Renaissance de l’Allemagne (6)

Finis Germaniae ?

L’Allemagne semblait perdue. Comment une faillite complète était-elle possible pour un peuple qui venait de soutenir une lutte héroïque ? N’y avait-il personne pour réagir contre les forces destructrices ? Il devait bien se trouver quelque part des dépositaires de l’Honneur national. Il en existait encore. La résistance s’organisa dès le début. Ce qui restait d’anciens combattants se rallia, forma des sociétés et des organisations. Ils combattirent dans les Corps-Francs contre les spartakistes et en Haute-Silésie. Ils entrèrent dans la Ruhr pour rejeter la première grande révolution communiste. Ils libérèrent Munich de l’emprise des conseils d’ouvriers. Après leur dissolution par le gouvernement se créèrent de nouvelles organisations : à Magdebourg, Seldte fonda les Casques d’Acier, ligue d’anciens combattants ; en Bavière naquit la Force défensive des habitants et dans les Alpes, les Corps Francs de l’Oberland. Mais chaque organisation agissait isolément. Il n’y avait entre elles aucune coordination, elles n’eurent d’abord pour but que de restaurer l’ordre et la tranquilité. Mais à la longue, il ne pouvait y avoir là aucun motif d’action, les chefs socialistes repus désiraient eux-mêmes, en fin de compte, l’ordre et la tranquillité. Toutes ces organisations, certes, étaient animées par un amour passionné de la patrie ; elles avaient aussi le dégoût du système régnant. Mais il leur manquait une base solide, un grand but effectif, un plan de campagne hardi. Ils étaient tous pleins des grandes traditions et prêts à les défendre, mais ils n’étaient pas les porte-drapeaux d’un avenir nouveau. Le grand mérite de n’avoir pas désespéré aux heures les plus difficiles leur revient malgré tout. Ils devinrent le point de ralliement des nationaux décidés à combattre. Il ne leur eût jamais été possible de renverser le gouvernement de novembre, parce qu’il avait à sa tête des gens qui représentaient une idée. Car jamais la force ne parvient à anéantir une idée, fût-elle destructrice. Une idée ne se laisse éliminer que si elle ne laisse remplacer par une idée nouvelle, plus convaincante et dont les représentants sont animés d’une énergie passionnée. Enfin, seule une idée négative peut être remplacée par une idée positive. Les idées sont éternelles. Elles se trouvent dans les étoiles. Il faut que l’homme soit assez hardi et asse fort pour décrocher le feu céleste de ces étoiles et s’en faire le porteur parmi les hommes. Ces hommes ont toujours été dans l’histoire mondiale les grands prophètes et souvent aussi les conducteurs de leurs peuples.
Mais où se trouvait en Allemagne l’homme distingué par le génie et par l’énergie, qui pût sauver le peuple et la patrie ? C’est en vain que le peuple tournait les yeux vers le chefs qui semblaient prédestinés par l’éducation, la naissance, la richesse matérielle ou la grandeur de leur nom. Cette grandeur était passée. Ces hommes n’avaient opposé aucune résistance, ils avaient abandonné sans combat ce que leurs aïeux avaient mis des siècles à conquérir. Jamais la destinée ne pardonne aux hommes d’abandonner sans lutte ce qu’elle leur a mis en main. « Ce que tu as hérité de tes ancêtres, il faut le reconquérir pour le posséder ». Cette vérité éternelle n’était malheureusement pas observées par les familles princières d’Allemagne. Elles n’y étaient point préparées. Aussi ne pouvaient-elles s’étonner si les autres ne faisaient rien pour les défendre avec leurs biens ! Les maisons princières n’avaient d’autre but que le maintien d’une certaine richesse matérielle et c’est en quoi consistait le travail de leurs conseillers légaux. C’est avec un étonnement mêlé de colère et de désespoir que le peuple voyaient la défaillance de ceux que la naissance avaient fait leurs chefs. C’est surtout en tant que monarchiste que j’ai protesté contre les allégations selon lesquelles ce serait la révolte de novembre 1918 qui aurait détruit la monarchie. L’idée de monarchie était morte dans le peuple allemand. Elle avait succombé dans les quinze dernières années parce que ses représentants avaient été leurs propres fossoyeurs. En 1918, à la moindre agitation de la populace ; ils avaient rengainé leurs glorieux étendards. De même, à quelques exceptions près comme par exemple le Prince August Wilhelm de Prusse, la famille du Landgrave de Hesse, le Prince Waldeck, le duc de Cobourg, etc., ils manquaient dans les rangs des combattants qui luttèrent passionnément pour la renaissance allemande. Parmi les généraux, il ne s’en trouvait pas un qui fût décidé à planter l’étendard de la résistance et à appeler les honorables combattants de la guerre contre le système de la honte et du déshonneur. Le corps des officiers allemands s’était admirablement battu au cours de la grande guerre. L’Etat-Major avait fourni les preuves de son excellence et de son génie ; Mais le manque de compréhension politique propre à l’officier allemand était maintenant payé d’une façon amère et fatale. Quant à la classe moyenne, elle s’était montrée dès avant la guerre incapable de fournir des chefs. La classe possédante était tout juste prêtre à défendre ses intérêts personnels, mais non point ceux de la nation allemande tout entière.

Hermann Göring, Renaissance de l’Allemagne, Fernand Sorlot, Paris, 1939

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