique.
En général, l’Arabie est le prolongement des régions septentrionales et centrales et des régions tropicales et côtières de la zone phytogéographique saharo-arabe (21).
En d’autres termes, la péninsule arabique est en fait l’extrémité nord-est du continent africain, ce qu’occulte la « tyrannie de la mer Rouge ». Comme le note Ali Mazrui, « la décision des Européens de faire finir l’Afrique à la mer Rouge a dé-africanisé la péninsule arabique… la tyrannie de la mer Rouge trouve en partie son origine dans les préjugés géographiques des Européens. De même que les cartographes européens ont décrété que, sur la carte, l’Europe est au-dessus et non au-dessous de l’Afrique (une décision arbitraire par rapport au cosmos), ainsi ces mêmes cartographes ont décidé que l’Afrique finit à la Mer Rouge et non au golfe Persique. N’est-il pas temps d’en finir avec cette double tyrannie de la mer Rouge et de la l’eurocentrisme de la géographie (22) ?
Le terme « Afrabie » est proposé et utilisé ici pour mettre l’accent sur les anciennes relations culturelles, géographiques et historiques entre l’Afrique et l’Arabie et pour surmonter la tyrannie de la mer Rouge (23). « Afrabie », ici, ne désigne pas la zone communément appelée « Arabie », à savoir l’Arabie saoudite. Cette dernière est définie par les frontières politiques tracées par les Européens et les Wahhabites et exclut des régions telles que le Yémen au Sud et le Levant au Nord (Israël, Liban, Syrie, territoires palestiniens, Jordanie). L’Afrabie comprend toute la zone située entre la mer Méditerranée au Nord et la mer d’Arabie au Sud, c’est-à-dire l’ensemble de la péninsule arabique.

II.1.L’Afrabie : une fenêtre sur le monde

L’Afrabie est également une extension de l’Afrique du point de vue de l’ethnologie. Comme le fait remarquer Michael D. Petraglia, la péninsule arabique fut « une région géographique clé qui, sans doute, joua un rôle crucial dans les premières migrations hors d’Afrique (24). » En fait, l’Arabie est probablement le premier territoire que les hominidés ont atteint après avoir quitté le continent africain (25). Ils sont entrés dans la péninsule par le Bab el-Mandeb au Sud et par le corridor levantin au Nord.
Il n’est donc pas surprenant que des restes d’hominidés du Miocène inférieur (23,03 ± 0,05 à 15,97 ± 0,05 Ma) semblables à ceux trouvés en Afrique orientale aient été découverts en Arabie (26). Selon certaines théories, l’Arabie aurait encore fait partie de l’Afrique à cette époque. Les restes fauniques qui y ont été découverts indiquent qu’elle avait alors un climat tropical ou subtropical. L’environnement de l’Arabie centrale et orientale au cours du Miocène et du Pliocène a été qualifié de « luxuriant » et comparé à celui de la savane
tropicale (27). A cette époque, comme le suggère Michael Rice, « l’Arabie ressemblait probablement beaucoup à l’Afrique de l’Est d’aujourd’hui » (28). Les études géomorphologiques indiquent de fortes précipitations durant le Pliocène. Ainsi, même loin de chez eux, les premiers colons africains pouvaient se sentir chez eux dans l’Arabie préhistorique. L’archéogénétique indique que le progéniteur africain de la population humaine a migré hors d’Afrique en Arabie il y a environ 70000 ans (29. La théorie de l’origine africaine et donc noire de l’humanité, formulée dans La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe de Charles Darwin (1871) n’est précisément, faut-il le rappeler, qu’une théorie. Les données génétiques qui sont censées l’étayer sont contestées et leur interprétation elle-même est sujette à controverse. Sa fabrication à partir du monogénisme biblique est due à des raisons purement idéologiques et la popularité qu’elle connaît auprès de masses poreuses à toutes les supercheries marquées d’une estampille scientifique, est un succès de propagande. Note de l’Editeur.). C’est à partir de l’Arabie, après s’y être adaptés pendant environ 5000 ans (30), que ces Afrabes peuplèrent le reste du monde (31). Comme le soulignent Norman M. Whalen et David E. Peace, « Que la migration se soit faite vers le Nord ou vers le Sud, il fallait traverser l’Arabie avant de continuer plus loin. C’est pour cette raison que les plus anciennes villes du monde, abstraction faite de l’Afrique, se trouvent en Arabie, qui occupait une position centrale sur la route des premières migrations intercontinentales au Pléistocène inférieur… l’Arabie (est) la porte de l’humanité sur le monde (32).
Ces expansionnistes (« expansionnists ». L’emploi de ce terme, anachronique en sus d’être impropre, est révélateur. Note du Traducteur.) africains appartenaient probablement au type dolichocéphale (33). Cela pourrait expliquer le fait que, en Arabie et en Asie de l’Ouest en général – les terres qui ont été parmi les premières colonies des expansionnistes africains -, les populations autochtones appartiennent à cette variété africaine dolichocéphale. Comme l’expliquent U.P. et Susheela Upadhyaya, « Il est maintenant généralement admis que, au Néolithique et à l’âge des métaux, de 8000 à 3000 avant J.-C., la grande région de l’Asie de l’Ouest et ses prolongements jusqu’au Nil et à l’Indus était occupée par ce qu’on peut appeler une race noirâtre et ses variétés locales, comme les proto-Méditerranéens, les Méditerranéens et les Hamites. Cette race est caractérisée par un teint brun noirâtre, un crâne allongé, un visage long, droit et étroit, etc… En dépit de quelques différences locales, comme le type proto-méditerranéen en Egypte et en Inde, le type hamitique dans l’est de l’Afrique et le type méditerranéen ibéro-insulaire de l’Anatolie à l’Inde occidentale, on voit dans l’ensemble une unité raciale et culturelle fondamentale dans toute cette partie de l’ancien monde qui est appelée à juste titre le « berceau de la civilisation » (34).
C’est sans doute ce type noir dolichocéphale qui formait la population autochtone de toute l’Arabie et dont est issu l’actuel Arabe du Sud à la peau foncé (35).

III. Les invasions blanches (par « blanches » l’auteur entend « arabes ». Note de l’Editeur.)

D’où vient l’Arabe à la peau blanche ? Selon Bertram Thomas, historien et ancien Premier ministre de Mascate et Oman, « Les premiers habitants de l’Arabie… n’étaient pas les Arabes que nous connaissons à notre époque, mais un peuple à la peau très foncée. Une ceinture proto-négroïde de l’humanité s’étendait dans le monde antique de l’Afrique à la Malaisie. C’est de cette ceinture… que sont issus les peuples hamitiques d’Afrique, les Dravidiens de l’Inde et un peuple intermédiaire à la peau foncée qui habite la péninsule arabique. Au cours du temps, deux grandes migrations de peuples à la peau claire vinrent du nord… qui percèrent et transformèrent la ceinture noire de l’humanité au-delà de l’Inde (et) creusèrent un fossé entre l’Inde et l’Afrique… Les envahisseurs, plus virils, vainquirent les peuples à la peau foncée, absorbant la plupart d’entre eux, poussant les autres vers le Sud… L’état culturel des nouveaux arrivants est inconnu. Il est peu probable qu’ils aient été plus que des hordes sauvages de chasseurs aventuriers (36). Parmi ces hordes blanches étaient les Kassites, probablement originaires de la région montagneuse de Zagros en Iran, qui colonisèrent l’est de l’Arabie pendant environ un siècle et demi, du XVe au XIIIe siècle avant J.-C (37). Comme le raconte François Lenormant, les premiers Arabes, les « Koushites » absorbèrent ces envahisseurs blancs frustres, les Jectanides, comme ils les appelaient. Ces derniers eurent finalement raison des Koushites (38) et s’installèrent parmi les Arabes noirs, apprirent leur langue et leur culture et s’« arabisèrent » (musta’riba) (39), tout en modifiant le patrimoine génétique et culturel des peuples qu’ils gouvernaient.

IV. L’Afrabie et les Sémites noirs

Al Tabari († 923), célèbre historien musulman et exégète du Coran, rapporte dans sa Tarikh al-Rusul wa al-Muluk (« L’histoire des Messagers et des Rois ») ce qui suit, sur la foi d’Abd Allah b. Abbas, le cousin du prophète Muhammad: « les fils de Sam (Sem) s’installèrent au centre de la Terre, qui est entre Satidma et la mer et entre le Yémen et la Syrie. Allah fit d’eux des prophètes, leur révéla les Livres, les rendit beaux, leur donna un teint noir et leur donna un teint noir d’une nuance légèrement brunâtre… Les enfants de Cham s’installèrent au Sud. Allah leur donna un teint noir et donna à certains d’entre eux un teint noir d’une nuance légèrement brunâtre… Les enfants de Japhet s’installèrent à Safoun vers le Nord… Ils ont la peau claire (42). »
Que les Sémites, ainsi que les « Hamites », étaient à l’origine un peuple noir, c’est là ce qui est clair. « Sémite » est une désignation linguistique et non raciale et désigne des locuteurs natifs de l’une des diverses langues sémitiques, mortes ou vivantes. Mais, à cet égard, l’observation suivante de Danna Reynolds est cruciale : « les tribus indigènes, ou « noires », de l’Arabie furent celles qui, jadis, migrèrent de l’Afrique… et furent les premières à diffuser les dialectes sémitiques (43). » La famille des langues sémitiques, dont la plus répandue est l’arabe, est une branche d’un plus grand phylum appelé afroasiatique, qui se compose des langues sémitiques, de l’ancien égyptien, des langues berbères, koushites, omotiques et tchadiques. Alors que certains chercheurs soutiennent que l’afroasiatique est originaire d’Asie (44), la plupart des linguistes acceptent maintenant qu’il a pour origine l’Afrique, où cinq des six branches généralement reconnues sont encore vivantes (45). En ce qui concerne la branche sémitique en particulier, un certain nombre de chercheurs postulent une origine africaine à cette famille linguistique et à ses locuteurs (46). Le réputé linguiste russe Igor M. Diankonoff a affirmé que la famille afroasiatique, y compris les langues sémitiques, provient de la partie nord-ouest de la République moderne du Soudan (47).
Les Sémites auraient été un groupe d’Africains de l’Est qui se serait séparé de la souche proto-afroasiatique en Afrique et aurait migré vers la Syrie-Palestine au neuvième ou huitième millénaire avant notre ère. Plus tard, Diankonoff a changé d’opinion : tout en maintenant que l’Afrique du Nord est à l’origine de la famille afroasiatique en général, il a placé l’origine de la langue proto-sémitique dans la région qui se situe entre le delta du Nil et la Palestine, d’où un groupe qui se serait séparé de la souche afroasiatique parente aurait migré vers le Levant, puis se serait pour ainsi dire « sémitisé » (48). Diankonoff affirme que les vestiges archéologiques et architecturaux de la culture de Jéricho du huitième millénaire avant notre ère en Palestine appartenaient à cette primitive culture « sémitique commune ». Auparavant, George A. Barton avait déjà parlé de l ‘« origine africaine et du berceau arabe des Sémites » (49) et suggéré que la protolangue afroasiatique (ou, pour utiliser l’ancien terme, « hamito-sémitique ») était originaire d’Afrique, d’où un groupe migra vers l’Arabie et donna naissance aux langues sémitiques (50). Le dernier mot sur cette question revient sans doute à Peter Bellwood de l’Université nationale australienne : « le proto-sémitique provient sans doute du Levant. » (51) En d’autres termes, un groupe d’Africains de langue afroasiatique migra vers le Nord-Est pour s’établir au Levant, où la langue proto-sémitique se développa, peut-être dès le huitième millénaire avant notre ère. Il convient de noter ici que les populations du Levant, des Natoufiens du onzième millénaire avant notre ère aux Koushites de Transjordanie du deuxième millénaire, étaient des peuples noirs de type dolichocéphale (52). Ce n’étaient pas des nomades errants : en tout cas, le lexique proto-sémitique ne montre pas nécessairement un groupe nomade, mais indique plutôt le sédentarisme (53).
Les langues sémitiques, après s’être développées en Afrabie, furent réintroduites en Afrique proprement dite. Les langues sémitiques sont parlées en Ethiopie depuis au moins quatre mille ans et (54) « La plupart des linguistes conviennent que le proto-éthiopien est né du contact entre un groupe de Sémites du Sud installé sur le plateau du Tigré et les populations locales couchitiques » (55). S’il est exagéré de dire, comme l’a fait WF Albright en 1918 (56), que l’ancien égyptien est « une langue sémitique », il est certain que la relation génétique (le terme est à prendre dans son sens de « qui concerne la genèse d’une réalité ». Note du Traducteur.) de l’égyptien et du sémitique est solidement établie… Les correspondances phonologiques et sémantiques régulières entre les systèmes morphologiques de l’égyptien et du sémitique démontrent clairement que ces deux familles de langues sont apparentées (57). Selon la tradition musulmane, l’ancien peuple de l’Afrabie était composé de douze tribus : Âd, Thamud, Asm, Imlīq, Immīm, Jasim, Jurhum, Abil, Jadis, U, Jâthir, Shâlikh (58). Elles constituent les ba’ida, les Arabes aujourd’hui « disparus ». Ces tribus furent les premières à parler arabe (59) et sont donc appelées al-‘Arab al-‘Ariba, les « vrais Arabes », par opposition aux al-‘Arab al-Musta’riba, les « Arabes arabisés », ces immigrés en Arabie qui n’apprirent l’arabe qu’après s’être installés parmi les « vrais Arabes » (60). Comme le déclara al-Abari, « Les Arabes appelaient ces nations les âriba parce que la langue arabe était leur langue d’origine, alors qu’ils appelaient les enfants d’Ismaël b. Abraham les musta’riba parce qu’ils ne commencèrent à parler la langue de ces peuples qu’après qu’ils se furent installés parmi eux (61). » Le premier à parler arabe, nous dit-on, fut Imlīq (62).
Que ces âriba étaient noirs, c’est ce que montre clairement les sources arabes / islamiques classiques (63). Ibn Manzûr (1233 – 1311), auteur du lexique arabe classique le plus fiable, Lisân al-‘Arab, rapporte l’opinion que l’expression aswad al-Jilda (« à la peau noire ») signifiait idiomatiquement khalil al-Arab, les « Arabes purs »,« parce que la couleur de peau de la plupart des Arabes est foncée (al-Udma) » (64). En d’autres termes, la couleur noire de la peau chez les Arabes indiquait la pureté de l’ethnie arabe. De même, le célèbre grammairien du siècle précédent, Muhammad ibn Barri al-`Adawi (†1193) nota qu’un akh aror – un Arabe à la peau noire – était « un Arabe pur » (Arabî ma), à la généalogie pure, « parce que les Arabes décrivent leur peau comme noire (al-aswad) et celle des non-Arabes (al-ajam, c.-à-d les Perses) comme rouge (al-Umra) (65). » Enfin, al-Jahiz, dans son Fakhr al-Sudan l-bidan, (« Titres de gloire des noirs sur les blancs ») déclara : « Les Arabes sont fiers de (leur couleur noire (ا ب ا د ا ن al arab tafkhar bi-sawād al-lawn) (66). » Les rabbins du Ve / VIe siècle de notre ère savaient aussi que les Arabes étaient noirs. Akiba, célèbre rabbin du 1er siècle qui se serait rendu en Arabie, est présenté dans un commentaire du VIe siècle de Nombres 05:19, un passage traitant de la façon de savoir si une femme a commis l’adultère. Le texte (midrashique), Numbers Rabba, dit : « Le roi des Arabes posa cette question à R. Akiba : « Je suis noir (kusi) et ma femme est noire (kûšît), mais elle a donné naissance à un fils blanc. Dois-je la tuer pour s’être comportée comme une prostituée au lit (67) ?
Comme le fait remarquer Jan Rest, si ce midrash est probablement complètement légendaire, il nous donne une idée de l’ethnographie arabe, ou du regard que portaient les rédacteurs de ce texte sur l’ethnographie arabe à l’époque (VIe-Ve siècle) (68). Voir également le commentaire du Cantique des Cantiques 1:5 dans le Targum Shir ha-Shirim (« Je suis noire et belle, Ô filles de Jérusalem, [noire] comme les tentes de Qedar ») : « Quand les gens de la maison d’Israël firent le veau, leurs visages devinrent noirs comme les fils de Kouch qui habitent dans le
tentes de Qedar. »
Les Qedar était une tribu arabe noire, la plus puissante tribu arabe de Syrie et d’Arabie du Nord ; ils combattirent les Assyriens au VIIe siècle avant notre ère (69). Ici, ils sont identifiés à Koush. Ils ne faisaient plus parler d’eux à l’époque où fut écrit le texte dans lequel figure le rabbin Akiba, mais, apparemment, le fait qu’ils avaient la peau noire était resté bien présent dans les mémoires et c’est ainsi que les rabbins du Ve/Ve siècle se représentaient les Arabes de l’époque.
Comme le souligne Restö « Le fait que le roi d’Arabie était décrit comme noir était dû à ce qu’il demeurait dans le pays de Qedar, dont les habitants sont noirs, selon le Cantique des Cantiques… l’Arabie du rabbin Aqiba est donc identique à celle des Qedar, qui était la zone entre l’Egypte et la Palestine » (70).
Ainsi, un siècle ou deux avant la naissance du prophète Mohammed à la Mecque, les Arabes étaient encore connus pour être noirs. Il convient de rappeler que c’est cette région – entre l’Egypte et la Palestine – que Diankonoff considère comme le lieu d’origine des langues sémitiques.
Les Arabes noirs étaient encore connus jusqu’au XIXe siècle, même si les invasions, les migrations, l’esclavage et le métissage avaient sérieusement changé la physionomie de la peninsule (71).
Muhammad Sadiq Bey, un photographe turc qui se rendit à Médine en 1861, remarqua que, s’il y avait des Médinois à la peau claire, presque blanche, les gens y avaient pour la plupart un « teint foncé, presque noir » (72). De même, John Lewis Burckhadt, voyageur suisse et orientaliste, décrit, dans son Travels in Arabia, les Arabes qu’il a rencontrés comme « de très grands hommes presque noirs » (73). Lorsque l’aventurier et anthropologue Austin Henry Layard rencontra un cheikh arabe à Hebron, il nota que son teint était « à peine moins foncé que celui d’un nègre » (74). L’étymologie aussi confirme que les premiers Arabes avaient la peau noire. J.A. Loader a affirmé en 1971 que la racine sémitique -rb (d’où dérive le terme ‘arab) signifiait principalement « noir » et s’est demandé si al-Arab, « les Arabes », signifiait vraiment « le peuple noir » (75). Loader, ayant une connaissance limitée de l’ethnologie arabe, avait du mal à s’en sortir avec l’étymologie sémitique et ne savait pas sur quel pied danser : « Mais tous les Arabes, observa-t-il, n’ont pas et n’avaient pas franchement le teint foncé et donc cette théorie ne semble pas très séduisante… En tout cas, le mot veut dire « foncé » (76). » Nous savons maintenant que les premiers Arabes avaient la peau noire, donc les aperçus étymologiques de Loader ont été confirmés (77). Ce sont ces Arabes noirs, descendants des premiers Afrabes koushites, qui sont les premiers à avoir parlé arabe. Le professeur émérite de l’Université du Michigan George Mendenhall, l’un des principaux spécialistes mondiaux du Proche-Orient et des langues du Proche-Orient, note que « l’arabe ne pouvait pas être un cadeau du prophète Muhammad, comme l’affirment de nombreux clercs islamiques, puisqu’il s’est formé au début de l’âge du Bronze, plus de 3000 ans avant Muhammad » (78). Ayant observé que les premiers textes de la bible hébraïque présentent le pourcentage le plus élevé de termes communs à l’hébreu et à l’arabe (79), Mendenhall affirme que, plus on remonte loin dans le temps, plus l’hébreu est proche de l’arabe, renforçant ainsi la thèse de De Goeje selon laquelle « de toutes les langues sémitiques c’est l’arabe qui se rapproche le plus de la langue d’origine » (80). Mendenhall a déterminé que le « premier groupe social arabophone identifiable » est les Madianites, une importante entité politique qui apparut tout à coup au XIIIe siècle avant J.-C. dans le nord de l’Arabie. Cette culture hautement sophistiquée parlait une langue qui est l’ancêtre archaïque de la langue arabe moderne (81).
Ceci est important, parce que, comme l’affirme David Goldenberg, « Koush est l’ancien nom de Madian » (82). Ces Madianites, le premier groupe social arabophone identifiable, sont décrits comme une tribu koushite, c’est-à-dire une tribu arabe noire (83).

Chapitre 2 : les civilisations de l’Afrabie

« Les Arabes sont en fait un peuple de notre ère. Aucune activité notable ne peut leur être attribuée avant le début de notre ère ». Dr. John Henrik Clarke, The Rise of Islam in Africa.

I. Les civilisations disparues

Il était courant parmi les archéologues du XIXe siècle d’affirmer qu’il avait existé dans la plus haute antiquité une civilisation noire « étendue » en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe et dans tout le monde connu. Ces spéculations étaient fondées en grande partie sur les observations d’aventuriers européens qui, dans leurs voyages dans le monde, découvraient des peuples indigènes noirs partout (84) Ils présumèrent que le foyer de cette ancienne civilisation noire était en Asie, en Inde ou dans la péninsule arabique (85). John D. Baldwin, membre de l’American Oriental Society, affirma, par exemple : « L’Arabie, dans la très haute antiquité, fut le foyer d’une brillante civilisation, qui s’étendait dans toute l’Asie du Sud-est et dont l’influence se faisait sentir de l’Extrême-Orient à l’Extrême-Occident, dans tout le monde connu. Les peuples merveilleux de l’Arabie antique – les vénérés et mystérieux Ethiopiens de l’ancienne tradition – semblent avoir rempli le monde, tel qu’ils le connaissaient, de leurs activités commerciales, de leurs entreprises maritimes, de leurs colonies et de la lumière de leur vie civilisée. Leurs traces se trouvent encore partout… Le pays d’origine de la race éthiopienne… le centre d’où provient cette culture et à partir duquel l’influence éthiopienne s’étendit dans toutes les directions pour répandre la civilisation et créer des pays tels que l’Egypte et la Chaldée fut… la péninsule arabique dans son ensemble… Nous considérons que l’Egypte et la Chaldée sont très anciennes, mais la culture et l’organisation politique des Arabes éthiopiens étaient beaucoup plus anciennes (86)… »
Que cette ancienne Arabie noire fut le foyer d’une civilisation qui rivalisait avec celle de l’Egypte et de la Mésopotamie, c’est là ce qui a été soutenu aussi par l’historien afro-américain Drusilla D. Houston dans son Wonderful Ethiopians of The Ancient Cushite Empire : « La race éthiopienne possédait le sang arabe le plus ancien et le plus pur. Les Ethiopiens furent les premiers Arabes et les créateurs de la civilisation antique, comme le prouvent les ruines splendides dans toutes les régions du pays. Au moment où les Ethiopiens commençaient à montrer leur puissance comme rois d’Egypte vers 3000 – 3500 avant J.-C., la partie occidentale de l’Arabie était divisée en deux puissants royaumes. A cette époque, les princes de l’Arabie étaient les descendants directs des Éthiopiens, qui gouvernèrent le Yémen pendant des milliers d’années… vers 3000-3500 avant J.-C., la civilisation arabe rivalisait avec celle de l’Egypte et de Babylone (87). »
Comme indiqué plus haut, la tradition musulmane reconnaît douze tribus primitives dans l’ancienne Afrabie. Âd et, plus tard, Thamûd sont présentées dans le Coran comme les premiers civilisateurs de l’Afrabie ; devenus fiers et méchants, ils furent exterminés (88). Selon un certain nombre de chercheurs, les Adites étaient à la tête d’un empire koushite qui comprenait toute l’Arabie et le Moyen-Orient (89). Wifred H. Schoff note que « (La plaine du Dhofar, dans le sud de l’Arabie), avec son ancienne capitale, Saphar, était le centre de l’ancien empire koushite (ou adite, de Âd, petit-fils de Cham) qui comprenait une grande partie de l’Arabie du Sud et de l’Afrique de l’Est » (90). D’aucuns avancent que les Adites apparurent il y a environ huit à dix mille ans dans la « patrie proto-sémitique », cette zone située dans le nord de la péninsule arabique (du nord de Égypte à la Syrie) (91).
Que l’Arabie ait été le foyer de civilisations anciennes qui rivalisaient avec les grandes civilisations qui surgirent autour du Nil, du Tigre et de l’Euphrate, c’est là ce qui est difficile à concevoir, sans doute en raison de la « tyrannie du désert ». Avec ses 650000 kilomètres carrés, le Rub al-Khali, la mer de sable de l’Arabie, est la plus grande étendue de sable sur la terre. Du fait de sa prédominance dans le relief de l’Arabie moderne, il est difficile d’imaginer que la péninsule ait autrefois abrité de hautes civilisations. Cependant, la désertification est un phénomène relativement récent dans la péninsule. Autrefois « savane tropicale », elle commença à être soumise à une extrême aridité il y environ 20000 ans et à la dessiccation il y a environ 6000 ans (92) (Il convient de faire remarquer que cette dessiccation n’est peut-être pas d’origine naturelle. Selon André Savoret [Visages du druidisme, Dervy-Livres, Paris, 1977, p.16], en effet, « aux alentours de – 800… les Noirs eurent la mirifique idée » de « détourner le cours » du « Nil pour en faire le Nil actuel », ce qui « contribua pour une part à hâter le dessèchement du Sahara, alors florissant ». Note de l’Editeur.)
Avant de devenir un désert, le « Quart vide » était un plateau fertile, à travers lequel de grands cours d’eau sculptaient de larges et profondes vallées (93). Il y avait alors de hautes civilisations dans la péninsule. Les vestiges de quelques-unes d’entre elles sont littéralement ensevelis sous ce grand dessert. Cela a été confirmé par une équipe d’archéologues, d’explorateurs et de scientifiques de la NASA, qui a découvert en 1992 les vestiges de l’antique ville légendaire d’Ubar / Iram sous les sables du Rub al-Khali (94).
Ubar, appelée dans le Qoran Iram dhat al-‘Imād, « la cité des piliers » (89:67) fut un célèbre centre de commerce fabuleusement riche de 3000 avant J.-C. à 200 après J.-C. dans la zone connue aujourd’hui sous le nom de « Quart Vide » (95).
Les habitants de Ubar étaient, selon la tradition, une « tribu noire », la tribu de Âd, dont les derniers descendants sont aujourd’hui les Shahra et les Mahra (96). Entre 300 et 500 de notre ère, Ubar fut soudainement détruite. Selon la tradition musulmane, Ubar / Iram, conçue par Shaddad, le fils de Ad, comme une « imitation du Paradis », avait été effroyablement détruite par Dieu en guise de châtiment. Comme il n’y avait aucune trace de cette « cité perdue », que Lawrence d’Arabie surnomma l’« Atlantis des sables », les historiens modernes ont jugé qu’il s’agissait simplement d’une fable. Tout cela a changé en 1992. Les satellites de télédétection et les géoradars du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, guidés par des photographies prises par la navette spatiale Challenger en 1984, ont découvert les vestiges de cette cité perdue enfouie sous les sables du « Quart Vide » dans la région du Dhofar, au sud d’Oman. Les ruines se composent de murs de forme octogonale percés de huit niches logeant chacune un pilier de 9 mètres de haut. Tout indique que son sort fut vraiment effroyable : la ville tomba dans le gouffre qui se forma à la suite de l’effondrement du cratère calcaire qui se trouvait sous elle. Elle fut ensevelie dans le sable. Nicolas Clapp, à l’origine du projet d’exploration qui mena à la découverte de Iram / Ubar, explique : « La légende de Ubar atteignit son point culminant quand la ville « s’enfonça dans le sable ». C’est certain. Ubar ne fut ni brûlée ni saccagée, ni décimée par la peste, ni ébranlée par un séisme meurtrier. Elle s’effondra dans une caverne souterraine. Par rapport à tous les autres sites de l’ensemble du monde antique, Ubar connut une fin unique et particulière, une fin identique dans la légende et dans la réalité… Au début de nos recherches, nous ne pouvions imaginer que nous allions découvrir une réalité qui confirmerait dans une large mesure le mythe de la ville, mais… il semble que c’est ce que nous avons découvert. Qu’elle ait été provoquée par la vengeance divine ou les caprices de la nature, Ubar eut une fin terrible… Les couches géologiques, les tessons et la datation au carbone 14 ont donné… une nouvelle réalité à la prédication du prophète Muhammad (97). »
Que les habitants de Ubar étaient un peuple noir, comme le prétend la tradition, c’est là ce qui est confirmé par les données archéologiques. L’art rupestre du Rub al-Khali, daté du Ve au IIe millénaire avant notre ère, représente, selon l’archéologue de renom et ethnologue du Proche-Orient Emmanuel Anati, une population « éthiopienne » ou noire à la « tête ovale », un « peuple magnifiquement bâti, de haute stature, aux traits élégants, aux jambes fines et longues et aux formes et aux mouvements harmonieux » (98).
La découverte des ruines de Ubar / Iram sous les sables du Rub al-Khali devrait nous mettre en garde contre toute tentation de succomber à la « tyrannie du désert » en supposant que le climat et la réalité géomorphologiques actuels de l’Arabie infirme l’idée que la péninsule joua un rôle important dans les expérimentations des anciennes civilisations. D’ailleurs, les vestiges de Ubar / Iram ne constituent pas la seule preuve matérielle de l’existence d’une civilisation dans la péninsule (99). Par exemple, il y avait des villes fortifiées dans le sud-ouest de l’Arabie, de l’autre côté de la péninsule, au plus tard vers 4000 avant J.-C. (100). Bref, l’affirmation de J.R. Wellsted selon laquelle « l’Arabie fut parmi les premiers pays qui ressentirent les effets de la civilisation et… ce fut là que les premiers grands groupes d’hommes s’unirent pour se protéger mutuellement » ne peut pas être rejetée (101).

II. L’Afrabie, le Kusha Dwipa (le pays de Koush)

D’après une étude des « mythologies, des ruines (l’archéologie), des découvertes de la science linguistique et des grands récits de la tradition », John Baldwin conclut que « l’Éthiopie primitive n’était pas en Afrique ; le pays d’origine des Koushites ou Ethiopiens, le point de départ de leurs grands mouvements colonisateurs et civilisateurs, fut l’Arabie » (102).
« Aithiopia » est un terme grec qui signifie « le pays des hommes à visage brûlé ». Il est certain que les Grecs parlaient de deux Ethiopies, ou « pays des hommes à visage brûlé » : l’un à l’ouest de la mer Rouge en Afrique, l’autre à l’est de la mer Rouge, comme l’affirme Strabon (Géographie, I, 59) : « il y a bien effectivement deux nations d’Éthiopiens séparées l’une de l’autre par l’Océan… Que si, maintenant, il a plu aux modernes de restreindre le nom d’Ethiopiens aux seuls voisins de l’Égypte… ceci ne saurait réagir sur les opinions des Anciens… il saute aux yeux que les Éthiopiens se trouvent naturellement partagés en deux
groupes par le golfe Arabique. »
L’Ethiopie, ou « Koush », de la tradition hébraïque est plus délimitée géographiquement : c’est l’Arabie (104). Comme le précise Charles Foster dans son Historical Geography of Arabia, « En fait, comme le savent les lecteurs cultivés, les termes « Ethiopie » et « Éthiopiens » sont souvent substitués à « Koush » et « Koushites » dans notre version anglaise de l’Ancien Testament, tandis que la bible hébraïque a conservé le nom propre « Koush » ; et « Koush » y est systématiquement appliqué non pas à l’Ethiopie africaine, mais à l’Ethiopie asiatique, ou Arabie (105). » Le tableau biblique des peuples, en particulier Genèse 10: 7, qui dénombre les descendants des fils de Koush, retrace la descendance d’un Arabe et non celle d’une personne d’Afrique continentale (106) et, selon Fred V. Winnett, ces généalogies bibliques arabes « contiennent des informations de très grande valeur pour la reconstitution de l’histoire primitive de l’Arabie ». Il pense que ces généalogies reflètent la situation politique et tribale en Arabie au VIe siècle avant notre ère (107). Selon Jan Retsö, ces généalogies et d’autres références dans la Bible hébraïque constituent la « première tentative de description systématique des peuples vivant dans la péninsule (arabe) » (108) et ces peuples sont considérés comme des Koushites, des peuples à la peau noire (Jérémie 13:23) (109). En effet, les Koushites étaient l’ethnie dominante en Syrie-Palestine à la fin de VIIIe et VIIe siècles avant notre ère (110). Ceux-ci étaient sans doute des Syro-Palestiniens noirs. Comme le note Roger W. Anderson Jr., « Les Ethiopiens étaient probablement un peuple à la peau foncée ou à visage brûlé, un de ceux que nous classifierions aujourd’hui comme noirs » (111). William Foxwell Albright a établi l’existence d’une région ou d’une tribu du nom de Koush dans le sud de la Transjordanie au XIXe siècle avant J.-C. et d’un aKûšân-rom (« haut Koushan ») dans le nord de la Syrie, au XIIIe ou XIIe siècle avant notre ère (112). La tradition arabe elle-même fournit la preuve de l’existence d’un Koush arabe. Ibn al-Mujâwir dans son Tarikh al-Mustabir rapporte une tradition selon laquelle le sud de la Tihama (la plaine côtière désertique de la mer Rouge) s’appelait Koush (113).
Les plus anciens écrits géographiques en sanskrit, tels que les Puranas, désignent l’Arabie sous le nom de Kusha-dwipa, le pays de Koush, l’une des sept principales « péninsules » ou terres (Sapta-Dwipa) (114) Kusha-dwipa s’étend des rives de la Méditerranée et de l’embouchure du Nil à Sirhind, aux frontières de l’Inde ; en d’autres termes, c’est la péninsule arabique (y compris la Syrie à partir de l’embouchure du Nil, l’Arménie, le bassin du Tigre et de l’Euphrate) et la région située au nord du golfe Persique. L’Afrabie est le Kusha-dwipa. Dans une classification ultérieure qui se trouve dans le chapitre IV du livre I du Vishnu Purana, six sous-dwipas sont ajoutés, y compris un deuxième Kusha-dwipa, appelé Kusha-dwipa extérieur et mis en opposition avec le premier Kusha-dwipa, appelé Kusha-dwipa intérieur. Le deuxième Kusha-Dwipa, ou Kusha-Dwipa extérieur, est situé dans le Sancha-dwipa, à savoir l’Afrique, au-delà des détroits de Bab-el Mandeb (Haute-Egypte). Comme l’a expliqué le capitaine Francis Wilford, « Le Kusha-dwipa extérieur est l’Abyssinie et l’Ethiopie et les Brahmanes fournissent une explication assez plausible de son nom, en affirmant que les descendants de Kusha, obligés de quitter leur pays d’origine, qu’ils appelaient le Kusha-dwipa intérieur, migrèrent au Sancha-dwipa et donnèrent à leur nouvelle colonie le nom de leur ancêtre (Kusha) (115). »
Baldwin poursuit : « Tous les témoignages concordent sur le fait que ce Kusha-dwipa africain a été créé par une immigration de l’Arabie et des pays avoisinants… (116) » Ainsi, les Hébreux, les Indo-Aryens et les Grecs (?) décrivaient tous la même région comme étant l’Ethiopie primitive / le Koush primitif : la péninsule arabique ; ce qui confirme l’observation de Dana Marniche : « de même que l’Arabie était un prolongement de l’Ethiopie, l’Ethiopie était assimilée à l’Arabie (117). »

III. L’Afrabie, vagina gentium

Sir E. A. Wallis Budge, égyptologue et assyriologue, a observé dans The Gods of The Egyptians : « Il est surprenant de trouver… tant de similitudes entre les dieux primordiaux de Sumer et les dieux égyptiens, d’autant plus que la ressemblance ne peut pas être due à un emprunt… et nous sommes donc amenés à la conclusion que les Sumériens et les anciens Egyptiens tirèrent leur dieux primordiaux d’une source commune, mais extrêmement ancienne (118). » La similitude remarquable entre la civilisation sumérienne / mésopotamienne et la civilisation égyptienne a été fréquemment notée (119). Soulignant la contemporanéité et la qualité exceptionnelle de la poterie d’Obeïd (sumérienne) et de la poterie badarienne (égyptienne), Michael Rice fait remarquer : « Ce phénomène, si peu probable, d’autant que ces deux peuples apparemment très différents vivaient relativement loin l’un de l’autre, est l’un des plus curieux des premières phases de développement, plus ou moins simultanées, de l’Egypte et de Sumer… Les facteurs apparemment communs qui se manifestent en Egypte et à Sumer… sont trop nombreux pour ne pas justifier des spéculations sur la possibilité que ces deux civilisations aient une origine, sinon commune, du moins similaire (120). »
Les parallèles entre l’Egypte et l’Inde sont tout aussi remarquables. Comme le souligne Geeti Sen, « Ni les événements historiques, ni les courants interculturels ne peuvent expliquer les parallèles uniques dans les mythes et le symbolisme de l’Egypte ancienne et de l’Inde » (121). Paul William Roberts a supposé que l’Inde et l’Egypte, ainsi que Babylone et Israël, étaient les héritiers d’une civilisation disparue.
Cette civilisation doit avoir existé. Il y a de nombreuses similitudes entre les textes hiéroglyphiques et les textes védiques (Les Vedas sont composés de quatre livres : le Rigveda, le Yajurveda, le Sama-Veda et l’Atharva-Veda. « Des “vérités” de races non aryennes de nature tellurique et à la société matriarcale » se trouvent déjà dans le troisième livre du Rigveda. « … le style de la première péridoe védique fut étouffé par une prolifération tropicale et chaotique de mythes et de représentations religieuses populaires, de formes presque dévotionnelles soucieuses d’obtenir telle ou telle « renaissance » conformément aux croyances à la réincarnation ou à la transmigration qui, comme nous l’avons dit, s’étaient déjà infiltrées dans les mentalités hindoues les moins éclairées » (J. Evola, La Dottrina del Risveglio, Edizioni Mediterranee, Rome, 1995, p. 44, 46-47] ; ces « races non aryennes et à la société matriarcale » sont les Dravidiens. Note de l’Editeur), qui trouvent eux-mêmes écho, sous une forme un peu atténuée et d’une manière confuse, chez les auteurs des textes babyloniens et de l’Ancien Testament (122).
Rice suggère que la culture commune à partir de laquelle la civilisation sumérienne et la civilisation égyptienne ont évolué était arabe (123). Les Sumériens, les peuples qui bâtirent la merveilleuse civilisation des rives du Tigre et de l’Euphrate, étaient apparentés aux Dravidiens, à en juger par les restes squelettiques et la linguistique (124). Nous savons maintenant que ces Sumériens étaient originaires d’Arabie, comme nous le soupçonnions au début (125). Il y a tout lieu de penser que Dilmun, la « Terre Sainte archétypale », était le lieu d’origine des Sumériens (126).
Cette terre est l’Arabie orientale en général et (plus tard) Bahreïn en particulier (127). Comme le déclarent P.V. Glob et T.G. Bibly, « Bahreïn s’est avéré être la légendaire Dilmun mentionnée dans les textes cunéiformes de Sumer, le pont entre ce foyer principal de révolution urbaine et la civilisation de la vallée de l’Indus, dans ce qui est aujourd’hui le Pakistan (128). » Jusque vers 3000 avant notre ère, l’intérieur de l’Arabie était inhabitable. Dés le quatrième millénaire avant J.-C., Dilmun était un centre de commerce florissant (129. Il semble bien que par civilisation avancée l’auteur entende civilisation commerciale. Il n’est pas le seul à avoir ce point de vue. Ce point de vue n’est que celui du marchand ou de celui qui a une mentalité de marchand. Note de l’Editeur.) et la civilisation de Dilmun domina l’Arabie orientale jusqu’à environ 2000 avant notre ère. L’apogée de cette civilisation arabe orientale se situe au cours de la période de la culture de Dilmuk (troisième millénaire avant notre ère) et les restes des temples de Barbar témoignent encore aujourd’hui de l’existence de cet empire Koushite (130).
La dessiccation à laquelle finit par être soumise la péninsule arabique poussa probablement ces Koushites arabes à rechercher un environnement plus humide au Nord (131).
Comme l’explique Michael Rice, « Au sixième et cinquième millénaires avant notre ère et peut-être beaucoup plus tôt encore, il y avait, tout porte à le croire, une population importante dans l’est de l’Arabie et en particulier dans le quadrant sud-est de la péninsule… Il a été suggéré que les habitants de cette région étaient les ancêtres du peuple qui a fabriqué les poteries d’Obeïd… qui était probablement lui-même l’ancêtre des Sumériens. Ils étaient, selon toute probabilité, bien établis à la périphérie du Rub al-Khali et surtout dans ce qui est aujourd’hui le nord d’Oman. Mais, peu à peu… le climat commença à se détériorer et le désert, représenté dans la mythologie égyptienne par Set, le dieu de la confusion et le Seigneur de l’Est, avança vers des zones qui étaient auparavant en mesure de subvenir aux besoins d’une population d’hommes et d’animaux… les gens furent forcés de se déplacer, certains vers l’Est, puis le Nord, d’autres vers l’Ouest le long des rives des lacs, en voie d’assèchement. Ils atteignirent la mer Rouge ; un voyage vers l’Egypte attendait alors encore une fois les peuples du sud-est de l’Arabie (132). »
Nous reviendrons plus bas sur ceux de ces migrants arabes qui prirent la direction de l’Ouest pour atteindre le Nil. Quant à ceux qui se dirigèrent vers le Nord, ils apportèrent à Sumer une civilisation relativement avancée. George A. Barton écrit : « Certainement dès 3500 et peut-être dès 4000 avant J.-C., les Sumériens se frayèrent un chemin de la basse Mésopotamie jusqu’à la Babylonie du Sud… Le souvenir de leur arrivée se reflète dans le mythe de Oannes qui, d’après Bérose, enseigna aux hommes à construire des maisons, à cultiver la terre, à faire des lois et leur transmit toutes les autres connaissances utiles. Il est clair que les Sumériens étaient très civilisés à leur arrivée à Babylone; ils connaissaient les techniques de l’agriculture dès 3500 av. J.-C. ; ils étaient capables de fabriquer des objets d’or et d’argent dont le raffinement et la beauté ne se retrouvèrent en Egypte que plusieurs siècles plus tard ; ils savaient écrire ; Ils avaient inventé le principe de l’arc et du dôme ; et ils avaient inventé la roue et avaient des chars (133).
Carleton Coon a suggéré que, suite à la dessiccation que subit le Proche-Orient durant la période post-glaciaire, l’Arabie servit de « vagina gentium (« utérus des nations »), en libérant dans d’autres régions un grand nombre d’habitants qu’elle ne pouvait plus nourrir (134). Les Sumériens étaient ces migrants de l’intérieur de l’Arabie et la grandeur de la civilisation qu’ils établirent au bord du Tigre et de l’Euphrate témoigne du degré de compétence et d’avancement des Koushites arabes dans la haute antiquité ; les conclusions susmentionnées de Baldwin et Houston s’en trouvent ainsi confirmées. D’une importance particulière pour cette étude est le fait que la religion sumérienne dérive de celle des Koushites arabes (135).

IV. L’Afrabie, Ta-Neter

Nous avons vu que de nombreux faits établissent que Sumer et la Mésopotamie évoluèrent à partir d’une culture Koushite arabe. Qu’en est-il de l’Egypte ? R. Sayce et R. Peterson sont sûrs qu’au moins une partie de la population égyptienne était originaire d’Arabie : la tradition égyptienne antique souligne que la « terre divine » de l’Arabie heureuse est celle d’où ses principales divinités avaient migré… La « terre divine » était l’Arabie du Sud… La botanique… confirme la tradition selon laquelle les divinités non animistes de l’Egypte vinrent d’Arabia Felix (136).
L’opinion de Sayce et de Peterson est fondée sur le fait qu’ils identifient le légendaire pays de Pount, ou « Ta Neter », la « Terre Divine » – d’où, d’après certains textes égyptiens, les dieux et une race ancestrale sont issus – à l’Arabie (137). Rice aussi a présenté des arguments intéressants en faveur de l’identification de la « Terre divine » – au moins tel que décrite de manière allusive dans les Textes des Pyramides et dans les inscriptions du temple d’Horus à Edfou – à Bahreïn, la propre « Terre divine » de Sumer dans l’est de l’Arabie (138).
L’opinion qui avait cours dans le milieu universitaire à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, en grande partie à cause de la théorie de H. Brugsch (139), était que le pays de Pount des Egyptiens était situé dans le sud de l’Arabie. Le vent a tourné, cependant, avec la publication de la monographie de R. Herzog en 1968, « Punt » (Augustin, Glückstadt). D’après une étude de la flore et de la faune associées au pays de Pount, Herzog a conclu qu’il était situé en Afrique, dans la région du Haut-Nil, entre Atbara et la confluence du Nil Blanc et du Nil Bleu. Dans le milieu académique « L’hypothèse africaine » a été consolidée essentiellement par la longue suite d’arguments qu’a développée K.A. Kitchen en faveur de l’idée que le pays de Pount se trouvait dans la zone allant de la mer Rouge au Nil, à la latitude de Port Soudan et de Massawa (140). Les deux hypothèses ont des points forts et des points faibles et, en fin de compte, ne parviennent pas à faire justice à l’ensemble des documents relatifs à cette question. Tout d’abord, comme l’ont souligné à la fois Johannes Dümichen et Edouard Naville, tout indique qu’un pays de Pount existait bien des deux côtés de la mer Rouge (141). Ici, les recherches de Rodolfo Fattovich sont importantes. Il a démontré l’existence d’un circuit d’échange afro-arabe entre les peuples de la Corne de l’Afrique – y compris ceux des plaines éthiopo-soudanaises – et l’Arabie du Sud à partir du VIIe millénaire avant notre ère, circuit d’échange qui était solidement établi au IIIe-IIe millénaire (142). Il correspond au circuit commercial « pounto-égyptien » décrit dans certaines sources. Fattovich soutient donc que « Dans l’ensemble, les découvertes archéologiques dans la Corne et dans l’Arabie du Sud sont tout à fait compatibles avec la description générale que nous fournissent du Pount les sources égyptiennes » (143). En d’autres termes, le pays de Pount / Ta-Neter comprenait à la fois Afrique de l’Est et l’Arabie du Sud. On sait que les hautes terres de l’Ethiopie et du Yémen (l’Arabie du Sud) font partie d’une région plus vaste et sont étroitement liées du point de vue de la géographie, du climat, de la zoologie, de la botanique et de l’ethnologie et Christopher Edens et T.J. Wilkinson ont montré que le sud-ouest de l’Arabie à l’âge du bronze avait des liens étroits avec la Corne de l’Afrique (144).
Les thèses « africaines » de Herzog et de Kitchen sont fondées sur une sélection très limitée des documents relatifs à cette question (145). Dimitri Meeks, directeur de recherche à l’Institut français d’égyptologie, est l’auteur de l’étude la plus récente et la plus complète sur le sujet. Meeks s’appuie sur l’ensemble des sources primaires pour conclure : « Le pays de Pount, selon les Egyptiens, est situé – par rapport à la vallée du Nil – à la fois vers le Nord, près des pays de la région proche-orientale de la Méditerranée et aussi vers l’Est ou le Sud-est, tandis que ses plus lointaines frontières sont tout au Sud. Seule la péninsule arabique répond à toutes ces indications… L’hypothèse selon laquelle le pays de Pount était situé en Afrique repose sur des arguments extrêmement fragiles. Elle est contredite par de nombreux textes et est devenue un fait établi dans l’égyptologie parce que personne n’a pris en compte l’ensemble des éléments de preuve sur le sujet, indépendamment du lieu d’origine ou de la date. Lorsque tous les éléments de preuve sont assemblés, le caractère incohérent et peu plausible de cette hypothèse africaine devient évident. La seule façon de concilier toutes les données est de situer Pount dans la péninsule arabique (146. Passage retraduit de l’anglais. Note du Traducteur.). »
Mais la péninsule arabique s’étend vers l’Ouest au-delà la mer Rouge. Comme le montre David M. Goldenberg, « Aujourd’hui, la mer Rouge sépare deux terres distinctes, l’Afrique et l’Arabie. Mais, dans l’antiquité, on ne voyait pas les choses de cette façon. En effet, dans le monde de l’antiquité classique, d’Hérodote à Strabon, le terme « Arabie » désigne la région qui s’étend au delà de la mer Rouge jusqu’au Nil. Ce n’était pas la mer Rouge, mais le Nil, qui constituait la frontière entre l’Afrique et l’Asie… Ces sources grecques et romaines… comme les sources proche-orientales anciennes, indiquent que la mer Rouge ne saurait servir de frontière ethnique et que la terre située sur ses deux rives portait le même nom, que ce nom ait été « Arabie » dans les sources grecques ou « Koush » dans la Bible (147). »
L’identification de « Pount » avec l’ensemble de la péninsule arabique, y compris la partie qui est du côté africain de la Mer Rouge, plutôt qu’avec le seul sud de la péninsule, est compatible avec le sens de Ta-Neter, « Terre de Dieu ». Comme l’a souligné Abdel-Aziz Saleh, le terme désigne une région très étendue et signifie généralement « l’Orient », à savoir l’est de l’Egypte, aussi bien que le Nord-est et le Sud-est (148). C’est un synonyme du terme Akhit (« l’Extrême-Orient »), qu’il a fini par remplacer (149).
Comme le Pount était « sacré pour les Egyptiens, en tant que foyer de leur race » (150), au moins d’une certaine partie de leur race, il n’est pas surprenant de découvrir que les Koushites arabes constituaient une partie de la population prédynastique. Il ne s’agit pas de faire revivre la théorie de l’invasion d’une soi-disant « race dynastique » de l’Est (151) ; elle est maintenant rejetée à juste titre, car il n’y a aucune preuve d’une invasion militaire en Egypte à la période pré-dynastique (152) Il est également évident que la majorité de la population égyptienne était originaire d’Afrique australe (153). Il existe cependant des preuves génétiques et archéologiques importantes de migrations d’Asie occidentale (Afrabie).dans la vallée du Nil au début de la période pré-historique.

IV.1. La contribution arabe koushite (sémitique) à la genèse de l’Egypte

George Steindorff et Keith C. Seele ont proposé cette reconstitution de la genèse de l’Egypte en 1957 : « Vers 6000 avant J.-C., l’Egypte prit la même physionomie géographique que celle qu’elle présente aujourd’hui. Ses habitants, à en juger par leur langue, étaient issus d’au moins deux souches différentes… Il est probable que les peuples nilotiques affluèrent du Sud, tandis que, de l’Est, en passant par la péninsule du Sinaï ou en traversant la mer Rouge, vinrent les tribus sémitiques, qui leur firent don de l’agriculture. En quelques siècles, ces divers éléments se mêlèrent tellement qu’ils perdirent entièrement leur identité d’origine. Le résultat fut une nouvelle race – les Egyptiens – qui étaient destinés à donner naissance à la culture de la période historique (154).
L’autorité afrocentriste Yosef A.A. ben-Jochannan s’est élevé contre cette reconstitution historique dans son ouvrage important, The Black Man’s North and East Africa (1971), en affirmant au contraire : « Les premiers des envahisseurs étrangers en provenance d’Asie – les Hyksos – arrivèrent dans le nord du Kamit (Egypte) en conquérants. Avant cette période dans l’histoire de l’humanité, environ 1675 avant notre ère… rien ne suggère une migration importante de soi-disant « peuples sémites » d’Asie vers l’Afrique du Nord ou de l’Est (155). »
Ben-Jochannan répugnait à admettre une contribution « sémite » significative aux origines de la civilisation de la vallée du Nil (156). Et pour cause : lui, comme la plupart des spécialistes de ce sujet à l’époque, considérait les Sémites de l’Asie occidentale comme un groupe ethnique blanc et donc, à ses yeux, la thèse selon laquelle la civilisation de la vallée du Nil est redevable à une « invasion civilisatrice » de Sémites blancs de l’Est n’était qu’une autre version de l’idéologie raciste du « fardeau de l’homme blanc » (157). Cependant, les données actuelles imposent un réexamen de l’ensemble de la question d’après la reconstitution simpliste de Steindorff et de Seele, mais avec des modifications importantes. Pour commencer, les peuples sémitiques de l’antiquité, nous le savons maintenant, étaient un / des groupe(s) noirs. Le sémitisme se développa sans aucun doute chez les Africains qui migrèrent vers le Levant (158). Ben-Jochannan a donc raison de rejeter le mythe d’une Afrique du Nord sémitique blanche dans l’Antiquité, mais son assimilation des Sémites aux Caucasiens et les objectifs de cette assimilation sont anachroniques.
Ben-Jochannan a également raison de rejeter le mythe d’une invasion étrangère qui aurait stimulé la civilisation de la vallée du Nil (159). Comme indiqué ci-dessus, aucune invasion (s’entend de peuples sémitiques de l’Est. Note de l’éditeur.) n’est attestée à la fin de la période pré-dynastique de l’Egypte. Cependant, l’invasion militaire n’est pas la seule manière de rendre compte d’une présence sémitique dans la région avant l’unification et une présence sémitique, une présence sémitique noire (au moins une présence afrabe), y est désormais incontestable. S.O.Y. Keita, dans un certain nombre d’études minutieuses, a révélé que « Le peuplement de ce qui est aujourd’hui la vallée du Nil égyptien, à en juger par les données archéologiques et biologiques, fut apparemment le résultat d’une interaction complexe entre les Africains du Nord qui habitaient la côte, les Sahraouis « néolithiques », les chasseurs nilotiques et les proto-Nubiens riverains du Nil, jointe à une certaine influence et à une migration du Levant. Le manque d’homogénéité des premiers Egyptiens est ainsi considéré comme ayant été déterminé principalement à la période prédynastique par l’immigration de tous ces peuples en Egypte (160).
Keita note que les sources archéologiques et historiques témoignent de la « présence réelle » de Levantins / Moyen-Orientaux dans l’Egypte prédynastique (161). De même, Michael Rice admet que « la population à la base de la communauté égyptienne historique fut le produit de migrations de peuples cherchant des conditions plus favorables après la dégradation du climat du littoral d’Afrique du Nord et l’aridité croissante du désert d’Arabie » (162). Certains artefacts suggèrent un lien entre le Levant – la « patrie proto-sémitique » – et l’Afrique du Nord vers 7000-6500 avant J.-C. (163) et Toby Wilkinson a démontré que des « Asiatiques », des peuples du Levant, résidaient en Egypte au IVe millénaire (164). Les outils en silex et les logements souterrains de Maadi et la poterie distinctive de Buto indiquent la présence d’une communauté asiatique (noire) originaire du Levant en Basse-Egypte.
Les données paléoanthropologiques montrent que, vers 50000 – 45000 avant J.-C., des groupes migrèrent de la Corne de l’Afrique en Asie du Sud et qu’une migration en retour du Levant en Egypte eut lieu de 17500 à 13700 (165). Christy G. Turner II, archéologue de l’Université d’Etat d’Arizona, présente également les résultats des comparaisons diachroniques de la morphologie dentaire d’échantillons de l’Afrique du Nord et de l’Est et du Proche-Orient qui montrent une migration du Proche-Orient en Afrique du Nord et dans la vallée du Nil vers 10000-7000 avant J.-C. (166). Turner et ses collègues ont constaté un changement significatif de la fréquence des traits dentaires des populations d’Afrique du Nord entre la fin du pléistocène supérieur (il y a environ 10000 ans) et l’Holocène : une morphologie dentaire robuste et complexe caractéristique des « négroïdes » d’Afrique de l’Ouest fit place à une dentition proche-orientale simple similaire à celle des Natoufiens du Levant (167). Il en a été conclu que « la seule façon d’expliquer ces similitudes et ces différences était de postuler des flux génétiques importants et / ou une migration du sud du Levant dans la vallée du Nil à la fin du Pléistocène et au début de l’Holocène » (168). Bien que les études de Turner et de ses collègues confirment une augmentation significative (mais pas nécessairement une « migration préhistorique massive ») du Levant dans la vallée du Nil, elles ne confirment pas – comme Turner le pense – l’origine levantine de la branche de la langue afroasiatique (169). Shomarka Omar Keita du Centre national du génome humain de l’Université Howard, a examiné ces questions de migration, d’ethnogenèse au cours de la période prédynastique et d’origines afro-asiatiques par rapport aux données publiées du chromosome Y (170). Deux marqueurs du chromosome Y étudiés par Keita sont particulièrement importants : le M35, originaire d’Afrique orientale et très fréquent chez les locuteurs afro-asiatiques qui y habitent (koushitiques, égyptiens, berbères) et le M89, originaire du Proche-Orient et très fréquent chez les locuteurs sémitiques qui y habitent. Ces distributions, selon Keita, montrent que la branche afroasiatique est originaire de la « région M35 », de la Corne de l’Afrique à la vallée du Nil et au Maghreb et que la branche sémitique est issue d’un groupe ancestral afroasiatique qui migra vers la Syrie-Palestine avant le néolithique et s’y « sémitisa » (171).
L’étude de Keita apporte aussi la preuve d’une migration préhistorique en retour du Levant dans la vallée du Nil. Elle corrobore le résultat des études de Turner et de ses collègues ainsi que les données de la paléoanthropologie citées ci-dessus. Des échantillons égyptiens que Keita a examinés le M35 était clairement le marqueur dominant, ce qui suggère une affinité bio-culturelle entre les populations de la vallée du Nil et celles de l’Afrique de l’Est, plus au Sud. Cependant, les échantillons égyptiens de Keita ont également montré une fréquence importante du marqueur M89 : il était dominant dans deux échantillons égyptiens (172). Cela suggère une migration de porteurs du M89 du Proche-Orient dans la vallée du Nil. Plus récemment, Andrew Lancaster a réuni les données de l’archéologie, de la linguistique comparée et de la génétique des populations, qui indiquent que les porteurs du M35 et les locuteurs afroasiatiques étaient originaires de la Corne de l’Afrique et migrèrent vers le Nord, au Levant – où le sémitisme se développerait -, avant de refluer plus tard, toujours à la période préhistorique, vers l’Afrique du Nord (173). Donc, ces données provenant de diverses études convergent toutes pour indiquer qu’une partie des populations préhistoriques de la vallée du Nil est originaire d’Asie occidentale, c’est-à-dire l’Afrabie.

IV.1.1. Les Badariens et les Afrabes

Le fait que la population préhistorique de l’Egypte était originaire à la fois de l’« Afrique australe » et de l’« Asie orientale » se reflète dès la première culture de la Haute Egypte de la période prédynastique, la culture badarienne. Il ne fait aucun doute que le caractère agricole et pastoral de la culture badarienne, l’apparition de la poterie peinte et du cuivre, ainsi que certaines conceptions idéologiques importantes, comme, par exemple, celles qui sont relatives à la Grande Mère ou au pouvoir de procréation, ont pour origine le Moyen-Orient… D’autres éléments indiquent cependant que tout cela a pour origine l’Afrique. Cette dualité culturelle… coïncide avec la dualité biologique avérée de la population (174). Les 600 et quelques tombes « riches » qui furent excavées de 1924 à 1929 par la British School of Archeology dans la région d’El-Badari sur la rive est du Nil témoignent de la culture badarienne de la Moyenne-Egypte (175). Les tests de thermoluminescence les datent de 5000 à 4000 (176) avant notre ère (177). Les Badariens étaient un peuple très cultivé et civilisé, « portant témoignage d’une société complexe et technologiquement avancée » (178). Leur poterie, particulièrement fine et inégalée par les Egyptiens des siècles suivants, prouve qu’ils avaient acquis la maîtrise de la pyrotechnie (179). La culture badarienne est particulièrement importante en ce qu’elle constitue la Urgemeinde (« protocommuniré »), à partir de laquelle l’Egypte dynastique évolua. (180).
Bien que certaines des premières études biométriques qui ont été faites de la communauté badarienne aient conclu à son homogénéité (181), ceux qui ont tiré cette culture du sable ont clairement indiqué que sa population était hétérogène (182). La communauté semble avoir été constituée en deux types fondamentaux : le gracile et le robuste (183). La plupart des Badariens étaient petits (environ 1,50 m) et leur système musculaire était peu développé (184). « En fait, a déclaré l’anatomiste Grafton Elliot Smith, « leurs os suggèrent une grâce efféminée et la fragilité » (185). « Les os des Badariens sont tellement féminins, nous informe Brenda N. Stoessiger, qu’il est extrêmement difficile d’identifier leur sexe, leur crâne ayant un aspect fragile et féminin » (186). Leur crâne est, nous dit-on, un étrange mélange de traits « caucasiens » et « négroïdes » (187). Il est long et étroit (dolichocéphale) et « ne correspond absolument pas au visage large caractéristique du nègre » (188). Les cheveux sont ondulés ou droits (euplocomes ou euthycomes), « jamais crépus » (189). D’autre part, le nez est large (platyrrhine) et la mâchoire inférieure fait saillie au-devant de la supérieure (prognathe), ce qui donne à ce type « une apparence plus globalement nègre » (190). En outre, le petit corps du Badarien a une anatomie africaine « négroïde », voire « hyper-négroide » ou tropicale (191). Cet ensemble de caractéristiques indique clairement un type dolichocéphale (192), en particulier la variété orientale de ce type. Plusieurs commentateurs ont noté sa ressemblance avec le type indien (dravidien) (193). Il est donc certain que ces proto-Egyptiens ne sont pas les Twa ou Bushmen, comme le pensaient Sir E. A. Wallis Budge et d’autres (194).
Ce type « gracile » coexistait avec un type plus massif, plus robuste (195). Certains individus atteignaient 1 m 80 ; certains étaient forts et musclés (196). Alors qu’il n’était qu’une minorité, ce type peut avoir représenté un quart de la population badarienne (197). Eugen Strouhal, dans son étude de 117 crânes badariens, a découvert que 24 étaient de type dolichocéphale gracile « pur » (qu’il désigne par les termes désuets et trompeurs d’« europoïde » et de « méditerranéen »). 84 (80,3%) étaient d’origine mi europoïde mi-négroïde », donc un mélange typiquement badarien : tête longue et étroite d’une part et nez large et mâchoire saillante de l’autre. Quatorze crânes se révélèrent de type robuste (6) ou « purement » négroïde (8), à savoir de type brachycéphale. L’examen (198) de Strouhal d’un certain nombre de crânes portant des cheveux a produit cinq échantillons qui ont été casés dans la variété ériocome, (« laineux »), ce qui, selon lui, témoigne de « l’influence négroïde sur les Badariens » (199). Donc, conclut-il, « l’existence d’une composante négroïde (lire: de type brachycéphale) parmi les Badariens est anthropologiquement tout à fait fondée » (200). Strouhal est donc convaincu que les Badariens sont la « preuve ultime » du contact biologique préhistorique entre le type dolichocéphale asiatique et le type brachycéphale africain dans la vallée du Nil (201).
D’autre part, S.O.Y. Keita voit les deux types comme des variétés africaines indigènes qui furent « unies très tôt par une culture naissante commune » (202). Il est possible de réconcilier ces deux positions, en reconnaissant l’Afrabie, c’est-à-dire le statut de la péninsule arabique de l’extrémité nord de l’Afrique.
Si Keita a certainement raison de voir le type dolichocéphale et le type brachycéphale comme des variétés africaines indigènes (203), il va trop loin en affirmant que « les données de l’anthropologie physique, de l’archéologie et de la linguistique n’indiquent pas que les premiers peuples de la vallée du Nil aient une origine extérieure à l’Afrique » (204). Cette affirmation est certainement vraie pour la plupart des peuples historiques qui convergeront pour former l’ancienne race égyptienne ; elle n’est vraie pour tous les peuples que si nous utilisons la définition plus large, plus naturelle de l’Afrique, qui comprend l’Afrabie. La déclaration mesurée de Toby Wilkinson est sans doute plus appropriée : « des données récentes suggèrent qu’il est temps de réévaluer l’étendue et la nature des premiers contacts de l’Egypte avec le reste du Proche-Orient. A partir de la période prédynastique, des étrangers… semblent s’être installés en Egypte… Il semble de plus en plus probable que, au cours du IVe et au début du IIIe millénaire avant notre ère, la Méditerranée orientale en général et la région du delta du Nil, le nord du Sinaï et le sud de la Palestine en particulier, furent le théâtre d’un mélange important de personnes et d’idées… Les étrangers et les cultures étrangères peuvent, après tout, avoir joué un rôle dans le développement de la civilisation égyptienne… L’image générale que l’archéologie donne de l’Egypte n’est pas celle d’une civilisation isolée. Au contraire, il semble y avoir eu beaucoup de contacts – à la fois directs et indirects – entre les peuples du Proche-Orient ancien, à toutes les époques (205). »
Tout indique que la culture badarienne était composée d’« Asiatiques » noirs et d’Africains. Les poteries polies et les hameçons en coquille qui caractérisent cette culture ont été rapprochés de ceux de la culture néolithique de Khartoum (206). Le type robuste et fortement négroïde qui caractérisait les membres de cette dernière culture (207) pourrait donc expliquer la présence d’un élément négroïde robuste parmi les Badariens. D’autre part, le lien des Badariens avec l’Asie occidentale est encore plus important (208). L. Krzyzaniak situe le foyer de ces Badariens enturbannés en Asie du Sud-ouest, en insistant sur le fait que le polissage caractéristique des poteries badariennes était pratiqué vers 4500 avant J.-C. à Jéricho, Byblos, dans le sud de l’Anatolie et dans le nord de la Mésopotamie (209). Le blé, l’orge et le lin trouvés dans les colonies badariennes viennent d’Asie de l’Ouest, comme, sans doute, le mouton, la chèvre, le cuivre et la Grande Mère, tous associés à cette culture d’Asie de l’Ouest (210). Comme le dit James Mellaart, « Ni les ancêtres sauvages du blé, de l’orge, etc., ni ceux des moutons et des chèvres (contrairement aux bovins et aux porcs) ne sont originaires d’Afrique du Nord et leur présence en Egypte est artificielle et est due à l’homme… L’Asie de l’Ouest contribua donc au développement de l’Egypte (211). » De même, les Badariens adoraient le dieu Set, qui était considéré comme « le Seigneur de l’Asie et des terres à l’est de l’Egypte » (212).
Les données montrent au moins partiellement que (213) « C’est en Asie et non en Afrique ou en Europe que nous devons chercher l’origine des Badariens » ; c’est probablement le cas pour une partie d’entre eux ; une partie de la population badarienne venait sans doute du sud de l’Afrique. Il faut souligner que ce qui est suggéré ici n’est pas une « migration de masse » ou une « colonisation de la vallée du Nil par une communauté d’origine étrangère », perspectives qui « (dénient) une évolution in situ et une culture indigène à l’Afrique saharienne et subsaharienne » et, en fait, « désafricanisent une partie de l’Afrique, en raison de théories de l’évolution dépassées » (214). Les données montrent clairement que l’Egypte historique évolua à partir d’une culture issue principalement d’Afrique australe qui absorba une culture plus petite du nord-est de l’Afrique, à savoir la culture afrabienne. C’est l’archéologue et linguiste Peter Bellwood qui résume tout cela le mieux : « Il est remarquable que rien ne prouve que la vallée du Nil ait été habitée par des agriculteurs jusqu’à environ 5500-5000 avant J ;-C., date à laquelle une économie agropastorale y fut introduite, avec la poterie, à partir du sud-est asiatique… Quand des agriculteurs pénétrèrent pour la première fois dans la vallée du Nil vers 5500 avant J.-C., d’autres peuples, qui fabriquaient des poteries, cultivaient le sorgho sauvage et, selon certaines autorités, élevaient du bétail, vivaient déjà à Nabta Playa et Bir Kiseiba, dans le désert occidental de l’Egypte, depuis peut-être 3000 ans, du moins lors des phases périodiques et brèves de climat plus humide que connut cette région… Au milieu de l’Holocène, la dessiccation du Sahara et le recul de la mousson d’été les poussèrent finalement à abandonner pratiquement Nabta Playa et d’autres localités de l’oasis vers 4000 avant J.-C., ce qui pourrait les avoir conduit à se réfugier en masse dans la vallée du Nil, où les peuples du Sahara auraient rencontré et se seraient mélangés avec les descendants de la population du sud-ouest asiatique néolithique à laquelle est due l’introduction de la tradition agricole du sud-ouest asiatique dans la vallée du Nil environ 1500 ans plus tôt. Le mélange qui en résulta fut plus tard à l’origine de l’une des civilisations les plus remarquables de l’ancien monde, une véritable synthèse de l’Orient et de l’Afrique (215). Il est à noter encore une fois que l’ensemble des acteurs de ce drame historique était des peuples noirs.

VI.1.2. L’Afrabie et les Anu

L’historien de l’art James E. Brunson a assimilé la culture amratienne (Nagada I), qui naquit de la culture badarienne, à celle de la race historique des Anu (216). Qu’il ait tort ou raison, les Anu, découverts par l’égyptologue français Émile Amélineau (217), sont considérés comme la race autochtone ou « primitive » de l’Egypte, les « premiers habitants noirs de l’Egypte » (218). Selon Amélineau, les Anu étaient une race méridionale qui descendit peu à peu vers le Nil, au bord duquel ils bâtirent des villes fortifiées : Esnéh, Erment, Qouch et Héliopolis (219). Ils étaient un peuple d’agriculteurs qui élevaient d’immenses troupeaux le long du Nil. Il est significatif qu’il soit considéré comme le fondateur de la civilisation égyptienne.
Nous pouvons dire sans crainte de nous tromper qu’il est l’auteur de la plupart des livres égyptiens, Le Livre des Morts et les Textes des Pyramides et, par conséquent, tous les mythes ou les enseignements religieux égyptiens et presque tous les systèmes philosophiques connus à l’époque et qui sont encore appelés égyptiens. Les Anu connaissaient évidemment les métiers nécessaires à toute civilisation et les outils nécessaires à la pratique de ces métiers. Ils savaient comment utiliser les métaux, au moins les métaux élémentaires. Ils furent les premiers à s’essayer à l’écriture, car l’ensemble de la tradition égyptienne attribue cet art à Thot, le grand Hermès, un Anu, comme Osiris, appelé Ounennéfer au chapitre XV du Livre des Morts et dans les Textes des Pyramides. Les Anu connaissaient sans doute déjà les principaux arts, comme en témoignent l’architecture des tombes d’Abydos – en particulier le tombeau d’Osiris – et les objets qui ont été trouvés dans les sépultures, qui portent l’empreinte caractéristique de ce peuple (220).
Ceci est remarquable, étant donné que les Anu n’étaient pas la race « pharaonique » de l’Egypte dynastique. En fait, ils étaient les ennemis vaincus de celle-ci. Comme le fait remarquer Flinders Petrie, la tribu d’Horus (la race dynastique), dont l’emblème était l’Epervier, était « l’ennemi naturel des Anu, la tribu dont l’emblême était Seth » (221). Alors que Petrie a cherché le foyer de la race conquérante en Elam (Perse), Bruce Williams et James E. Brunson ont présenté de solides arguments en faveur de l’identification de ce groupe avec la civilisation nubienne antérieure de Ta-Seti (222). Ainsi, l’histoire de la « conquête dynastique » est celle de la conquête d’un groupe noir (les Anu) par un autre (les Nubiens) (223). Et, selon Amélineau, « La conclusion à tirer de ces considérations est que les Anu conquis guidèrent plus ou moins leurs conquérants dans la voie de la civilisation et des arts » (224).
D’où vint cette « ancienne race » de l’Egypte prédynastique ? Amélineau pensait qu’elle était originaire d’Afrique australe. En revanche, R.H. Hall a suggéré que les Anu étaient une race « protosémitique » qui était entrée dans la vallée du Nil à partir de la péninsule arabique à travers l’isthme de Suez (225). Drusilla Dunjee Houston a également suggéré que « les anciens habitants de l’Arabia Petraea étaient les Anu de l’ancienne race de l’Egypte »
(226) et Cheikh Anta Diop décrit « l’Arabie Pétrée comme la terre des Anu, les noirs qui fondèrent Oun nord (Héliopolis) dans les temps historiques » (227). Certains témoignages indiquent qu’ils étaient originaires d’Arabie. Pline l’Ancien rapporte que Héliopolis (Oun, la ville des Anu) fut fondée par les Arabes. Diop objecte que les Arabes sémites « mulâtres » ne sont apparus que plus tard sur la scène de l’histoire et que, selon d’autres sources, Héliopolis / Oun fut fondée par les Anu, un peuple noir (228). Mais cette objection à la remarque de Pline manque de force, dans la mesure où les premiers Arabes ne sont pas les Sémites mulâtres de l’histoire ultérieure, mais un peuple koushite, comme démontré ci-dessus. Nous n’avons aucune raison de supposer que les fondateurs de la ville dont parle Pline n’étaient pas ces « Arabes » noirs, ces vrais Arabes. Le profil et la coiffure des Anu représentés sur les murs de Tera-Neter rappellent le profil et la coiffure des Koushites asiatiques représentés sur la tombe de Shabataka, XXVe dynastie.
Il est également significatif que les Anu semblent avoir été décrits comme « rouges », tandis que leurs conquérants nubiens étaient décrits comme noirs. Petrie attire l’attention sur un certain nombre de représentations d’hommes noirs surmontant des hommes « rouges », qui ont été reliés à la fête dynastique commémorant le « massacre des Anu » (229). Si la race conquérante était les Nubiens de Ta-Seti, comme cela semble probable, il est logique qu’ils aient été représentés comme des hommes noirs. Mais pourquoi les Anu furent-ils représentés comme des hommes « rouge » (230) ? Dana Reynolds, anthropologue perspicace, a trouvé la réponse : « Les premières populations du désert de l’Arabie et de l’Afrique étaient pour la plupart issues d’Africains qui semblent avoir connu un développement physique spécial, ayant vécu dans les régions chaudes et sèches de la dernière période de l’âge de la Pierre. Un grand nombre d’Arabes et d’Africains au physique érythréen… se rencontrent souvent dans des zones où les températures montent au-dessus de 50 degrés. Ils ont tendance à être très minces et à avoir des os graciles et des membres fins. La peau, bien que brun foncé ou brun-noir, tend à avoir une forte teinte rougeâtre, qui serait due aux pressions écologiques de l’environnement dans lequel ils vivaient… Ces caractéristiques… sont maintenant attribuées, par certains biologistes et généticiens des populations, au fait que les Africoïdes durent s’adapter à une époque reculée à certains facteurs écologiques spécifiques, y compris le passage à une alimentation néolithique et la vie dans un habitat chaud et sec (231). »
Cela tendrait à montrer que les Anu n’étaient pas une race équatoriale (c.-à-d. les Twa) et, d’autre part, l’habitat qui devint celui de l’Arabie suite à la dessiccation qu’elle avait subie correspond certainement le mieux aux caractéristiques écologiques relevées par Reynolds. Le nom même de « Anu » semble aussi indiquer qu’ils étaient originaires d’Arabie. James E. Brunson a fourni des preuves documentaires de la présence de peuples « Anu » à Sumer et en Inde, désignés par les « trois piliers » caractéristiques, comme en Egypte (232). Nous rappelons que les Sumériens étaient originaires de l’est de l’Arabie et racontent leur migration vers le Nord dans le mythe de l’homme-poisson civilisateur, Oannes qui est lié au terme de « Anu » (233). Cela signifie que les « Anu » sumériens étaient un groupe de l’est de l’Arabie. Les liens des Anu avec l’Inde sont corroborés par des données linguistiques et génétiques indiquant que les Dravidiens entrèrent dans le nord de l’Inde du Moyen-Orient / de l’Asie de l’Ouest / l’Afrabie (234). Voici donc probablement ce qui se passa : un groupe d’Arabes de l’Est (Anu) migra vers le Nord et y devint les Sumériens. Certains d’entre eux continuèrent leur route vers l’Inde. Un autre groupe se déplaça vers l’Ouest et atteignit la vallée du Nil. Ce lien entre l’Egypte, l’Arabie et l’Inde explique sans doute que, à diverses périodes, toutes trois portèrent les mêmes noms : Ethiopie, Inde et Arabie, chacun appliqué à toutes les trois de façon interchangeable (235). Comme l’a établi Philip Mayerson, les auteurs byzantins postérieurs au IVe siècle appliquent indistinctement le nom d’« Inde » aux Sudarabiques, aux Éthiopiens et aux Indiens du sous-continent (236). Il ne fait aucun doute que c’est dans ce contexte aussi que nous devons comprendre et accepter l’observation suivante de Grafton Elliot Smith : « L’hypothèse la plus probable est que les Arabes et les proto-Egyptiens sont issus d’une seule et même souche, dont les deux branches, qui vivent dans des territoires séparés par la mer Rouge, avaient définitivement acquis leur propre structure, leurs propres coutumes et leurs propres croyances, bien avant l’aube de la période dite prédynastique en Egypte… la linguistique… selon de nombreux spécialistes, arrive à une conclusion similaire (237). »
A. Sayce et R. Peterson ajoutent : « Par leur couleur (rouge foncé), leur forme et leurs caractéristiques (graciles), les habitants du Pount arabe ressemblaient aux habitants de l’Egypte (238). » Au moins à certains des habitants de l’Egypte.

Wesley Muhammad, Black Arabia & the African Origin of Islam, LUSHENA BOOKS Incorporated, 2009, chap. I et 2, traduit de l’américain par B.K.

(1) Chancelor Williams, The Destruction of Black Civilization: Great Issues of a Race From 4500 B.C. to 2000 A.D., Third World Press, Chicago, 1987, p. 23. Pour une étude critique importante, mais relativement peu connue, de cet ouvrage d’un point de vue afro-américain musulman, voir Ameen Mohammed Yasir, Afrocentricity, Minus al-Islam, Cheats… Exposing the conspiracy to rob African Americans of their most precious heritage, Dawahvision, Los Angeles, 1994.
(2) Runoko Rashidi, “Africans in Early Asian Civilizations: A Historical Overview”, in Runoko Rashidi et Ivan Van Sertima (éd.), African Presence in Early Asia, Transaction Publishers, New Brunswick 1999, p. 28 sq.
(3) Sir Arthur Keith note aussi : « tous les observateurs sont d’accord pour reconnaître une différence profonde entre l’Arabe du Nord et l’Arabe du Sud. » (Sir Arthur Keith et le Dr Marion Wilton Krogman, “The Racial Characters of the Southern Arabs”, in Bertram Thomas, Arabia Felix, Across the ‘Empty Quarter’ of Arabia,:Charles Scribner’s Sons, New York, 1932, p. 305). Henry Field a suggéré que l’ethnographie arabe actuelle est le résultat du mélange de deux souches de base distinctes: la souche méditerranéenne / eurafricaine dolichocéphale (crâne allongé) à la peau foncée et la souche arménoïde brachycéphale (crâne court) à la peau claire. (“The Ancient and Modern Inhabitants of Arabia”, The Open Court (1932), p. 854 [art.= 847-869]. Voir aussi Bertram Thomas, “Racial Origin of the Arabs”, in idem, The Arabs: The life-story of a People who have left their deep impress on the world”, Thorton Butterworth Ltd., Londres 1937, p.353-359 ; C.G. Seligman, “The Physical Characters of the Arabs”, Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 47 (1917), p. 214-237.
(4) Voir aussi la description du Baron von Maltzan de l’Arabe du Sud (“Geography of Southern Arabia”, Proceedings of the Royal Geographical Society of London, 16 [1872], p. 121 [art = 115-123.] : « Leur teint est presque aussi noir que celui des Abyssins; leur corps est très délicatement formé, leurs membres sont fins, mais néanmoins robustes ; leur visage a des traits sémites, nez aquilin en général, yeux pleins de feu, lèvres petites et bouche de toutes petites proportions. Ils sont généralement minces, jamais gros ; ils ont peu ou pas de barbe, leurs cheveux sont longs, mais bouclés, pas crépus. »
(5) Le major-général Maitland, Preface to Wyman Bury’sThe Land of Uz, Macmillan & Co., Ltd., Londres 1911, p. xiii sq.
(6) Sur ces tribus, voir J.E. Peterson, “Oman’s diverse society: Southern Oman”, The Middle East Journal,58 (printemps 2004), p. 254 sqq ; Encyclopedia of Islam [2e éd. ; désormais EI 2], t. 6, p. 81-84, voir l’article « Mahra », W.W. Müller ; Bertram Thomas, “Among Some Unknown Tribes of South Arabia”, Journal of the Royal Anthropological Institute, 59 (1929), p. 97-111 ; Pour des photos de ces Arabes du Sud à la peau noire, voir plus loin D. Van der Meulen, “Into Burning Hadhramaut”, The National Geographic Magazine, 62 (1932), p. 393-421 ; Richard F. Nyrop (éd.), The Yemens Country Studies, The American University, Washington D.C , 1985, p. 5-7 ; Sir Arthur Keith et Dr. Wilton Marion Krogan, “The Racial Characteristic of the Southern Arabs”, in Thomas, Arabia Felix, en regard, p.327, 330, en regard, p. 333.
(7) L’Arabe du Sud noir d’aujourd’hui est petit et « extrêmement brachycéphale » (Henry Field, “Racial Types From South Arabia”, The Open Court 50 [1936], p. 33-39), mais était sans doute à l’origine beaucoup plus grand et dolichocéphale. Au XIIIe siècle de notre ère, le voyageur musulman Ibn al-Mujāwir décrit les Mahra comme « un peuple grand et beau » (Tarikh al-Mustabsir, 271.1.17 ; trad. par G. Rex Smith, in A Traveller in Thirteenth-Century Arabia: Ibn al-Mujāwir’s Tārīkh al-mustabsir [Ashgate, Londres, 2008], p. 268-69) et les crânes découverts dans l’Hadramaout, datés d’une époque qui se situe bien avant le début de l’ère chrétienne, sont nettement dolichocéphales (G.M. Morant, “A Description of Human Remains Excavated by Miss G. Gaton Thompson at Hureidha”, in G. Caton Thompson, The Tombs and Moon Temple of Hureidha (Hadhramaut) [Reports of the Research Committee of the Society of Antiquaries of London, # 8, University Press, Oxford, 1944], p. 107-112) ; Scott, High Yemen, 200 sq. Il a été suggéré que le « changement net » de la constitution raciale du peuple de l’Hadramaut résulte de croisements avec des envahisseurs brachycéphales blancs (arménoïdes ou perses, voir ibid ; Jivanji Jamshedji Modi, “The Physical Character of the Arabs: Their Relations with Ancient Persians”, Anthropological Society of Bombay 7 (1919), p. 724-68 ; Keith and Krogan, “Racial Characteristic”, p. 301-333) ; Keith et Krogan, “Racial Characteristic”, p. 301-333 ; Major R.E. Cheesman suggéra dès 1925 que les Mahra étaient des vestiges de la première civilisation de l’Arabie (“The Deserts of Jafura and Jabrin”, Geographical Journal 65 (1925), p. 125.
(8) “West Arabia and the Red Sea”, Official Report: Naval Intelligence Division (juin 1946), p. 365-66 ; Hugh Scott, In the High Yemen, John Murray, Londres, 1942, p. 202-203 ; Keith et Krogan, “Racial Characteristic”, p. 327; Thomas, “Racial Origin”, p. 359 ; Bertram Thomas, Anthropological Observations in South Arabia”, Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 62 (1932), p. 83-103 ; Henry Field, “The Arabs of Iraq”, American Journal of Physical Anthropology 21 (1936), p. 49-56 (53) ; Carleton Stevens Coon, The Races of Europe, The Macmillian Company, New York, 1939, p. 402-03, 411, 429. L’Encyclopedia Britanica [The Encyclopedia Britanica, t. 46, voir l’article « Arabia »].énumère dix témoignages littéraires, linguistiques, culturels et ethnologiques d’un lien entre les Arabes du Sud et l’Afrique. D’autre part, Sir Arthur Keith est convaincu que « Souvent, les caractéristiques des Arabes les plus négroïdes sont des dérivés de l’Inde dravidienne plutôt qu’un héritage de l’Afrique hamitique ». Sir Arthur Keith, “Arabs in Central Iraq: Introduction”, in Henry Field, “Arabs of Central Iraq: Their History, Ethnology, and Physical Characters”, The Field Museum of Natural History, Chicago, 1935, p. 14. Henry Field a même suggéré que « les Dravidiens et les Arabes ont en eux l’héritage d’une souche commune -. héritage qui a été conservé davantage par les indigènes de l’Inde que par les peuples de l’Arabie ». Sir Arthur Keith, op. cit., p. 27.
(9) Certains milieux anthropologiques ont entrepris des recherches sur le « pont » reliant les branches orientale et occidentale de la « ceinture noire », à savoir une phase transitoire entre la race dravidienne de l’Inde et l’éthiopienne de l’Afrique. La similarité qui a été remarquée depuis longtemps entre les deux indique l’existence d’un gradient génétique continu. Ce « pont » serait constitué par les montagnards de l’île de Socotra au large des côtes de l’Arabie du Sud. Les anciens habitants de Socotra, qui avaient des racines sud-arabes, sont semblables au type racial veddo-dravidoide de l’Inde, selon Vitaly V. Naumkin (Island of the Phoenix, an Ethnological Study of the People of Socotra, trad. par Valery A. Epstein, Ithaca Press Reading, 1993) qui note que « Socotra et peut-être toute l’Arabie du Sud peut après tout être le chaînon intermédiaire manquant du gradient génétique racial que les anthropologues recherchent entre l’« Orient » et l’« Occident », afin de trouver un lien unissant les négroïdes africains et les types australo-veddo-mélanésiens de la zone équatoriale » (p. 67).
(10) Keith et Krogan, “Racial Characteristics”, p. 320 sq. Voir également Henry Field, “Racial Types from South Arabia”, The Open Court, (1936), p. 33-39 ; Sir Harry H. Johnston, The Negro in the New World, 1910, 2e éd. 1969, Johnson Reprint Corporation, New York, 25 sq ; Percy Sykes, History of Persia, Routledge and Kegan Paul, Londres, 1969, p. 51.
(11) The African Origin of Civilization, Lawrence Hill & Company, Westport, 1967, p. 164.
(12) Voir Oric Bates, The Eastern Libyans, 1914 ; Frank Cass & Co. Ltd., 1970, p. 39 : « Le type hamitique pur d’origine semble être celui des Berbères du Sahara – un type grand, mince, dolichocéphale et foncé (brun) ; cheveux noirs ou brun foncé, lisses ou ondulés ; dolichocéphale, orthognathe (profil facial rectiligne) ; nez légèrement aquilin ou droit ; yeux noirs et perçants, assez écartés ; bouche bien définie ; système capillaire facial peu développé ; mouvements généralement lents et dignes ».
(13) Voir en particulier Dana Reynolds-Marniche, “The Myth of the Mediterranean Race”, in Ivan Van Sertima (éd.), Egypt: Child of Africa, Transaction Publishers, New Brunswick et Londres, 1994, p. 109-125 ; Wyatt MacGaffrey, “Concepts of Race in the Historiography of Northeast Africa”, Journal of African History, VII 1 (1966), p. 1-17.
(14) Keith W. Crawford, “The Racial Identity of Ancient Egyptian Populations Based on the Analysis of Physical Remains”, in van Sertima, op. cit., p. 55-56 [art.=55-73].
(15) Reynolds-Marniche, op. cit., p. 110 ; sur le type brachycéphale et le type dolichocéphale considérés comme des peuples indigènes africains, voir aussi S.O.Y. Keita, “Studies in Ancient Crania from Northern Africa”, American Journal of Physical Anthropology 83 (1990), p. 35-48 ; idem, “Further Studies of Crania from Ancient Northern Africa: An Analysis of Crania From First Dynasty Egyptian Tombs, Using Multiple Discriminant Functions”, American Journal of Physical Anthropology 87 (1992), p. 245-254 ; J. Hiernaux, The People of Africa, Charles Scribner’s Sons, New York, 1975.
(16) Les mesures cranio-faciales de près de 2000 spécimens récents et préhistoriques originaires des grandes zones géographiques de l’Ancien Monde ont indiqué que les anciens Asiatiques occidentaux et les anciens Africains se ressemblaient. Voir Tsunehiko Hanihara, “Comparison of Craniofacial Features of Major Human Groups”, American Journal of Physical Anthropology 99 (1996), p. 389-412.
(17) P. Molesworth Sykes et all ont suggéré que « la race dravidienne s’étend(ait) de l’Inde au Shatt-al-Arab » (“Anthropological Notes on Southern Persia”, Journal of the Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 32 [1902], p. 343). Les données génétiques indiquent que les Dravidiens de l’Inde sont originaires d’Asie de l’Ouest (Partha P. Majumder, “Ethnic Populations of India as seen from an evolutionary perspective”, Journal of Bioscience 26 [2001], p. 541).
(18) In Maurizio Tosi, “The Emerging Picture of Prehistoric Arabia”, Annual Review of Anthropology 15 (1986), p. 462 [Art = 461-490]. Voir aussi J. A. Rodgers, Sex and Race: Negro-Caucasian Mixing in All Ages and All Lands, vol. I, The Old World, Helga M. Rogers, St. Petersburg [Fl.] 1967, p. 95 : « Arabia n’est qu’un prolongement de l’Afrique » ; William H. Worrell, A Study of Races in the Ancient Near East, W. Hiffer & Sons Ltd., Cambridge, 1927, p. 6 : « L’Afrique géologique comprend cette partie de l’Asie que nous appelons maintenant la Mésopotamie, la Palestine et la Syrie… l’Arabie et le désert syrien ne sont que le prolongement des grands déserts d’Afrique du Nord. »
(19) Maurizio Tosi, op. cit., 462. Voir aussi D.T. Potts, The Arabian Gulf in Antiquity, vol. I : From Prehistoric to the Fall of the Achaemenid Empire, Oxford University Press, Oxford, 1990, p. 9 : « Durant la période précambrienne… l’Arabie faisait partie de l’Afrique ».
(20) Encyclopedia Britannica, voir l’article « Arabian Desert » [en ligne]. http://www.britannica.com/EBchecked/topic/31610/Arabian-Desert. Consulté le 12 février 2009.
(21) Maurizio Tosi, op. cit., p. 476.
(22) Ali A. Mazrui, Euro-Jews and Afro-Arabs: The Great Semitic Divergence in World History, University Press of America, Lanham, 2008, p. 140.
(23) Mazrui, op.cit., chap. 7.
(24) « The Lower Paleolithic of the Arabian Peninsula: Occupations, Adaptations, and Dispersals”, Journal of World History 17 (juin 2003), p. 73 [Art = p. 144-179].
(25) Norman M. Whalen et David E. Peace, “Early Mankind in Arabia”, ARAMCO World 43 (4) [1992], p. 20, 23, infra. Sur la colonisation de l’Asie occidentale par l’Afrique, voir Ofer Bar-Yosef, “Early colonizations and cultural continuities in the Lower Palaeolithic of western Asia”, in Michael D. Petraglia et Ravi Korisettar (éds.), Early Human Behaviour in Global Context: The Rise and Diversity of the Lower Palaeolithic Record, Routledge, Londres, 1998, p. 221-279.
(26) P. Andrews, WR Hamilton et P.J. Whybrow, “Dryopithecines from the Miocene of Saudi Arabia”, Nature 274 (1978), p. 249-51 ; Potts, op. cit., p. 11.
(27) Potts, op. cit., p. 16
(28) Michael Rice, The Archaeology of the Arabian Gulf, Routledge, Londres et New York, 1994, p. 69.
(29) Richard Gray, “African tribe populated rest of the world” [en ligne] http://www.telegraph.co.uk/science/science-news/5299351/African-tribe-populatedrest-of-the-world.html. Consulté le 25 juillet 2009.
(30) Sur le développement de l’homme moderne dans le Proche-Orient, voir Erik Trinkaus, “Western Asia”, in Fred H. Smith (éd.), The Origin of Modern Humans: A World survey of the Fossil Evidence, Alan R. Liss, New York, 1984, p. 251-293 [Art = p. 287].
(31) P. A. Underhill et al ont effectué des recherches génétiques sur les polymorphismes de la partie non recombinante du chromosome Y (NRY) suggérant que la diversité humaine actuelle peut être attribuée à une migration hors d’Afrique au Moyen-Orient vers 50000-45000 avant J.-C. De là, après s’être adaptés pendant environ 5000-10000, ces groupes se répandirent vers l’Europe du Nord, l’Est de l’Inde et l’Asie du Sud-est et l’Ouest (de l’Afrique ?) (Les conclusions des recherches de P.A. Underhill et al. ont été réfutées depuis – ce qui ne signfiie naturelleent pas, il ne faut pas perdre de vue ce point, que des migrations d’hominidés hors d’Afrique ne se soient pas produites aux époqués indiquées. Voir, par exemple, Steven Strong, DNA Evidence Debunks the “Out-of-Africa” Theory of Human Evolution [en ligne]. http://wakeup-world.com/2013/12/16/dna-evidence-debunks-the-out-of-africa-theory-of-human-evolution. Consulté le 7 novembre 2014. Note de l’Editeur.) ; P.A. Underhill et al, “The Phylogeography of Y chromosomes binary haplotypes and the origins of modern human populations”, Annals of Human Genetics 65 (2001), p. 43-62. Voir aussi J.R. Luis et al, “The Levant versus the Horn of Africa: Evidence for Bidirectional Corridors of Human Migrations”, American Journal of Human Genetics 74 (2004), p. 532 ; Bernard Vandermeersch, “The Near Eastern Hominids and the Origins of Modern Humans in Eurasia”, in Takeru Akazawa, Kenichi Aoki et Tasuku Kimura (éds.), The Evolution and Dispersal of Modern Humans in Asia, Hokusen-sha, Tokyo, 1992, p. 29.
(32) Whalen et Peace, “Early Mankind in Arabia”, p. 20, 23. Sur la migration de l’Ethiopie au sud de l’Arabie, puis vers le Nord, au Levant, voir O. Bar-Yosef, “Pleistocene connexions between Africa and Southwest Asia:an archaeological perspective”, The African Archaeological Review 5 (1987), p. 29-38 [Art = p. 30-31].
(33) St. Clair Drake, Folks Here and There, 2 vol., Center For Afro-American Studies University of California, Los Angeles, 1987, p. 121 sq : « Bien qu’il existe de bonnes raisons de croire que l’homo habilis et les autres hominidés africains avaient la peau noire, les plus anciens fossiles humains ne répondent pas aux caractères anthropométriques des nègres, ni, d’ailleurs, à ceux d’aucune autre variété de l’homme moderne. Quant à savoir où et quand le type nègre est apparu avec la couleur de peau, les traits de visage, la forme de lèvres et le type de cheveux qui lui sont propres… l’anthropologie physique moderne n’a aucune réponse certaine… La plupart des anthropologues ont tendance à penser que le type physique nègre est apparu tard dans le processus de l’évolution en Afrique, variété d’un type humain plus général, probablement à la peau foncée. » S.O.Y. Keita a souligné que la morphologie stéréotypée négroïde, le type brachycéphale, représente en fait « le point extrême d’une microévolution, qui ne doit pas être considéré comme un type idéal, de la même façon que les groupes de blonds très orthognathes d’Europe du Nord représentent une limite ultime. » (“Studies of Ancient Crania”, p. 44) [Sortie du contexte évolutionniste où elle est faite, cette remarque est intéressante. Note de l’Editeur.].
(34) U. P. Upadhyaya, “Dravidian and Negro-African (Ethnic and Linguistic Affinities)”, in K.P. Aravaanan (éd.), Dravidians and Africans, University of Dakar, Dakar, 1997), p. 45 sq.
(35) Henry Field a fait remarquer que « la péninsule arabique fut autrefois occupée par un peuple mi-somalien, mi-dravidien » (Ancient and Modern in Southwestern Asia, University of Miami Press, Coral Gables [Fl], 1956, p. 113).
(36) Bertram Thomas, The Arabs, Thornton Butterworth LTD., Londres, 1937, p. 355 sq.
(37) Sur les Kassites, voir D.T. Potts, “Elamites and Kassites in the Persian Gulf”, JNES 65 (2006): p. 111-119 ; W. Sommerfeld, “The Kassites of Ancient Mesopotamia: Origins, Politics and Culture”, in J.M. Sasson (éd.), Civilizations of the Ancient Near East, vol. 2 (New York, 1995), p. 917 sqq ; Pierre Lombard, “The Occupation of Dilmun by the Kassites of Mesopotamia”, in Bahrain, the Civilization of the Seas: From Dilmun to Tylos, Paris, 1999, p. 122-125.
(38) Histoire ancienne des Phéniciens, Lévy, Paris, 1890, p. 260-261 ; Diop, The African Origin of Civilization: Myth Or Reality, p. 123-125.
(39) Sur les civilisations des Arabes musta ‘riba, voir Gus W. Van Beck, “The Rise and Fall of Arabia Felix”, Scientific American 221 (1969), p. 36-48.
(40) Voir, par exemple, Dr Jivanji Jamshedji Modi, “The Physical Character of the Arabs: Their Relations with Ancient Persians”, Anthropological Society of Bombay 11 (1919), p. 724-768.
(41) Ces Sabéens « blancs » sont sans aucun doute les successeurs (et usurpateurs) des Sabéens « noirs ».
(42) J’ai utilisé ici la traduction de Tariq Berry, The Unknown Arabs: Clear, Definitive Proof of the Dark Complexion of the Original Arabs and the Arab Origin of the so-called African Americans, Maroc, 2002, p. 9.
43 Reynolds, “African Heritage”, p. 105.
44 Jared Diamond et Peter Bellwood, “Farmers and Their Languages: The First Expansions”, Science 300 (2003), p. 597-603 ; idem, “Response”, Science 306 (2004), p. 1681 ; Werner Vycichl, “The Origin of the Hamito-Semitic Languages”, in Herrmann Jungraithmayr et Walter W. Müller (éds.), Proceedings of the Fourth Internation Hamito-Semitic Congress (Marburg, 20-22 septembre 1983), John Benjaminus Publishing Company, Amsterdam et Philadelphie, 1987, p. 109-121 ; Alexander Militariev, “Home for Afrasian:African or Asian”, in Cushitic and Omotic Languages: Proceedings of the Third International Symposium (Berlin, 17-19 mars 1994), Berlin, 1994, p. 13-32 ; “Evidence of Proto-Afrasian Cultural Lexicon (1. Cultivation of Land. II. Crops. III. Dwelling and Settlement)”, in Hans G. Mukarovsky (éd.), Proceedings of the Fifth International Hamito-Semitic Congress (Vienne, 1990), I., p. 73-85.
(45) John Huehnergard, “Afro-Asiatic”, in Roger D. Woodard (éd.), The Ancient Languages of Syria-Palestine and Arabia, Cambridge University Press, Cambridge, 2008, p. 225 ; Christopher Ehret, S.O.Y Keita et Paul Newman, “The Origins of Afroasiatic”, Science 306 (2004), p. 1680-1681 ; Carleton T. Hodge, “Afroasiatic: The Horizon and Beyond”, in Scott Noegel et Alan S. Kaye (éd.), Afroasiatic Linguistics, Semitics, and Egyptology: Selected Writings of Carleton T. Hodge, CDL Press, Bethesda, Maryland, 200, p. 64 ; M.L. Bender, “Upside Down Afrasian”, Afrikanistische Arbeitspapiere 50 (1997), p. 19-34 ; Christopher Ehret, Reconstructing Proto-Afroasiatic (Proto-Afrasian): vowels, tone, consonants, and vocabulary, University of California Press, Berkeley, 1995, p.487 ; Joseph H. Greenberg, « African linguistic classification », in Joseph Ki-Zerbo (éd.), General History of Africa, vol. 1: Methodology and African Prehistory, University of California Press. Berkeley et Los Angeles, 1981, p. 292–308. Sur la querelle entre les partisans de l’origine africaine de l’afroasitique et ceux de son origine asiatique, voir Daniel P. Mc Call, “The Afroasiatic Language Phylum: African in Origin, or Asian?”, Current Anthropology 39 (1998), p. 139-143.
(46) Voir, par exemple, Gregorio del Olmo Lete, Questions of Semitic Linguistics. Root and Lexeme: The History of Research, CDL Press, Bethesda [Maryland], 2008, p. 115 ; Edward Lipiński, Semitic Languages: Outline of a Comparative Grammar, Peeters en Departement Oosterse Studies Publisher, Louvain, 1997, p. 42-43; A. Murtonen, Early Semitic, E.J. Brill, Leiden, 1967, p. 74.
(47) “Earliest Semites in Asia”, Altorientalische Forschungen 8 (1981), p. 23-70..
(48) Igor M. Diankonoff, “The Earliest Semitic Society”, Journal of Semitic Studies 43 (1998), p. 209-219.
(49) George Aaron Barton, Semitic and Hamitic Origins: Social and Religious, University of Pennsylvania Press, Philadelphie, 1934, p. 8.
(50) George A. Barton, “The Origins of Civilization in Africa and Mesopotamia, Their Relative Antiquity and Interplay”, Proceedings of the American Philosophical Society 68 (1929), p. 303-312. « Comme beaucoup de phénomènes linguistiques que les Hamites et les Sémites ont en commun apparaissent dans les langues hamitiques sous une forme plus primitive que dans les langues sémitiques, la théorie qui satisfait aux faits est que la race hamito-sémitique est originaire d’Afrique du Nord et de la région du Sahara et que, à une époque très reculée – disons de 10 000 à 8000 avant J.-C., ou même plus tôt, certaines de ces souches émigrèrent en Arabie, probablement du Sud par le détroit de Bab-el-Mandeb, d’où elles se propagèrent dans la péninsule au cours des millénaires suivants. Comme l’Arabie était soumise à la dessiccation, ainsi que l’Afrique du Nord, elles furent forcées de migrer progressivement dans toutes les directions à la recherche de subsistance. Ce fut sous cette pression que, par migration et par mélange avec d’autres races, les différents peuples sémitiques de l’histoire autres que les Arabes se formèrent ».
(51) Peter Bellwood, First Farmers: The Origin of Agricultural Societies, Blackwell Publishing, Oxford, 2005, p. 209.
(52) Sur les Natoufiens de la Palestine, voir Margherita Mussi, “The Natufian of Palestine: The Biginnings of Agriculture in a Palaeoethnological Perspective”, Origini 10 (1976), p. 89-107 ; Sir Arthur Keith, “The Late Palaeolithi Inhabitants of Palestine, Proceedings of the First International Congress of Prehistoric and Protohistoric Sciences (Londres, 1-6 août 1932), Oxford University Press, 1934, Londres, p. 46-47 ; F.J. Los, “The Prehistoric Ethnology of Palestine”, Mankind Quarterly 7 (1966), p. 53-59. Sur la morphologie du squelette natoufien, voir également A. Belfer-Cohen, L.A. Schepartz et B. Arensburg, “New Biological Data For the Natufian Populations In Israel”, in Ofer BarYosef et François R. Valla (éds.), The Natufian Culture in the Levant, International Monographs in Prehistory, 1991, p. 411-424. Les anciens Égyptiens eux-mêmes décrivaient également les Syro-Palestiniens comme ayant « les cheveux noirs, le teint brun et des traits sémitiques » (Frank J. Yurco, “Were the Ancient Egyptians Black or White”, BAR 15 (septembre-octobre 1989), p. 26. Sur les populations noires du Levant, voir aussi Charles S. Finch III, “African and Palestine in Antiquity”, in Runoko Rashidi and Ivan Van Sertima (edd.), African Presence in Early Asia, Transaction Publishers, New Brunswick, 1999, p. 186-196. Sur les Koushites de Transjordanie du deuxième millénaire avant notre ère, voir ci-dessous n. 110.
(53) Witold Tyloch, “The Evidence of the Proto-Lexicon for the Cultural Background of the Semitic Peoples”, in James et Theodora Bynon (éds.), Hamitico-Semitica, Mouton, La Haye, 1975, p. 55-60..
(54) Philip Curtin, Steve Feierman, Leonard Thompson, Jan Vansina, African History, Little Brown and Co, Boston, 1978, p. 121 ; Grover Hudson, “Language Classification and the Semitic Prehistory of Ethiopia”, Folia Orientalia 18 (1977), p. 119-166 ; Reynolds, “African Heritage”, p. 101.
(55) Rodolfo Fattovich, “The Afro-Arabian circuit:contacts between the Horn of Africa and Southern Arabia in the 3rd – 2nd millennium B.C.”, in Lech Krzyzaniak, Michal Kobusiewicz et Karla Kroeper, Interregional Contacts in the Later Prehistory of Northeastern Africa, Poznan, 1996, p. 395 ; R. Hertzron, Ethiopic Semitic, Manchester University Press, Mancheter, 1972) ; E. Ullendorff, The Semitic Languages of Ethiopia, Londres, 1955.
(56) “Notes on Egypto-Semitic Etymology”, American Journal of Semitic Languages and Literatures 34 (1918), p. 81.
(57) Aaron D. Rubin, An Outline of Comparative Egypto-Semitic Morphology, Egyptian and Semito-Hamitic (Afro-Asiatic) Studies, Brill, 2004, p. 454-486. Voir aussi Carleton T. Hodge, “An Egyptian-Semitic Comparison”, Folia Orientalia 17 (1976), p. 5-28 : « Les groupes linguistiques connus sous le nom de sémitique, égyptien, tchadique et berbère sont génétiquement liés, car ils proviennent d’une proto-langue commune… L’égyptien… est étroitement lié au sémitique. » Ainsi, le lien entre le sémitique et l’égyptien ancien n’est pas « superficiel », comme l’a suggéré Brunson, Predynastic Egypt: Before the Unification. An African-centric View, Dekalb, Illinois, 1991, p. 67.
(58) John D. Baldwin, Pre-Historic Nations, Harper & Brothers, Publishers, New York, 1869, p. 78. La liste de Baldwin diffère un peu de celle que nous avons ici. Pour une liste différente, voir EI-2, t. 10, p. 359, voir l’article « Tasm », W.P. Heinrichs. Siur ces diverses tribus et leurs lieux de résidence, voir al-Abarī, Ta’rikh al-rusul wa-al-muluk, vol. II, édité et traduit par William M. Brinner, in The History of al-Abarī: The Prophets and the Patriarchs, State University of New York Press, New York, 1986.
(59) EI-2, t. 10, p. 359, voir l’article « Tasm », W.P. Heinricks.
(60) Voir Philip Hitti, History of the Arabs, Macmillan, Londres, 1970), p. 32.
(61) Al-Abarī, History, p. 13 sq.
(62) Ibid.. 17 sq.
(63) Voir en particulier Berry, op. cit., p. 64.
(64) Ibn Manzur, Lisān al arab, IV, p. 245 sq ; voir aussi Edward William Lane, Arabic English Lexicon, Williams & Norgate, Londres, 1863, I, p. 756.
(65) Ibid., IV, p. 245-66. Al-Jahiz, Fakhr as Sûdân àla al-Bîdân, p. 207. Voir aussi Ignaz Goldziher, Muslim Studies (Muhammedanische Studien), 2 vol., Allen & Unwin, Londres, 1967, vol. 1, p. 268, qui note que, contrairement aux Perses, qui sont décrits comme roux ou à la peau claire (a mar) les Arabes se décrivent eux-mêmes comme noirs.
(67) Cantique, 1:5.
(68) Jan Retsö, The Arabs in Antiquity: Their History from the Assyrians to the Umayyads, Routledge Curzon, Londres et New York, 2003, p. 530. Sur le fait que « les rabbins considéraient que l’Arabe avait la peau foncée », voir plus loin David M. Goldenberg, The Curse of Ham: Race and Slavery in Early Judaism, Christianity, and Islam (Jews, Christians, and Muslims from the Ancient to the Modern World), Princeton University Press, Princeton, 2005, p. 122-24
(69) La racine verbale de Qedar, q-d-r, signifie « être noir ». Comme nous l’apprend Marvin Pope, « La racine qdr contient l’idée de noirceur » (Song of Songs: A New Translation with Introduction and Commentary, The Anchor Bible, Doubleday and Company, Garden City, NY, 1977, p. 319). Voir aussi Tremper Longman III, Song of Songs, William B. Eerdman’s Publishing, Grand Rapids, Michigan et Cambridge, 2001, p. 97. Qedar est lié à la racine arabe kh-r, d’où dérive akhar « de teinte noirâtre tirant sur le vert, teint noir ». Voir Jaroslav Stetkevych, Muhammad the Golden Bough: Reconstructing Arabian Myth, Indiana University Press, Bloomington et Indianapolis, 1996, p. 73.
(70) Restö, op. cit., p. 530.
(71) Sur ce sujet, voir Berry, op. cit., chap. 10 ; Reynolds,“African Heritage”, p. 93-99.
(72) John De Saint-Jorre, “Pioneer Photographer of the Holy Cities”, Saudi Aramco World (janvier-février 1999), p. 45.
(73) John Lewis Burckhardt, Travels in Arabia, comprehending an account of those territories in Hadjaz which the Mohammedans regard as sacred, 2 vol., H. Colburn, Londres, 1829, I, p. 385.
(74) Austin Henry Layard, Early Adventures in Persia, Susiana and Babylonia: Including a Residence Among the Bakhtiyari and Other Wild Tribes Before the Discovery of Nineveh, 2 vol., John Murray, Londres, 1887, I, p. 32.
(75) J.A. Loader, “The Concept of Darkness in the Hebrew Root RB/ RP”, in I.H. Eybers et al (éds.), De Fructu Oris Sui. Essays in Honour of Adrianus van Selms, E.J. Brill, Leiden, 1971, p. 99-144.
(76) Ibid., p. 107.
(77) Jan Restö, dans son étude de l’étymologie du terme « arabe », n’a pas considéré cette possible étymologie sémitique commune (“The Earliest Arabs”, Orientalia Suecana 38-39 (1989-1990), p. 131-139 ; idem, Arabs in Antiquity, p. 105-113.
(78) Cité dans une interview de Jeff Mortimer, “Language of the Desert”, Michigan Today (printemps 1997) [en ligne]. http://www.ns.umich.edu/MT/97/Spr97/mta8s97.html. Consulté le 30 juillet 2009.
(79) George Mendenhall, “Arabic in Semitic Linguistic History”, JAOS 126 (2006), p. 22-3.
(80) Cité dans Samuel Marinus Zwemer, Arabia: The cradle of Islam: studies in the geography, people, and politics of the peninsula, with an account of Islam and mission-work, éd. Revue, Anderson & Ferrier, Oliphant, 1912, p. 240. Les sémitisants du XIXe et du début du XXe siècle identifiaient pratiquement l’arabe avec le proto-sémitique. Cela est dû à l’évolution extrêmement conservatrice de l’arabe. Ainsi, Hitti (op. cit., p. 8) suggère : « La langue (l’arabe), bien qu’elle soit la plus jeune parmi le groupe sémitique du point de vue de la littérature, a, néanmoins, conservé plus de particularités de la langue mère sémitique, y compris l’inflexion, que l’hébreu et ses autres langues sœurs. Elle nous offre donc la meilleure clé pour l’étude des langues sémitiques. » Cette position, si elle ne doit pas être abandonnée, doit être modifiée, en raison des données récentes. L’arabe est en effet la plus conservatrice du point de vue de la phonétique et de la dérivation : il aurait conservé presque l’ensemble phonétique original de l’arabe du Sud et de l’ougaritique. Ainsi, pour le catalogue le plus complet possible du lexique proto-sémitique, il faudrait toujours commencer par le dictionnaire arabe. Du point de vue de l’histoire sémantique, toutefois, l’arabe est plutôt novateur en raison des grandes étendues géographiques parcourues et des cultures absorbées au cours de la période de l’empire islamique. Voir del Olmo Lete, Questions of Semantic Linguistics, p. 114-115 ; Federico Corriente, “The Phonemic System of Semitic from the Advantage of Arabic and its Dialectology”, Aula Orientalis 23 (2005), p. 187-194 ; idem, “On the Degree of Kinship Between Arabic and Northwest Semitic”, AIDA 5, Proceedings (Càdix, 2003), p.187-194.
(81) The Anchor Bible Dictionary, éd. David Noel Freedman et al, 6 vol., Doubleday, New York, 1992, p. 815, voir l’article « Midian », George E. Mendenhall.
(82) David Goldenberg, op. cit. , p. 28. Voir aussi Restö, op. cit., p. 139.
(83) Selon Goldenberg, op. cit., p. 54, « Les peuples du Nord-Ouest de l’Arabie (Madian) sont appelés Koushites ».
(84) Sir Harry H. Johnston (1858-1927) a ainsi noté : « A ce jour, des peuples noirs de très petite taille survivent dans l’Extrême-Orient – les Samang dans la forêt de la péninsule malaise et les Aetas aux Philippines. Il y a des traces du passage d’un peuple négroïde à Sumatra et à Bornéo, sur l’île de Timor et manifestement en Nouvelle-Guinée… La population actuelle des Îles Salomon, de la Nouvelle Irlande et des Nouvelles-Hébrides ressemble beaucoup plus à une population négroïde par ses caractéristiques physiques ; en fait, c’est la plus semblable aux nègres africains de tous les peuples d’Asie ou d’Océanie. Les nègres asiatiques semblent également être entrés en Australie de la Nouvelle-Guinée et avoir traversé de part en part ce continent pour atteindre la péninsule de Tasmanie, puis… Il y a un élément (mélanésien) négroïde aux îles Fidji et à l’Ouest jusqu’à l’archipel d’Hawaii et parmi les Maoris de Nouvelle-Zélande ; dans une bien moindre mesure, en Birmanie, dans l’Annam, à Hainan, à Formose, aux îles Riu-Kiu et dans le sud du Japon… » (The Negro in the New World, 1910 ; Johnson Reprint Corporation, New York, 1969, p. 25 sq). Voir aussi Percy Sykes qui a écrit dans History of Persia (Routledge and Kegan Paul, Londres, 1969, p. 51: « Il y a quelques années au cours de mes voyages, j’ai été étonné par la peau extrêmement foncée des populations de Baskakird et de Sarhad, régions montagneuses très reculées situées près du Baloutchistan. Il se peut donc que tout le pays ait été peuplé par des négritos… qui ont ensuite probablement longé la rive nord du golfe Persique jusqu’à l’Inde et leurs descendants ont survécu dans ces régions reculées… »
(85) Godfrey Higgins, Anacalypsis, 2 vol., 1836 ; A & B Books Publishers, New York, 1992, vol. 1, p. 51 sqq ; George and Henry Rawlinson, History of Herodotus, 4 vol., John Murray, Londres, 1858, vol. 1, p. 650 ; Baldwin, op. cit. ; François Lenormant, Ancient History of the East, 2 vol., J.B. Lippincott & Co., Philadelphie, 1871, vol. 1, p.58 ; Comte Alam G. de Gurowski, America and Europe, Books For Libraries Press, New York, 1857, 175 sq ; Rodgers, op. cit., p. 263-264.
(86) Baldwin, op. cit., p. 49.
(87) Drusilla Dunjee Houston, Wonderful Ethiopians of the Ancient Cushite Empire, Black Classic Press Reprint, Baltimore, 1985, p. 120..
(88) Sur eux, voir EI-2, t. 2, 169, voir l’article « Ad », F. Buhl ; EI-2, t. 10, p. 436, voir l’article « Thamūd », Irfan Shahīd ; al-Abari, op. cit., p. 28-47.
(89) A.P. Caussin de Perceval, Essai sur l’histoire des Arabes avant l’Islamisme, pendant l’époque de Mahomet, Didot, Paris, 1847, p. 7 ; Baldwin, op. cit., p. 78 sq. Voir aussi Diop, op. cit., p. 123 sq ; Houston, op. cit., p. 114. Voir aussi Dana Marniche, “When Arabia was Eastern Ethiopia (4e partie)” ; « Le clan Samudayt des Mahra, duquel decendirent les Tsamud ou Thamud, était, selon la tradition, les deuxièmes
Ad ou les vestiges des Adites, dont le pouvoir s’était étendu autrefois de Sanaa au Yémen à la Syrie et l’Egypte ». http://www.africaresource.com/rasta/sesostris-the-great-the-egyptian-hercules/whenarabia-was-eastern-ethiopia-part-4-by-dana-marniche. Consulté le 14 février 2009. François Lenormant (The Beginnings of History According to the Bible and the Traditions of Oriental Peoples, Sampson Low, Marston, Searle, and Rivington, Londres, 1885) fait remonter la descendance de Ad à Ham, l’ancêtre présumé des populations noires du monde, la tradition islamique classique a préféré faire descendre Ad de Sem (al-Abari, op. cit., p. 18), bien que l’ancienne généalogie hamitique ait été rappelé dans les Mille et Une Nuits. Les Adites et les Ethiopiens y étaient identifiés et reliés aux enfants noirs de Ham (Modern Library edition, p. 444, 465).
(90) Wifred H. Schoff, The Periplus of the Erythræan Sea, Longmans, Green, and Co., New York, 1912, p. 141 sq.
(91) Nicholas Clapp, The Road to Ubar: Finding the Atlantis of the Sands, Mariner Books, Boston et New York, 1999, p. 221.
(92) D.T. Potts, op. cit., vol. I : From Prehistory to the Fall of the Achaemenid Empire, 2 vol., Claredon Press, Oxford, 1990, p. 16 sq.
(93) H.A. McClure, “Al Rub’ Al Khali”, in S.S. Al-Sayari et J.G. Zötl, Quaternary Period in Saudi Arabia, Vienne et New York, 1978, vol. I, p. 84 ; J. McCorriston et al, “Holocene Paleoecology and Prehistory in Highland Southern Arabia”, Paléorient 28 (2002), p. 64.
(94) John Noble Wilford, “On the Trail From the Sky: Roads Point to a Lost City”, New York Times, VOL. CXLI, p. 5, février 1992. A1 ; Runoko Rashidi, “Research Notes. Ancient Cities Beneath the Arabian Sands: Ubar and Saffara Metropolis”, in Rashidi et Sertima, African Presence, p. 312-313.
(95) EI-1, t. 3, p. 519-520, voir l’article « Iram dhāt al-`imād », A.J. Wensink ; EI-2, t. 13, p. 1270, voir l’article « Iram », W. Montgomery Watt.
(96) Clapp, op. cit., p. 98, 139.
(97) Ibid., p. 203, 259, 262.
(98) Emmanuel Anati, Rock-Art in Central Arabia, vol 1: The “Oval-Headed” People of Arabia, Louvain et Leuven, 1968, p. 180.
(99) Christopher Edens et T.J. Wilkinson, “Southwest Arabia During the Holocene: Recent Archaeological Developments”, Journal of World Prehistory.
(119) Michael Rice, Archeology ; Potts, Arabian Gulf;The Temple Complex at Bahrain Barbar–A Description and Guide, Ministry of Information, Bahrain, 1990 ; Juris Zarins et al, “Preliminary Report on the Archaeological Survey of the Riyadh Area”, ATLAL 6 (1982), p. 25-37 ; idem, “Rajājil-A Unique Arabian Site from the Forth Millennium B.C.”, ATLAL 3 (1979), p. 73-77 ; Nabih Amin Faris, The Antiquities of South Arabia, Princeton University Press, Princeton, 1938 (Cette note, numérotée « 119 », a manifestement été mal placée. Note de l’Editeur.)
(100) Edens et Wilkinson, « Southwest Arabia during the Holocene: Recent archaeological developments », Journal of World Prehistory 12 (1), p. 92.
(101) J.R. Wellsted, Travels in Arabia, F.R.S, Indian Navy, I, p. 355.
(102) Baldwin, op. cit., p. 21.
(103) Sir E. Wallis Budge écrit : « Il semble certain que les historiens et les géographes classiques appellaient toute la région de l’Inde à l’Egypte, les deux pays inclus, « Ethiopie » et que, en conséquence, ils considéraient tous les peuples à la peau foncée ou noire qui y habitaient comme éthiopiens. Il est fait mention d’Ethiopiens de l’Est et d’Ethiopiens de l’Ouest et il est probable que les Orientaux étaient des Asiatiques et les Occidentaux des Africains. » (E.A. Wallis Budge, A History of Ethiopia, Nubia and Abyssinia (According to the Hieroglyphic Inscriptions of Egypt and Nubia and the Ethiopian Chronicles, 2 vol., Methuen, Londres, 1928 ; republié à Oosterhout, Pays-Bas, en 1966 en un volume par Anthropological Publications, p. 2). Voir également J.W. Gardner, “Blameless Ethiopians and Others”, Greece and Rome 24 (1977), p. 185-193.
(104) Godfrey Higgins, Anacalypsis, 2 vol., A & B Books, New York, 1836, 1992, I, p. 52
(105) Charles Forster, Historical Geography of Arabia, Duncan et Malcolm, Londres, 1844, p. 12. Voir aussi Fritz Hommel, The Ancient Hebrew Tradition, Society for Promoting Christian Knowledge, Londres, 1897, p. 315, qui note : « Koush est une désignation biblique connue de l’Arabie centrale. » Hommel a théorisé que le Koush arabe et le Koush nord-africain (Nubie) étaient des colonies d’Elam, le Koush primitif. Ces Koushites élamites « étaient dispersés dans toute l’Arabie et réussirent à atteindre Afrique. » p. 39.
(106) Claus Westermann, Genesis 1-11: A Commentary, Augsburg Publishing House, Minneapolis, 1984, p. 511 : « Il est certain que la majorité des noms désignent des peuples d’Arabie. »
(107) Fred V. Winnett, “The Arabian Genealogies in the Book of Genesis”, in Harry Thomas Frank and William L. Reed (éds.), Translating and Understanding the Old Testament. Essays inHonor of Herbert Gordon May, Abingdon Press, Nashville et New York 1970, p. 173 [art.= p.171-196].
(108) Retsö, Arabs in Antiquity, p. 212. Il dit que l’auteur biblique dont il s’agit ici, appelé P, avait en vue l’Arabie du VIIe siècle et que « Selon P, Koush englobe les terres des deux côtés de la mer Rouge et… par conséquent, l’Arabie occidentale en faisait partie ».
(109) Que Jer. 13: 23 « parle de la peau foncée des Ethiopiens » est confirmé par Westermann, Genesis 1-11, p. 510 ; Edward Ullendorff, Ethiopia and the Bible, Oxford University Press, Londres, 1968, p. 7. Dans les littératures proche-orientale, gréco-romaine, biblique et post-biblique juive, les Koushites sont caractérisés par leur peau noire (Goldenberg, op. cit., 113 sqq).
(110) Sur la présence des Koushites dans la région syro-palestinienne, voir Roger W. Anderson, Jr., “Zephaniah ben Cushi and the Cush of Benjamin: Traces of Cushite Presence in Syria Palestine”, in Steven W. Holloway et Lowell K. Handy, (éds.), The Picture is broken: Memorial Essays for Gösta W. Ahlström, JSOT. Supplément 190, Sheffield Academic Press, Sheffield, 1995, p. 45-70.
(111) Anderson, “Zephaniah ben Cushi”, p. 68. Toutefois, Anderson associe ces Koushites syriens aux souverains nubiens de la XXVe dynastie égyptienne, qui exerçaient une certaine influence dans la région. Robert D. Haak a montré que cette association est impossible (“‘Cush’ in Zephaniah,” in Holloway and Handy, op. cit., p. 238-251). Sur les Koushites dans cette région, voir aussi Israel Eph’al, The Ancient Arabs: Nomads on the Borders of the Fertile Crescent 9th – 5th Centuries B.C., E.J. Brill, Leiden, 1982, p. 78-79.
(112) Williams Foxwell Albright, Archaeology and the Religion of Israel, The John Hopkins Press, Baltimore, 1956, p. 205. Sur la présence Koushite dans le nord de l’Arabie, voir également Goldenberg, op. cit., p. 20 : « L’existence d’un peuple koushite dans la région et les références à ce peuple dans la Bible commencent à être bien acceptés par les spécialistes de la la Bible. »
(113) G. Rex Smith, op. cit., p. 83.
(114) Selon la tradition la plus ancienne, celle qui se trouve dans le Vayu Purana et le Brahmanda Purana, les Sapta-dwipa sont :
1. Jambu-dwipa – le Centre
2. Anga-dwipa – l’Asie du nord
3. Yama-dwipa – l’empire chinois
4. Yamala-dwipa – les îles d’Asie du Sud-est
5. Sancha-dwipa – l’Afrique
6. Kusha-dwipa – la péninsule arabique
7. Varach-dwipa – l’Europe
(115) “On Egypt and Other Countries Adjacent to the Cali River or Nile of Ethiopia from the Ancient Books of the Hindus”, Asiatik Researches 3 (1896), p. 55 [art.= p. 46-265]. Voir aussi François Lenormant, The Book of Genesis (Longmans, 1886), p. 77: « Dans le Puranas Cusha-dwipa, le pays de Cush comprend l’Arabie et d’autres pays entre les frontières de l’Inde et la Méditerranée, tandis que, à une époque postérieure, un second Cusha-dwipa, situé au-delà du détroit de Bab-el-Mandeb en Afrique, fut appelé Cusha-dwipa extérieur, car il avait été colonisé à partir du Cusha-dwipa intérieur. »
(116) Baldwin, op. cit., p. 65.
(117) Dana Marniche, “The Afro-Arabian Origin of the Israelites and Ishmaelites”.
(118) Sir E. A. Wallis Budge, The Gods of the Egyptians, vol 1, p. 290.
(119) Voir, par exemple, John G Jackson, “Egypt and Western Asia”, in idem, Ages of Gold and Silver, American Atheist Press, Austin, 1990, p. 65-85.
(120) Michael Rice, Egypt’s Making: The Origins of the Ancient Egypt 5000-2000 BC, 2nd éd., Routledge, Londres, 2003, p. 25.
(121) Geeti Sen, “The Lotus and the Seed”, in Saryu Doshi and Mostafa El Abbadi (éds.), India and Egypt: Influences and Interactions, Marg Publications, Bombay, 1993, p. 3 [art.= m. 3-13]. Voir aussi Sudhansu Kumar Ray, Prehistoric India and ancient Egypt ; artistic, linguistic and political relations, revealed by the Bengali traditional documents, Cambridge Book and Stationery Store, New Delhi, 1956.
(122) Paul William Roberts, Empire of the Soul: Some Journeys in India, New York: Riverhead Books, 1997), p. 300.
(123) Michael Rice, op. cit., p. 251.
(124) H.R. Hall, The Ancient History of the Near East: From the Earliest Times to the Battle of Salamis, Methuen, Londres, 1916, p. 173, note : « Et c’est à ce type ethnique dravidien de l’Inde que l’ancien sumérien ressemble le plus » (“Report on the Human Remains”, in H.R. Hall et al, Ur Excavations, vol. I: Al-‘Ubaid Excavations, vol. I: Al-‘Ubaid, p. 240 ; L.H. Dudley Buxton et D. Talbot Rice, “Report on the Human Remains Found at Kish”, Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 61 (1931), p. 57-119 ; Runoko Rashidi, “More Light on Sumer, Elam an India”, in Rashidi et Van Sertima, African Presence, p. 162-163. Pour les témoignages linguistiques, voir Paulinu Tambimutto, Europe and the Dravidians, P. Tambimutto, Londres, 1982, p. 14 sqq.
(125) George A. Barton s’est demandé : « D’où venaient les Sumériens ? (Journal of the American Oriental Society 49 [1929], p. 266). Voici sa réponse : « Ils proviennent d’Oman dans l’est de l’Arabie. » Voir aussi idem, “The Origins of Civilization in Africa and Mesopotamia, Their Relative Antiquity and Interplay”, Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 68 (1929), p. 305-306 ; Henry Field, “The Ancient and Modern Inhabitants of Arabia”, Open Court 46 (1932), p. 851-852 ; idem, “The Arabs of Iraq”, American Journal of Physical Anthropology 21 (1936), p. 52.
(126) Michael Rice, op. cit., p. 11-12.
(127) Ibid., p. 78 ; Potts, op. cit., p. 86 ; Geoffrey Bibby, “The Origins of the Dilmun Civiliation”, in Shaikha Haya Ali al Khalifa et Michael Rice (éds.), Bahrain through the ages: the Archaeology, KPI, Londres, 1986, p. 108-115.
(128) P.V. Glob et T.G. Bibly, “A Forgotten Civilization of the Persian Gulf”, Scientific American 203 (1960), p. 62-71.
(129) Elisabeth C.L. During Caspers, “Sumer, Coastal Arabia and the Indus Valley in Protoliterate and Early Dynastic Eras”, Journal of the Economic and Social History of the Orient 22 (1979), p. 121-135.
(130) Sur les temples Barbar, voir ci-dessous.
(131) Henry Field, “The Ancient and Modern Inhabitants of Arabia”, Open Court 46 (1932), p. 851-852 : « L’homme du paléolithique et du néolithique habita l’Arabie du Nord, tant que le climat y fut agréable et la région bien arrosée. Un peu avant le début de la période historique, le climat avait sensiblement changé et les habitants furent forcés de devenir nomades… ou de migrer vers la mer. Ceux qui choisirent la deuxième solution se déplacèrent vers l’Est et campèrent à côté des rives de la rafraîchissante Euphrate. Ils furent ainsi les premiers habitants de la Mésopotamie. »
(132) Michael Rice, op. cit., p. 256.
(133) “Origins of Civilization”, p. 305-306.
(134) Carleton Coon, The Races of Europe, 1939, p. 401.
(135) Langdon, Semitic Religion, p. 3-4.
(136) R. Sayce et R. Peterson, Race in Ancient Egypt and the Old Testament, 1993, p. 65.
(137) W.M. Flinders Petrie, Making of Egypt, note que Pount était « sacré pour les Egyptiens, en tant que source de leur race ». E.A. Wallis Budge (Short History of the Egyptian People, Dent, Londres, 1914, p. 10) dit aussi : « selon la tradition égyptienne de la période dynastique, le pays d’origine des Egyptiens était le Pount. »
(138) Michael Rice,“‘The island on the edge of the world’”, in Al Khalifa et Rice, Bahrain, p. 116-124 ; idem, Egypt’s Making, p. 242-263.
(139) Die Geographie des alten Ägyptens, 3 vol., Leipzig, 1857-1860, I, p. 48-49 ; II, p. 15-16 ; III, p. 63-64. Cela ne veut pas dire qu’il y avait unanimité. A. Mariette s’y opposa, plaidant pour la localisation du Pount en Somalie (Les Listes géographiques des pylons de Karnak comprenant la Palestine, l’Ethiopie, le pays de Somal, Hinrichs, Leipzig, 1875, p. 60-66.
(140) “The land of Punt”, in Thurstan Shaw et al (éds.) The Archaeology of Africa: Food, metals and town, Routledge, Londres et New York, 1993, p. 587-608 ; idem, “Further Thoughts on Punt and its Neighbours”, in Anthony Leahy et John Tait (éds.),
(141) Johannes Dümichen Geschichte des alten Aegyptens, G. Grote, Berlin, 1879, p. 102, 119-22 ; Edouard Naville, The Temple of Deir el Bahari: Its Plan, Its Founders, and Its First Explorers, The Egypt Exploration Fund, Londres, 1894, p. 22.
(142) Rodolfo Fattovich, “The Afro-Arabian circuit: contacts between the Horn of Africa and Southern Arabia in the 3rd – 2nd millinium B.C.”, in Lech Krzyzaniak, Michal Kobusiewicz et Karla Kroeper, Interregional Contacts in the Later Prehistory of Northeastern Africa, Poznan, 1996, p.395-402.
(143) Rodolfo Fattovich,“Punt: the archaeological perspective”, in Gian Maria Zaccone et Tomaso Ricardi di Netro (éds.), Sesto congresso internazionale de egittologia: Atti, 2 vol. (Turin, Italgas. 1993), II, p. 399–405 (402) ; voir aussi, idem, “The Problem of Punt in the Light of Recent Field Work in the Eastern Sudan”, in Sylvia Schoske
(éd.), Akten des vierten internationalen Ägyptologen Kongresses (Munich 1985), 4 vol., Helmut Buske Verlag, Hambourg, 1991, IV, p. 257–272 (258).
(144) “Southwest Arabia During the Holocene”.
(145) Dimitri Meeks, “Locating Punt”, in David O’Connor et Stephen Quirke, Mysterious Lands, UCL Press, Londres, 2003, p. 53-80.
(146) Ibid., p. 58, 79. (147) David Goldenberg, op. cit., p. 18-19.
(148) Abdel-Aziz Saleh, “Notes on the Ancient Egyptian T:-NTR ‘God’ Land’”, Bulletin du centenaire. Supplément (1981), p. 107-117.
(149) M..Ch. Kuentz, “Autour d’une conception égyptienne méconnue: l’Akhitou soi-disant horizon”, BIFAO 17 (1920), p. 182, 189.
(150) Petrie, Making of Egypt, p. 77.
(151) Petrie, op. cit., p. 65 sqq ; D.E. Derry, “The Dynastic Race in Egypt”, Journal of Egyptian Archaeology 42 (1956), p. 80-85.
(152) David Wengrow, The Archaeology of Early Egypt: Social Transformations in North-East Africa, 10,000 to 2650 BC, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, p. 111 ; Béatrix Midant-Reynes, The Prehistory of Egypt: From the First Egyptians to the Pharaohs, Blackwell, Massachusets, 2000, p. xiii.
(153) Il est également probable que certaines des populations du Sud qui migrèrent vers le Nord étaient elles-mêmes venues d’Arabie, ayant traversé le Bab al-Mandeb jusqu’en Afrique. Ainsi H.R. Palmer a-t-il raison d’affirmer : « Il n’y a… aucune de raison de douter du récit selon lequel, lors d’une période qui peut-être située entre 5000 et 2000 avant J.-C., des races nomades asiatiques, appelées Koushites, furent chassées d’abord vers le sud de l’Arabie, puis en Afrique à travers le Bab el-Mandeb.
(154) George Steindorff et Keith C. Seele, When Egypt Ruled the East, University of Chicago, Chicago et Londres, 1957, p. 9-10.
(155) Yosef A.A. ben-Jochannan et George Simmonds, The Black Man’s North and East Africa, Black Classic Press, Baltimore, 2005 [1971], p. 19.
(156) Ben-Jochannan et George Simmonds, op. cit., passim ; Dr. Yosef A.A. ben-Jochannan, Africa: Mother of Western Civilization, Black Classic Press, Baltimore, 1988, p. 253, 273, 321, 350.
(157) Ben-Jochannan et Simmonds, The Black Man’s North and East Africa, p. xii-xiii, I, p. 3 ; ben-Jochannan, Africa: Mother of Western Civilization, p. 350. (158) Voir ci-dessus.
(159) Ben-Jochannan, op.cit., p. 253.
(160) S.O.Y. Keita, “Further Studies”, p. 251 ; idem, “Studies of Ancient Crania”, p. 36.
(161) S.O.Y. Keita, “Analysis of Naqada Predynastic crania: a brief report”, in Lech Krzyzaniak ; Micha Kobusiewicz (éds.), Interregional Contacts in the Later Prehistory of Northeastern Africa, Poznan Archaeological Museum, Poznan, 1996, p. 208.
(162) Michael Rice, op. cit., p. 27. Voir aussi Fekri A. Hassan,“The Predynastic of Egypt”, Journal of World History 2 (1988), p. 158, 145.
(163) Andrew B. Smith, “The Near Eastern connection II:cultural contacts with the Nile Delta and the Sahara”, in Lech Krzyżaniak, Karla Kroeper et Micha łKobusiewicz (éds.), Interregional Contacts in the Later Prehistory of Northeastern Africa, Poznan, 1996, p. 29-35 ; David Wengrow, The Archaeology of Early Egypt: Social Transformations in North-East Africa, 10,000 to 2650 BC, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, p. 35 ; Midant-Reynes, Prehistory of Egypt, p. 219.
(164) Toby Wilkinson, “Reality versus Ideology: The Evidence for ‘Asiatics’ in Predynastic and Early Dynastic Egypt”, in Edwin C.M. van den Brink and Thomas E. Lewy, Egypt and the Levant: Interrelations From the 4th through the Early 3rd Millennium BCE, Leicester University Press, Londres, 2002, p. 514-520 ; Hassan, op. cit., p. 145, 160.
(165) J.R. Luis et al, “The Levant versus the Horn of Africa: Evidence for Bidirectional Corridors of Human Migrations”, American Journal of Human Genetics 74 (2004), p. 532.
(166) “A dentalanthropological hypothesis relating to the enthnogenesis, origin,and antiquity of the Afro-Asiatic language family”, in John D. Bengtson (éd.), In Hot Pursuit of Language in Prehistory. Essays in the four fields of Anthropology in Honor of Harold Crane Fleming, John Benjamins Publishing Company, Amsterdam et Philadelphie, 2008, p. 17-23 ; C.G. Turner II et M.A. Markowitz, “Dental discontinuity between Late Pleistocene and recent Nubians: Peopling of the Eurafrican South Asian triangle I”, HOMO 41 (1990), p. 32-41. (167) J.D. Irish et C.G. Turner II, “West African dental affinity of Late Pleistocene Nubians. Peopling of the Eurafrican-South Asian triangle II”, HOMO 41 (1990), p. 42-53.
(168) Turner, “A dentalanthropological hypothesis”, p. 21.
(169) Ibid., p. 18.
(170) S.O.Y. Keita, “Geography, selected Afro-Asiatic families, andY chromosome lineage variation. An exploration in linguistics and phylogeography”, in John D. Bengtson (éd.), In Hot Pursuit of Language in Prehistory. Essays in the four fields of Anthropology in Honor of Harold Crane Fleming, John Benjamins Publishing Company, Amsterdam et Philadelphie, 2008, p. 3-16.
(171) S.O.Y. Keita, “Geography”, p. 11. Keita n’emploie pas le terme « sémitisé ». Il suggère plutôt que le groupe ancestral M35 originaire d’Afrique, à son arrivée en Syrie-Palestine, y rencontra une population porteuse du M89, qui l’« adopta ».
(172) Ibid., p. 8.
(173) Andrew Lancaster, “Y Haplogroups, Archaeological Cultures and Language Families: a Review of the Possibility of Multidisciplinary Comparisons Using the Case of E-M35”, Journal of Genetic Genealogy 5 (2009), p. 35-65.
(174) Eugen Strouhal, “Evidence of the Early Penetration of Negroes into Prehistoric Egypt”, Journal of African History 12 (1971), p. 7 [art.= p.1-9].
(175) Guy Brunton et Gertrude Caton-Thompson, The Badarian Civilization and Predynastic Remains Near Badari, British School of Archaeology in Egypt, Londres, 1928 ; Guy Brunton, Mostagedda and the Tasian Culture, Bernard Quaritch Ltd., Londres, 1937.
(176) Stan Hendrickx et Pierre Vermeersch, “Prehistory: From the Palaeolithic to the Badarian Culture (c. 700,000-4000 BC)”, in Ian Shaw (éd.), The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford University Press, Londres, 2000, p. 39.
(177) Diana Holmes et Renée Friedman, “Survey and test excavations in the Badari region”, Proceedings of the Prehistoric Society 60 (1994), p. 105-142 ; Hassan, op. cit., p. 140-141, 153.
(178) Jean Leclant, in Midant-Reynes, Prehistory of Egypt, p. xii.
(179) Hendrickx et Vermeersch, op. cit., p. 40-41 ; Brunton et Caton-Thompson, op. cit, p. 41.
(180) S.O.Y. Keita note que « L’ensemble Badari-Naqada formait le noyau culturel de la dernière période de l’histoire égyptienne » (“Analysis of Naqada”, p. 208).
(181) Brenda N. Stoessiger, “A Study of the Badarian Crania Recently Excavated by the British School of archaeology in Egypt”, Biometrika 19 (1927), p. 110-150 ; G.M. Morant, “A Study of predynastic skulls from Badari based on measurements taken by Miss B.N. Stoessiger and D.E. Derry”, Biometrika 27 (1935), p. 293-309. Voir aussi G. Elliot Smith,“The People of Egypt”, The Cairo Scientific Journal 3 (1909), p. 56.
(182) Brunton et Caton-Thompson, op. cit., p. 20. Voir aussi Hendrickx et Vermeersch, op. cit., p. 42 : « Il semble évident que la culture badarienne ne se développa pas à partir d’une seule source » ; Midant-Reynes, Prehistory of Egypt, p. 164.
(183) Elise J. Baumgartel, “Predynastic Egypt”, in I.E.S. Edwards, C.J. Gadd, N.G.L. Hammond (éds.), The Cambridge Ancient History, 3e éd. vol. I: Prolegomena and Prehistory, p. 3, Cambridge University Press, Cambridge, 1970, p. 473 ; Strouhal, op. cit., p. 4.
(184) Sonia R. Zakrzewski,“Variation in Ancient Egyptian Stature and Body Proportions”, American Journal of Physical Anthropology 121 (2003), p. 219-229.
(185) Grafton Elliot Smith, The Ancient Egyptians and the Origins of Civilization, Books For Libraries Press, Freeport, 1923, 56 sqq ; idem, “The Influence of Racial Admixture in Egypt”, The Eugenics Review 7 (1915), p. 163-183 ; idem,“The People of Egypt”, The Cairo Scientific Journal 3 (1909), p. 51-63.
(186) Stoessiger, “Study of the Badarian Crania”, p. 124. Voir aussi G.M. Morant, op. cit., p. 299. A. Caroline Berry, R.J. Berry et Peter J. Ucko, “Genetical Change in Ancient Egypt”, Man, Nouvelle série 2 (1967), p. 551, décrit les Badariens comme une « race mystérieuse aux formes délicates ».
(187) Strouhal, op. cit., p. 5 note que des 117 crânes qu’il a examinés la plupart (94) « présentaient des caractéristiques mi europoïdes mi-négroïdes dans des combinaisons différentes ». Voir plus loin Ernest Warren, “An Investigation on the Variability of the Human Skeleton: With Especial Reference to the Naqada Race Discovered by Professor Flinders Petrie in his Explorations in Egypt”, Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Containing Papers of a Biological Character 189 (1897), p. 191; Cicely D. Fawcet et Alice Lee, “A Second Study of the Variation and Correlation of the Human Skull, with Special Reference to Naqada Crania”, Biometrika 1 (1902), p. 436. Mais cf. Keita, “Further Studies”, p. 248. Sur les relations de Naqada I avec la culture badarienne, voir M.C. Nutter, “An Osteological Study of Hominoidea”, thèse non publiée, Cambridge University, 1958 qui a démontré que les crânes de Badar et de Naqada I étaient presque identiques ; Keita note que « La culture de Naqada était principalement issue de Badar » : “Analysis of Naqada Predynastic crania”, p. 203. Michael Rice, op. cit., p. 30, note aussi : La population de Naqada I, selon toute probabilité, descendait directement des premiers colons et leur culture représente vraiment une phase plus avancée de la culture badarienne. » Voir plus loin Midant-Reynes, Prehistory, p. 170 ; Hassan, op. cit., p. 159.
(188) J.M. Crichton, “A Multiple Discriminant Analysis of Egyptian and African Negro Crania”, Papers of the Peabody Museum of Archaeology and Ethnology 57 (1966), p. 62 ; Stoessiger, “Study of the Badarian Crania”, p. 144 ; Fawcet and Lee, “Second Study”, p. 434 ; Smith, Ancient Egyptians, p. 56.
(189) Patricia V. Podzorski, Their Bones Shall Not Perish: An Examination of Predynastic Human Skeletal Remains from Naga-ed-Dêr in Egypt, SIA, Surrey, 1990, p. 85 ; Smith, op. cit., p. 56 ; Brunton et Caton-Thompson, op. cit., p. 20.
(190) J.M. Crichton, op. cit., p. 62 ; G.M. Morant, “A Study of Egyptian Craniology from Prehistoric to Roman Times”, Biometrika 17 (1925), p. 10 ; idem, “Study of predynastic skulls from Badari”, p. 307 ; idem, “The Predynastic Skulls from Badariand Their Racial Affinities”, in Brunton, Mostagedda, p. 66 ; Sonia R. Zakrzewski, “Population Continuity or Population Change: Formation of the Ancient Egyptian State”, American Journal of Physical Anthropology 132 (2007),p. 506 ; Podzorski, op. cit., p. 92.
(191) Zakrzewski, “Variation”, p. 227-8 ; Michelle H. Raxter et al, “Stature Estimation in Ancient Egyptians: A New Technique Based on Anatomical Reconstruction of Stature”, American Journal of Physical Anthropology 136 (2008), p. 151 ; G.M. Morant, “Egyptian Craniology”, p. 10.
(192) S.O.Y Keita, “Further Studies”, p. 250, note : « Le phénotype modal dans l’art de la période archaïque et du début de l’Ancien Empire égyptien semble être celui du type africain dolichocéphale. »
(193) Brenda N. Stoessiger nota dans une étude craniométrique en 1927 : « Lorsque l’on compare la race badarienne avec d’autres en dehors de l’Egypte, ce n’est pas de la race méditerranéenne ou de tout autre type nègre qu’elle se rapproche le plus, mais de l’indienne primitive, la dravidienne et la veddoïde. » Stoessiger, “Study of the Badarian Crania”, p. 147 ; Brunton et Caton-Thompson, op. cit., p. 68 ; Petrie, op. cit., p. 7; Andrzej Wierciński, “The Analysis of Racial Structure of Early Dynastic Populations in Egypt”, Materia ły I Prace Antropologiczne 71 (1965), p. 3-47 ; A.C. Berry, “Origins and Relationships of the Ancient Egyptians. Based on a Study of Non-metrical Variations in the Skull”, Journal of Human Evolution 1 (1972), p. 199-208 ; Drake, Black Folk, I, p. 154. Au contraire, V. Giuffrida-Ruggeri considérait ces Egyptiens prédynastiques comme des
Ethiopiens (“Were the Pe-Dynastic Egyptians Libyans or Ethiopians?”, Man 15 (1915), p. 51-56 ; idem, “A Few Notes on the Neolithic Egyptians and the Ethiopians”, Man 16 (1916), p. 87-90.
(194) Sur Budge et d’autres, voir James E. Brunson, op. cit., p. 31-32.
(195) J. Lawrence Angel, “Biological Relations of Egyptians and Eastern Mediterranean Populations during Pre-dynastic and Dynastic Times”, Journal of Human Evolution 1 (1972), p. 310 ; Strouhal, op. cit., p. 4 ; Wierciński, “Analysis of Racial Structure”, p. 42.
(196) Brunton et Caton-Thompson, op. cit., p.20.
(197) Strouhal, op. cit., p. 4. Voir aussi Cheikh Anta Diop, “Origin of the Ancient Egyptians”, in G. Mokhtar (éd.), UNESCO General History of Africa II: Ancient Civilizations of Africa, Heinemann/University of California Press/UNESCO, Californie, 1981, p. 28-31 (réédition abrégée in Ivan van Sertima [éd.], Egypt Revisited [Transaction Publishers, New Brunswick, 1989], p. 9-11.
(198) Strouhal, op. cit., 5.
(199) Ibid., Voir aussi Crawford,“Racial Identity”, p. 62.
(200) Strouhal, op. cit., p. 5. Voir aussi Crawford, op. cit., p. 62.
(201) Strouhal, op. cit., p. 6, 202.
(202) “Further Studies”, p. 251.
(203) Ibid., p. 246.
(204) “Analysis”, p. 206. Voir aussi idem, “Early Nile Valey Farmers From El-Badari: Aboriginals or ‘European’Agro-Nostratic Immigrants? Craniometric Affinities Considered With Other Data”, Journal of Black Studies 36 (2005), p. 191-208.
(205) Wilkinson, “Reality versus Ideology”, p. 518-19.
(206) A.J. Arkell et Peter J. Ucko, “Review of Predynastic Developments in the Nile Valley”, Current Anthropology 6 (1965), p. 150-151. Sur Khartoum au Néolithique, voir Midant-Reynes, Prehistory, 126 sqq.
(207) Arkelland Ucko, “Review”, p. 148 ; Strouhal, op. cit., p. 6.
(208) Sur les contacts des Badariens avec l’Asie occidentale, voir aussi Sava P. Tutundžić, “The problem of foreign north-eastern relations of Upper Egypt, particularly in Badarian period: an aspect”, in Lech Krzyżaniak et Micha łKobusiewicz (éds.), Late Prehistory of the Nile Basin and the Sahara, Poznań, 1989, p. 255-260.
(209) Early Farming Cultures of the Lower Nile: The Predynastic Period in Egypt, Varsovie, 1977, p. 81. Sur les preuves du port du turban par les Badariens, voir Baumgartel, “Predynastic Egypt”, p. 469.
(210) B.G. Trigger, “The Rise of Civilization in Egypt”, in J. Desmond Clark (éd.), The Cambridge History of Africa, Volume I: From the Earliest Times to c. 500 BC, Cambridge University Press, Cambridge, 1982, p. 495, 545 : “Les données actuelles laissent à penser que tous les principaux cultigènres égyptiens viennent d’Asie… Si l’on ne peut pas exclure que certaines plantes et certains animaux aient été domestiqués localement, la production alimentaire en Egypte, à partir des époques prédynastiques, fut clairement calquée sur celle de l’Asie du Sud-ouest » (Baumgartel, “Predynastic Egypt”, p. 473 ; Arkelland Ucko, “Review”, p. 147.
(211) James Mellaart, “Comments to A.J. Arkell et Peter J. Ucko, ‘Review of Predynastic Developments in the Nile Valley’”, Current Anthropology 6 (1965), p. 161. Voir aussi Michael Rice, op. cit., p. 26: « Les races de chèvres et de moutons domestiques qui étaient connus des premiers colons dans la vallée du Nil seraient originaires de l’Asie de l’Ouest… Il n’est peut-être pas sans signification que, sur certains pots prédynastiques, les chèvres, les moutons et les bovins sont parfois même représentés debout dans des bateaux, comme si l’on avait délibérément essayé de préserver le souvenir du parcours qui les avait mené, d’où qu’ils soient venus, dans la vallée. » Voir aussi David Wengrow, The Archaeology of Early Egypt: Social Transfrmations in North-East Africa, 10,000 to 2650 BC, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, p. 16, 23 ; Elise Baumgartel, “Comments to A.J. Arkell and Peter J. Ucko‘, Review of Predynastic Developments in the Nile Valley’”, Current Anthropology 6 (1965), p. 157 ; idem, The Cultures of Prehistoric Egypt, Oxford University of Press, Londres, 1947, p. 23.
(212) Michael Rice, op. cit., p. 249.
(213) Petrie, op. cit., p.7. Voir aussi Wiercińki, “Analysis”, p. 42 : « Le noyau des plus anciennes populations égyptiennes connues n’est pas d’origine africaine, mais avait probablement été créé par les deux principales vagues migratoires de la période prédynastique en provenance du nord et du sud de l’Asie occeidentale vers la basse Egypte par le Sinaï et vers la Haute-Egypte et la Nubie par Bab el Mandeb. »
(215) Peter Bellwood, op. cit., p. 101.
(216) James E. Brunson, Before the Unification: Predynastic Egypt, An Afrocentric View, KARA Publishing, Dekalb [Il], 1989, p. 3.
(217) Emile Amélineau, Nouvelles Fouilles d’Abydos, Paris, 1899 ; Prolégomènes à l’étude de la religion égyptienne, Leroux, Paris, 1916.
(218) Diop, African Origins, p. 105 ; H.R. Hall, op. cit., p. 96 ; Petrie, op. cit.,
p.68. Sur les Anu en tant que race noire, voir aussi St. Clair Drake, Black Folk Here and There, I, p. 163 ; Diop, op. cit., p. 31-34 [=Sertima, p. 12-15]
(219) Emile Amélineau, Prolégomènes, II, p. 124 ; Diop, The African Origin of Civilization: Myth Or Reality, p. 32 ; ibid, p. 77.
(220) Emile Amélineau, op. cit., p.124. Voir aussi Diop, op.cit., p.77.
(221) Petrie, op. cit., p. 70 ; V. Giuffrida-Ruggeri, “A Few Notes on the Neolithic Egyptians and the Ethiopians”, Man 16 (1916),p. 88.
(222) Bruce Williams, “The Lost Pharaohs of Nubia”, in Sertima, Egypt Revisted, p. 90-104 ; Brunson, Predynastic Egypt, p. 75-112.
(223) Susan Wise Bauer note aussi que “le roi-scorpion”, qu’elle pensait être le conquérant dynastique de 3200 avant J.-C., « était le descendent d’un peuple africain qui avait vécu autrefois sur les deux bords de la vallée du Nil » (The History of the Ancient World: From the Earliest Accounts to the Fall of Rome, W.W. Norton, New York et Londres, 2007, p. 22).
(224) Emile Amélineau, op. cit., p. 124. Voir aussi Petrie, op. cit., p. 77: « Certains des travaux publics les plus connus de la Ire dynastie constituaient la continuation d’entreprises antérieures (celles des Anu). Les grandes masses historiques et les ouvrages d’irrigation avaient été conçus sous le roi scorpion des Anu et il se peut qu’ils datent de beaucoup plus tôt. »
(225) H.R. Hall, op. cit., p. 89-91.
(226) Houston. op. cit., p. 112.
(227) Note manquante. (Note de l’Editeur.)
(228) Note manquante. (Note de l’Editeur.)
(229) Petrie, op. cit., p. 66, 667. Sur cette fête, voir Giuffrida-Ruggeri, “Few Notes”, p. 88 ; Brunson, op. cit., p. 55.
(230) Dans une courte étude, (“Ancient Egyptians: ‘The Dark Red Face Myth’”, in Sertima, op. cit., p. 53-54), James Brunson a soutenu, sans convaincre, que la représentation des Égyptiens en rouge symbolisait le fait que le mâle égyptien était « le sang de la vie » et que son esprit continuait à vivre après la mort, qualités qui étaient déniées aux non Egyptiens, qui étaient donc représentés sous leur couleur naturelle. Cet argument est entaché d’un certain nombre de défauts, en particulier en ce qu’il ne rend pas compte du fait que les Anu étaient décrits comme étant « rouges ». Tout d’abord, dans la mesure où les Egyptiens considéraient que l’esprit de la femme égyptienne aussi continuait à vivre après la mort, le choix de la représenter en jaune et non en rouge rend cette interprétation problématique. De plus, comme ce rouge « symbolique » était réservé aux Egyptiens dynastiques et non à leurs ennemis étrangers, on est bien en peine d’expliquer pourquoi ils représentaient leurs ennemis jurés, les Anu, en rouge. Comme l’a établi David O’Conner, l’étranger était l’« autre », le chaos et le mal, selon l’idéologie nationale égyptienne et même les indigènes égyptiens, lorsqu’ils se rebellaient en quelque sorte contre l’ordre de Maât, étaient assimilés l’« autre », de l’étranger (“Egypt’s Views of ‘Others’”, in John Tait [éd.], ‘Never Had the Like Occurred’: Egypt’s view of its past, UCL Press, Londres, 200, p. 155-157). Par conséquent, le fait que les Anu, historiques « ennemis de l’Etat », soient représentés dans ce prétendu « rouge indigène symbolique » rend l’interprétation de Brunson difficilement acceptable ici.
(231) Dana Reynolds, “The African Heritage & Ethnohistory of the Moors”, in Ivan van Sertima, Golden Age of the Moor, Transaction Publishers, New Brunswick, 1992, p. 104.
(232) Before the Unification, p. 5-6 ; Predynastic Egypt, p. 45.
(233) Predynastic Egypt, p. 43.
(234) Partha P Majumder, “Ethnic Populations of India as seen from an evolutionary perspective”, Journal of Bioscience 26 (2001), p. 541 : « C’est par le Moyen-orient et l’Asie occidentale que les humains gagnèrent l’Inde à partir de l’Afrique. »
(235) Dana Reynolds (maintenant Dana Marniche) observe : « Il importe de souligner que les premiers Grecs et les premiers Romains ne faisaient habituellement pas de différence, d’un point de vue ethnique, entre les peuples appelés Sarrasins et les habitants du sud de l’Arabie (le Yémen), qui était appelée Inde mineure ou Petite Inde à cette époque, ni entre les Arabes du Sud et les habitants de la Corne de l’Afrique… Strabon, au 1er siècle avant J.-C., Philostrate et d’autres écrivains, nomment « Arabie » la zone qui à l’est du Nil en Afrique. » “African Heritage”, p. 105
(236) Philip Mayerson, “A Confusion of Indias: Asian India and African India in the Byzantine Sources”, JAOS 113 (1993), p. 169-174.
(237) Grafton Elliot Smith, The Ancient Egyptians and the Origins of Civilization, Books For Libraries Press, Freeport, 1923, p. 101-102 ; idem, “The Influence of Racial Admixture in Egypt”, The Eugenics Review 7 (1915), p. 163-183 ; idem, “The People of Egypt”, The Cairo Scientific Journal 3 (1909), p. 51-63 (56).
(238) R. Sayce et R. Peterson, op. cit., p. 65.

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