Le changement de race dans la Rome antique

Présentation de l’éditeur

Martin Persson Nilsson (1874 – 1967) était un philologue et mythographe suédois spécialisé dans les systèmes religieux hellénistique, grec et romain. Il obtint son doctorat à l’Université de Lund en 1900, avec une thèse sur les festivals de Dionysos dans l’Attique. Il fut recruté comme chargé de cours de langue et de littérature grecques par la même université, où il enseigna également l’archéologie et commença à s’intéresser à l’ethnologie et à l’ethnographie. Entre 1905 et 1907, il prit part aux fouilles danoises à Lindos, en Grèce. En 1909, il occupa la nouvelle chaire d’archéologie classique et d’histoire ancienne de Lund. Outre des travaux sur la religion et le folklore grecs, il publia un certain nombre d’ouvrages sur le folklore suédois. Plus tard, Nilsson devint secrétaire de la Société royale des lettres de Lund et membre associé de l’Académie royale des belles-lettres, de l’histoire et des antiquités de Suède. En 1924, il fut nommé membre correspondant de l’Académie royale des sciences de Prusse. Dans les années 1930, il enseigna dans plusieurs universités états-uniennes, dont Berkeley.
Ses ouvrages, publiés en suédois et en allemand, ont été traduits pour beaucoup en anglais entre le milieu des années 1920 et sa mort. Le seul qui ait fait l’objet d’une traduction en français, d’après son édition anglaise, est jusqu’à présent Den grekiska religionens historia, sous le titre de La religion populaire dans la Grèce antique (Pion, Paris, 1954), dans lequel sont analysées, d’une part, la désintégration progressive de la piété hellène à partir du Ve siècle avant J.-C. jusqu’au IIe siècle de notre ère et, d’autre part, les conditions de l’émergence de nouvelles conceptions religieuses, liée à l’essor de l’astronomie et de l’astrologie et au développement parallèle de l’occultisme, cependant qu’est émise la thèse selon laquelle l’orientalisation du culte hellène n’est pas tant due à l’importation de doctrines orientales dans l’Attique qu’aux contacts de plus en plus fréquents et étroits entre les Grecs et les populations sémites qui vivaient au pourtour de la Grèce, « mélange de sangs et d’idées » qui « produisit une race hybride qui n’avait de point d’appui ni dans la nation du père ni dans celle de la mère, mais empruntait aux deux aptitudes et points de vue » (p. 109).
Hereditas est une revue scientifique de recherche génétique qui publie des articles en anglais sur la génétique humaine et médicale, la génétique animale et végétale, la génétique microbienne, l’agriculture et la bio-informatique. Fondée en 1920 par l’écrivain et éditeur suédois Robert Larsson et publiée par la Société mendélienne de Lund, elle publiait à l’origine des articles en anglais, en allemand et en français, sur la science appliquée, la biologie raciale, et la sélection ds plantes. Herman Lundborg (1868 – 1946), directeur de l’Institut suédois de biologie raciale à Uppsala depuis 1922, compta parmi les membres de son conseil éditorial. Un autre fut l’eugéniste et ami de Martin Nilsson Herman Nilsson-Ehle qui, en 1920, annonça que l’étude qu’il venait de réaliser sur les conséquences du mélange racial des trois ethnies du nord de la Suède, les Suédois, les Finlandais et les Lapons (https://sok.riksarkivet.se/SBL/Presentation.aspx?id=8963 ; http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/hrd2.00073/pdf), prouvait que l’hybridation avait des effets négatifs sur les produits du croisement (il incombait naturellement à la science de « prouver » ce que toute personne saine d’esprit et de corps sait d’instinct). En 1921, Martin Nilsson publia dans Hereditas The race problem of the Roman Empire, dont la thèse, avancée par Arthur de Gobineau cinq décennies plus tôt, est que le déclin et la chute de Rome furent dus au mélange racial quasi général de ses habitants.
En 1939, il se rétracta dans un article également publié, mais en allemand, dans Hereditas (Über Genetik und Geschichte, vol. 25, p. 210 – 223) : l’hybridation n’était plus la cause première du déclin et de la chute de Rome. Qu’avait-il bien pu se passer entre-temps ? La science avait-elle, comme à son habitude, infirmé ce qu’elle avait d’abord « prouvé » ? L’article de 1939, autant que l’on puisse en juger par le compte rendu aussi confus que sommaire qui en est fait à http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/hrd2.00073/pdf, s’efforce de mobiliser des « preuves » scientifiques qui étaient absentes de celui de 1921, mais le vernis qu’elles constituent manifestement ne parvient pas à dissimuler la véritable raison du revirement de l’auteur : son aversion pour le national-socialisme, au pouvoir en Allemagne depuis 1933 et coupable, selon lui, d’avoir détourné les doctrines raciales. Nilsson, de retour des États-Unis, prit tellement au sérieux son rôle de figurant dans la super-production idéologique hollywoodienne des Alliés qu’il poussa la coquetterie démocratique jusqu’à substituer le mot de « race » par celui de « variety » dans tout l’article et à considérer les Aryens comme un élément destructeur.

Avant-propos du traducteur

Beaucoup d’auteurs se sont penchés sur les raisons de la décadence romaine. Certains l’ont expliquée par la perte des valeurs romaines ; d’autres, inspirés par le matérialisme historique, par des motifs purement économiques et financiers, quelques-uns encore par la progression du christianisme. Peu ont été suffisamment lucides pour prendre conscience d’un fait essentiel, qui conditionne tout le reste, à savoir qu’entre la fondation de Rome et la fin de l’empire romain, le substrat racial de sa population vint à changer. D’où le changement de caractère des Romains, la dénaturation de la romanitas, la mutation de l’empire romain et, conséquemment, les progrès de la philosophie et des lettres, de l’aphroditisme, des cultes afro-sémites et, en dernière analyse, le triomphe du christianisme (*). Les plus sagaces y verront donc la cause fondamentale de l’effondrement de l’empire romain, celui-ci n’étant alors plus qu’un ersatz fossilisé de ce que fut Rome (**).

La chute de l’empire romain est la plus grande tragédie de l’Histoire. Des États ont été balayés et des peuples écrasés avant et depuis, mais la chute de l’empire romain impliqua également la chute de la seule grande culture mondiale qui existait avant celle à laquelle nous appartenons. L’humanité retourna à des conditions de vie sociale et économique bien plus primitives, sans parler de l’éducation et de la culture.

Différentes causes de la disparition rapide de la gloire que fut Rome ont été recherchées. Il n’y a pas besoin d’en discuter ici. Il y a plus d’une cause et il serait difficile et trompeur de les réduire à une seule formule commune. Qu’il y ait aussi un problème d’ordre biologique fut pour la première fois signalé par le professeur Seeck (1). Ses vues sont un résultat du darwinisme populaire typique de l’époque à laquelle il écrivait. Les empereurs, par leur cruauté et leur caractère soupçonneux, éliminaient et tuaient toutes les personnes qui, par leurs qualités mentales, leurs compétences et leur énergie, se hissaient au-dessus de la moyenne. A travers une sélection artificielle et inversée, l’indépendance et l’originalité furent éradiquées et un peuple servile engendré. La possibilité d’un tel processus ne peut pas être niée, mais, pour être complètement efficace, il aurait dû être mené à une bien plus large échelle et sur une longue période, puisque l’on considère que la population de l’empire s’éleva à environ 100 millions (2). Proportionnellement, le nombre de victimes de la cruauté des empereurs fut très faible et leur disparition ne put avoir qu’un effet minime sur la souche de la population de l’empire. En réalité, la thèse du professeur Seeck ne tient pas. Mais le problème se pose et je pense qu’il peut être approché plus sûrement à la lumière de la recherche moderne.

Il y a de grandes différences innées entre les races de l’humanité : certaines ont davantage de facultés naturelles que d’autres. Il a parfois été à la mode de le nier et de prétendre qu’un peuple avec toutes ses particularités est le résultat de son environnement, du milieu et du pays. Les faits démontrent manifestement le contraire. Qu’était le continent américain avant sa découverte et qu’est-il devenu depuis son occupation par les peuples européens ? Les environs de l’Hèbre sont sensiblement les mêmes que les environs de l’Axius, pourtant les Macédoniens créèrent un grand empire, alors que les Thraces furent à peine capables de former un État, bien qu’Hérodote affirme que les Thraces et les Indiens étaient les plus grands peuples de son époque. Les particularités naturelles de l’Italie du Sud et de la Sicile sont très similaires à celles de la Grèce, mais les habitants originels de ces pays ne créèrent aucune culture : les Grecs la leur apportèrent. Le peuple grec et non le pays grec créèrent la culture qui est et sera toujours la base de la civilisation occidentale (3).

Les dispositions héréditaires des différentes races sont très différentes, bien que nous ne puissions encore saisir ces distinctions dans le détail. Il y a des dispositions héréditaires de plus ou moins grande valeur. Il y a des dispositions qui permettent à un peuple d’organiser un État et de créer une culture. Dans les temps anciens, les Grecs et les Romains le firent et eux seuls le firent sur une grande échelle. Ils furent les peuples qui créèrent la civilisation antique et l’empire romain ; le destin de ceux-ci dépendait d’eux.

Il n’y a pas lieu d’aborder ici les problèmes d’ordre civique ou culturel. On sait que les différents droits des habitants de l’empire furent nivelés par le bas et que la culture gréco-romaine se répandit dans toutes les provinces. La question est de savoir si les Romains élevèrent les provinciaux à leur niveau et les assimilèrent, ou s’ils furent assimilés par les provinciaux, ce qui impliquerait un nivellement de la culture par le bas. Durant les deux premiers siècles, ce fut en général le premier processus qui fut à l’œuvre, il s’inversa au cours des siècles suivants. Il ne faut pas confondre tout ceci avec la diffusion superficielle de la langue latine, qui finit par être adoptée par l’ensemble de l’Europe occidentale. Pour un examen de cette question, je renvoie le lecteur à mon livre à paraître sur l’empire romain (4) et j’en viens maintenant au problème biologique ,qui est à la base du problème des cultures.

Si les Romains voulaient assimiler les provinciaux, il fallait avant tout qu’eux-mêmes se multiplient, c’est-à-dire que leur natalité soit suffisamment élevée. Les Romains avaient jadis mené à bien une tâche similaire sur une plus petite échelle – la romanisation de l’Italie. Les colonies romaines étaient disséminées dans tout le pays, le peuple romain se multiplia en grand nombre, la réserve quasiment illimitée de soldats originaires des colonies dont disposait Rome lui donna la victoire sur la stratégie et le génie supérieurs d’Hannibal. Après la guerre sociale, les tribus osque-ombriennes, parentes des Romains, et peu après les Celtes de la vallée du Pô, fusionnèrent dans la nation romaine, l’agrandirent et la revigorèrent. La nouvelle tâche, la romanisation non pas d’un seul pays, mais de l’empire, d’un monde, était gigantesque et nécessitait une natalité proportionnelle.

Mais ce projet échoua. Nous observons de nos jours que la baisse de la natalité commence dans les classes supérieures et se propage peu après dans les classes inférieures. Cette baisse semble être commune à toutes les grandes cultures, tout au moins le même phénomène apparut parmi les populations civilisées de l’empire, les Grecs et les Romains. Quant à la Grèce, les déclarations de Polybe et Plutarque sont connues. Polybe écrit, au milieu du second siècle avant J.-C., que les mariages sans enfant étaient courants et que la population diminuait, alors que ni la peste ni la guerre n’avaient mis un frein à son augmentation. Plutarque, à la fin du premier siècle après J.-C., déclare que toute la Grèce n’aurait pas été capable de lever les 3000 soldats que la petite ville de Mégare avait envoyés à la bataille de Salamine.

En ce qui concerne Rome et l’Italie, nombreux sont les témoignages qui montrent que la natalité y était en baisse durant les premières années de l’empire. Dans la campagne, la baisse de la natalité remontait à l’époque républicaine et était liée à des problèmes agraires. La classe des petits fermiers, de laquelle Rome avait autrefois tiré ses armées irrésistibles, fut chassée de sa terre à cause de la formation de grands domaines cultivés par des esclaves. Ceci est une des particularités les plus connues de cette époque.

Les liens du mariage s’étaient relâchés, la naissance et l’éducation des enfants étaient considérées comme un fardeau. Autrefois, les parents disposaient du droit d’exposer les enfants qu’ils ne désiraient pas éduquer. Cette pratique est excusable chez les peuples « primitifs » qui ne disposent pas de beaucoup de denrées alimentaires . Chez un peuple civilisé dans lequel l’égoïsme économique a détruit les sentiments naturels des parents, ce n’est rien d’autre que de l’infanticide légalisé. Cette tache sur la culture antique, toutefois, n’eut aucune influence notable sur le nombre de la population. La plupart des bébés exposés étaient recueillis par des chasseurs d’esclaves ; ils vivaient, fût-ce dans la condition inférieure des esclaves. Une caractéristique plus importante fut que les classes éduquées furent décimées de cette manière. Les anciens connaissaient également d’autres moyens moins révoltants pour contrôler la natalité, dont il est permis de supposer que l’effet fut bien plus important. Ces expédients sont souvent mentionnés dans la littérature médicale de cette époque et beaucoup semblent les avoir considérés du même œil que certains féministes extrémistes actuels (5).

Une circonstance curieuse montre à quel point l’infécondité était courante parmi les classes supérieures. C’était la course à l’héritage, que les moralistes ont satirisée et condamnée en vain. Il ne s’agissait pas seulement d’un lieu commun littéraire, mais d’un mal bien réel. Le philosophe Sénèque écrit à une mère qui avait perdu son seul fils qu’à cette époque l’infécondité contribuait à l’importance d’une personne plutôt qu’elle ne l’en privait. On fit même des lois pour lutter contre ce fléau (6).

Bien plus important sont les moyens légaux utilisés afin de favoriser l’augmentation de la natalité. Le premier empereur, Auguste, en dépit d’une résistance farouche, promulgua les célèbres lois qui imposèrent à tout Romain de naissance noble de 25 et 60 ans d’être marié, ou au moins fiancé (7). L’ironie du sort voulut que les deux consuls qui donnèrent à la loi leurs noms ne fussent pas mariés. Les parents de trois enfants ou plus, particulièrement ceux qui étaient hauts fonctionnaires, avaient des prérogatives appréciables. Les personnes non mariées étaient privées du privilège d’aller au cirque et au théâtre et ne pouvaient pas recevoir de legs, les légataires sans enfant étaient privés de la moitié de leur héritage. Ces moyens furent plus draconiens que tous ceux qui ont été imaginés à notre époque, mais ils restèrent sans effet.

La baisse de la natalité commença dans les classes supérieures et Auguste avait peut-être pensé que, si elle y était arrêtée, l’exemple influencerait les classes inférieures. Mais il essaya aussi d’aider les familles nombreuses pauvres. Il leur offrit 1000 sesterces par enfant. Une inscription de la petite ville d’Atina dans le Latium indique qu’un certain Basila fit don à la ville d’un fonds de 400000 sesterces pour que les enfants des habitants puissent être nourris de céréales et que, à l’âge de la puberté, ils reçoivent chacun une somme de 1000 sesterces pour leur permettre de se lancer dans la vie. C’est le premier exemple des moyens par lesquels les empereurs suivants essayèrent d’augmenter la natalité du peuple en Italie. En réalité, cette mesure permit de transférer des parents aux fonds public le coût de l’alimentation des enfants des couples mariés. Les empereurs Nerva et Trajan en particulier mirent en œuvre ce dispositif sur une large échelle et les personnes privées qui étaient patriotes y contribuèrent par de grands dons. Pline le Jeune, par exemple, donna un demi-million de sesterces à sa ville natale de Comum dans ce but. Les empereurs du deuxième siècle menèrent à bien le travail avec détermination et créèrent une équipe d’agents de supervision (8). Il faut reconnaître que les autorités identifièrent le mal et firent de leur mieux pour le traiter. Proportionnellement aux finances de l’époque, l’utilisation de ces fonds destinés à favoriser l’augmentation de la natalité de la population romaine est la plus grande mesure sociale jamais vue dans l’Histoire. Cependant, elle échoua. Durant les temps difficiles que traversa Rome au troisième siècle, les fonds diminuèrent, pour disparaître complètement.

Dans certains cas, il est possible de montrer d’où vinrent les hommes qui prirent la place des éléments romains de la population. L’ancienne noblesse romaine avait été mise à rude épreuve pendant les proscriptions de la fin de la République. Auguste essaya sérieusement de sauver ce qui restait, mais sans succès. Les anciennes familles s’éteignirent au premier siècle après J.-C. (9). Les correspondants de Pline le jeune ne portent pas les anciens noms illustres. A leur place les provinciaux entrent au Sénat, d’abord ceux des provinces les plus romanisées, le sud de l’Espagne (Baetica), le sud-est de la France (Gallia Narbonensis), puis, plus tard, ceux d’Afrique (Tunis) et d’Asie Mineure. Les premiers consuls originaires d’Espagne apparurent dans les dernières années de la République et furent suivis par plusieurs autres durant le premier siècle après J.-C. Le premier consul natif de la Gallia Narbonensis se trouve sous le règne de Tibère. Les premiers consuls originaires d’Afrique et de Syrie respectivement sous les règnes de Vespasien et de Domitien. A partir de Trajan, même les empereurs furent des provinciaux. Trajan et son successeur Hadrien étaient Espagnols, Antonin le Pieux appartenait à une famille gauloise et Marc Aurèle à une famille espagnole, Septime Sévère était un natif d’Afrique et ses successeurs étaient Syriens. Il était difficile pour un homme originaire de la partie grecque de l’empire d’accéder à un poste élevé, parce que, pour ce faire, la connaissance du latin et du droit romain était nécessaire et qu’elle n’était pas répandue en Orient, qui se vantait de sa propre culture antique. Néanmoins, après le règne d’Hadrien, nombre d’Orientaux apparaissent à des postes importants ; le monde occidental semble quasiment épuisé.

L’armée n’était pas grande en proportion de la population de l’empire – durant les deux premiers siècles, environ 300 000 hommes, alors que l’on considère que le nombre d’habitants de l’empire s’élevait à 70/100 millions – mais elle joua un rôle très important dans le changement de population. Auguste ordonna que la moitié de l’armée, les légions, devait être recrutée parmi les citoyens romains, l’autre moitié, les soi-disant troupes auxiliaires, parmi les provinciaux, qui, une fois démobilisés, obtenaient la citoyenneté. Ce fut de cette manière que beaucoup de provinciaux et de leurs descendants devinrent citoyens romains. En outre, Auguste décida que les légions devaient être recrutées en Italie et dans les plus anciennes colonies de citoyens romains dans les provinces, les troupes d’élite – les prétoriens – dans certaines régions du centre de l’Italie, où s’était préservé le sang romain le plus pur. Ce principe, toutefois, ne put pas être maintenu. Au premier siècle, de plus en plus de citoyens des provinces pénétrèrent dans les légions et des recrues de toutes les parties de l’Italie devinrent prétoriens. Les anciennes régions de recrutement suffirent de moins en moins. Hadrien inversa le principe du recrutement des légions : à partir de son époque, elles furent recrutées dans les régions où elles campaient, c’est-à-dire les frontières de l’empire, où la civilisation, uniquement représentée par l’armée, était à son plus bas. Septime Sévère dissout l’ancien corps italien des prétoriens et en créa un nouveau, recruté dans les légions. Ce fut ainsi que l’armée se barbarisa et, au troisième siècle, ce n’était que par l’armée qu’il était possible d’accéder à une fonction importante (10). A partir de l’époque de Maximinus Thrax, les empereurs furent des barbares, pour beaucoup d’entre eux Illyriens ; en toute probabilité, ils appartenaient à ce peuple réfractaire que nous connaissons de nos jours sous le nom d’Albanais (11). Ils mirent l’empire sans dessus dessous au troisième siècle, mais la vigueur de ces empereurs permit tout du moins de faire régner l’ordre. Le manque de recrues, cependant, ne fut pas entièrement dû à la diminution du nombre de personnes civilisées dans la population : ici le profond pacifisme de l’époque se fit également sentir ; il contribua vigoureusement à l’immixtion des barbares et des provinciaux dans les classes gouvernantes. A partir de l’époque de Dioclétien, les meilleurs corps de troupes furent recrutés parmi les Germains à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’empire.

Le caractère hybride de la population de la capitale est attesté par de nombreux auteurs anciens. Nous pouvons difficilement imaginer l’ampleur du mélange : seule Constantinople, la ville la plus cosmopolite du monde de l’époque, peut nous en donner une idée. Cicéron décrit Rome comme une ville créée par la confluence des nations ; quatre siècles plus tard, l’empereur Constantin s’étonna de la précipitation avec laquelle tous les peuples affluaient à Rome. Lucain, le poète et ami de Néron, écrit que Rome était peuplée non par ses propres citoyens, mais par les rebuts du monde. L’élément oriental semble avoir été très visible. Un célèbre passage de Juvénal affirme que le poète ne peut pas aimer cette Rome grécisée, mais que les Grecs étaient minoritaires dans cette racaille : l’Oronte syrien se déverse dans le Tibre, avec les mœurs et les langues étrangères.

La population juive était considérable. En l’an 4 avant J.-C. on dit que 8000 Juifs accompagnèrent une délégation à l’empereur. Tibère les chassa et en déporta 4000 en Sardaigne, mais quand Claude, quelques années plus tard, souhaita faire de même, ils étaient devenus si nombreux que le plan ne put pas être mis en œuvre. Dans les provinces orientales, les Juifs étaient très nombreux ; en Égypte, on considère qu’ils formaient un septième ou un huitième de la population ; en Cyrénaïque et à Chypre, ils furent tués par centaines de milliers dans des pogroms ; en Asie Mineure et dans le sud de l’Italie, ils étaient nombreux ; en Afrique, en Espagne et dans le sud de la France, ils ne l’étaient pas moins. Mais après la chute de Jérusalem et la grande rébellion sous le règne d’Hadrien, les Juifs se séparèrent du reste de la population ; c’est pourquoi ils n’eurent pas une grande part dans le mélange des races.

Dans les temps anciens, les Juifs n’étaient pas marchands et banquiers, comme aujourd’hui. Cette fonction était occupée par les Syriens. Dans les deux derniers siècles avant J.-C., nous constatons la présence de nombreux marchands italiens en Orient. Il s’agissait principalement de banquiers et de marchands d’esclaves et de grains et leur commerce dépendait du pouvoir de Rome. Mais quand les abus dans les provinces furent réprimés par les empereurs, les Italiens disparurent et leur place fut prise par les provinciaux. Les marchands en tant que tels étaient désormais les Syriens, qui avaient d’importantes fabriques en Italie et qui apparaissent dans toutes les provinces. Ils étaient nombreux en Gaule, où, au sixième siècle, ils s’étaient constitués en Églises chrétiennes séparées, au moins à Paris et à Orléans. Salvien évoque les foules de marchands syriens qui envahissent toutes les villes et ne pensent qu’à mentir et à tromper. Les marchands d’Italie n’étaient pas Romains de naissance. Ils étaient des esclaves affranchis, qui avaient ainsi obtenu la citoyenneté (12).

L’affranchissement des esclaves est une cause très importante de cette altération de la population ; il eut lieu à une large échelle. C’était un point d’honneur pour un Romain noble ou riche que d’affranchir ses esclaves, tout du moins à l’heure d’établir son testament.

Auguste régula l’affranchissement. Le nombre d’esclaves qu’il était permis d’affranchir fut déterminé en fonction du nombre d’esclaves que possédait un homme, mais il ne devait en aucun cas dépasser la centaine. Les affranchis avaient un statut social inférieur, mais leurs descendants devenaient citoyens à part entière et leurs petits-fils pouvaient même devenir sénateurs. Une discussion qui eut lieu au Sénat sous le règne de Néron est très éclairante. On dit que les esclaves affranchis étaient nombreux, ils pullulaient dans les comices et occupaient un grand nombre de postes de petits fonctionnaires, la plupart des chevaliers et de nombreux sénateurs étaient des descendants d’affranchis. Si les affranchis avaient été chassés, il n’y aurait plus eu assez de citoyens libres.

Les affranchis formèrent une part très importante de la population dans les premiers siècles de l’empire. Savoir d’où ils venaient est une question brûlante. Une question préliminaire est de savoir quels esclaves étaient affranchis. Il s’agissait naturellement de ceux qui prenaient personnellement soin de leur maître et étaient en charge de ses affaires. Les esclaves des fermes n’étaient guère plus estimés que les bêtes de somme et avaient peu d’espoir d’être affranchis. Un simple barbare n’était pas digne de prendre soin d’un maître et de gérer ses affaires ; une certaine culture, telle que celle que l’on pouvait trouver chez les Orientaux capables, était requise.

Un examen des témoignages des inscriptions concernant les nationalités des esclaves l’atteste. Elles corroborent le vieux dicton selon lequel les Syriens étaient un peuple d’esclaves nés. Les plus nombreux après les Syriens sont les habitants grécisés d’Asie Mineure et les Juifs. Plus de la moitié des travailleurs des poteries italiennes ont des noms grecs ou orientaux (13) et les noms de ceux qui travaillaient dans d’autres artisanats donnent la même impression. Viennent ensuite, en importance numérique, les Égyptiens et les Éthiopiens, mais, dans le cas de ces peuples, les différences extérieures étaient si grandes qu’ils ne devinrent jamais aussi dangereux que les autres races mentionnées. En Europe, aucun peuple n’était prédestiné à l’esclavage, même si certains esclaves, mais assez peu, venaient de contrées européennes. Les barbares d’Europe entraient plutôt dans l’armée. Par exemple, seuls deux Pannoniens sont mentionnés comme esclaves : les hommes de cette race se ruaient dans l’armée (14). L’importation des esclaves et l’affranchissement concernaient plus particulièrement les Orientaux et c’est ce qui explique que l’orientalisme fut une caractéristique importante de la fin de l’empire.

L’altération de la souche du peuple a encore une autre source, qui n’eut pas un effet aussi immédiat que l’affranchissement des esclaves, mais qui dut être à la longue d’une importance considérable, il s’agit de la transplantation dans l’empire de tribus entières d’au-delà les frontières du Nord. Le général d’Auguste, Agrippa, avait déjà transplanté la tribu germanique des Ubii de la rive droite sur la rive gauche du Rhin. Quelques années plus tard, 40000 Sugambriens et Souabes s’installèrent en Gaule et 50000 Daces furent amenés en Thrace depuis les régions du nord du Danube. Sous le règne de Néron, on fit venir des mêmes régions de grandes hordes de chefs, femmes et enfants – peut-être au nombre de 100000. Une fois que Marc Aurèle eut vaincu les Marcomans et les Quades, il établit ces peuples en grand nombre dans l’empire – en Dacie, en Pannonie, en Mysie, dans la Germanie romaine, et même en Italie.

Ces colons n’obtinrent pas la citoyenneté ; ils devinrent des espèces de serfs et, à une époque ultérieure, contribuèrent considérablement à l’armée.

Le professeur Seeck soutient que cette invasion de Germains causa un changement important (15). La partie occidentale de l’empire fut germanisée et la natalité commença à augmenter, écrit-il. Lors des guerres du troisième siècle, aucune mention n’est jamais faite d’un manque de recrues, comme aux époques antérieures. Il se réfère à la description d’Ammien Marcellin des Gaulois au quatrième siècle afin de montrer qu’ils étaient germanisés ; ils avaient des vertus guerrières, les yeux bleus, les cheveux blonds et étaient de haute stature. Mais nos idées sur les Celtes vont à l’encontre de cet ancien témoignage (16). Aussi longtemps que le gouvernement désira recruter l’armée dans la population civilisée, il y eut un manque de recrues ; que le recrutement dût être ardu lors des grandes guerres de Marc Aurèle est compréhensible, puisque la peste ravageait l’empire. Aussitôt que les empereurs décidèrent de recruter l’armée parmi les provinciaux (Pannoniens, Illyriens, Africains, etc.), elle ne manqua plus de recrues. A une époque plus ancienne, la taille minimale exigée pour l’armée était très petite, de 1,48m ; en 367 après J.-C., elle était au contraire très grande, de 1,63m ; et l’on pense que cela prouve un changement dans le recrutement. Mais le premier chiffre concerne les recrues volontaires, qui ne furent jamais en surnombre à cette époque, tandis que le dernier correspond aux recrues que les propriétaires terriens étaient tenus de fournir parmi leur serfs. Ils n’étaient pas moins soucieux de fournir des hommes aussi médiocres que possible que le gouvernement ne l’était d’obtenir les meilleurs hommes. Rien n’indique que le changement de sang fut rapide, mais l’importance des Germains qui furent transplantés dans l’empire ne doit pas être sous-estimée à cet égard. Ils constituèrent un apport important à la population barbare et ouvrirent la voie à l’occupation germanique de la fin de l’empire.

Ce qui a été exposé jusqu’ici peut donner l’impression qu’il se produisit une sélection à l’envers et, en fait, c’est plus ou moins ce qui se produisit. Les peuples qui avaient créé la culture antique et l’empire romain furent décimés et le vide qui en résulta fut comblé par les provinciaux. Ce processus provoqua un naufrage de la culture proportionnel à l’évincement des anciens citoyens par les individus moins civilisés qu’étaient les provinciaux et affaiblit la cohésion de l’empire, qui dépendait du peuple qui l’avait créé. Mais, ici, nous n’avons pas à prendre en considération cette question. Le processus nous concerne directement dans la mesure où les anciennes races furent évincées par des races moins valeureuses. Ce fait peut avoir été important, mais, au regard de leur histoire ultérieure, il serait hasardeux d’affirmer que les Sémites et les Germains, deux peuples dont provinrent les courants principaux qui changèrent la souche de la population, étaient des races moins capables (17).

Le problème crucial est tout autre et c’en est un qui était inhérent à l’empire dans une mesure bien plus grande que celle qui est apparue jusqu’ici. L’empire romain fut une mosaïque de peuples, de races et de langues. Ce fait a été quelque peu occulté, car, en Occident, les anciennes langues furent remplacées par le latin et disparurent sans laisser de trace (à l’exception du basque). Mais c’est là une question accessoire. Les races qui les parlaient subsistèrent et participèrent au mélange des peuples, alors même qu’elles avaient changé de langue. Il est de la plus haute importance de se faire une idée concrète de la variété, de l’étendue et de l’importance de ces différences (18).

Au commencement de l’empire, la population de l’Italie était plutôt homogènement romaine. Elle avait été romanisée durant les derniers siècles de la République, mais les anciennes races n’avaient pas disparu, elles apportèrent leur contribution à la population. Les tribus osques-ombriennes étaient étroitement apparentées aux Romains et parlaient des dialectes de la même langue, mais il y avait eu autrefois bien d’autres peuples de races différentes en Italie, dans le nord des Celtes, dans le nord-est et le sud-est des tribus illyriennes, dans le sud des Grecs, outre les nombreuses tribus indigènes, comme les Œnotriens, les Sicanes, les Sicules, etc., dont nous ne connaissons pas la race. Les Étrusques jouèrent un rôle important, mais ils demeurent une énigme. Leur art montre qu’ils avaient un physique très typé et très particulier. Nous pouvons lire leur langue, mais nous ne pouvons pas la comprendre, tous nos efforts pour la rattacher à une autre langue ayant échoué ; elle disparut au commencement de l’empire. Dans le nord-ouest de l’Italie et le sud-est de la Gaule, on trouve le grand peuple des Ligures, qui, jusqu’à l’époque impériale, préserva dans certaines régions sa liberté et son mode de vie très primitif. La langue ligure est perdue, les liens de ce peuple avec d’autres races, s’il en eut, ne sont pas connus (19). L’hypothèse la plus probable est que les Ligures furent les habitants originels de ces régions et qu’ils furent supplantés par les Celtes qui envahirent la vallée du Pô vers 400 avant J.-C. Certains chercheurs ont essayé de montrer que le peuple et la langue de ces régions qui furent autrefois ligures ont conservé des particularités supposées être les dernières traces de cette race éteinte.

La Gaule, c’est-à-dire la France et la vallée du Pô, tire son nom de la race qui y était au pouvoir, les Gaulois, également appelés Celtes. Dans les temps anciens, le celte était la langue commune des habitants et était parlé même par les familles nobles. Irénée avait dû prêcher en celte à Lyon, vers 200 après J.-C. ; il était permis d’utiliser le celte dans les testaments. La langue survécut au moins jusqu’au cinquième siècle. Les Gaulois devaient se donner beaucoup de mal pour apprendre le Latin.

En France aussi les Celtes étaient des immigrés conquérants, qui s’étaient installés plus particulièrement au nord de la région montagneuse du centre. Dans les zones du sud-est vivaient les Ligures, dans le sud-ouest les Ibères. Encore un peuple non-aryen qui reste une énigme, même s’il semble bien que les Ibères furent les premiers habitants de ces zones de la France et de l’Espagne. De petites hordes celtes avaient pénétré en Espagne, s’étaient mélangées avec les Ibères et avaient formé les tribus celtibères. Au nord-ouest de l’Espagne, la langue basque subsiste toujours, seul vestige des langues pré-aryennes d’Europe. Sa structure grammaticale et son vocabulaire diffèrent totalement de ceux des autres langues indo-européennes. Il est tentant de la rattacher à la langue ibère, mais les inscriptions ibères, bien que non interprétées, ne semblent pas corroborer cette supposition. C’est pourquoi certains chercheurs ont rattaché les Basques aux Ligures, qui habitèrent peut-être aussi certaines régions d’Espagne. D’autres ont essayé de relier le basque à la langue berbère, mais les Ligures sont, quant à la langue, une quantité inconnue et aucune preuve tangible n’existe de leur lien supposé avec les Berbères.

Dans les Îles Britanniques les Celtes sont des immigrés. Par conséquent nous pouvons nous attendre à y trouver de nombreux vestiges des aborigènes. Tels furent, par exemple, les féroces Pictes d’Écosse, que les Romains ne subjuguèrent jamais. Il y a une grande différence entre les deux peuples qui parlent toujours des langues celtiques – les Irlandais, qui ont souvent le teint clair – et les Gallois, habituellement petits et basanés. L’hypothèse qui se présente immédiatement est que les Gallois ne sont Celtes que par la langue et non par la race. Cette théorie a été avancée par des universitaires anglais qui ont essayé de trouver des liens supplémentaires entre eux et les Ibères et les races indigènes d’Afrique du Nord, mais sans trouver de preuves absolument certaines (20). Cette théorie va bien sûr à l’encontre de l’idée courante que les Celtes étaient un peuple basané de petite stature, idée déduite de l’hypothèse selon laquelle le Français moderne est le véritable descendant des anciens Celtes. Elle est en conflit avec tous les témoignages de la littérature et de l’art antiques. Si nous désirons connaitre le type physique des anciens Celtes, nous devons suivre ces indications et elles montrent unanimement que le type celte était bien plus apparenté à celui des Teutons – yeux bleus, cheveux blonds et teint clair, haute stature, férocité. Si les faits parlent d’eux-mêmes, il faut admettre que le type celte en France se fondit généralement dans les habitants originels, ce qui est bien naturel. C’est le destin habituel d’un peuple conquérant, même s’il est capable d’imposer sa langue aux conquis.

Les tribus celtes avaient également pénétré en Pannonie et dans la péninsule balkanique, mais furent trop peu nombreuses pour y jouer un rôle important. Les habitants de Pannonie semblent avoir été principalement des Illyriens. En Dacie et dans l’est de la péninsule balkanique vivaient les Gètes ou Daces, qui appartenaient à la race aryenne, même s’ils n’eurent jamais une importance historique considérable. Nous disposons de très peu d’informations sur eux et elles ne permettent pas de faire la moindre hypothèse sur le type des habitants qui pourraient avoir vécu dans ces contrées avant eux.

La dernière province de la partie occidentale, l’Afrique, nous est mieux connue. La langue punique survécut pendant l’époque impériale. La plupart des auditeurs de Saint-Augustin comprenaient le punique : il était parlé par les paysans. L’Église eut ses difficultés avec leur langue ; il était difficile à quelqu’un qui ne connaissait pas le punique d’être nommé évêque. Dans l’intérieur du pays vivaient les tribus berbères, qui conservent toujours leur langue et leur type racial particuliers.

En Orient, la situation est simple et claire, sauf dans le cas de l’Asie Mineure. En Égypte et dans l’Orient sémite, la culture et la langue grecques n’avaient jamais été rien de plus qu’un mince vernis, qui ne tarda pas à partir. La composition ethnique de l’Asie Mineure était extrêmement hétérogène. Aucune terre n’avait été soumise aux invasions autant qu’elle (21). L’empire des Hittites avait été écrasé au douzième siècle avant J.-C. par des tribus aryennes conquérantes, les Phrygiens, mais la race survécut. On suppose qu’elle se fondit dans les Arméniens et peut-être partiellement dans les Juifs. Les Lydiens, Cariens et Lyciens ont laissé des inscriptions. Sans grand succès, on a essayé d’établir un lien entre la langue des derniers nommés et les langues aryennes. La langue lydienne semble être distincte des autres (22). Plus tard, d’autres tribus aryennes envahirent le pays, les Thraces au commencement du premier millénaire avant J.-C., les Celtes au milieu du troisième siècle avant J.-C. L’intérieur du pays, la Galatie, tire son nom des Celtes. L’hellénisation fut généralisée ; mais, en dépit de cela, les anciennes langues survécurent plus vigoureusement qu’on ne le présume généralement, ce qui prouve également que les anciennes races aborigènes avaient subsisté. Les Mysiens, qui semblent avoir été un mélange de Thraces et de Lydiens, parlaient encore leur propre langue au début du cinquième siècle après J.-C. Il en allait de même pour les célèbres tribus de bandits isauriens à la fin du sixième. Tel fut également le cas en Laconie ; la langue phrygienne y survécut au moins jusqu’au cinquième siècle (23). La surface semble être grecque, mais, en-dessous, de grandes différences raciales subsistèrent, qui trouvèrent leur expression dans les sectes chrétiennes d’Asie Mineure ; leur bastion fut la population indigène du pays.

Nos informations sont éparses et la recherche est difficile, mais les grandes lignes qui ont été esquissées ci-dessus suffiront pour donner une idée concrète non seulement de la multiplicité des races, peuples et langues qui étaient contenus dans l’empire romain, mais aussi des différences radicales qui séparaient la plupart d’entre eux (24). L’Europe moderne est susceptible de donner une impression erronée. A l’exception de quelques peuples peu importants d’autres races (Finnois, Hongrois, Turcs et quelques autres), elle semble présenter l’image d’une population aryenne séparée en peuples différents, mais néanmoins originaires de la même source. Cela n’est vrai que pour les langues. Les langues apparentées recouvrent de grandes différences raciales, bien que de nouvelles races se soient développées à partir de l’ancien mélange des races. Les débats très animés sur l’origine et le fractionnement de la langue aryenne ont brouillé la compréhension de la situation raciale antérieure de l’Europe. L’idée dominante est (au moins inconsciemment) qu’une différenciation, un fractionnement d’une unité originelle s’est produit à une époque ancienne. En ce qui concerne les premiers habitants de l’Europe, nous devons imaginer, au lieu d’une unité, une multiplicité de races et de langues différentes ; ces dernières furent remplacées par la langue des tribus aryennes conquérantes et disparurent, les races se fondirent apparemment dans celle de leurs conquérants. La diffusion victorieuse des langues aryennes, apparentées les unes aux autres, mit fin à la multiplicité des langues antérieures – l’étrusque, le ligure, l’ibère, etc. Ce processus était déjà très avancé sous l’empire ; le sud-ouest de l’Europe, qui, jusqu’à cette époque, avait parlé des langues non-aryennes, fut assimilé. Mais l’énigmatique langue basque survit encore, souvenir d’un passé lointain..

C’est sous cet angle que doit être envisagé le problème racial de l’empire romain. Tant que les peuples de l’ouest de l’Europe conservèrent leur mode de vie primitif et indépendant, leur situation fut plutôt stable. Les colons grecs étaient peu nombreux et les peuples sur les côtes desquelles ils avaient fondé leurs villes leur étaient souvent ouvertement hostiles. En Italie, les tribus latines et osques-ombriennes chassaient de plus en plus les habitants originels. Les liens entre la Grèce et l’Orient étaient peu nombreux. Les tribus celtes conquérantes causaient des troubles, mais ces tribus s’établirent dans certaines régions. Dans le sud-ouest de la France et dans une grande partie de l’Espagne, les anciennes races ne furent pas perturbées. L’invasion doit toutefois avoir entraîné dans une certaine mesure un mélange des races, comme l’atteste le nom de Celtibères. Mais la culture était peu développée, les relations étaient rares, les intrus n’étaient pas capables d’absorber les anciennes races, elles se consolidaient à l’intérieur de frontières un peu plus étroites. Les tribus étaient indépendantes et hostiles les unes aux autres. Ceci aurait pu empêcher un mélange des races à une plus grande échelle, même si les conditions d’un tel mélange avaient existé.

Telles furent les conditions que fit naître l’empire romain. La paix de l’empereur romain, imposée par le gouvernement romain, balaya les anciennes frontières. Les différentes tribus furent assujetties à la même administration et eurent accès à la même culture. Les excellentes routes romaines favorisèrent les relations, tandis que la culture, le commerce et les besoins de l’empire les renforcèrent. Le mélange des différents peuples et races de l’empire débuta et s’intensifia du fait de toutes les raisons qui font que les habitants d’un État civilisé se déplacent à l’intérieur de cet État. Nous avons indiqué précédemment certaines de ces raisons. Les hommes qui, à d’autres époques, avaient vécu, eu des enfants et étaient morts à l’intérieur des frontières de leur propre peuple se mélangèrent, pour ainsi dire, dans un creuset aussi étendu que les limites de l’empire et les peuples qui vivaient au-delà des frontières connurent le même sort. Ceci est le fait fondamental dont nous devons examiner l’importance et les conséquences.

On peut dire que le problème fut de savoir si les peuples les moins civilisés se fondraient aux civilisés – les Romains et les Grecs, auxquels l’empire devait sa culture et sa cohésion – ou si les civilisés seraient absorbés par les moins civilisés. Comme nous l’avons vu, les circonstances n’étaient pas favorables. Les effets sur la civilisation furent très importants : la faillite de la civilisation et la baisse du niveau général de la culture au cours des épreuves et des guerres de l’épouvantable troisième siècle détruisirent bien plus que toutes les cruautés des empereurs. Mais notre tâche n’est pas ici d’étudier ce point. Le mélange des races entraîne non seulement un problème de civilisation, mais également un problème biologique, sur lequel nous devons maintenant revenir. Je pense qu’il peut être compris à la lumière des recherches récentes sur la génétique.

L’espèce humaine est extrêmement variable, très peu d’autres espèces le sont plus qu’elle. Chaque race est le produit d’un développement historique, bien que l’histoire de son développement appartienne à une époque lointaine, sur laquelle il n’existe aucun témoignage. La condition pour qu’une race se développe est qu’un groupe d’hommes, qui peuvent se compter en milliers ou en millions, vive très longtemps dans une isolation au moins relative, afin de tenir à l’écart les éléments perturbateurs étrangers. Si l’on suppose que ce groupe comprenait originellement un mélange hétéroclite de dispositions intérieures et extérieures, les conditions naturelles sous l’influence desquelles vit le groupe seront favorables à certaines de ces dispositions et défavorables à d’autres. Les conditions naturelles ont le même effet que la tentative consciente d’un éleveur de produire une race donnée d’une espèce animale, bien qu’elles agissent plus lentement et plus faiblement. L’effet sera d’autant plus prononcé que le groupe est petit et que la consanguinité est forte. Le résultat de cette sélection dépend bien moins du milieu extérieur que des dispositions qui existaient originellement et qui, dans le développement de la race, prirent l’ascendant sur les autres. Il est difficile de comprendre pourquoi certaines races sont excellemment adaptées aux conditions naturelles de vie de leur pays et sont pourtant incapables d’atteindre un développement intellectuel et politique supérieur et pourquoi d‘autres races sont capables de créer une culture et une organisation politique. C’est une énigme et elle est renfermée dans la plus obscure des énigmes, l’esprit humain, la variabilité de l’intelligence et de la volonté, car elles aussi sont des propriétés qui varient en fonction des races. Nous ne pouvons pas la comprendre.

Les conditions primitives sont favorables à la reproduction des races. La population est peu nombreuse et est séparée en petits groupes. Les relations sont rares. Les tribus sont hostiles ou au moins étrangères les unes aux autres et occupent chacune un territoire défini. Un fait d’une profonde importance pour le développement de la société et des races est la prétention de la tribu de posséder le territoire sur lequel elle vit ; elle semble être ancrée dans la nature humaine, aussi bien que chez certaines espèces animales. Les étrangers qui pénètrent sur le territoire de la tribu sont expulsés ou tués. La tribu préserve sa pureté des éléments étrangers jusqu’à ce que le développement de la culture produise l’esclavage, qui concerne d’abord les femmes. Dans les conditions primitives, le mélange des races que favorise l’esclavage ne porte guère à conséquence. Les tribus voisines sont souvent apparentées.

Dans les conditions primitives, il faut par conséquent s’attendre à une multiplicité de races caractéristiquement différentes, bien que les capacités diverses des différentes races à survivre dans la lutte pour la vie et les combats contre d’autres races amènent une certaine race à se répandre sur un territoire plus vaste, alors que les migrations, qui trouvent leur origine dans la surpopulation et dans un désir inné de vagabonder, introduisent une race étrangère dans un pays. Si nous prenons en compte ces deux circonstances, nous avons la situation de l’Europe et de l’Afrique avant la conquête romaine. En Afrique, nous trouvons les Berbères et les immigrés puniques, dans l’ouest de l’Europe les Ibères, les Ligures, les immigrés celtes et bien d’autres races dont nous n’avons pas une connaissance suffisante. La composition ethnique de l’Italie semble être plus variée ; ici, nous avons davantage d’informations. Hormis les anciens habitants et les immigrés aryens, il y avait les énigmatiques Étrusques, que l’on ne peut rattacher à aucun autre peuple. La péninsule balkanique et les contrées au sud du Danube étaient habitées par des Aryens et peut-être par les survivants d’une population plus ancienne. L’Asie Mineure était depuis très longtemps un creuset de nombreuses races différentes. La Syrie était habitée par des tribus sémites, que la politique des Assyriens avait transplantées dans cette contrée et qu’elle avait poussées à se mélanger. En Égypte, l’ancienne race, solide, subsista (25), mais le mélange avec les maîtres étrangers et les immigrés provoqua ici aussi un mélange de races qui contribua sans doute largement aux troubles et au déclin que le pays connut à la fin de l’antiquité.

Quand, protégées par la paix romaine et l’administration romaine, toutes ces races – celles qui ont été mentionnées ci-dessus ne sont que les plus importantes des races connues – se mêlèrent les unes aux autres, il en résulta un mélange racial total. Le mélange racial comporte des dangers que le cosmopolitisme ne reconnaît pas, mais dont les sciences modernes ont prouvé qu’ils sont réels. La race est un groupe d’hommes dotés de dispositions héréditaires définies qui, par la sélection naturelle décrite ci-dessus, sont devenues dans une certaine mesure stables et fixes. Il y a des races plus ou moins valeureuses. L’hybridation de deux races qui diffèrent l’une de l’autre dans une mesure plus ou moins grande conduit à la détérioration de la meilleure d’entre elle. L’aversion pour les mariages mixtes, c’est-à-dire les mariages entre Européens et nègres, est par conséquent juste du point de vue de la génétique. Le danger est encore plus insidieux, si les races, d’un côté, sont si différentes l’une de l’autre que l’hybridation ne peut conduire qu’à la détérioration des deux et que, de l’autre, elles ne diffèrent pas assez extérieurement pour que se fasse sentir une aversion pour les mariages mixtes. Cette aversion est cependant une défense très faible contre le mélange des races et sa force dépend de la mentalité de l’époque.

Le croisement des races, par lequel une race supérieure est remplacée par une inférieure, n’est toutefois ni le seul péril ni le plus grand. Une race pure au moins à un certain degré est physiquement et psychiquement d’un type fixe, qui, précisément à cause de la stabilité et de la fermeté de ses dispositions, est capable de créer quelque chose auquel ses dispositions la prédisposent. Si ces dispositions sont telles qu’elles permettent à la race de parvenir à une culture supérieure ou d’organiser un État, comme cela fut le cas chez les Grecs et les Romains, il en résultera une certaine forme de culture et d’État, façonnée selon des lois fixes et des coutumes. Le résultat de l’hybridation sera un mélange hétéroclite des différentes dispositions héréditaires des races qui sont croisées. Le simple hasard réunit les dispositions différentes de races différentes dans des combinaisons d’une variété presque infinie. Mais cela ne suffit pas. Des dispositions qui étaient auparavant inexprimées, latentes dans l’une ou l’autre des races croisées se manifesteront et rendront le produit du croisement encore plus disparate et indéfini. L’unité et l’harmonie de la race et de l’individu seront détruites, la personnalité perdra son équilibre. Les individus qui naissent de ce croisement ne réussiront pas à actualiser un type fixe et solide. Psychiquement, ils n’ont pas de direction précise et hésitent entre des dispositions héréditaires contradictoires et sans rapport les unes avec les autres. Ils peuvent fréquemment posséder une grande intelligence, mais manquent de force morale. Cette situation, due à des facteurs biologiques, s’aggrave encore, lorsque – comme ce fut le cas dans l’empire romain – la vie mentale perd sa stabilité et se transforme, tout à la fois.

Les races bâtardes ont mauvaise réputation. Dès l’instant où l’on mentionne les Levantins, les Eurasiens, les Mestizos, etc., tout le monde sent à quel point est profonde l’opposition qu’ils suscitent. Les gens ont l’habitude de dire que cette mauvaise réputation et la faiblesse morale des bâtards sont dues aux conditions défavorables dans lesquelles ils sont nés et élevés, généralement enfants illégitimes et négligés, désavoués à la fois par la famille de leur père et la famille de leur mère. Mais ceci n’explique pas tout. Cette explication est superficielle ; fondamentalement, c’est l’effet destructeur de l’hybridation sur la personnalité qui est en cause. L’empire romain se remplit de plus en plus de bâtards. Nulle part le mélange racial ne fut aussi visible que dans le pays principal, l’Italie, où les peuples affluaient de tous les confins de l’empire et il était plus visible dans les classes supérieures civilisées que dans les classes inférieures, qui ne se déplaçaient pas aussi fréquemment (26). Mais l’armée, le commerce et les relations générales furent cause que les quatre coins de l’empire furent touchés par le mélange racial. La rapidité du processus n’a rien d’étonnant. Alors qu’une race se développe lentement, le mélange racial se fait sentir dès la première génération, mais il s’amplifie évidemment par le croisement des bâtards. La mesure dans laquelle il laisse son empreinte sur le peuple dépend uniquement de l’ampleur du processus et on a montré que, dans l’empire romain, il alla jusqu’à son terme.

Un mélange racial de cette ampleur aboutit au mélange des races supérieures et des races inférieures dans une masse disparate et indistincte sans caractéristiques mentales ou morales définies. Ceci suffit à expliquer le déclin et la chute de la culture antique et de l’empire romain. Mais même si l’abâtardissement et le mélange des races mènent par leurs effets immédiats au chaos, il ne s’agit pas de la conséquence ultime. De nouvelles races peuvent sortir du chaos et être capables de rebâtir ce qui fut détruit. Nous connaissons les conditions d’un tel processus. Le mélange racial doit cesser et le peuple doit s’isoler, afin que le mélange ait la possibilité et le temps de se stabiliser et de se purifier. Ce sont là les conditions du développement d’une nouvelle race à partir du mélange hétéroclite, dont la nature dépendra des circonstances.

Les conditions mentionnées ci-dessus se réalisèrent au commencement de l’Antiquité. Les peuples de la culture antique, les Grecs et les Romains, envahirent de l’extérieur ce qui allait devenir respectivement la Grèce et l’Italie et s’établirent parmi les peuples aborigènes de races étrangères qui y vivaient. Les Grecs et les Romains de l’histoire sont le produit d’un mélange de races. Notre connaissance des Romains des origines est très lacunaire. Il importe peu que la plus ancienne population de Rome fût un mélange de Latins et de Sabins, parce que ces tribus étaient déjà très étroitement apparentées. Mais il est certain que les Étrusques régnèrent sur Rome un certain temps, vers la fin de la période royale, et que leur culture exerça une influence profonde sur la cité. Ils vivaient dans le voisinage, sur l’autre rive du Tibre, et l’on peut supposer avec certitude qu’une quantité considérable de sang étrusque se mêla au sang romain.

La Grèce nous est mieux connue que l’Italie et son histoire nous permet de suivre le processus de plus près. Des découvertes récentes nous ont révélé la culture merveilleusement grande du début et du milieu du second millénaire avant J.-C., que l’on appelle la culture minoenne et mycénienne. Il est certain que le peuple qui créa cette culture n’était pas aryen ; il était peut-être apparenté à certains peuples d’Asie Mineure, bien que d’autres soutiennent que ses ancêtres se trouvent dans le nord de l’Égypte. Les tribus aryennes conquérantes s’établirent parmi les habitants originels de la Grèce dans le même deuxième millénaire et finirent par détruire l’ancienne culture. Les siècles entre la désintégration de la culture mycénienne et le commencement de l’époque historique demeurent un mystère. Nous savons seulement que la culture mycénienne fut réduite à néant. Les petites régions de la Grèce furent isolées les unes des autres. C’est ce qu’indique le style géométrique de la peinture sur vase du neuvième et du huitième siècles avant J.-C. Le style de la peinture sur vase mycénienne est le même partout où ont été trouvés des vases mycéniens, en Grèce ou en dehors de la Grèce. Le style géométrique, au contraire, a des caractéristiques très différentes : il est assez aisé de déterminer sur quelle île ou dans quelle province un vase ou même un tesson a été fabriqué. Les villes antiques étaient petites, les régions peu étendues et les habitants n’étaient pas très nombreux. Chacune de ces villes était entièrement indépendante et souveraine, constituant un État doté de ses propres lois. L’ennemi le plus acharné était ordinairement le voisin. Le peuple vivait et se mariait dans ce cadre étroit. Par conséquent, la consanguinité était la règle et était fortement accentuée par la petitesse de la population. A Athènes, à une époque plus tardive, la loi l’imposait ; personne ne pouvait devenir citoyen, si ses deux parents n’étaient pas citoyens de la ville. Cette isolation et cette consanguinité créèrent la race à laquelle sont dues la culture antique et les fondations de notre propre culture. L’Italie, qui conquit enfin le monde et organisa l’empire, suivit le même processus.

Le processus se répéta, mais à une plus grande échelle, après la désintégration de la culture antique, la chute de l’empire romain et l’installation des conquérants étrangers dans ses provinces. Les lettres et l’éducation, dans la mesure où elles survécurent, furent limitées à un petit nombre. La désintégration de la civilisation matérielle changea et entrava la vie, même celle des classes les plus pauvres. Pour le percevoir, nous pouvons comparer, par exemple, l’époque d’Hadrien à celle des Mérovingiens. Les relations cessèrent. Les anciennes routes romaines, sur lesquelles les peuples de l’empire avaient pénétré dans toutes ses parties, furent abandonnées, démolies et servirent de carrières, ou furent recouvertes par la végétation et les arbres. La société se divisa en de petites unités indépendantes et autonomes, – c’est le système féodal – les habitants s’enracinèrent rapidement dans la campagne. Ici réapparurent donc les conditions primitives qui faisaient que tout homme faisait entrer sa femme chez lui. Dans cette isolation, de petits groupes, de nouvelles races et de nouveaux peuples se développèrent pendant le Moyen Âge à partir du mélange humain chaotique de l’empire. Ce sont les peuples de l’Europe moderne et l’aboutissement de leurs instincts raciaux se constate dans les États nationaux de l’Europe moderne, dont les frontières forment à un certain degré une barrière efficace contre un mélange racial d’un caractère aussi destructeur que celui qui fut la cause la plus active de la désintégration de la culture antique et de la chute de l’empire romain. Le Némésis de l’Histoire a fait que les conséquences de la victoire ont été fatale aux vainqueurs, qui se sont fondus et ont disparu dans les vastes masses des races conquises.

Martin P. Nilsson, The race problem of the Roman Empire, Hereditas, vol.2, p. 370–390, 1921, traduit de l’anglais par J. B.

(*) Concernant les racines afro-sémites et juives du christianisme, voir respectivement Peter Joseph, D.M. Murdock, The ZEITGEIST Sourcebook, Part 1http://www.stellarhousepublishing.com/zeitgeistsourcebook.pdf ; Kenneth W. Howard, Jewish Christianity in the Early Church: How the Church Lost Its Jewish Rootshttp://www.saintnicks.com/upload/Book/Jewish%20Christianity%20in%20the%20Early%20Church.pdf ; Jeffrey J. Harrison, The Jewish Roots of Christianity, http://www.totheends.com/Jewish%20Roots%20of%20Christianity–Lecture%201.pdf.
(**) Voir également Tenney Frank, Race Mixture in the Roman Empire, https://archive.org/details/jstor-1835889 ; Ernest L. Martin, The Race Change In Ancient Italy, http://www.giveshare.org/babylon/racechange.html ; Arthur Kemp, March of the Titans: The Complete History of the White Race, Appendices, http://www.amazon.com/dp/1105328740#reader_1105328740.

(1) Otto Seeck, Geschichte des Unterganges der antiken Welt, t. 1, J.B. Metzler, Stuttgart, 1921, chap. « Die Ausrottung der Besten ».
(2) Julius Beloch, Die Bevölkerung der griechisch-römischen Welt. Duncker & Humblot, 1886.
(3) Idem, Griechische Geschichte, t.1, 1², K.J. Trûbner, Strasbourg, 1912, p. 66.
(4) Martin P. Nilsson, Den romerska kejsartiden, t. 2, Norstedts, Stockholm, 1921, chap. 4.
(5) Johannes Ilberg, Zur gynäkologischen Ethik der Griechen, Archiv für Religionswissenschaft XIII, 1910, p. 1 et sqq.
(6) Ludwig Friedländer, Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms, 18, S. Hirzel, Leipziz, 1912, p. 419 et sqq.
(7) Voir la lex Julia de maritandis ordinibus et la lex Papia Poppaea.
(8) Pour des références, voir, par exemple, W. Kubitschek, Alimenta. In Pauly-Wissowa (éds.), Realencyklopädie der classischen Altertumswissenschaft, t. 1, p. 1484-9.
(9) Matthias Gelzer, Die Nobilität der Kaiserzeit, Hermes, vol. 50, 1915, p. 395 et sqq.
(10) Alfred von Domaszewski, Die Rangordnung des römischen Heeres, Bonner Jahrbücher, 1908, p. 117 ; H. Dessau, Die Herkunft der Offiziere und Beamten des römischen Kaiserreiches, Hermes, vol. 45, 1910, p. 1 sqq.
(11) Si tout indique que les Illyriens étaient un peuple dit « indo-européen », ce n’est pas le cas des Albanais. (N.d.T.)
(12) Vasile Parvan, Die Nationalität der Kaufleute im römischen Kaiserreich, Diss., Breslau, 1909.
(13) Herman Gummerus, Romerska krukmakar stämplar, Eranos, vol. 16, 1916, p. 176.
(14) M. Bang, Die Herkunft der römischen Sklaven, Rheinisches Museum, vol. 25, 1910, p. 225 et sqq. ; Nachtrag, ibid., vol. 27, 1912, p. 189 et sqq.
(15) Otto Seeck, op. cit., p. 385 et sqq.
(16) Voir p. 380.
(17) Les peuples fondateurs de Rome ayant été, comme les populations germaniques, des Nordiques, la venue de ces dernières ne put que revivifier l’empire romain qui était déjà entré, en raison principalement de sa sémitisation, dans une phase de dégénérescence et de dislocation.
Concernant les Romains Nordiques, voir, entre autres, http://www.theapricity.com/earlson/history/emperors.htm.
Le dernier nom de la liste est Commode, et cela est compréhensible, puisque, à sa suite, la plupart des empereurs, à commencer par Pertinax, empereur pendant trois mois en 193, furent de souche sémitique. Cependant, Trajan et Hadrien étaient d’extraction espagnole. Le père de Titus Antonin était un autochtone de Nemausus (de nos jours Nîmes) en Gaule. « Il est vrai que ces empereurs naquirent dans les colonies romaines, et furent élevés au rang de citoyens par leur naissance. Mais il est hautement probable qu’ils auraient été embarrassés de prouver leur descendance de leurs ancêtres les véritables Romains. » (J.B.L. Crevier, The History of the Roman Emperors, vol. 8, 1814) Il est intéressant que Pétrarque achève la chronique de l’empire romain avec Titus, c’est-à-dire, avec des empereurs qui étaient des descendants par le sang des patriciens, dans sa première œuvre « Afrique », pour ensuite étendre le cercle des dirigeants Romains non seulement aux empereurs suivants, de Trajan à Marc Aurèle, mais même jusqu’à Théodose, dans ses œuvres postérieures. (N.d.E.)
(18) Voir l’ouvrage classique de H. d’Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l’Europe² (1889). Pour un examen plus récent voir Herman Hirt, Die Indogermanen: ihre Verbreitung, ihre Urheimat und ihre Kultur, vol. 1, K.J. Trübner, Strasbourg, p. 34 et sqq.
(19) Certains auteurs, suivant d’Arbois de Jubainville, considèrent que les Ligures étaient un peuple aryen, mais la preuve avancée est extrêmement fragile.
(20) Voir, par exemple, John Beddoe, The Races of Britain. Arrowsmith, Bristol, 1885.
(21) Voir mon texte Den stora folkvandringen I det andra artusendet f. Kr. dans Ymer, 1912, p. 455 sqq. Sur les langues d’Asie mineure, voir Paul Kretschmer, Einleitung in die Geschichte der griechischen Sprache, Vandenhoeck und Ruprecht, 1896, p. 289 t sqq.
(22) Enno Littmann, Sardis, Publications of the American Society for the Excavation of Sardis, vol. 6 : Lydian Inscriptions, E.J. Brill, 1916.
(23) Karl Holl, Das Fortleben der Volkssprachen in Kleinasien in nachchristlicher Zeit, Hermes, voI 43, 1908, p. 240 t sqq.
(24) L’école anthropologique des professeurs Sergi, Ripley et d’autres a essayé de montrer qu’il existait dans l’Europe antique trois races : la race nordique blonde dolichocéphale, la race alpine brachiocéphalique aux cheveux foncés et aux yeux gris, la race méditerranéenne dolichocéphale aux cheveux foncés, et que, en dépit de toutes les invasions et croisements, ces races se maintiennent toujours dans leurs régions respectives. Je ne peux pas examiner cette théorie ici, car cela impliquerait aussi un examen de la signification du terme de « race ». (Pour mon point de vue sur cette question, voir mon texte cité ci-dessus dans Ymer 1912, pp. 465 sqq). Je tiens seulement à souligner que la théorie mentionnée ci-dessus peut ne pas être incompatible avec le point de vue qui est avancé ici. Les signes par lesquels ces trois races se reconnaissent sont purement physiques. Ici, il est en premier lieu question de différences psychiques. Il se peut que les propriétés physiques aient persisté dans leur ensemble, mais que les psychiques aient changé dans la formation des nouvelles races qui se sont développées à partir du mélange des races en Europe (du point de vue de la doctrine, cette hypothèse fondamentale, qui est à mettre en rapport avec le concept de « race du corps », « race de l’âme » et « race de l’esprit » élaboré par Julius Evola près de trente ans plus tard, sauve une étude des postulats de la biologie évolutionniste et du relativisme. [N.d.E.])
(25) Les Égyptiens, à l’époque, étaient loin d’avoir formé une ancienne race stable. Voir Arthur Kemp, March of the Titans: The Complete History of the White Race, chap. 8: Nordic Desert Empire—Ancient Egypt, http://marchofthetitans.com/nordic-desert-empire-ancient-egypt/. (N.d.T.)
(26) Cp. les dates données ci-dessus (p. 384 et sqq.) pour l’origine provinciale des empereurs et sénateurs.
(27) Allusion faite au rituel du mariage patricien, la confaerratio,,au terme duquel le mariè, après avoir enlevé la mariée des bras de sa mère, la prenait dans les siens pour lui faire franchir le seuil de sa maison (N.d.E.)

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