Renaissance de l’Allemagne (7)

Adolf Hitler savait que son mouvement ne pourrait vaincre que s’il portait la bannière d’une idée conservatrice plus nouvelle et plus grande, aussi lui donna-t-il la conception philosophique du national-socialisme, dont le symbole sacré flotte aujourd’hui victorieusement sur l’Allemagne merveilleusement unie. La lutte pour la nouvelle Allemagne ne pouvait se faire sous le seul signe du nationalisme, il fallait exiger avec autant d’autorité la représentation du socialisme allemand. Si le berceau du national-socialisme se trouve à Munich, au cœur de la Bavière, ce n’es pas par coïncidence. Il était symbolique que le mouvement naquit de cette même Bavière qui s’abandonnait jadis si fortement aux tendances séparatistes et qui cherchait à échapper à l’unité du Reich ; le jeune national-socialisme a rempli sa première mission en tenant tête aux aspirations anti-allemandes et en faisant de la Bavière le rempart de l’idée allemande.
On a beaucoup écrit sur le programme national-socialiste et on a dit davantage encore. Selon le besoin de la cause à défendre, on a utilisé la déformation, l’incompréhension, la calomnie et la mauvaise foi afin de faire passer ce programme pour réactionnaire, extrémiste ou complètement bolchéviste. Mais à travers toutes les tempêtes, notre programme est resté inchangé ; immuable dans l’avenir, il restera la pierre angulaire du nouveau Reich. Notre programme n’est rien en comparaison à ceux des partis de la classe bourgeoise. Quand on lit les innombrables programmes des partis créés en Allemagne ces quinze dernières années, il faut toujours reconnaître qu’il n’y est point question de principe moral ou spirituel, même s’il arrive qu’une phrase en fasse mention ^pour donner le change. Il s’agit toujours au contraire de représenter les intérêts matériels définis, ceux de la classe prolétarienne pour le socialisme ; presque exclusivement ceux de l’Église catholique universelle pour le parti du Centre ; ceux de la grande industrie, de l’artisanat, de l’agriculture ou des professions libérales pour les nombreux partis bourgeois. Ces programmes représentent dans tous les cas le matérialisme le plus pur. On a pu constater qu’à chaque nouvelle élection certains partis présentaient un nouveau programme en répudiant l’ancien sans pudeur. La première partie du programme était parfois contredite par la dernière. Le Centre catholique, au cours d’une élection, a même réussi à présenter deux programmes, l’un pour la bourgeoisie, l’autre pour l’ouvrier. Quand un nouveau groupe politique se constituait quelque part, le programme était la chose essentielle. On le définissait comme principe de base quand il s’agissait simplement d’enjolivements triviaux d’intérêts tactiques. Cependant, nous, nationaux-socialistes, nous demeurions fidèles à nos principes, auxquels nus ne laissions jamais attenter. Nous étions, dans la tactique, toujours prêts à adopter la meilleure voie qu’exigeait c particulière. Les autres partis agissaient exactement en sens contraire. On s’y accrochait à la tactique, mais on était toujours prêt à fausser ou à sacrifier le principe. Il n’est pas impossible qu’en l’examinant de très près notre programme semble, ça et là, manquer de clarté. Mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit pas d’un programme politique, soigneusement élaboré, discuté et préparé durant des mois, pour être finalement soutenu comme une thèse philosophique et baptisé sous le parrainage de savants et de politiciens. Sans artifice et sans raffinement, quelques hommes du peuple furent dans le programme national-socialiste les interprètes des aspirations profondes d’une masse qui lutte de nouveau pour sa renaissance.
Les points de notre programme sont des principes fondamentaux et des maximes destinés à nous guider dans notre travail de reconstruction d’une nouvelle Allemagne. On disait, pour citer un exemple, qu’il fallait imposer les bénéfices de guerre d’une surtaxe. Des mains s’emparèrent immédiatement de cette idée;ils disent qu’il n’y a plus aujourd’hui de bénéfices de guerre. Certes, il ne s’agit pas ici d’une exigence à prendre au pied de la lettre. Cela signifie que le sentiment moral du peuple a toujours refusé d’admettre qu’il fût permis à des individus de tirer de la misère commune un bénéfice particulier. Ce principe est spécialement dirigé contre ceux qui, exploitant la situation difficile de la nation, cherchent à obtenir sur les fournitures de guerre des bénéfices exorbitants pendant que, sans bénéfice matériel et simplement pour servir sa patrie, l’humble camarade du peuple sacrifie son bien, sa famille et même sa vie. Il est aussi dirigé, par exemple, contre ceux qui tentent de tirer profit d’une catastrophe naturelle pendant que les victimes de la même catastrophe ont à endurer une misère plus grande. Résumé dans une très grande idée, il signifie que le sang du dernier camarade du peuple passe avant tout bénéfice matériel et rien d’autre. Comme le montre cet exemple, il serait possible de tout expliquer, principe par principe, dans un sens plus élevé. En regardant le programme comme nous l’avons senti, on reconnaît la force que contiennent ces maximes. On comprend aussi pourquoi le peuple avec son instinct a saisi notre programme, c’est-à-dire nos maximes, plus profondément et plus clairement qu’il n’essaya jamais de comprendre les autres. Le programme, malgré tout, ne fut jamais chez nous la chose décisive, c’est-à-dire le paragraphe, la lettre morte. Il est toujours au contraire le sens vivant qui, dans notre formidable lutte, nous insuffle la force et la passion. Le Führer a dit une fois : «  Ce n’est pas parce qu’elle manquait de programme que l’Allemagne s’est ruinée, mais parce qu’elle en avait trop et trop peu d’hommes d’action. » Si le programme était la chose décisive, les démocraties avec leurs partis parlementaires seraient assises plus fermement que jamais sur le trône d’Allemagne. Combien de fois ne m’a-t-on pas demandé : « Oui, mais quel est votre programme ? » Et je pouvais montrer fièrement mes braves et simples S.A. , en disant : « Voilà les hérauts de notre programme, ils le portent sur leur front haut et libre et ce programme s’appelle : l’Allemagne. Tous les principes susceptibles de servir l’ascension et de soutenir la position de l’Allemagne seront reconnus comme les seuls points de notre programme, tous ceux qui pourraient nuire à la patrie seront rejetés et détruits. »
Les premières années parurent promettre peu au nouveau mouvement. Ce ne fut que lentement et peu à peu qu’il put se développer. Le parti demeurait limité presque uniquement à Munich et à l’Oberland bavarois et il avait commencé à prendre pied à Nuremberg et à Cobourg. On riait d’Hitler et de ses partisans , on ne les prit pas au sérieux jusqu’à ce que commence soudain, à la fin de 1922, une ascension rapide. A cette époque déjà, quand Hitler parlait, les plus grandes salles s’emplissaient jusqu’à la dernière place. Les auditeurs écoutaient la nouvelle doctrine en retenant leur souffle et ils tombaient absolument sous le charme magique de la personnalité d’Hitler. Mais le parti restait toujours confiné en Bavière. Hitler condamnait sans pitié la pernicieuse doctrine marxiste. Ses hommes et lui étaient décidés à tout. Partout, ses modestes mais convaincus S.A. s’opposaient aux rouges par-dessus tout. On allait tout droit dans les faubourgs miséreux, dans les forteresses les plus rouges, dans les meetings marxistes et on entreprenait sans crainte des chaudes discussions avec les politiciens socialistes. Ce furent d’abord les anciens combattants et la jeunesse qui se rallièrent sous l’étendard de Hitler.
L’année 1923 apporta l’inflation et, avec elle, la panique. Le parti populaire bavarois régnait alors en Bavière. C’était un parti du centre, de la classe moyenne. Il avait pour unique but de détacher de plus en plus la Bavière du Reich. Le socialisme régnait alors comme avant à Berlin. Le gouvernement bavarois crut pouvoir utiliser à son profit le jeune mouvement national-socialiste, en le dressant contre le Berlin rouge. Aussi ne s’opposa-t-il point à l’agitation hitlérienne. Hitler devenait sans cesse d’autant plus résolu que la désagrégation devenait quotidiennement plus visible et que le parti ne cessait de grossir. De plus en plus, les autres associations patriotiques étaient soumises à son influence et à sa direction.

Hermann Göring, Renaissance de l’Allemagne, Fernand Sorlot, Paris, 1939

Publicités
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s