Discours au Gruppenführer sur l’homosexualité

Du point de vue des pratiques sexuelles, le Berlin des années 1920 et du début des années 1930 n’a rien à envier à l’univers des Mille et une nuits dans la version non expurgée de Burton (voir Mel Gordon, Voluptuous Panic: The Erotic World of Weimar Berlin, Feral House, 2006), comme en témoignent des films contemporains comme Metropolis, L’Ange Bleu et Anders als die Anderen. L’homosexualité y est florissante. Dans Le Vice organisé en Allemagne (Mercure de France, n° 591, 1er février 1923, p. 655-678), l’attaché français Ambroise Got écrit : « L’un de tous les vices qui accablent l’Allemagne vaincue… l’homosexualité, retient surtout l’attention de l’étranger, non pas tant pour ses manifestations pathologiques, que par l’extraordinaire développement qu’il a connu en Allemagne et que les déformations mentales causées par la guerre ont alimenté ». A la fin des années 1920, Berlin compte plusieurs centaines de bars à la clientèle homosexuelle et plusieurs autres centaines de lieux de rencontre pour uranistes et lesbiennes, si bien qu’elle en arrive à être surnommée la « capitale de l’homosexualité ». Dépénalisée en Russie à l’arrivée au pouvoir de Lénine, l’homosexualité reste cependant illégale en Allemagne. Sa dépénalisation devient une cause. Magnus Hirschfeld (1868 – 1935), fondateur de l’Institut pour la recherche sexuelle en 1918 et, plus tard, de la Ligue Mondiale pour la réforme sexuelle, lui-même homosexuel, s’en empare tout naturellement. De nombreuses personnalités, qui, comme Einstein et Rilke, n’ont d’allemand que le passeport, s’engagent à ses côtés. Si leur caprice abolitionniste n’est pas exaucé, l’homosexualité n’en fait pas moins son chemin dans les esprits, dans les esprits et dans les corps. Sous Weimar, la célébration de la maternité et du devoir de la mère envers la patrie fait place à la glorification de la femme, de la sexualité et de la liberté d’expression.
Le national-socialisme va doucher les ardeurs des militants homosexuels dès son arrivée au pouvoir. Le 23 février 1933, les associations et les publications homosexuelles sont déclarées illégales, les bars berlinois à la clientèle homosexuelle sont fermés par la police. Le 7 mars, le directeur de l’Institut pour la recherche sexuelle est arrêté et déporté au camp de concentration d’Oranienburg. Les homosexuels sont fichés (ils l’étaient aux Pays-Bas depuis 1920. Régis Schlagdenhauffen, Triangle rose, Autrement, Paris, 2011, p. 1936). Toutefois, étant donné l’état, à la fois économique, mental, moral et spirituel, dans lequel Weimar et ses créanciers avaient laissé l’Allemagne, il ne fallait pas s’attendre à ce que le nombre de cas d’homosexualité reflue soudainement ; et il n’est pas surprenant qu’il y en ait eu à presque tous les échelons de la hiérarchie nationale-socialiste, à la fois dans l’administration, dans l’armée et dans les organisations paramilitaires. Il est connu qu’un certain nombre des chefs de la SS pratiquaient ouvertement l’homosexualité ainsi que le strasserisme. C’est dans ce conteste que s’inscrit le discours prononcé par Heinrich Himmler (*) le 18 février 1937 devant les officiers de l’école SS qu’il avait lui-même créée cinq ans plus tôt.

Lorsque nous avons pris le pouvoir en 1933, nous avons découvert les associations d’homosexuels. Elles comptaient deux millions de membres. Les estimations prudentes des fonctionnaires chargés de ce problème vont jusqu’à quatre millions d’homosexuels en Allemagne. J’estime personnellement que les chiffres ne sont pas aussi élevés, car je pense que tous ceux qui faisaient partie de ces associations n’étaient pas vraiment des homosexuels. D’autre part, je suis évidemment convaincu que tous les homosexuels n’étaient pas inscrits dans ces associations. J’évalue leur nombre à deux millions. Mais un million est vraiment le minimum que nous devons accepter, l’estimation la plus basse et la plus modérée qu’il soit permis de faire dans ce domaine.

Je vous demande de le garder en tête. Selon les derniers recensements, nous devons avoir soixante-sept à soixante-huit millions d’habitants en Allemagne, soit, en gros, trente-quatre millions d’hommes. Il y a donc environ vingt millions d’hommes en âge de procréer (c’est-à-dire d’hommes de plus de seize ans). Il peut y avoir une erreur d’un million, mais cela n’a pas d’importance.

Si j’admets qu’il y a un à deux millions d’homosexuels en Allemagne, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des Allemands sont homosexuels. Dans ces conditions, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. Un peuple ne survivra pas sur le long terme, si l’équilibre entre les sexes est ainsi perturbé.

Si vous prenez en considération le fait, que je n’ai pas encore mentionné, que, alors que le nombre de femmes reste stable, il nous manque deux millions d’hommes, qui sont tombés à la guerre, vous pouvez imaginer combien ces deux millions d’homosexuels et ces deux millions de morts, donc près de quatre millions d’hommes en âge de procréer, bouleversent l’équilibre entre les sexes en Allemagne et que cela mène à la catastrophe.

Je voudrais développer devant vous quelques réflexions sur le problème de l’homosexualité. Il y a parmi les homosexuels des personnes qui adoptent le point de vue suivant : « Ce que je fais ne regarde personne, c’est ma vie privée. » Or ce qui concerne le domaine de la sexualité ne relève pas de la vie privée de l’individu (1), mais peut être synonyme de vie ou de mort pour un peuple, de puissance mondiale ou de suissification. Un peuple qui a beaucoup d’enfants (2) peut prétendre à la puissance mondiale, à la maîtrise du monde (3). Un peuple de race noble qui a très peu d’enfants est condamné à mourir, à sombrer dans l’oubli dans cinquante ou cent ans et à être enterré dans deux cents ou cinq cents ans.

En dehors de ce chiffre – pour l’instant, je n’ai envisagé le problème que sous cet aspect -, un tel peuple peut également disparaître en tant qu’Etat pour d’autres raisons encore. Nous sommes un État d’hommes et, malgré tous ses défauts, nous devons le défendre résolument. Car cette institution est la meilleure.

Il y a eu aussi des Etats de femmes au cours de l’histoire. Vous avez certainement entendu l’expression de « droit matriarcal ». Le royaume des Amazones n’est pas une légende, il exista réellement. Les Frisons surtout et les peuples de marins en général eurent des institutions matriarcales, dont on peut suivre l’apparition et les traces jusqu’à notre époque. Ce n’est pas un hasard si la Hollande se plaît à être gouvernée par une reine ou si la naissance d’une fille, d’une reine, y est saluée avec plus d’enthousiasme que celle d’un garçon. Ce n’est pas une bizarrerie, mais la manifestation de l’instinct ancestral des peuples de marins.

Depuis des siècles, depuis des millénaires, les peuples germaniques et particulièrement le peuple allemand sont gouvernés par des hommes. Mais cet Etat d’hommes est sur le point d’être détruit à cause de l’homosexualité. Selon moi, la principale erreur dans le domaine public est la suivante : que ce soit dans l’Etat, dans les organisations populaires, dans l’armée ou dans tout autre institution, les individus occupent leur poste en fonction de leurs résultats, abstraction faite des insuffisances humaines. Même l’attribution si souvent irréaliste de postes de fonctionnaires à des personnes qui ont obtenu la note maximale à leurs examens de droit est l’effet d’une sélection fondée sur les résultats : il faut avoir eu la meilleure note à l’examen. Dans ce cas, la sélection sera faite d’après les résultats, parce que c’est d’abord celui qui a eu 1 qui sera pris, puis celui qui a eu 1 ½ ou 1 ¼, puis celui qui a eu 2, etc.

En ce qui concerne les postes qui sont occupés par des femmes dans l’administration et dans l’économie, aucun homme de bonne foi ne pourra soutenir qu’elles y accèdent uniquement grâce à leurs compétences, car, soyez honnêtes (nous sommes entre hommes et nous pouvons donc parler franchement), si vous cherchez une sténodactylo et que vous avez deux candidates, l’une affreusement laide, âgée de cinquante ans, qui tape trois cents mots (donc, presque un génie dans ce domaine) et une autre, mignonne, de bonne race, âgée de vingt ans, mais qui n’en tape que cent cinquante, vous prendrez certainement votre air le plus sérieux (ou je ne vous connais pas du tout) et trouverez mille raisons très morales pour engager la jolie candidate de vingt ans qui tape moins de mots à la minute. L’autre est âgée, direz-vous, elle pourrait plus facilement tomber malade et que sais-je encore.

Bien. On peut en rire, cela n’est pas grave et n’a absolument aucune importance, car si elle est jolie, elle ne va pas tarder à se marier et de toute façon un poste de sténodactylo n’est pas déterminant pour l’État.

Mais dès que ce principe de choisir en fonction de la seule compétence fait place dans un Etat d’hommes à un principe érotique (je le dis avec le plus grand sérieux), un principe d’efféminement, un principe sexuel d’attirance d’un homme pour un homme, la destruction de l’Etat commence. Je vais vous citer un exemple pris dans la vie quotidienne, je dis bien « pris dans la vie quotidienne ». J’ajoute que, à mon avis, dans toutes les régions habitées aujourd’hui sur la terre, aucun service n’a une meilleure connaissance de la question de l’homosexualité, de l’avortement, etc., que la Gestapo en Allemagne. Je crois que nous pouvons dire que nous sommes les personnes les plus informées dans ce domaine.

Le conseiller ministériel X est homosexuel et a besoin d’un assesseur pour l’assister au Conseil d’Etat, mais il ne le fait pas son choix suivant le principe de la compétence. Il ne choisira pas le meilleur juriste, il ne dira pas non plus que l’assesseur X n’est certes pas le meilleur juriste, il a une bonne note, il a de la pratique et, ce qui est beaucoup plus important, il semble de bonne race et sa vision du monde est correcte. Non, il ne prend pas pour assesseur une personne qualifiée et engageante, mais il choisit celui qui est également homosexuel. Ces gens sont capables de se reconnaître d’un regard d’un bout à l’autre d’une salle. Lorsqu’il y a cinq cents hommes dans une soirée dansante, ils ont repéré au bout d’une demi-heure ceux qui ont le même penchant qu’eux. Les gens normaux comme nous ne peuvent absolument pas imaginer comment cela se fait.

M. le conseiller ministériel choisit donc l’assesseur qui a la plus mauvaise note et dont, en outre, la vision du monde est erronée. Il ne cherche pas à connaître ses compétences, mais propose au chef de division au ministère de l’embaucher. Il le loue pour son travail et justifie en détail sa proposition. Cet assesseur entre maintenant en fonction, car il ne viendra jamais à l’idée du chef de division au ministère de demander des détails plus précis et d’étudier de plus près la proposition du conseiller ministériel. Il pense en effet que ce vieux fonctionnaire propose l’assesseur en fonction de son efficacité et de ses capacités. Il ne vient pas à l’esprit d’un homme normal que cet assesseur ait pu être proposé en raison de ses penchants sexuels.

Ces deux-là ne s’en tiennent pas là, car l’assesseur, désormais conseiller au Conseil d’Etat, va suivre le même principe. Si, dans un Etat d’hommes, il y a à quelque poste que ce soit une personne qui a cette disposition et qu’elle dispose d’un pouvoir de décision, vous pouvez être certains de trouver autour de lui trois, quatre, huit, dix individus ou plus encore qui ont le même penchant, car l’un suit l’autre de près et gare à l’homme ou aux deux hommes normaux qui se trouvent parmi eux. Ils sont condamnés. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, ils seront détruits. Permettez-moi de citer ici l’exemple d’un camarade de ce cercle à qui cela est arrivé. L’Obergruppenführer SS von Woyrsch était aux prises en Silésie avec le Gruppenführer SA Heines et le Gauleiter et Oberpräsident Brückner, tous deux homosexuels. Woyrsch a été persécuté pour avoir troublé cette merveilleuse entente et non pas, comme on l’a dit, parce qu’il n’est pas comme nous, mais toujours pour des raisons d’ordre moral, politique, qui tiennent à sa vision du monde nationale-socialiste.

L’homosexualité torpille donc toute compétence, toute structure fondée sur la compétence et détruit l’État dans ses fondements. A cela vient s’ajouter le fait que l’homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs. Je crois qu’à la guerre il peut faire preuve de courage de temps à autre, mais dans le civil, ce sont les hommes les plus lâches qui puissent être.

A cela est lié le fait que l’homosexuel ment comme il respire. Il ne ment pas – pour prendre un exemple flagrant – comme un Jésuite. Le Jésuite ment dans un but précis. Il raconte n’importe quoi d’un air rayonnant, tout en sachant qu’il profère des mensonges. Il a une justification morale : pour la gloire de Dieu, ad majorem dei gloriam. La fin sanctifie les moyens. Il y a là toute une philosophie de la morale, une doctrine morale, qui a été élaborée par Ignace de Loyola (4).

Donc, le Jésuite ment et il le sait, il n’oublie pas un seul instant qu’il ment. En revanche, l’homosexuel ment et croit ce qu’il dit. Lorsque vous posez à un homosexuel la question suivante : « Est-ce toi qui as fait cela ? », la réponse est non. Je connais des cas où des homosexuels que nous interrogions nous ont répondu : « Sur ce que j’ai de plus sacré, sur l’honneur de ma mère, que je tombe raide mort ici même, si je mens. » Trois minutes plus tard, quand, preuves à l’appui, nous leur avons demandé : « Et ceci, alors ? », il ne s’est naturellement pas écroulé et il est toujours là, malheureusement.

Au début, je ne l’ai jamais compris. En 1933-1934, nous abordions les choses en parfaits ignorants, car c’était et c’est toujours un monde tellement étranger à l’homme normal qu’il ne peut absolument pas se l’imaginer. Le Gruppenführer Heydrich et moi ainsi que quelques autres personnes avons vraiment dû apprendre des choses dans ce domaine et toujours suite à des expériences pénibles. Au début, je me fâchais, quand de jeunes gens mentaient. Je comprends aujourd’hui qu’il leur est impossible de faire autrement. C’est pourquoi il ne me vient plus jamais à l’esprit de demander à un homosexuel : pouvez-vous me donner votre parole ? Je ne le fais plus, parce que je sais qu’il ne dira pas la vérité. Au moment même où un homosexuel vous dit quelque chose en larmoyant, il est persuadé que c’est vrai. D’après mon expérience, l’homosexualité conduit à une irresponsabilité, je dirais presque à une démence, absolue.

L’homosexuel subit naturellement plus que tout autre tous les chantages, premièrement parce qu’il est lui-même un délinquant, deuxièmement parce que c’est un type malléable et, troisièmement, parce qu’il est veule et sans la moindre volonté.

De plus – je vais vous indiquer juste quelques exemples dans ce domaine – l’homosexuel est possédé par un insatiable besoin de faire des confidences dans tous les domaines et tout particulièrement dans le domaine de la sexualité. La plupart du temps, vous constatez que celui qui se fait pincer vous donne sans aucune contrainte tous les noms qu’il connaît. Il n’y a donc – il faut bien que je me place de ce point de vue – aucune fidélité dans l’amour entre hommes, bien que ces gens prétendent s’aimer. L’homosexuel raconte tout de manière débridée, sans aucun doute dans l’espoir de pouvoir sauver sa peau.

Nous devons comprendre que, si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l’Allemagne, la fin du monde germanique. Ce n’est malheureusement pas aussi facile pour nous que cela le fut pour nos ancêtres. Pour eux, les homosexuels représentaient des cas anormaux isolés. L’homosexuel, que l’on appelait « Urning », était noyé dans un marais. Les professeurs qui trouvent aujourd’hui ces cadavres dans les marais n’ont certainement pas conscience d’avoir devant eux, dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, un homosexuel qui y avait été noyé avec ses vêtements et ses affaires. Ce n’était pas une punition. C’était tout simplement l’élimination d’une vie anormale. Elle devait être supprimée, de la même façon que nous arrachons les orties et que nous les jetons tout en tas pour les brûler. Il n’y avait là aucun sentiment de vengeance : l’individu concerné devait disparaître.

Il en était ainsi chez nos ancêtres. Mais, chez nous, ce n’est malheureusement plus possible. Dans le cadre de la SS, je voudrais maintenant vous expliquer très clairement ceci. Je souligne expressément que je sais très exactement de quoi je parle. Ceci n’est évidemment pas destiné à des réunions d’officiers, mais vous pouvez le raconter dans des conversations.

Nous avons toujours aujourd’hui dans la SS un cas d’homosexualité tous les mois. Il y en a huit à dix par an dans l’ensemble de la SS. J’ai donc décidé ceci : dans tous les cas, ces personnes seront publiquement dégradées, exclues de la SS et remises à la justice. Après avoir purgé la peine qui leur aura été infligée par le tribunal, ils seront internés sur mon ordre dans un camp de concentration et abattus au cours d’une tentative d’évasion. Chaque fois, l’unité à laquelle la personne concernée appartenait en sera informée sur mon ordre. J’espère ainsi réussir à extirper jusqu’au dernier ce genre de personnes de la SS, afin au moins de préserver le sang noble que nous avons dans la Schutzstaffeln et Ie type racial que nous rétablissons pour l’Allemagne.

Mais le problème n’est pas résolu pour autant dans l’ensemble de l’Allemagne. En effet, il ne faut pas nous faire d’illusions sur ceci. Lorsque je poursuis l’homosexuel en justice et que je le fais interner, cela ne résout pas le problème, car l’homosexuel sort de prison tout aussi homosexuel qu’il l’était en y entrant. Le problème reste donc entier. Il est résolu dans la mesure où le vice est stigmatisé, alors qu’auparavant il ne l’était pas. Avant, pendant et après la guerre, nous avions bien des lois sur ce sujet, mais il ne se passait rien. Je vais vous donner un exemple, pour mieux me faire comprendre : en 1934, pendant les six premiers mois de notre activité dans ce domaine, nous avons porté plus de cas devant les tribunaux que le præsidium de la police de Berlin en vingt-cinq ans. Personne ne peut venir nous dire que le problème s’est aggravé uniquement à cause de Röhm. Cela nous a naturellement causé un grand tort, mais cette chose s’était propagée dès avant la guerre, pendant la guerre et plus encore après la guerre.

Vous voyez, on peut régler toute sorte de problèmes grâce à des mesures administratives et policières. On peut régler le problème des prostituées, très anodin par rapport au précédent. Des mesures précises permettent de les insérer dans une organisation admissible pour un peuple de culture comme le nôtre. Dans ce domaine, nous faisons preuve d’une grande ouverture d’esprit, car on ne peut, d’un côté, vouloir éviter à la jeunesse de sombrer dans l’homosexualité et, de l’autre, fermer toutes les issues. Ce serait de la folie. Finalement, empêcher toute possibilité de relations avec les filles dans les grandes villes – même si c’est pour de l’argent – revient à pousser un grand nombre de jeunes de l’autre côté (5).

Dans ces considérations, il ne faut pas oublier que l’Allemagne est malheureusement devenue un pays urbanisé aux deux tiers. Le village ne connaît aucun problème. Le village règle d’une manière saine et naturelle toutes ces questions. Là, malgré le pasteur et la morale chrétienne, malgré un sentiment religieux qui se maintient depuis des siècles, le jeune gars va frapper à la fenêtre de la fille. Le problème se résout ainsi. Il y a bien quelques enfants illégitimes, quelques personnes qui s’agitent dans le village et le pasteur est content d’avoir un nouveau sujet de sermon. Les gars font exactement comme par le passé et – ne vous y trompez pas – comme dans les temps les plus anciens de notre histoire. Toute la théorie, inventée pour les besoins de la cause, selon laquelle la jeune fille germanique, si elle a la malchance de ne se marier qu’à vingt-six ou trente ans, a vécu comme une nonne jusque-là, est une histoire à dormir debout. En revanche, les lois sur le sang étaient strictes : aucun garçon ni aucune fille n’avait droit de se compromettre avec un sang de valeur inférieure. La loi était d’une sévérité impitoyable. On ne transigeait pas non plus sur la fidélité conjugale. La femme infidèle était punie de mort, car un sang étranger risquait d’entrer ainsi dans la famille.

Tout cela était naturel à cette époque. L’ordre était sain et raisonnable. Il allait dans le sens des lois naturelles et non à leur encontre, comme aujourd’hui.

Comme je l’ai dit, dans ce domaine, les problèmes seront un jour résolus, d’une manière ou d’une autre. Plus nous facilitons les mariages précoces – de telle sorte que nos hommes se marient à vingt-cinq ans -, plus l’autre problème disparaîtra et tout rentrera naturellement dans l’ordre.

En revanche, le problème de l’homosexualité ne peut pas être réglé. Evidemment, je peux -c’est une question que nous avons soupesée dans tous les sens – faire incarcérer et enfermer dans les camps tous les jeunes dévoyés. C’est facilement réalisable. Mais je me pose une question : si je fais enfermer vingt mille jeunes dévoyés des grandes villes, je parviendrai peut-être à en ramener dans le droit chemin trois ou quatre mille suffisamment jeunes (dix-sept à dix-huit ans) et ceci grâce à la discipline, l’ordre, le sport et le travail. Nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas. Mais à partir du moment où il n’y aura plus de jeunes ayant ce penchant, les homosexuels risquent de chercher de nouvelles victimes. C’est donc une solution à double tranchant.

Dans la mesure où ils ne seront pas irrémédiablement corrompus, nous ferons arrêter et interner dans des camps tous ces jeunes de dix-sept ou dix-huit ans. Nous essaierons de les ramener à la raison et, comme je viens de le dire, nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas.

Mais tout cela ne permet pas de résoudre le problème dans son ensemble. Je ne vois qu’une seule solution : empêcher les vertus d’un Etat d’hommes, les avantages des associations masculines, de dégénérer en défauts. A mon avis, notre vie tout entière est soumise à une trop forte masculinisation (6), qui va si loin que nous militarisons des choses inimaginables, que – je le dis ouvertement – nous n’avons pas notre pareil pour faire mettre les hommes en rang, les faire s’aligner et leur faire faire leur paquetage, mais je trouve désastreux de voir les filles et les femmes (les jeunes filles surtout) sillonner le pays avec des paquetages merveilleusement bien faits. Cela peut causer des problèmes. Je trouve désastreux de voir les organisations féminines, les associations féminines, les communautés féminines, s’occuper de choses qui détruisent le charme, la dignité et la grâce de la femme. Nous autres hommes – je parle de manière générale, car cela ne nous concerne pas directement – nous voulons, dans notre folie, faire de la femme un instrument de pensée logique, la former en tout, ce qui n’est possible que si nous masculinisons les femmes jusqu’à faire disparaître à la longue la différence sexuelle, la polarité. Dès lors, le chemin qui mène à l’homosexualité n’est pas loin.

Je trouve qu’il est désastreux, comme l’a fait ces dernières années l’Association des étudiants – pour prendre un exemple à l’intérieur du mouvement –, de faire de merveilleux paquetages et de faire l’exercice. Je n’ai pas besoin d’une association d’étudiants pour cela.

J’ai discuté récemment avec le nouveau dirigeant de l’Association et je lui ai dit : « Mon cher Scheel, si jamais vous vous faîtes pincer en train de faire l’exercice avec vos camarades, je deviendrai votre ennemi juré. Dans les foyers d’étudiants, il faut faire travailler l’esprit et diriger spirituellement et mettre de l’ordre dans la société. »

J’ai vu une fois un journal étudiant – je crois que c’était celui de l’Association de Silésie. Sur la page de titre de ce journal dédié au travail intellectuel des jeunes universitaires, on voyait huit hommes alignés sur deux rangs, tandis que leur chef spirituel vérifiait l’alignement. C’est en soi le travail du sous-officier, de l’adjudant, du chef de compagnie ou du chef de bataillon, qui ont justement la manie de toujours vérifier l’alignement, mais ce n’est en aucun cas le rôle d’une institution intellectuelle. Quand on s’entend dire à l’étranger : « Vous ne connaissez vraiment rien d’autre que la discipline militaire », ce n’est pas tout à fait aussi faux qu’on peut le penser.

La SS, il faut maintenant évoquer cette question, affirme être un Ordre. Le parti affirme aussi être un Ordre. Ces deux affirmations ne s’excluent pas. Nous sommes, je le dis très clairement, un ordre national-socialiste – et voici maintenant la définition raciale – d’hommes du Nord et la communauté jurée de leurs clans. Nous sommes avant tout un ordre militaire, non pas L’ordre, mais UN ordre national-socialiste et militaire, lié par la discipline et par le sang nordique. Une communauté de clans, si vous voulez. Autrefois, on aurait parlé d’une confrérie de nobles. Mais c’est à dessein que je n’emploie pas cette expression. Simplement, je veux dire par là que notre tâche consiste à former les hommes, alors que la tâche de l’ordre politique concerne la direction politique.

A partir du moment où le Parti est un ordre politique, il doit se préoccuper de façon croissante du contenu intellectuel et s’écarter de plus en plus des aspects militaires, tels que le paquetage, les rassemblements, etc. Et cela s’applique au plus petit détail. J’ai beaucoup discuté de ces problèmes avec le camarade Ley qui a une grande intelligence de ce genre de choses. Je lui ai ainsi demandé au sujet du rassemblement (vraiment très réussi) des chefs politiques à Nuremberg : « Pourquoi donnez-vous des ordres ? Personnellement, je ne le ferais pas. » Il y avait là cent mille chefs politiques. Il faudrait déjà des soldats bien entraînés pour que le commandement « Repos ! Levez les drapeaux ! Baissez les drapeaux ! » soit exécuté impeccablement par cent mille hommes à la fois !

« Pourquoi ne dîtes vous pas dans vos discours : « et maintenant levons les drapeaux, baissons les drapeaux ? » » Cela revient exactement au même, mais sous une forme qui n’est pas excessivement virile, soldatesque et militaire. Pourquoi faut-il donner des ordres pour ce genre de choses ? » Voilà quelques réflexions sur l’ensemble de ces problèmes.

J’en reviens à mon sujet. Je disais que nous masculinisons excessivement toute l’existence. Nous masculinisons également trop notre jeunesse. Je vais donner quelques exemples, auxquels vous pourrez ajouter bien d’autres, probablement d’après votre propre expérience ou votre expérience avec d’autres enfants.

Je trouve qu’il est désastreux pour un peuple que des jeunes disent à leur mère : « Dis, quand on défile dans les Jeunesses hitlériennes, fais attention à ne pas passer près de nous. Je te ferais bien un signe, mais les autres se moqueraient de moi. Ils me traiteraient de petit garçon à sa maman et de femmelette. » Je trouve désastreux pour un peuple qu’un jeune garçon ait honte de sa mère ou de sa sœur, ou qu’il soit amené à avoir honte des femmes, en l’occurrence celles dont il est le plus proche, sa mère ou sa soeur – qui est une femme en devenir. Il est désastreux qu’un jeune soit raillé au-delà de la normale parce qu’il est amoureux d’une fille, que pour cette raison on ne le prenne pas au sérieux, qu’on le considère comme un faible, qu’on lui dise que les durs ne s’occupent pas des filles. « Il n’y a que des amitiés de garçons. Ce sont les hommes qui décident sur la terre », lui dit-on. L’étape suivante, c’est l’homosexualité.

Ce sont les idées de M. Blüher : « D’une manière générale, la plus grande forme d’amour n’est pas celle qui existe entre un homme et une femme. A cause des enfants, c’est quelque chose d’animal. La plus grande forme d’amour est l’amour sublimé qui lie deux hommes. Dans l’histoire du monde, les plus grandes choses en sont sorties. » Tout ceci n’est que le mensonge éhonté de ces individus qui accaparent Alexandre le Grand et Bismarck. Il n’est pas de grands hommes que les homosexuels n’accaparent : César, Sulla, etc. Je crois que, à l’exception de Don Juan, ils les accaparent quasiment tous. C’est ce qui est distillé aux jeunes qui font partie d’un mouvement déjà extraordinairement masculinisé et qui vivent dans des camps d’hommes, où ils n’ont pas la possibilité de rencontrer de jeunes filles. Selon moi, il ne faut pas s’étonner que nous ayons pris le chemin de l’homosexualité.

Je crois qu’un changement fondamental ne peut provenir que de ceci : nous devons – c’est quelque chose de particulièrement urgent pour nous dans la SS – rééduquer les SS et les jeunes, dans la mesure où nous avons de l’influence sur eux, pour qu’ils deviennent des hommes chevaleresques, de jeunes chevaliers (7). C’est pour le moment la seule possibilité que nous ayons de mettre définitivement un terme à la situation actuelle et de ne pas nous retrouver dans celle des pays anglo-saxons et de l’Amérique. J’ai dit un jour à une Anglaise qui trouvait épouvantable que les hommes saluent les femmes en premier : « Je suppose que chez vous les poules se pavanent autour du coq ? Cela vous semble aller à l’encontre des conventions ? » Une conséquence des trop nombreux privilèges accordés à la femme en Amérique, c’est qu’aucun homme n’ose plus regarder une jeune fille, car autrement il est traduit devant un tribunal d’honneur et condamné à des dommages-intérêts. En Amérique, l’homosexualité est une mesure protectrice absolue pour les hommes, car ils sont réduits à l’esclavage par les femmes. Là-bas, la femme peut se comporter comme une hache : elle coupe l’homme en petits morceaux, tout simplement. Elle ne se fait jamais reprendre. C’est le meilleur exemple de tyrannie féminine !

Chez nous, il n’y a aucun danger que l’attitude chevaleresque de l’homme soit forcée et exploitée par l’autre partie, car, en Allemagne, les femmes, par habitude et par éducation, n’y sont pas enclines. En tout cas, nous devons absolument faire de nouveau de nos jeunes des hommes chevaleresques, des hommes qui se consacrent à la défense des femmes.

Récemment, j’ai dit à l’un des chefs des Jeunesses hitlériennes : « Vous êtes bien peu chrétiens en général, mais votre attitude envers les femmes est aussi purement chrétienne que possible. » Il y a cent cinquante ans, une thèse a été soutenue dans une université catholique sous le titre : « La femme a-t-elle une âme ? » Ceci révèle déjà toute la tendance du christianisme, qui vise à détruire absolument la femme et cherche à mettre en évidence son infériorité (8). Je suis fermement convaincu que, dans le fond, le clergé et le christianisme dans son entier sont une association érotique masculine destinée à ériger et à maintenir ce bolchevisme qui existe depuis deux mille ans. Je l’affirme parce que je connais très bien l’histoire du christianisme à Rome. J’ai la conviction que les empereurs romains qui ont exterminé les premiers chrétiens ont fait exactement ce que nous faisons avec les communistes. Les chrétiens étaient alors le pire ferment que contenait la grande ville, les pires Juifs, les pires bolcheviques qui existaient.

Le bolchevisme de l’époque a donc eu la force de grandir sur le cadavre de Rome. Le clergé de cette Eglise chrétienne – qui, plus tard, a soumis l’église arienne (9) après des luttes interminables – en vient, dès le IVe ou le Ve siècle, à exiger le célibat des prêtres. Il s’appuie pour ce faire sur Paul et les tout premiers apôtres, qui présentaient la femme comme le symbole du péché et n’autorisaient ou ne recommandaient le mariage que comme moyen légal d’échapper à la prostitution – c’est écrit dans la Bible – et présentaient la procréation comme un mal nécessaire. Le clergé continue pendant plusieurs siècles à vouloir accomplir ce projet, jusqu’à ce que le célibat des prêtres soit mis en pratique en 1139.

D’autre part, j’ai la conviction que la minorité qui ne veut pas se soumettre à cette homosexualité, en particulier les curés de campagne, qui, d’après mon estimation, ne sont pas pour la plupart – plus de 50% – homosexuels, alors que je présume que, dans les monastères, l’homosexualité s’élève à 90 ou 95%, voire 100%, n’a pas d’autre issue que la confession auriculaire, pour se procurer les femmes et les filles dont elle a besoin.

Si aujourd’hui les procès concernant l’homosexualité chez les prêtres recommençaient et si nous traitions les prêtres comme tous les citoyens allemands, je pourrais garantir deux cents procès et plus dans les trois ou quatre prochaines années. Si nous ne parvenons pas à ouvrir ces procès, ce n’est pas parce que nous manquons de cas, mais tout simplement parce que nous ne disposons pas du nombre de fonctionnaires et de juges nécessaires à cette tâche. Mais, dans quatre ans, nous apporterons – je l’espère – une preuve très convaincante : nous prouverons que l’organisation ecclésiastique, chez ses dirigeants comme chez ses prêtres, constitue dans sa majeure partie une association érotique d’hommes, qui, sur cette base, terrorise l’humanité depuis maintenant mille huit cents ans, qui exige d’elle les plus grands sacrifices sanglants et qui, dans le passé, s’est montrée sadiquement perverse. Il me suffit de rappeler les procès des sorcières et des hérétiques.

La dépréciation de la femme est une attitude typiquement chrétienne et nous aussi – y compris de nombreux païens irréductibles -, qui avons été nationaux-socialistes jusqu’à ce jour, avons adopté inconsciemment cette pensée idéologique. Je connais encore aujourd’hui beaucoup de camarades qui se croient obligés de prouver la fermeté particulière de leur vision du monde et leur masculinité particulière par un comportement aussi grossier et agressif que possible à l’égard des femmes.

D’autre part, je constate dans nos rangs une certaine tendance à exclure autant que possible les femmes des fêtes et des cérémonies. Les mêmes personnes se plaignent ensuite que les femmes sa cramponnent parfois à I ‘Eglise, ou qu’elles ne soient pas acquises à cent pour cent au national-socialisme. Elles ne devraient pourtant pas se plaindre, puisqu’elles traitent les femmes comme des personnes de second ordre et les tiennent à l’écart de toute notre vie intérieure. Personne ne doit donc s’étonner qu’elles ne soient pas encore totalement acquises à notre vie intérieure. Nous devons être conscients que le mouvement, la vision du monde nationale-socialiste, ne peuvent être durables que s’ils sont portés par les femmes, car les hommes saisissent les choses avec leur entendement, alors que les femmes les saisissent avec leur cœur. Ce sont chez les Allemandes et non chez les Allemands que les procès de sorcellerie et d’hérésie ont fait le plus de victimes (10). La prêtraille savait très bien pourquoi elle brûlait cinq à six mille femmes : justement parce qu’elles s’accrochaient intuitivement à l’ancien savoir et à l’ancienne doctrine et que, de façon intuitive et par instinct, elles ne s’en laissaient pas détourner, tandis que les hommes, raisonnant logiquement, s’étaient déjà convertis (11).

J’en reviens à notre question. Je vois dans l’ensemble du mouvement une masculinisation excessive et, dans cette masculinisation exagérée, le terreau de l’homosexualité.

Je vous demande de discuter de ces idées quand cela vous est possible – mais, en tout cas, pas devant l’ensemble du corps des officiers. Discutez-en avec tel ou tel homme. Je vous prie de veiller à ce que vos hommes – je vous ai montré la voie – dansent avec des jeunes filles à la fête du solstice d’été. J’estime qu’il est absolument justifié d’autoriser nos jeunes candidats à organiser de temps à autre une soirée dansante en hiver. Nous n’y inviterons aucune jeune fille de sang impur, mais les meilleures. Nous donnerons à nos SS l’occasion de danser avec elles, de se montrer gais et joyeux. J’estime que c’est utile pour leur éviter de se fourvoyer dans l’homosexualité. Ce serait une raison négative. Mais il y a également une raison positive : ne nous étonnons pas que tel ou tel fasse un mauvais mariage et épouse une fille sans valeur raciale, si nous ne lui donnons pas l’occasion d’en connaître d’autres.

J’estime nécessaire de veiller à ce que les jeunes de quinze à seize ans rencontrent des filles à un cours de danse, à des soirées ou à des occasions diverses. C’est à quinze ou seize ans (c’est un fait prouvé par l’expérience) que le jeune garçon se trouve en équilibre instable. S’il a un béguin de cours de danse ou un amour de jeunesse, il est sauvé, il s’éloigne du danger. En Allemagne, nous n’avons pas besoin de nous préoccuper de savoir si nous mettons les jeunes trop tôt en contact avec les filles et si nous les poussons à avoir des relations sexuelles — c’est un problème très sérieux, dont on parlait autrefois en riant et en disant des obscénités, mais Dieu merci c’est fini. Non, sous notre climat, étant donné notre race et notre peuple, un jeune de seize ans considère l’amour sous l’angle le plus pur, le plus beau, le plus idéaliste et, à partir du moment où il s’est épris d’une fille, – je dois le redire clairement – il n’est plus question pour lui d’onanisme collectif avec des camarades, ni d’amitié à caractère sexuel avec des hommes ou des jeunes garçons.

A partir de ce moment, le danger est écarté. Nous devons maintenant réunir les conditions nécessaires, nous devons éliminer cette attitude qui règne aujourd’hui dans toute la jeunesse et peut-être aussi dans la SS et qui consiste à se moquer d’un homme qui accompagne une jeune fille ou qui se conduit correctement avec sa mère, ou encore qui se conduit en galant homme avec sa soeur. Là est le terreau de l’homosexualité.

Je considère qu’il était de mon devoir de parler de ces problèmes avec vous, messieurs les généraux. C’est une chose extrêmement sérieuse, que les tracts et les théories modernes ne permettront pas de résoudre. Nous ne la résoudrons pas en disant tout simplement : « Mon Dieu, pourquoi notre peuple est-il aussi mauvais ? Cette dépravation des moeurs est épouvantable… » Rien de tout cela ne résoudra la question. Si nous estimons qu’elle est résolue, je me demande pourquoi nous continuons à nous donner tant de mal. Si nous estimons qu’elle ne l’est pas, il nous faut admettre que, dans ce domaine, notre peuple a été mal dirigé…

Messieurs, les égarements sexuels provoquent les choses les plus extravagantes que l’on puisse imaginer. Dire que nous nous conduisons comme des animaux serait insulter les animaux. Car les animaux ne pratiquent pas ce genre de choses. Une vie sexuelle normale constitue donc un problème vital pour tous les peuples.

Discours sur l’homosexualité, prononcé par Heinrich Himmler à Bad Tölz, le 18 février 1937, in Jean Boisson, Le Triangle Rose, Robert Laffont, Paris, 1988, traduction revue et corrigée par B.K.

(*) Puisqu’un histrion en mal de reconnaissance médiatique a cru bon de déclarer récemment que « Himmler lui-même avait deux objets fétiches sur son bureau, Mein Kampf et le Coran », il convient de signaler que cette affirmation repose entièrement sur un passage du torchon du journaleux René Alleau, Hitler et les sociétés secrètes, enquête sur les sources occultes du nazisme (1969), lequel passage ne repose à son tour sur rien, si ce n’est sur les affabulations égrenées par un certain Ray Petitfrère dans La Mystique de la croix gammée (1962, p. 193 et non p. 284, comme indiqué dans Hitler et les sociétés secrètes) : c’est-à-dire sur moins que rien.

(1) Tout au contraire, ce qui appartient au domaine de la sexualité relève de la vie privée de l’individu, à la condition et à la seule condition que l’individu ne fasse pas sortir sa sexualité de sa vie privée. Si cette condition n’est pas remplie, sa sexualité devient une affaire publique et il appartient à l’Etat de la traiter comme telle, de prendre toutes les mesures pour la faire rentrer dans la vie privée de l’individu.
(2) Pour une critique du natalisme, voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2014/04/30/la-nemesis-de-linferieur, note 23.
(3) « Das Volk, das sehr viel Kinder hat, hat die Anwartschaft auf die Weltmacht und Weltbeherrschung » a été traduit dans Le Triangle Rose par « Un peuple qui a beaucoup d’enfants peut prétendre à l’hégémonie mondiale, à la domination du monde. » Or, « Weltmacht » signifie en fait « puissance mondiale », le fait d’être une puiisance mondiale parmi d’autres, tandis qu’il n’est pas incorrect de rendre « Weltbeherrschung » par « domination mondiale », dans le sens de pouvoir de celui qui exerce une autorité absolue sur le monde. Himmler caressait-il donc, comme son ennemi juré, le Juif, l’idée d’un empire mondial, allant des Vanuatu à Nuuk, de Punto Arenas à Harbin ? Rien n’est moins sûr. En effet, il faut garder à l’esprit que, pour les peuples d’origine aryenne, « empire » n’a jamais signifié « autorité politique souveraine sur me monde entier », mais « sur une partie du monde », la leur. Ainsi en alla-t-il de l’empire romain, qui, même sémitisé jusqu’à la moelle, resta une forme de communauté politique dont les peuples différents qu’il unissait plus ou moins autour d’un pouvoir central unique n’étaient pas et e devaient pas être ceux du monde entier, mais ceux d’une aire géographique déterminée. Le « monde » du Troisième Reich était l’Europe. Le Weltreich (significativement, le terme veut « empire » et non, comme peut le laisser à penser sa traduction littérale, « empire (Reich) mondial (Welt)) qu’Himmler évoque à trois reprises dans son fameux discours de Poznan (http://www.1000dokumente.de/pdf/dok_0008_pos_de.pdf) d’octobre 1943.
Dans son discours à la vieille garde du 8 novembre 1941 à Munich, Hitler déclarait : « Quand l’honorable Monsieur Wilkie [un candidat à l’élection présidentiel états-unienne de 1940] explique qu’il n’y a que deux possibilités : soit Berlin sera la capitale du monde, soit Washington sera la capitale du monde, je ne peux que me dire : Berlin ne peut en aucune façon être la capitale du monde et Washington ne deviendra jamais la capitale du monde ! » (« Denn wenn Herr Willkie, dieser Ehrenmann, erklärt, es gebe nur zwei Möglichkeiten, entwed er Berlin wird Welthauptstadt oder Washington wird Welthauptstadt, dann kann ich nur sagen: Berlin will gar nicht Welt.hauptstadt sein, und Washington wird nie Welthauptstadt werden! »). Dans son discours du 30 janvier 1939 sur la question juive : « Le peuple allemand ne veut pas que ses intérêts soient déterminés et contrôlés par un peuple étranger. La France aux Français, l’Angleterre aux Anglais, l’Amérique aux Américains, l’Allemagne aux Allemands. Nous sommes déterminés à empêcher l’établissement dans notre pays d’un peuple étranger qui a été capable d’y accaparer tous les postes clés et à l’en chasser. Car notre volonté est de donner à notre peuple une formation adéquate pour qu’il puisse occuper ces postes clés. » (« Das deutsche Volk wünscht nicht, daß seine Belange von einem fremden Volk bestimmt und regiert werden. Frankreich den Franzosen, England den Engländern, Amerika den Amerikanern und Deutschland den Deutschen ! Wir sind entschlossen, das Einnisten eines fremden Volkes, das sämtliche Führungsstellen an sich zu reißen gewußt hat, zu unterbinden und dieses Volk abzuschieben. Denn wir sind gewillt, für diese Führungsstellen unser eigenes Volk zu erziehen.”). Ces deux déclarations montrent clairement qu’Hitler, loin de nourrir un rêve de domination mondiale, comme l’affirment certains, soit gratuitement, soit sur la base d’écrits d’affabulateurs comme Rauschning, était fermement opposé à l’instauration de ce que l’on appelle aujourd’hui le « nouvel ordre mondial ».
(4) Soit dit en passant, la thèse « conspirationniste » selon laquelle la SS aurait été une émanation de l’ordre jésuite prend du plomb dans l’aile.
(5) Réaliste, Himmler comprenait qu’il était vain d’interdire « le plus vieux métier du monde », que la seule solution était de l’encadrer, ne serait-ce que pour empêcher qu’il ne soit ce qu’il est dans les démocraties où il est légal : l’antichambre du crime organisé, qu’il soit d’« Etat » ou non. Cela étant dit, il ne prend pas en compte le fait que la prostitution n’a jamais été une occupation exclusivement féminine. Le nombre des prostitués à Berlin dans les années 1920 est estimé à 35000.
(6) On pourrait d’abord croire qu’Himmler confond masculinisation et militarisation, alors que, comme la suite du paragraphe le fait apparaître très clairement, il ne fait que regretter à juste titre la militarisation de la vie des femmes allemandes.
(7) Sa proposition de « rééduquer les SS et les garçons… pour qu’ils deviennent des hommes chevaleresques, de jeunes chevaliers » est incompatible avec ses propres vues, saines, sur la relation normale entre les hommes et les femmes. Outre le courage, l’honneur, la loyauté, la justice, que, incidemment, il serait insensé de croire que les guerriers ne connaissaient pas avant la création de la chevalerie, la principale qualité attendue d’un chevalier était la galanterie envers les femmes, une qualité dont le rôle central dans le code de la chevalerie est à attribuer à l’influence alors croissante de la littérature courtoise, dont les caractéristiques essentielles sont déjà présentes dans la poésie du Moyen-Orient de l’antiquité (voir, par exemple, Peter Russell, The Image of Woman as a Figure of the Spirit, IV, 1972) ; ce qui était nouveau dans ce code était l’accent qui y était mis sur la nécessité pour le chevalier de canaliser son énergie, d’adopter une attitude mesurée et d’agir « moralement », c’est-à-dire conformément aux règles de la « morale » chrétienne, puisqu’il avait été conçu par l’Eglise, dans une tentative de « transformer la force brutale de la féodalité en une force disciplinée au service de l’Eglise… » (Fauriel, Histoire de la poésie provençale, I, p. 488). Les historiens s’accordent sur le fait que, au « moyen âge », la galanterie envers les femmes restait un motif littéraire et que la théologie de la guerre promue par l’Eglise n’avait guère d’influence sur la chevalerie. C’est là enfoncer des portes ouvertes. Comment de longues lignées de guerriers auraient-elles pu être rabaissées au rang de Roméo et d’assistantes sociales en l’espace de quelques générations ? La réalité de l’expérience était encore très loin des idéaux, qui, comme nous le savons, ont fini par devenir réalité. Toute dynamique révolutionnaire, pour utiliser le cadre interprétatif établi par N. Hagger, commence par une vision occulte, est suivie par une expression intellectuelle, trouve une expression politique et aboutit à une expression physique. Dans le cas présent, l’inspiration occulte a été donné par les forces qui se dissimulent derrière les symboles propres aux sociétés matriarcales des races féminines du Sud, a été conceptualisé au cours du « moyen âge» dans la doctrine de l’amour courtois, en vertu de laquelle la femme est presque devenu un idéal, un modèle pour l’homme, a trouvé (une expression religieuse dans le culte de la Vierge Marie, soi-disant, selon une explication peu convaincante de de Rougemont, dans le but de rivaliser avec le culte de la femme courtoise, et); une expression politique dans ce qu’on appelle le « féminisme »; une expression juridique dans les différentes « Déclarations des droits de l’homme » sur l’égalité des sexes ; une expression économique dans l’accès de la femme à tous les secteurs et, ensuite, à tous les emplois, de plus en plus taillés sur mesure pour elle ; et, finalement, une expression physique dans la « self-made-woman », la « star », l’« actrice », la politicarde, etc.
Les soldats allemands étaient renommés pour leur galanterie et « vachement » admirés à cet égard par Patton (Victor Davis Hanson, The Soul of Battle, p. 364), de Paris à Prague, pendant la Seconde Guerre Mondiale, qu’ils ont perdue.
Qui dit galanterie, esprit chevaleresque dit gravitation de l’homme autour de la femme et des valeurs féminines, donc inversion de la polarité entre les deux sexes, au profit du « faible ».
(8) Himmler suit ici la vulgate. Plus perspicace, Louis Rougier a parfaitement pénétré les relations compliquées entre l’Eglise et la femme, dans certaines considérations qui ont déjà été citées et qui devront être citées à nouveau ici, tellement leur hauteur de vue reste inégalée : « Le romantisme du péché n’en resta pas moins la séduction suprême du christianisme. Celui-ci donna au plaisir la saveur du danger et il fit de l’abjection une voie de sanctification éminente. A l’ivresse de la passionnée d’amour qui savoure le vertige de se perdre éternellement pour le luxe d’une heure de plaisir interdit, correspond la soif d’humiliation qui possède la sainte, le besoin de se dégrader, d’essuyer toutes les avanies pour la gloire de son époux céleste. L’amour s’enivre des sacrifices qu’il accepte et des déchéances qu’il consent. Le tempérament de feu de sainte Thérèse, son instinct de domination, mêlé à l’idéal chevaleresque de son époque, ne pouvait en faire que la réformatrice du Carmel ou une grande dame de cour, menant des intrigues d’Etat, bravant toute loi divine et humaine, embrasant l’Escurial de l’ardeur de ses sens. Don Juan est plus proche qu’on ne le pense de Jean de la Croix. Tous les tourmentés de l’imagination, tous les inquiets du cœur sont candidats à l’extase. Diderot disait brutalement de Rousseau : je le vois tourner autour d’une capucinière. De par sa complexion, la femme surtout cède à cet attrait. En l’écartant du service divin, l’Eglise l’humilie, mais en l’éloignant parce que trop périlleuse, elle l’enorgueillit ; en proclamant que sa chair n’est que corruption et que cendre, elle porte défi à sa beauté ; mais en faisant de son corps le vase d’élection du Seigneur et l’instrument coutumier de notre perdition, elle confère au don d’elle-même une valeur infinie. Tout le raffinement de l’amour courtois en perpétuelle coquetterie avec la nature, toute l’apologie romantique de la passion procèdent de là. En voulant l’abaisser, le christianisme s’est trouvé placer la femme sur un piédestal. Un ancien s’étonnerait du rôle qu’elle joue dans nos préoccupations quotidiennes. La volupté des âmes, la fascination du péché que l’on goûte d’autant plus qu’on le combat, la divinisation de l’amour demeurent la grande magie du christianisme. » (‘Celse contre les Chrétiens, 1925)
S’il nest permis de résumer cette dense et magistrale analyse en une formule, l’Eglise a rabaissé les femmes pour mieux élever la femme.
(9) « L’église arienne » (« arianische Kirche ») et non pas, erreur fâcheuse contenue dans la traduction anglaise du discours (consultable à http://nseuropa.wordpress.com/2013/04/11/heinrich-himmler-speech-about-homosexuality-to-the-ss-group-leaders), « l’église aryenne ».
(10) Le lien qui pourrait exister dans la pensée d’Himmler entre le fait que « … le mouvement, la vision du monde nationale-socialiste, ne peuvent être durables que s’ils sont portés par les femmes, car les hommes saisissent les choses avec leur entendement, alors que les femmes les saisissent avec leur cœur » et le fait que « Ce sont chez les Allemandes et non chez les Allemands que les procès de sorcellerie et d’hérésie ont fait le plus de victimes » n’apparaît pas clairement. Toujours est-il que la « chasse aux sorcières » (*) n’a pas débuté avant la fin du XIVe siècle, plusieurs siècles après que les hommes germaniques fidèles au forn sidhr eurent payé un lourd tribut au fanatisme chrétien. Toujours est-il aussi que, opération de charme indirecte ou conviction profonde, il est absurde de prétendre qu’une vision du monde, qu’elle soit nationale-socialiste ou, mieux, nordico-aryenne (dans le sens typologique du terme), puisse être portée par les femmes et, a fortiori, n’être portée que par les femmes : la femme, par nature, n’a aucune vision du monde et ne sait même pas ce qu’est une vision du monde. En outre, lui faire croire qu’elle est susceptible d’une vision du monde est dangereux.

(*) Il semble que les motifs officiels d’ordre démonologique invoqués par l’Eglise pour justifier la « chasse aux sorcières » (les « sorciers ne furent pas non plus épargnés) en dissimulent un beaucoup plus concret, plus mercantile : la volonté d’en finir avec des personnes qui étaient en réalité les dernières détentrices de la médecine traditionnelle du Nord, dans le but d’imposer définitivement dans toute l’Europe ce qu’on appelle le « médecin », c’est-à-dire, pour dire les choses comme elles sont, le vendeur de drogue, dont les papes, puis les têtes couronnées, furent les premiers à s’entourer sur ce continent. L’enseignement de la « droguerie » fut institutionnalisé en 1220, avec la fondation officielle par Honorius III de la Faculté de Montpellier, qui « fut initiée de très bonne heure à la science arabe, et l’enseigna pendant des siècles » (Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine, Vol 17 à 18, 1923, p. 213 ; voir aussi Aldo Mieli, La Science arabe et son rôle dans l’évolution scientifique mondiale, chap. « La Science arabe du VIIIe à tout le XIIe siècle », 1938). Une étude fouillée sur les dessous de la « chasse aux sorcières » avait été publiée il y a quelques années à http://declinisme.blogspot.fr/, mais le blog a été supprimé.
Les véritables sorcières étaient élevées très catholiquement et ne furent jamais réellement inquiétées par le bras « séculier » de la « justice divine » ; par exemple, la plupart des « Madames » citées dans les procès auxquels donna lieu l’affaire des poisons sous Louis XIV s’en sortirent.
(11) Himmler s’appuie sans doute sur la conversion volontaire d’un certain nombre de peuples d’origine germanique, telles les Goths, les Alamans, les Burgondes, sans oublier les Francs, au christianisme, pour des motifs généralement considérés, sur la foi des chroniques contemporaines, comme politiques, du Ve au XIe siècle. La raison entra cependant pour très peu dans la conversion d’autres tribus germaniques, qui, de fait, résistèrent à la christianisation. Le cas des Saxons est connu. Faute de pouvoir faire entrer pacifiquement le message évangélique dans la tête des représentants de la noblesse saxonne, Charlemagne, selon le moine Eginhard, son premier biographe, la fit couper à 4500 d’entre eux à Verden en 772. Face à l’entêtement des Saxons, il fut disposé quelques années plus tard par le roi très-chrétien et ses conseillers ecclésiastiques que, entre autres réjouissances, « Quiconque livrera aux flammes le corps d’un défunt, suivant le rite païen […] sera condamné à mort », que « Tout Saxon non baptisé qui cherchera à se dissimuler parmi ses compatriotes et refusera de se faire administrer le baptême, voulant rester païen, sera mis à mort. » Plus tard, en Norvège,
« Ceux qui n’abandonnaient pas le paganisme, raconte dans son Histoire des rois de Norvège Snorri Sturluson à propos de la christianisation de la Norvège, étaient expulsés, à d’autres, [Olaf Haraldson] faisait couper les mains ou les pieds ou extirpait les yeux, pour certains il les faisait pendre ou décapiter, mais ne laissait impuni aucun de ceux qui ne voulaient servir Dieu (…) à qui il affligeait de grands châtiments (…) » Mais, fera-t-on observer au sujet de ce second cas, Olaf Haraldsson (995- 1030), élu roi de Norvège en 1016 sous le nom d’Olaf II, s’était bel et bien converti au christianisme avant de se lancer dans ces persécutions et, de ce fait, il pourrait bien être un de ces rois germaniques qui, « raisonnant logiquement », avaient abandonné le forn sidhr pour le christianisme, pour des motifs d’ordre politique. Il n’en est rien et, pour s’en apercevoir, il suffit de se demander à quelle époque de sa vie il se convertit. En Norvège, parmi les siens ? Non. A Rouen vers 1014. Comment s’est-il retrouvé dans cette ville à cette époque ? La Saga des rois de Norvège ne le précise pas. Sans préjuger des circonstances qui l’amenèrent à se trouver en territoire chrétien au cours de son adolescence, il convient de signaler que, à partir du règne de Charlemagne, les Francs prirent l’habitude de confier aux écoles monastiques les jeunes saxons qu’ils emmenaient en otages et que, une fois catéchisés, ceux-ci étaient rendus à la liberté, pour devenir « à leur tour missionnaires au milieu de leurs parents et de leurs compatriotes » (A. Vetault, Charlemagne, Alfred Mame et Fils, Tours, 1878, P ; 219). A cet égard, notons qu’Harald « Klak » Halfdansson (v. 785 – v. 852), le premier roi du Danemark à se convertir au christianisme, aurait lui aussi été baptisé en exil, alors qu’il séjournait à la cour de Louis le Pieux, à qui il était venu demander son appui militaire pour conquérir le trône.
Enfin, il ne faut pas oublier que les femmes germaniques ont joué un rôle crucial dans la christianisation de leur peuple. Dans la Saga d’Erik le Rouge, alors que celui-ci reste fidèle au forn sidhr, sa femme, Tjorhilde se convertit au christianisme et va jusqu’à bâtir la première église de la région. De fait, les données archéologiques tendent à montrer qu’un certain nombre d’églises du « moyen âge » ont été fondées par des femmes (voir Anne-Sofie Gräslund, « The Position of Iron Age Scandinavian Women: Evidence from Graves and Rune Stones », in Bettina Arnold, Nancy L. Wicker, Gender and the Archaeology of Death, p. 81102) En Angleterre, les épouses de roi et de Grands jouèrent un rôle décisif dans la conversion de leur époux au christianisme (voir Michel Rouche, Clovis, p. 889). Quelques siècles plus tôt, la femme de Clovis n’avait pas été pour rien dans la décision du roi franc de se faire baptiser. C’est grâce à l’influence de Thyra, la femme de Gorm den Gamle, premier roi du Danemarrk, « dur et attaché à sa tradition », que les missionnaires chrétiens purent vivre dans le pays sans trop de problèmes. Etc.
Pour une discussion des raisons pour lesquelles les femmes scandinaves auraient été tout naturellement attirées par le christianisme, auraient eu tout intérêt à s’en rapprocher, voir Anne-Sofie Gräslund, « The Role of Scandinavian Women in Christianisation: The Neglected Evidence », in Martin Carver, The Cross Goes North: Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, 2e éd., The Boydell Press, Woodbridge, 2005, p. 483-96.

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