Renaissance de l’Allemagne (9)

Mais c’est maintenant que commençait la lutte la plus ardue et la plus difficile. Il s’agissait de transformer la tactique révolutionnaire et d’avancer selon une méthode légale. Hitler ne voulait pas exposer une seconde fois ses troupes aux hasards d’une bataille de rues, il voulait éviter une nouvelle rencontre entre ses partisans et la force armée, car il savait que cette dernière serait de coeur avec lui tant qu’elle serait représentée par la Reichswehr. Il était trop soldat lui-même, il aimait trop cette petite armée allemande pour l’exposer à ces terribles conflits de conscience. Il savait qu’un jour viendrait où la Reichswehr et les nationaux-socialistes se rangeraient ensemble pour la liberté de leur patrie, et il l’avait dit prophétiquement à Munich, dans sa défense, lors de son procès. Hitler pouvait entreprendre cette transposition de tactique, et c’est le 9 novembre 1923 que cela lui fut possible, car on ne pourrait désormais l’accuser d’être trop lâche pour une action révolutionnaire. Le peuple ne pouvait plus lui reprocher de parler sans agir. Il avait fourni des preuves par ses actes en se portant lui-même à la tête de ses colonnes. Lui et ses subalternes s’étaient gardés d’imiter les démagogues marxistes et communistes, qui excitaient leurs partisans, les envoyaient aux barricades, cependant qu’ils demeuraient eux-mêmes prudemment dans leurs salles de rédaction ou leurs bureaux syndicaux et qu’ils se contentaient pour leur part de verser de l’encre alors que leurs partisans versaient leur sang. Mais ce changement de tactique en une lutte légale n’était nullement une une renonciation à une révolution. Le mot révolution signifie dans le vocabulaire marxiste : troubles, combats de rue, pillage de boutiques et d’immeubles, assassinat, incendie, désordre et indiscipline. La révolution pour le national-socialiste est au contraire quelque chose de grand et de puissant : elle signifie l’anéantissement de ce qui est vieux,périmé et pourri et la progression de forces nouvelles, jeunes et fortes. Nous accomplissions continuellement la révolution. Chacun de nos meetings, chacun de nos journaux, chacune de nos proclamations était une révolution dans le meilleur sens du mot, car nous révolutionnions la pensée et le sentiment allemands. Nous luttions pour l’âme de chaque individu et non point pour obtenir des voix aux élections. Des ouvriers, des paysans, des bourgeois, des savants, des représentants de toutes les classes, professions et confessions,nous voulions avant tout refaire des Allemands. Nous parlions une langue enflammée dans des centaines de mille meetings, nous fouettions passionnément la sensibilité, nous activions l’esprit de nos auditeurs, nous martelions leur cerveau, nous leur gravions dans le cœur qu’ils n’avaient à être qu’une seule chose : Allemands ; qu’ils n’avaient qu’un seul devoir : l’Allemagne.
Un fluide extraordinaire émanait de ces meetings de masse. A l’origine, ils avaient lieu dans de petites auberges enfumées des faubourgs, ou dans les restaurants des quartiers pauvres, au milieu de la haine des ouvriers excités et en face d’agitateurs marxistes et communistes. De telles réunions s’achevaient souvent en bataille rangée dans le local et il y eut fréquemment de nombreux blessés. Combien de fois aussi fûmes-nous repoussés et jetés à la porte par des adversaires plus nombreux ! Mais cela ne nous empêchait pas de revenir avec un courage toujours accru. Nous remontions sans cesse à l’assaut des forteresses rouges avec un nombre croissant de partisans.Les ouvriers eurent l’occasion de constater par eux-mêmes où se trouvaient la vérité et la force puisée dans une conviction inébranlable, de constater aussi où se trouvaient des chefs braves et où il s’en trouvait de lâches. Des hommes de toutes classes, de toutes professions, de tous partis et de toutes situations vinrent à nous. Les plus grandes salles devinrent trop petites. Quand un chef éminent du mouvement devait parler, les hommes faisaient la queue à l’entrée durant des heures avant l’ouverture. Leur enthousiasme allait jusqu’au délire quand le Führer prenait lui-même la parole. Des acclamations indescriptibles couvraient les sifflets et le désordre. Un amour infini se heurtait à une haine profonde comme l’abîme, une dévotion et une abnégation inouïes affrontaient un égoïsme cruel et matérialiste. Nous marchions ainsi à travers le peuple, avec une sûreté infinie, en ayant devant les yeux notre but lumineux, mis au an, calomniés, couvert d’opprobres, de railleries, objets d’une intense et indescriptible campagne de haine menée par les Juifs qui régnaient sur les journaux.
Le Juif avait généralement pris depuis longtemps la direction de la lutte contre nous et c’est lui qui était l’animateur occulte de nos différents adversaires. Il apparaissait un jour comme réactionnaire, partisan des nationaux allemands : nous le retrouvions le lendemain dans l’être doux, hypocrite et rusé du parti catholique du Centre ; d’autres fois enfin il s’identifiait au paisible bourgeois du Parti Populaire. Le Juif transpirait aussi sous le masque assouvi d’un politicien marxiste de la classe moyenne,il se retrouvait plus loin dans le visage défiguré par la haine du communiste des bas-fonds. Mais en dépit des différents aspects du masque, la face grimaçante qu’il cachait était toujours le même, celle d’Assuérus, le Juif éternel, creusant, agitant et considérant n’importe quel moyen comme bon.
Le combat fut mené avec une grande colère et une grande exaspération. On percevait sur tous les fronts la force de nos attaques. Pour lutter contre nous, le clergé catholique romain s’allia aux libres-penseurs et et aux athées. Les autorités nous suscitèrent chicane sur chicane. Nous étions hors la loi. Nous fûmes dégradés au rang d’hommes de seconde classe. Nos troupes de SA et notre jeunesse hitlérienne étaient à la merci de n’importe quelle brute communiste. Une terreur sanguinaire régnait dans les rues des grandes villes. On menait un combat acharné dans l’arrière-cour des immeubles, dans l’escalier des maisons grises des ouvriers et dans les quartiers pauvres des grands centres.
Nos ennemis, toujours avec l’avantage du nombre, attaquaient et assassinaient lâchement nos hommes si courageux. Ce furent généralement des ouvriers allemands, dont nos troupes de S.A. étaient formées, qui trouvèrent la mort en défendant leurs convictions et leur patrie. La haine des socialistes et des communistes s’accrut d’autant plus qu’ils ne manquèrent pas de constater que le mouvement national-socialiste et particulièrement les S.A. étaient composés pour 70 % de travailleurs manuels auxquels s’étaient joints des intellectuels et non point de Messieurs distingués, d(officiers retraités, de femmes hystériques et de profiteurs bourgeois. L’officier se rangeait au côté de l’ouvrier, le paysan au côté du savant, sans distinction de naissance, de fortune ni de classe sociale. Ils étaient tous animés par l’idéal sacré et tous fidèlement dévoués au Führer. La jeunesse venait maintenant en foule se ranger sous nos étendards ainsi que des vieux restés jeunes de cœur. On disait que l’avenir nous appartenait parce que nous avions pour nous la jeunesse, mais nous pouvions répondre : « – Non, c’est parce que l’avenir est à nous que la jeunesse vient à nous. » Il me faudrait trop de place pour décrire ici en détail cette merveilleuse époque. Nous étions poursuivis d’en haut par la terreur des autorités, d’en bas par la terreur communiste, du côté de la bourgeoisie par la terreur de sa lâcheté. Mais tout cela n’avait pour effet que de renforcer notre mouvement. Quand on eut enfin compris que les éléments étrangers au mouvement ne pourraient l’arrêter, on tenta de le désagréger dans son sein, en minant sa force. Mais quand il arrivait par hasard que quelqu’un se laissât circonvenir, toute tentative échouait contre le mûr d’airain de la fidélité, de l’amour et de la confiance.

Hermann Göring, Renaissance de l’Allemagne, Fernand Sorlot, Paris, 1939

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