La question des races spirituelles

Nous avons dit que la race se manifeste dans l’esprit aussi bien que dans l’âme et dans le corps. La recherche des races de l’esprit a un caractère très particulier et elle est encore aujourd’hui embryonnaire : à l’exception de notre contribution personnelle, bien peu de choses ont été faites dans ce domaine, qui est cependant très important pour l’élaboration d’une politique raciste globale. En Allemagne, elle est liée à ce que l’on appelle le Kampf um die Weltanschauung, qui est la « lutte pour la vision du monde », c’est-à-dire une lutte conforme à la race : les visions générales du monde moderne peuvent effectivement être considérées comme des expressions des différentes races de l’esprit. Mais, dans ce combat, en Allemagne, les slogans politiques et les « mythes » se substituent dans une trop grande mesure aux connaissances précises et scientifiques.
La science des races de l’esprit ramène aux origines et se développe parallèlement à une morphologie des traditions, des symboles et des mythes primordiaux. De ce fait, il est inutile de nous intéresser exclusivement au monde moderne et de vouloir y trouver une ligne conductrice : dans le monde moderne, dans la culture moderne, il n’existe que de lointains reflets, de vagues survivances et des ersatz des races de l’esprit. En ce qui concerne la race de l’âme, il est encore possible d’en éveiller dans une certaine mesure la conscience et d’en faire l’expérience directe : il n’y a qu’à faire appel à des qualités de caractère, de réaction intérieure immédiate, de style, à des aptitudes qui ne sont ni apprises, ni construites, mais qui sont innées, que, par conséquent, soit nous possédons, soit nous ne possédons pas et qui sont liées au sang et même, comme nous l’avons dit, à quelque chose de plus profond que le sang, de sorte que rien ne peut les remplacer.
La race de l’âme est liée à la vie sociale et donc, quel que soit l’individu chez qui elle existe, mais à l’état latent, dans des cas typiques, tels que des épreuves ou des crises, il est toujours possible de la forcer à se révéler et d’en découvrir le visage et la force. La tâche est beaucoup plus difficile quant aux races de l’esprit. Ce que l’on entend généralement par « esprit » aujourd’hui et même depuis plusieurs siècles n’a pas grand-chose à voir avec l’esprit tel que nous le concevons. Aujourd’hui, il s’agit en fait d’un domaine profondément normalisé et médiocre, où il est très difficile de retrouver ce que peut être un instinct sur un plan supérieur. En matière de savoir, l’ensemble des connaissances modernes a un fondement expérimental rationaliste ; comme elles tirent leur forme et leur évidence de facultés qui sont plus ou moins les mêmes dans tous les êtres humains, ces connaissances, selon l’opinion générale, sont d’autant plus utiles, « positives » et « scientifiques », qu’elles peuvent être acquises, reconnues, acceptées et appliquées par n’importe quel homme, quelles que soient sa race et sa vocation. Dans le domaine de la culture comme dans ceux de l’art et de la pensée, tout se réduit plus ou moins à des positions subjectivistes, à des « créations » qui ont souvent le caractère de feux d’artifice : elles sont aussi brillantes par leur lyrisme ou leur capacité critico-dialectique que dénuées de racines profondes. Dans un monde et une culture qui, dans ces conditions, ont perdu presque tout contact avec la réalité vraiment transcendante, il serait donc difficile de mener une recherche visant à identifier le « style » de l’expérience de la transcendance et la « forme » des attitudes possibles de l’homme envers la transcendance : ce qui revient précisément à faire des recherches sur la « race de l’esprit ».
Nous devons donc porter notre attention sur ce monde où la spiritualité véritable et la réalité métaphysique étaient vraiment les forces centrales formatives de la civilisation, dans tous ses aspects, sur le plan mythologico-religieux comme sur le plan juridico-social : le monde des civilisations pré-modernes et « traditionnelles ». Une fois que, de cette façon, nous aurons acquis des points de référence, nous pourrons nous intéresser de nouveau au monde actuel et découvrir les diverses influences qui, presque comme des échos, émanent encore de telle ou telle race de l’esprit dans ce monde épuisé et dans cette culture essentiellement « humaniste », c’est-à-dire déterminée essentiellement par le seul élément humain.
Ici, nous ne ferons qu’un examen très rapide de la typologie des races de l’esprit : ceux qui veulent des éléments supplémentaires utiles à la formation de la conscience raciale doivent se référer à nos deux œuvres : Synthèse de doctrine de la race et surtout Révolte contre le monde moderne, ainsi qu’à la sélection et à la traduction des écrits de Bachofen que nous avons publiées sous le titre de La razza solare – Studi sulla storia segreta dell’antico mondo mediterraneo. .
Un écrivain grec de l’antiquité a dit : « Il existe des races qui, situées à égale distance des deux, oscillent entre la divinité et l’humanité. » Certaines de ces races ont fini par avoir pour base le premier élément et d’autres le second, c’est-à-dire l’« humanité ». Le premier cas définit la « race solaire » de l’esprit, dite aussi « race olympienne ». L’élément plus qu’humain lui apparaît naturel, comme l’élément humain apparaît naturel aux autres. C’est pourquoi, dans ses relations avec le monde métaphysique, elle ne connaît pas l’étrangeté et la transcendance : ce qui lui est étranger et lointain, c’est au contraire l’élément humain. C’est aussi pourquoi elle a un sentiment de « centralité », ce qui justifie qu’elle soit définie précisément comme une « race solaire », caractérisée par un style fait de calme, de puissance, de souveraineté, d’invincibilité et d’intangibilité, auquel fait allusion l’autre expression qui la désigne : « race olympique ».
A l’opposé de la « race solaire » de l’esprit est la race « tellurique » ou « chthonienne ». Ici, l’homme tire le sentiment de soi d’une relation obscure, sauvage avec les forces de la terre et de la vie dans leur aspect «inférieur », ténébreux : d’où un lien sombre avec le sol (dans l’antiquité, ce fut le culte des « démons» de la végétation et des forces élémentaires), le fatalisme, en particulier en ce qui concerne la mort, le sentiment de la caducité de l’individu, qui se dissout dans la substance collective de la lignée et dans le devenir.
Suit la « race lunaire » ou « démétrienne »: de même que la lune est un soleil éteint, ainsi la race lunaire, contrairement à la race « olympienne », est dépourvue du sentiment de centralité spirituelle, parce qu’elle vit la spiritualité passivement, comme un reflet et que le « style » de la race « olympienne », fait d’affirmation et de virilité calme, lui est étranger – c’est le fondement d’une expérience « contemplative » de type essentiellement panthéiste. Le terme « démétrien » dérive de ce que les anciens cultes des Grandes Mères de la nature reflètent d’une manière caractéristique cette race, cette spiritualité qui est sous le signe « féminin », sous la forme, pour ainsi dire, d’une calme lumière diffuse, ou du sentiment d’un ordre éternel, spirituel et naturel à la fois, qui permet à l’individu d’oublier son ‘angoisse existentielle et son individualité même. Le matriarcat fut souvent le type de société de la race lunaire, tandis que le droit paternel, ou patriarcat, fut toujours une forme propre à la race solaire ou à celles qui en dérivèrent.
Vient ensuite la « race titanique »: elle a le même lien que la « race tellurique » avec les forces élémentaires, avec l’élément profond, violent, irrationnel de la vie, mais ce qui caractérise son style, ce n’est pas la promiscuité ou l’identification passive, c’est l’affirmation, la volonté, la virilité, même s’il est privé de lumière, de liberté intérieure. Seul le héros, Héraclès, libère le Titan, Prométhée – nous verrons ce que cela signifie. La désignation curieuse de « race amazonienne » se rapporte au style d’une expérience qui, dans son essence, est « lunaire » et, dans un sens analogique, féminine, mais qui adopte des formes d’expression affirmatives, « viriles », comme l’Amazone adopte la manière d’être du guerrier.
En ce qui concerne la « race aphrodisienne » de l’esprit, il ne faut pas voir dans cette expression une référence pure et simple au domaine érotico-sexuel, mais plutôt un style de vie « épicurien dans le sens le plus large. En font donc partie tous les raffinements des formes de la vie matérielle, la culture dans le sens esthétique, donc une spiritualité qui oscille entre l’amour de la beauté et de la forme et le plaisir des sens.
Le style propre à une expérience où l’exaltation des pulsions et l’intensité sont liées au sentiment et n’offrent que des solutions extatiques confuses, donc lunaires dans leur passivité et leur absence de forme définie, de sorte qu’elles ne peuvent mener à aucune libération intérieure, mais seulement à des moments d’évasion, est le style qui définit la «race dionysiaque ».
La dernière race de l’esprit est celle des « héros ». « Héros », ici, doit être pris, non pas dans son sens habituel, mais dans celui qui dérive de l’enseignement d’Hésiode sur les quatre âges du monde : le héros a toujours une nature solaire ou olympienne, mais elle existe en lui à l’état latent, ou plus exactement d’une manière potentielle et ne peut être actualisée que par un dépassement de soi actif, dans lequel se manifestent en lui, même si elles ont une fonction fort différentes, certaines des caractéristiques du style de l’homme titanique, ou dionysiaque.
Ce ne sont là, bien sûr, que des indications générales. Mais celui qui approfondira assez une typologie de ce type pour faire preuve de discernement en la matière verra l’histoire – l’histoire des civilisations comme celle des mœurs et des religions – sous un jour complètement nouveau. Ce qui lui semblait auparavant homogène lui apparaîtra comme une combinaison de divers éléments. A travers l’histoire, il reconnaîtra la continuité de veines profondes, sources communes de groupes de manifestations individuelles et collectives en apparence distinctes et dispersées dans le temps et l’espace. Et, même dans les formes moins insignifiantes de la culture moderne, il pourra s’orienter et pressentir çà et là des affleurements ou des adaptations de ces formes originales des races de l’esprit.
Un autre problème serait celui d’établir la correspondance qui, en principe, devrait exister entre les races d’esprit, de l’âme et du corps. A titre indicatif, la race solaire et la race héroïque s’accordent avec le style de la race du corps de l’« homme actif », du dolichocéphale nordico-aryen et du dolichocéphale aryo-occidental. La race lunaire aurait sa meilleure expression dans les caractéristiques psychiques et somatiques de la race alpine et des derniers représentants de cette très ancienne race méditerranéenne qui peut être désignée sous le terme générique de « pélasgique ». La race aphrodisienne et la race dionysiaque pourraient bien s’adapter à certaines branches de la race occidentale, en particulier dans ses formes celtiques ; la race dionysiaque, même du type désertique ou baltico-oriental et dans ses aspects les plus tourmentés, à la race levantine. Un élément titanique pourrait bien s’exprimer dans l’âme et le corps de l’homme de race phallique. Enfin, il faudrait à l’élément tellurique des composantes raciales physiques dérivées de souches non-aryennes ou pré-aryennes, comme, par exemple. celles qui sont présentes dans le type afro-méditerranéen, en partie dans l’élément sémitique (orientaloïde), etc.
C’est un domaine de recherches nouveau et vaste, pour lequel il s’agit essentiellement de susciter dans la jeune génération l’intérêt qu’il mérite : ce n’est qu’alors que ce qui a déjà été appris pourra recevoir les développements appropriés et servir de base à une conscience véritablement globale et totalitaire de la race.

Julius Evola, Indirizzi per una educazione razziale, traduit de l’italien par B. K.

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