Renaissance de l’Allemagne (5)

Weimar

L’assemblée nationale marxiste démocrate de Weimar n’eut pas honte de prendre le traité de Versailles pour base de la nouvelle constitution allemande. L’État de Weimar, né de la trahison, issu de la lâcheté, utilisa la misère et la honte comme piliers de fondation de son système. Les bénédictions de cette démocratie échurent en partage à la nouvelle Allemagne dans leur pleine mesure, sous la forme d’un parlementarisme incontrôlable. Un renversement complet de toutes les conceptions se produisit. Le signe du parlementarisme est l’opposé du principe de direction. L’autorité s’y exerce de bas en haut et la responsabilité de haut en bas, c’est-à-dire que d’innombrables partis imposent leur autorité au gouvernement et que le gouvernement leur doit obéissance. Par là, le gouvernement est responsable devant les partis, de sorte qu’il devient le jouet de leurs intérêts, alors que la loi naturelle exige que l’autorité s’exerce de haut en bas et la responsabilité de bas en haut. Chaque chef possède l’autorité et ordonne à ses subalternes dans ses différents services. Mais il demeure responsable devant son chef comme le chef suprême l’est devant son peuple entier et devant l’avenir de ce peuple. Aucun État ne put naître, aucun peuple ne put s’inscrire dans l’histoire que par la vertu de ce principe. Mais ce qui régnait en Allemagne était maintenant le parlement, la conception anonyme de la majorité, enfin toute la lâcheté du monde.
Des groupes innombrables pouvaient s’enrichir sur le dos du peuple, au milieu de la division des classes et des partis. Le marasme célébrait ses plus hauts triomphes. On avait chassé les princes et les maîtres du gouvernement rouge s’étaient eux-mêmes installés sur les trônes laissés vacants. Mais ils n’étaient pas devenus des souverains pour cela. Le Veau d’Or trônait au-dessus d’eux tous et les partis menaient autour de lui leur danse grotesque. Nous voyions une effrayante décadence dans tous les domaines : d’année en année la désagrégation de la nation se poursuit, le Reich n’est plus qu’une ombre, une carcasse sans unité, vide et brisée en de nombreux endroits. La corruption des mœurs et l’immoralité sont les signes extérieurs de la « fière » république. Avec la décadence de la culture commence la décomposition spirituelle.
A tout cela vient s’ajouter la terrible inflation. Quand, dans une réelle rage de destruction marxiste, on cherchait à anéantir tous les biens culturels, tout idéal et toute vertu morale, il était parfaitement logique de diriger aussi cette destruction contre l’économie, nœud vital de la nation. Le marxisme ne peut fleurir et se développer qu’où se trouvent des hommes mécontents, sans foyer, déracinés, susceptibles d’accepter toutes les hérésies. On cherche à créer un prolétariat dans chaque classe de la population. Il fallait abaisser l’Allemand au rang de prolétaire intellectuel et manuel. C’est ainsi que l’inflation acheva de détruire ce qui restait d’une prospérité issue d’héritages familiaux. Des milliers tombèrent dans une misère noire. Les dernières valeurs matérielles furent anéanties par l’inflation et par un système d’impôts purement bolchévik. Qu’on se rappelle un peu cet infernal sabbat de millions et de millions ! Était-ce là le programme économique du marxisme ? Était-ce là la socialisation complète ? Modestement, ils appelèrent plus tard l’inflation un phénomène naturel, oubliant qu’elle n’était que le résultat de leurs doctrines véritablement criminelles. On pouvait voir clairement ici, encore une fois, combien le marxisme, en fin de compte, est lié au libéralisme. Comment la bourgeoisie pouvait-elle s’étonner que la partie la plus pauvre du peuple transposât sur le terrain économique les idées de liberté, d’égalité, de fraternité prêchées sous le signe du libéralisme ? On peut bien vite constater qu’entre socialisme et partis bourgeois les frontières disparaissent de plus en plus. Les dirigeants socialistes devenaient de plus en plus des petits bourgeois repus. Ils cherchaient maintenant à défendre et à conserver leur conquête pour satisfaire leurs désirs personnels. Leur mot de passe n’était plus « sur les barricades ». Ils devinrent soudain partisans de l’ordre et de la tranquillité. De l’autre côté, les partis des classes moyennes contribuaient à la décadence générale par leur manque de caractère.
Aujourd’hui, quand nous accusons le socialisme d’avoir trompé et volé l’Allemagne, sans distinguer s’il se montrait sous le bonnet rouge des Jacobins ou plus tard sous le chapeau haut de forme ; nous ne voulons pas oublier que partout où le marxisme a volé et trompé, les partis des classes moyennes avec à leur tête le Centre catholique éternellement hésitant y ont participé pour une large part. Au cours de la grande entreprise de pillage du peuple allemand et par delà toutes les divergences philosophiques, le frère noir n’a jamais laissé tomber le frère rouge. Les partis régnaient par l’entremise du parlement, sans mesure et sans contrôle. D’étape de souffrances en étape de souffrances le peuple souffrant et peinant portait son lourd fardeau.
Le prestige de l’Allemagne au dehors tombait aussi toujours plus bas, parallèlement à cette dissolution intérieure. Il était logique qu’après avoir bafoué l’idée de Patrie, après avoir traîné dans la boue toutes les vertus humaines, le gouvernement allemand fût condamné à une impuissance complète dans sa politique extérieure. L’Allemagne était devenue l’enclume de la politique internationale. Les conflits d’intérêts des autres puissances se débattaient sur son dos. La Société des Nations semblait n’être qu’un instrument pour maintenir l’Allemagne en tutelle et protéger le traité de Versailles. Conformément aux termes du traité, l’Allemagne avait désarmé. Elle était par là même absolument inoffensive. Mais ils allèrent plus loin encore que ne l’exigeait le traité de Versailles : ils désarmèrent le peuple allemand spirituellement et moralement, ils tuèrent en lui toute volonté de résistance et toute vitalité. Ils l’intoxiquèrent dans des proportions astronomiques avec leur folie de remplir intégralement les conditions imposées. Après avoir volé jusqu’à l’honneur du peuple, ils furent aussi malhonnêtes que s’ils y avaient été poussés par le désespoir. Ils exercèrent une politique de tricherie. On essaya d’élucider par des appels à la solidarité internationale les plus difficiles problèmes de la politique extérieure. C’était un signe particulier de la politique parlementaire allemande que de ne résoudre aucun problème mais d’échapper à toute question vitale par un lâche compromis.
Et le communisme survint. Il devait forcément naître de la fausse doctrine marxiste. Il devait fatalement lever la tête au cours d’une politique de lâcheté et de couardise ; il devait forcément sortir victorieux d’une politique perpétuellement hésitante entre l’imposture marxiste et la lâcheté bourgeoise. Le communisme, qui ne comptait au début de la République que quelques milliers de membres, avait au bout de quelques années une armée de six millions d’hommes, prête à prendre le pouvoir et prête à exploiter ce pouvoir pour anéantir la culture, la morale, l’Église (*) et l’économie. La misère et le désespoir qui régnaient sur le peuple poussaient les hommes par milliers dans les bras du communisme. Des millions d’hommes pleins de haine voulaient détruire parce qu’on avait tout détruit en eux-mêmes. Des chefs se tenaient prêts pour ces désespérés induits en erreur. Ces chefs, venus des bas-fonds, représentaient la lie du peuple allemand. Ici aussi, les Juifs étaient plus fortement représentés que partout ailleurs. Ils flairaient leur avènement avec l’instinct destructeur des sous-hommes. Ils hissèrent leur signal de combat. Il flottait, rouge sang, marqué de l’étoile soviétique. Si ce symbole était vainqueur, l’Allemagne devait étouffer dans l’ivresse sanguinaire du bolchévisme.

Hermann Göring, Renaissance de l’Allemagne, Fernand Sorlot, Paris, 1939

(*) Abstraction faite de ce que le bolchevisme chercha en général à restreindre l’influence de l’Église, non pas parce que, du point de vue des valeurs, elle lui était opposée, mais au contraire parce qu’elle lui faisait concurrence (voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2012/09/30/les-racines-asiatiques-du-mondialisme) eh bien, si l’auteur considère implicitement l’Église comme un pilier de la Volkgemeinschaft, c’est dans la seule mesure où elle collabore avec le IIIe Reich, comme en témoigne éloquemment une circulaire adressée par lui-même le 16 juillet 1935 aux autorités de l’État et aux principales instances du NSDAP, en accord avec A. Hitler : « Les prêtres qui continuent à croire qu’ils peuvent attaquer le Führer et son État national-socialiste, dans la lutte contre les conceptions opposées à leurs convictions religieuses, doivent, par tous les moyens disponibles, être privés de leur pernicieuse influence sur la communauté nationale [Volksgemeinschaft]. Les religieuses et les prêtres actifs dans les crèches, les hôpitaux publics et les maisons de soins et qui exercent une influence négative sur la communauté nationale doivent être démis de leurs fonctions. Lorsque l’influence des prêtres dans l’enseignement de la religion s’avère opposée à l’État, ceux-ci doivent être exclus {…]. Il faut exiger de tous les prêtres travaillant au service de l’État […] qu’ils se rangent entièrement et sans réserve derrière l’État national-socialiste et fassent de la propagande pour lui et ses institutions, en particulier pour ses organisations de jeunesse. Ce sont les conditions sine qua non pour que l’État puisse leur confier une participation à l’éducation religieuse de la jeunesse […]. (In Giovanni Miccoli, Les dilemmes et les silences de Pie XII, Editions Complexe, 2005) N’était-ce cependant pas trop en demander à cette engeance de prêtres, qui, par sa nature, ne pouvait pas ne pas s’opposer aux principes du national-socialisme (voir, par exemple, Arthur Albert Preisinger, The Church Struggle in Nazi Germany, 1933-34: Resistance, Opposition Or Compromise, University Microfilms International, 1993 ; Robin Diane Fruitticher, The Churches in Nazi Germany: Resistance and International Support, University of South Carolina, 1995 ; Beate Ruhm von Oppen, Religion and Resistance to Nazism, Princeton University, 1971 ; Susanne Werner, Der Widerstand der Katholischen Kirche im Nationalsozialismus mit Bezug auf den Bischof von Münster, 2009 ; Der Widerstand von Kirchen und Christen gegen den Nationalsozialismus, Vandenhoek & Ruprecht, 1988 ; Joachim Garstecki, Die Ökumene und der Widerstand gegen Diktaturen, W. Kohlhammer GmbH, Stuttgart, 2007) ; n’était-ce pas, pour nous faire mieux comprendre par une analogie, attendre de l’eau qu’elle ne mouille pas ?

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