La blanche, l’électricité et les races de couleur

Le texte qui suit constitue l’introduction remaniée de « L’Ankh : L’origine africaine de l’électromagnétisme », notre traduction française de l’ouvrage de Nur Ankh Amen « The Ankb: African Origin of Electromagnetism ».

L’afro-centrisme, sorti des travaux des intellectuels noirs états-uniens à la fin du XIXe siècle (1) avant d’être systématisé par ceux de leurs descendants qui militaient au sein du Civil Rights Movement au cours des années 1950 et 1960, est un mouvement culturel et politique dont les adhérents, pour la plupart afro-américains, se considèrent comme des Africains et considèrent tous les noirs comme tels et pensent que leur vision du monde devrait refléter les valeurs noires africaines traditionnelles. L’afro-centrisme est donc une tendance à interpréter le monde du point de vue des valeurs et de l’expérience nègres. Les afro-centristes rejettent la version officielle de l’histoire qui fut élaborée dans les milieux académiques « occidentaux » à la « Renaissance », la critiquent et prétendent en corriger les erreurs, tout en dénonçant le racisme contre les peuples de couleur auquel elle aurait servi de justification pour coloniser les pays non européens et en asservir les populations à partir du XIXe siècle. Les afro-centristes se proposent, historiquement, de réécrire du point de vue noir africain le passé de l’Afrique, dont ils jugent qu’il a été falsifié par les blancs et de mettre en avant les contributions, non seulement des Africains, mais aussi des autres races de couleur, à la « civilisation occidentale » (2) ; culturellement, de lutter contre les préjugés et les stéréotypes dont ils estiment les noirs africains et plus généralement les personnes de couleur victimes ; intellectuellement, de développer les modes de pensée typiquement noirs africains ; intellectuellement, de créer une épistémologie spécifiquement africaine : « L’Afrocentricité (3), déclare Molefi Kete Asante, nous presse, nous commande de nous réinscrire, de nous repenser comme sujets de notre propre existence et d’en tirer, de façon systématique, toutes les implications. Il s’agit-là d’une démarche profondément révolutionnaire qui assène un coup fatal à la prétention et à l’arrogance occidentales dans la mesure où elle n’exige rien de moins qu’une rupture épistémologique d’avec l’Occident et une reconstruction volontaire et consciente de nous-mêmes sur des bases africaines » (4) ; politiquement, de favoriser l’émergence d’un fédéralisme africain ; racialement, enfin, de démontrer que, à tous les points de vue, le noir est supérieur au blanc. Du reste, selon Frances Cress, auteur de The Isis Paper. The key to colors (1990), un des livres de chevet des afro-centristes, « la peau blanche est une forme d’albinisme » (5).
Tous les aspects qui viennent d’être brièvement caractérisés de l’idéologie afro-centriste se retrouvent dans L’Ankh : L’origine africaine de l’électromagnétisme, dont la thèse, qui s’inscrit dans la cadre plus général de la théorie selon laquelle il n’est aucune des technologies que les blancs se flattent d’avoir inventées qui n’ait eu son prototype dans des civilisations non blanches, est que l’électricité était connue et utilisée par les Egyptiens dès la plus haute Antiquité (l’Ankh aurait été un oscillateur, le djed un générateur)(6). Ici, il n’entre pas dans nos intentions de soumettre cette thèse à l’examen, quand la théorie dont elle fait partie est de plus en plus étayée par les recherches menées dans ce domaine depuis une demi-douzaine de décennies (7). Ce que, dans les lignes suivantes, nous entendons examiner, pour le contester, c’est le corollaire qu’en tire l’auteur et qui est que l’électricité est une source de bienfaits, pourvu que ses applications soient humanitaires. Pour ce faire, nous reprendrons certaines des considérations que nous avons déjà développées dans des études publiées ici même, en commençant par les écrits du « sociologue » canadien Marshall McLuhan (1911-1980).
Selon lui, trois inventions ont bouleversé l’expérience de l’homme au cours de l’histoire : l’alphabet phonétique, l’imprimerie et le télégraphe, trois technologies dont chacune constitue une « extension de l’homme », c’est-à-dire une extension d’un de ses sens. L’histoire peut donc être divisée en quatre périodes : l’ère tribale, qui précéda l’invention de l’alphabet, l’ère alphabétique, l’ère de l’imprimerie et l’ère électr(on)ique. Le fait pour les hommes d’utiliser une nouvelle technologie influence profondément la façon dont ils communiquent entre eux et donc leur expérience et modifie leur mentalité ainsi que leur organisation sociale.
A l’ère tribale, la perception était synesthésique, même si l’ouïe était le sens prédominant ; nécessaire au succès des activités collectives (chasse, cueillette et pêche), dont les hommes dépendaient pour leur subsistance, l’ouïe entretenait et fortifiait en même temps leur sens de la communauté.
L’ère alphabétique, aussi appelée visuelle, marque une fragmentation des sens et le détrônement de l’ouïe par la vue. Auparavant, entendre, c’était croire ; désormais, voir (quelque chose d’écrit), c’est croire. L’ouïe n’est plus digne de confiance. Une fois fixés sur un support, les mots sont largement sortis de leur contexte et perdent leur caractère vivant et immédiat. Ils peuvent être lus et relus, analysés. L’alphabet phonétique érige la ligne en principe d’organisation de la vie. Dans un texte écrit, les lettres se suivent les unes les autres selon un ordre linéaire. Les processus de la pensée se modèlent sur cette linéarité. Le raisonnement discursif se substitue progressivement à l’intuition. L’invention de l’alphabet favorise ainsi l’émergence des mathématiques, des sciences et de la philosophie. Facteur de rationalisme, l’alphabétisation fait également émerger un individualisme anarchique. Lire des mots, au lieu de les entendre, atomise la tribu. L’auteur et le lecteur sont tous deux séparés du texte, les lecteurs eux-mêmes tendent à être isolés les uns des autres. Même s’ils lisent les mêmes mots, l’acte de lire est un acte individuel. Une tribu n’a plus besoin de se réunir pour obtenir des informations. La proximité devient moins importante, le sens de la communauté s’affaiblit.
L’alphabétisation avait visuellement permis à l’individu de se rendre indépendant de sa tribu. L’imprimerie renforça cette tendance et contribua au développement de l’individualisme de masse. En rendant possible la production en série de livres tous identiques les uns aux autres à des prix abordables, elle fit potentiellement de tous des lecteurs, cependant que la fabrication du papier en grande quantité permit en principe à chacun de se faire écrivain (7). L’action d’écrire implique l’isolement, tout comme celle de lire. La lecture, comme l’écriture, finit par rendre les individus d’un groupe étrangers les uns aux autres et l’individu, au bout du compte, étranger à lui-même, par l’introspection qu’elle inspire insidieusement.
Dans les trois premiers âges, les extensions du corps humain étaient partielles et fragmentaires. Par exemple, la roue était une extension du pied, le marteau, du bras, le vêtement, de la peau, le livre, de l’œil. Au contraire, la technologie électrique (télégraphe, radio, téléphone, projecteur de film, phonographe, etc.), est « totale et inclusive » (8), car les circuits électriques sont « une extension du système nerveux central humain » (9). Les médias électriques et, a fortiori, les médias électroniques (TV, ordinateur, magnétoscope, téléphone cellulaire, Internet, jeux vidéo, DVD, MP3, « téléphone intelligent », satellite de communication, etc.), leur prolongement, mettent tout le monde en communication, en contact, avec tout le monde, partout, instantanément. Tout le monde vit ainsi dans un même temps et un même espace et au même rythme. « Nous vivons aujourd’hui à l’ère de l’information et de la communication parce que les médias électriques créent instantanément et en permanence un champ total d’événements interconnectés auxquels participent tous les hommes. Or, le monde de l’interaction publique a la même capacité globale d’action intégrale réciproque que celle qui, jusqu’à présent, caractérisait nos systèmes nerveux individuels. En effet, l’électricité est de nature organique et son utilisation technologique dans le télégraphe, le téléphone, la radio et d’autres formes renforce le lien social organique (10). La simultanéité de la communication électrique, également caractéristique de notre système nerveux, rend chacun d’entre nous présent et accessible à toutes les autres personnes dans le monde » (11). La communication instantanée et sans frontières que permettent les médias électroniques ramènent ainsi les individus à la tradition orale pré-alphabétique, dans laquelle le son et le toucher, qui entretiennent et développent le sens de la communauté, étaient plus importants que la vue, qui, autonomisée et hypostasiée, conduit à un individualisme atomisant. Une « retribalisation » est donc en cours. Il en résulte la fusion des diverses sociétés particulières en un « village global ». « Un consensus ou une conscience externe est maintenant aussi nécessaire que la conscience privée » (12).
En vérité, à l’époque où fut publié Comprendre les médias (1964) et même encore plusieurs décennies plus tard, la « retribalisation » ne pouvait concerner que l’homme blanc, car il n’était guère que dans les pays dits « occidentaux » qu’étaient répandus les moyens de communication audiovisuelle qui la rende possible. L’avoir remarqué permet de prendre la « retribalisation » pour ce qu’elle est réellement.
Du point de vue de la psychologie, la « retribalisation » est signe de régression : « Le caractère implosif (compressionnel) de la technologie électrique passe le disque ou le film de l’homme occidental à l’envers, au cœur de l’obscurité tribale, ou dans ce que Joseph Conrad appelait ‘l’Afrique intérieure’ » (13). Du point de vue social, la « retribalisation » renvoie au matriarcat, à ce que Nur Ankh Amen qualifie, du nom de la déesse égyptienne de la justice, de Maâtiarchie. Racialement, la « retribalisation » n’est ni plus ni moins que ce que McLuhan appelle « désoccidentalisation »(14) et que nous appelons négrification. Manifestement, la jeunesse blanche actuelle se rêve noire. Ses idoles privilégiées, faites sur mesure par les médias, sont, artistes ou sportifs, des noirs, dont elle se plaît à imiter la gestuelle et à singer le parler. Sur les « réseaux sociaux », des adolescentes blanches se font passer pour des noires à grand renfort de fond de teint, de poudres en tout genre, de fers à cheveux, de séances d’UV, voire d’opérations de chirurgie esthétique (le phénomène s’appelle « blackfishing » ou « niggerfishing») (16). Le moindre noir, auréolé du qualificatif médiatico-administratif de « réfugié » ou, depuis quelques mois, de « migrant », une fois acheminé dans tel ou tel pays européen par les bandes de passeurs que sont les organisations non gouvernementales, y est accueilli quasiment en sauveur par les innombrables associations caritatives de malfaiteurs qui y sévissent, subventionnées par des gouvernements d’occupation para-mafieux aux frais du contribuable blanc. Le trafic d’êtres humains a toujours été juteux ; recouvert des oripeaux dégoulinant de bons, de pastoraux sentiments, il est en plus gratifiant et l’on sait que le nombril n’est pas la partie la moins sensible, la moins érectile ajouteront certaines, du corps féminin, surreprésenté dans le tissu associatif et encore davantage dans sa frange la plus fanatiquement dévouée, corps (parfois) et âme (toujours), à la cause des « migrants ».
Evidemment, le sado-masochisme entre également dans les motivations diablement intéressées des malfaiteurs et les criminels blancs (de peau) qui, depuis des décennies au moins, planifient, organisent et, depuis relativement peu de temps, mettent en œuvre l’invasion des pays européens. Ils prennent plaisir à faire souffrir les patriotes blancs, en leur infligeant la présence de populations de couleur et en permettant à celles-ci de bénéficier gratuitement de services de plus en plus nombreux que de moins en moins de patriotes blancs ont les moyens de payer. Il est également évident qu’ils recherchent la souffrance ; la leur propre, en s’auto-flagellant à cause des soi-disant « crimes » qu’ ils sont arrivés à s’auto-suggérer que les blancs auraient commis dans le passé contre les peuples de couleur ; celle de leur progéniture, qui, pour payer les « retraites » des dizaines de millions de « migrants » extra-européens qui, tout en percevant des allocations en tout genre, n’auront jamais travaillé ni cotisé à la tristement célèbre Sécurité Sociale dans leur « pays d’accueil », seront forcés de travailler jusqu’à, ne disons même pas 70 ou 75 ans, mais leur mort : leur mort, qui sera lente, car, grâce aux miracles dysgéniques opérés par la médecine judéo-arabe sur les blancs depuis le « moyen âge » (17) et aux projets (clonage, nourriture synthétique, cryonie, robots sexuels, téléchargement de l’esprit, biométrie, etc.) qui, inspirés par la science nécromantique qu’est le transhumanisme (18), ne manqueront pas de devenir réalité dans les prochaines années ou décennies, il sera possible de garder les gens dans la plus mauvaise santé possible, de les confire dans leurs affections, leurs tumeurs malignes, leurs troubles, leurs infirmités, en les gavant d’antibiotiques et de vaccins, jusqu’à un âge biblique, histoire que la chapelle pharmaceutique en profite au maximum. La liste des thérapies non conventionnelles, pour beaucoup fondées sur les médecines orientales ou africaines et dont les actes sont de plus en plus nombreux à être remboursés par la tristement célèbre Sécurité Sociale, ne cesse de s’allonger, l’état de santé général de la population d’empirer (n’est-il pas rare, par exemple, que les enfants portent aujourd’hui des lunettes dès 3 ou 4 ans ?). L’électrothérapie (19), ou stimulation nerveuse électrique transcutanée, aidera-t-ils les gens à mourir, centenaires, comme ils auront vécu : à l’état de larves ? En attendant, l’eumélanine, une des deux variétés de mélanine, pigment produit en grande quantité par l’épiderme des individus à la peau foncée et qui possède des propriétés électriques, est déjà « employée pratiquement dans l’électronique implantable » (20)
Les applications soi-disant thérapeutiques de l’électricité sont une des préoccupations principales de Nur Ankh Amen. « La nature photo-active de la mélanine, souligne-t-il, a fait faire un bond prodigieux à l’évolution, car elle a créé une science, une culture et une religion totalement étrangères aux envahisseurs de la Vallée du Nil. S’il peut être exploité pleinement, cet avantage pourrait avoir des conséquences miraculeuses pour l’Africain, particulièrement dans le domaine médical, où l’union de la technologie laser et de la protéine qui produit les mélanocytes pourront permettre de mettre au point des remèdes inédits depuis l’époque d’Imhotep » (21). « Le corps des Africains, explique-t-il encore, contient d’énormes quantités de mélanocytes [Cellule de la couche basale de l’épiderme, munie de prolongements dendritiques, et capable de former le pigment mélanique], qui, grâce à la mélanine qu’elles produisent, encodent toutes leurs expériences, afin qu’ils puissent connaître un véritable état de réalité après la mort. Au cours de leur vie, ils ont souvent des visions et sont habitués à la perception extra-sensorielle » ; au cours de leur vie, ils sont cependant aussi en mauvaise santé. Puisque la peau des noirs est gorgée de mélanine au point qu’il la qualifie de « peau électrique » (« electric skin ») (22).
Si l’homme blanc subit une « retribalisation » sous l’effet des médias électroniques, qu’en est-il de l’homme de couleur, désormais exposé lui aussi à la technologie électronique, après l’avoir été à l’imprimé ? D’après McLuhan, l’homme brun, l’homme jaune et, plus encore, l’homme noir tendent à une « détribalisation », qu’il prévoyait lourde de conséquences. En effet, les peuples de couleur libèrent des « énergies explosives et agressives » (23). « L’alphabétisation étant sur le point d’hybrider les cultures des Chinois, des Indiens et des Africains, nous sommes sur le point de connaître une telle libération de force et de violence agressive humaines que l’histoire précédente de la technologie de l’alphabet phonétique semblera bien plate » (24). Il est indéniable que l’alphabétisation des peuples de couleur au cours de la période coloniale a occasionné des « bouleversements psychiques collectifs » (25) chez eux. Cependant, à la fin des années 1950, le psychiatre colonial états-unien John Colin D. Carothers (1903-1989) pouvait encore constater que, « alors que l’enfant occidental est vite initié à […] une multiplicité d’éléments et d’événements qui le contraignent à voir les choses sous l’angle des relations spatio-temporelles et de la causalité mécanique, l’enfant africain reçoit au contraire une éducation qui dépend beaucoup plus exclusivement de la parole et qui est plutôt fortement chargée en drame et en émotion » (26). En dépit de leur alphabétisation, le fait est que les noirs africains conservent un fort sentiment d’appartenance tribale (27), se réclamant de la même souche et faisant partie d’un groupe social vivant sur un territoire déterminé. L’origine des « énergies explosives et agressives » qu’ils libèrent doit donc être recherchée ailleurs que dans leur « occidentalisation ».
Quatre décennies avant la publication de Comprendre les médias, l’eugéniste, politologue et journaliste Lottrop Stoddard (1883-1950) avait attribué « le flot montant des peuples de couleur (« The Rising Tide of Color ») à l’assurance que ceux-ci avait prise en voyant les blancs s’entretuer pendant la Première Guerre mondiale ; bien que les puissances européennes aient agrandi leurs possessions lointaines, l’heure de la décolonisation, avertissait Stoddard, approchait. Toujours plus nombreux, les non blancs non seulement donnaient des signes d’agitation dans les colonies, mais surtout menaçaient physiquement les métropoles « occidentales ». L’invasion migratoire ne tarderait pas. Stoddard, contrairement à McLuhan, attribuait cette révolte à des causes d’ordre essentiellement racial : « Les troubles révolutionnaires qui affectent aujourd’hui le monde entier sont bien plus profonds qu’on ne le pense généralement. Leur cause profonde n’est pas la propagande bolchevique russe, ni la fin de la guerre, ni la Révolution française, mais un processus d’appauvrissement racial, qui a détruit les grandes civilisations du passé et qui menace de détruire la nôtre » (28). Stoddard, à l’époque duquel personne n’avait étudié l’influence des moyens de communication sur la société et l’homme et ne pensait même qu’il put en exister une, n’établit aucun lien entre ce qu’il appelait « le flot montant des peuples de couleur » et la déclaration de Lénine que « [l]e communisme, c’est le pouvoir des soviets, plus l’électrification du pays […] » (29). Ni McLuhan, ni Nur Ankh Amen ne devaient connaître cette déclaration, car, sinon, ils n’auraient pas manqué de la citer, vu l’illustration éclatante qu’elle fournit de leurs vues respectives, qui n’ont évidemment rien à voir les unes avec les autres, si ce n’est à l’égard du caractère révolutionnaire de l’électricité. McLuhan remarque que « le fond (30) de l’électricité a tout transformé » (31). Il est fort instructif de rapprocher cette observation de la vue de Nur Ankh Amen selon laquelle « L’Ankh [donc l’électricité] est essentiel à la libération des peuples africains à travers le monde ». INur Ankh Amen souligne que ce n’est par un hasard si l’invention de la pile électrique coïncide avec l’expédition de Napoléon 1er en Egypte. Les coïncidences dans ce domaine en s’arrêtent pas là : l’interdiction de la traite négrière fut décrétée par l’empereur en 1815, l’année même où le britannique Winsor importait l’éclairage au gaz en France et où Humphry Davy inventait la lampe de sûreté, à toile métallique, pour les mineurs ; que l’émancipation des esclaves dans l’empire britannique fut proclamée en 1838, l’année même où le télégraphe à cinq galvanomètres était imaginé par Charles Wheatstone et où Samuel F.B. Morse déposait une demande de brevet pour le télégraphe électrique ; que l’abolition de l’esclavage fut promulguée en 1848, alors que, outre-manche, Frederick Collier Bakewell inventait la phototélégraphie, ancêtre du fax ; etc. ; que, en bref , en même temps que le XIXe siècle électrique libérait le noir, il vit naître et se développer le mouvement de libération d’autres éternels « opprimés » : les femmes. Dès le XIXe siècle, les féministes américaines publièrent plusieurs traités d’inspiration socialiste où il était question de logements communautaires visant à remédier aux monstrueuses inégalités causées par l’éhontée exploitation par les hommes du travail domestique non rémunéré des femmes. Ce nouveau système libérerait les femmes de l’oppression masculine et leur donnerait le temps et l’énergie nécessaires pour poursuivre d’autres intérêts à l’extérieur de la maison et pour devenir économiquement et financièrement indépendantes de leurs fieffés oppresseurs. Comment n’auraient-elles pas vu, senti dans l’électricité une libératrice, quand les spécialistes en économie familiale étaient persuadés que l’électrification des foyers permettrait aux femmes de gérer le leur comme une industrie, les rendant ainsi libre de devenir des consommatrices à plein temps ; quand les compagnie d’électricité, pour lesquelles, fruit du plus pur hasard, les experts en économie familiale travaillaient, leur déroulaient le tapis rouge ; quand Thoms Edison lui-même déclarait, dans un entretien accordé au journal Good Housekeeping en 1913 : »la femme du futur [sera plutôt] une ingénieure domestique qu’une ouvrière domestique, avec, à son service, la plus grande de toutes les servantes, l’électricité » ? (32). Les esprits lucides avertissaient que les compagnies électriques se servaient des nouvelles technologies pour contrôler la sphère de production familiale. Ils pissaient, sans mauvais jeu de mots, dans un violon.
La révolution électrique, c’est bien évident, profita dans un premier temps aux seules femmes des classes dites supérieures, à la fois au foyer, où, en raison de l’apparition d’appareils électriques, elles renforcèrent encore leur contrôle de la cuisine et où elles prirent celui de tâches ménagères qui jusque-là étaient effectués conjointement avec le mari et hors du foyer, où, en raison de l’électrification des industries, elles purent exercer des métiers pénibles qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles (32a). Mais, à partir des années 1950, les appareils électriques, entrés dans quasiment tous les foyers sous le regard bovin d’époux abrutis par les guitares électriques du rock’n’roll, libérèrent définitivement les femmes de la pénibilité des travaux ménagers (33), mettant du même coup l’économie familiale sous le joug des compagnies électriques et laissant aux dévouées épouses tout le temps et l’énergie nécessaires pour ourdir leurs intrigues androcides, tisser les fils d’une émancipation sans bornes qui, dans ce qui reste des sociétés européennes, se traduit aujourd’hui par la mise en esclavage pastorale, oblique de l’homme blanc et l’émergence d’un pouvoir de type véritablement gynécocratique, dans une atmosphère de misandrie diffuse, sournoise, torve et ricanante. Droits des « minorités » et technologies électroniques marchent main dans la main, dans une procession hystérique, vers la tombe des hommes blancs qui ont encore une conscience raciale. Le livre de Nur Ankh Amen révèle possiblement la raison profonde, d’ordre biologique, pour laquelle femmes blanches et peuples de couleur ont des intérêts communs et des affinités souvent électives : les unes et les autres sont pour ainsi dire des conducteurs (34).
Avant de clore ces quelques remarques introductives, nous voudrions fixer un point que l’analyse de McLuhan du « village global » ne fait sans doute pas assez ressortir : ce qui soude, fusionne, les membres du « village global », c’est, comme dans les sociétés primitives, la communication orale, à ceci près qu’elle est médiate, médiatisée. Pour que les membres du « village global » puissent être entendus, leur voix doit d’abord être transformée en vibrations électriques. Ils peuvent de moins en moins se voir autrement que par écrans interposés. Aussi éloignée que possible de l’environnement naturel et mental où vivaient leurs très lointains ancêtres, la réalité dans laquelle ils communiquent tribalement par l’intermédiaire de machines qui ne pourraient pas fonctionner sans électricité est– ce n’est pas nous qui le disons – virtuelle.
Aux yeux de Nur Ankh Amen, l’électricité est la clé du paradis. Pour ses congénères et pour la femme, cela ne fait aucun doute. Pour les rares blancs dotés d’une conscience raciale, elle a créé toutes les conditions pour que l’Europe soit un enfer multicolore, un véritable vagin à ciel ouvert.
En fait, toute l’histoire des peuples blancs peut se lire comme un processus complexe d’émancipation destructrice de la femme à l’égard de l’homme et d’asservissement de celui-ci par la femme, la technique et la technologie, processus dont les trois grandes étapes sont l’invention de l’agriculture (et la domestication des animaux et des plantes ; ou, pour rester dans le paradigme mcluhanien, la fabrique de l’écriture, certes postérieure de plusieurs millénaires à celle de l’agriculture, mais due, elle aussi, à des peuples agriculteurs du Moyen-Orient ; pour gérer les surplus, les Sumériens durent concevoir une comptabilité et donc un système de représentation graphique), qui marque l’instauration du matriarcat et l’égalité sociale entre les sexes (35), l’invention de la machine, qui permet aux femmes de devenir les égales des hommes devant le travail (36), qui, devenu purement mécanique, perd tout ce qu’il pouvait avoir de qualitatif (37) et, enfin, l’invention des technologies électriques et électroniques, qui, tout en intensifiant cette tendance jusqu’au « triomphe de la quantité », permettent à la femme, par leur contenu (38), d’exercer un empire toujours plus vampirisant sur l’homme.

B. K., décembre 2019

(1) Les Européens n’ont pas peu contribué, dès le XIXe siècle, à faire le terreau de l’afro-centrisme, en flattant l’égo des noirs par la diffusion de la théorie de l’origine africaine de l’homme moderne et de vues comme celles selon laquelle Stonehenge, qui a la forme d’un Ankh géant, avait été construit par des noirs. Cette thèse fut exposée par le folkloriste et antiquaire écossais David Mac Ritchie (1851-1925) dans Ancient and Modern Britons: A Reptrospect (2 vols., K. Paul, Trench & Company, 1884) ; voir aussi Aylmer von Fleischer, Megalith: The Black Builders of Stonehenge, Wasteland Press, 2010.
(2) Cependant, pour Kwame Anthony Appiah, « There is no such thing as a western civilisation », 9 novembre 2016, https://www.theguardian.com/world/2016/nov/09/western-civilisation-appiah-reith-lecture).
(3) Le terme d’« afro-centrisme » (« afrocentrism ») date de 1962 (Wilson Jeremiah Moses et al. (éds.), Afrotopia: The Roots of African American Popular History. Cambridge University Press, 1998, p. 44). L’adjectif « afrocentrique » est apparu pour la première fois dans une proposition dactylographiée, peut-être due à W. E. B. Du Bois (Robert Levine, Elegant Inconsistencies: Race, Nation, and Writing in Wilson Jeremiah Moses’s Afrotopia. American Literary History. Vol. 20, n° 3, 2008 [p. 497-507], p. 497), pour une entrée dans l’Encyclopedia Africana. Le terme, plus abstrait d’« afrocentricité » date des années 1970 (Kihumbu Thairu, The African Civilization, 1975 ) et a été popularisé par Molefi Asante dans Afrocentricity: The Theory of Social Change (1980). Selon l’égyptologue, linguiste et historien congolais Théophile Obenga (Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste, Khepera, 2001, p. 11),dont les travaux se situent dans la lignée de ceux de l’historien, anthtopologue et polticien sénégalais Cheikh Anta Diop (1923-1988), « [l]es Africains Américains emploient régulièrement le concept ‘Afrocentricité’ et non celui d’Afrocentrisme’, forgé pour les besoins de la cause […]. Les chercheurs Africains continentaux n’emploient presque jamais les termes ‘afrocentrisme’, ‘afrocentricité’, ‘africana’, etc. » Quant à Nur Ankh Amen, il appartiendrait plutôt à cette branche de l’afro-centrisme à laquelle ses membres ont donné le nom de kémitisme, sorte de lnéopaganisme égyptien né aux Etats-Unis dans les années 1970, qui tente d’explorer la religion de l’Égypte ancienne et d’intégrer la mythologie égyptienne ancienne dans la vie moderne.
(4) Molefi Kete Asante, L’Afrocentricité, traduit par Ama Mazama, Editions Menaibuc, 2003, p. 5.
(5) Mia Bay,The Historical Origins of Afrocentrism. In Amerikastudien / American Studies, vol. 45, n° 4, Time and the African-American Experience, 2000 [p. 501-512], p. 501.
(6) Un des bas reliefs du temple de Denderah montre un objet ayant une forme comparable à celle d’une ampoule (http://www.cirac.org/infos-fr/denderah.htm), objet dans lequel, de fait, certains ont reconnu le prototype de l’ampoule électrique. « Lors d’une analyse d’objets métalliques égyptiens en 1933, le Dr Colin G. Fink – qui inventa l’ampoule électrique à filament tungstène – découvrit que les Egyptiens connaissaient une méthode de placage d’antimoine sur le cuivre, il y a 4.300. Cette méthode permet d’obtenir les mêmes résultats que l’électroplacage.
« Les scientifiques ont testé le système décrit dans les reliefs pour déterminer s’il a pu émettre de la lumière. L’ingénieur électrique autrichien Walter Garn étudia les reliefs en détail pour reproduire l’isolant du pilier de Djed, l’ampoule et le fil entortillé. Le modèle qu’il fabriqua fonctionnait et permettait d’émettre de la lumière ». « Les scientifiques ont testé le système décrit dans les reliefs pour déterminer s’il a pu émettre de la lumière. L’ingénieur électrique autrichien Walter Garn étudia les reliefs en détail pour reproduire l’isolant du pilier de Djed, l’ampoule et le fil entortillé. Le modèle qu’il fabriqua fonctionnait et permettait d’émettre de la lumière » (Harun Yahya, Un Mensonge de l’histoire: L’âge de pierre, p. 90, consultable à l’adresse suivante: https://www.harunyahya.fr/fr/books/4158/Un-Mensonge-De-L’histoire-L’age-De-Pierre/chapter/9775/Vestiges-étonnants-de-civilisations-antiques). Il resterait à savoir si la civilisation égyptienne est aussi ancienne qu’on le pense communément sur la foi de l’histoire officielle.
(7) « Au XIIIe siècle, l’introduction du papier en Europe avait déjà accéléré le rythme de la correspondance et permis à un plus grand nombre d’hommes de devenir leur propre scribe. L’imprimerie facilita la standardisation des œuvres écrites en rompant avec la diversité des formes de calligraphie manuelle qui caractérisait les livres recopiés. Cette innovation technique entraîna une formidable croissance du nombre des ouvrage publiés ce qui contribua à la redécouverte des textes anciens (grecs et latins). Après les humanistes, comme Erasme de Rotterdam, Martin Luther mobilisa cette nouvelle culture classique pour réclamer une profonde réforme de l’Église chrétienne. Cette première révolution de la communication provoqua une rupture irrémédiable dans l’histoire de l’Europe. Elle bouleversa pour toujours les règles de la domination et de la résistance, car le développement des liens à distance qu’autorisait l’imprimerie étendit la chaîne des interdépendances reliant les gens entre eux (Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France: De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone. En réalité, le papier était disponible en grande quantité en Europe dès le XIIe siècle: « La fabrication et l’exportation d’Égypte du papier de papyrus se soutint jusqu’à l’introduction par les Arabes du papier de coton, fabriqué d’abord à Damas, ainsi que l’indique son nom de charta Damascena, bambacina ou bombycina et cuttanea. Alors s’établit une lutte entre le papier fabriqué avec le coton ét le papier fait avec le papyrus; cette lutte cessa par l’anéantissement de l’un et de l’autre lorsqu’au XIIe siècle on découvrit le moyen de fabriquer le papier avec les rebuts de chanvre et de lin broyés et réduits en pâte. Le prix de ce nouveau papier si supérieur aux précédents fut d’abord très élevé, puisque nous voyons les premières impressions (de 1457 à 1470) exécutées plutôt sur vélin que sur papier. Mais bientôt le papier, par son abondance et par la modicité de son prix, l’emporta définitivement sur le vélin qui tomba de plus en plus en désuétude. Quelque considérable qu’ait pu être la fabrication du papier, soit en papyrus, soit en coton, elle était presque nulle si on la compare à la grande production du papier fait au XIIe siècle avec des chiffons réduits en pâte, et fabriqué, feuille à feuille, par la main de l’ouvrier, production qui fut à son tour dépassée au commencement de ce siècle [XIXe] dans une proportion non moindre, quand la main de l’homme céda son pénible labeur à ces merveilleuses et infatigables machines qui fabriquent le papier d’une longueur indéterminée, avec une rapidité telle, qu’au moyen des seules machines de nos papeteries de Sorel et du Mesnil, nous pourrions facilement, en moins d’une année, envelopper d’une feuille de papier de près de deux mètres de large la circonférence du globe » (Émile Egger, Sur le prix du papier dans l’antiquité, Paris, 1857, p. 20-1). La lecture devient un acte essentiellement individuel et privé (La privatisation définitive de la lecture est un processus qui arriva à son terme dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (Alexandre Wenger, La fibre littéraire: le discours médical sur la lecture au XVIIIe siècle, Droz, Genève, 2007, p. 212, note 23).
(8) Marshall McLuhan, Understanding the Media. The Extensions of Man; McGraw Hill, NY, 1964, p. 57 ; voir aussi https://evolutionofmedia342.wordpress.com.
(9) Ibid., p. 4.
(10) Il n’est pas facile de déterminer si, chez McLuhan, l’adjectif “organique” a le sens positif qu’il a sous al plume des penseurs de droite. Quoi qu’il en soit, nous montrerons dans une prochaine étude qu’il convient de s’en défier, en raison des présupposés rationalistes, inaperçus de ces derniers, qu’il recèle.
(11) Marshall McLuhan, op. cit., p. 333.
(12) Ibid., p. 57.
(13) Ibid., p. 111. « Nous sommes aujourd’hui obligés […] de faire ce voyage intérieur et de rencontrer le moi dans son état intérieur primitif » (id., Love, Saturday Night, LXXXII, février 1967, p. 27, cité in John Fekete, McLuhanacy: counterrevolution in cultural theory, in Gary Genosko (éd.), Marshall McLuhan: Fashion and Fortune, vol. 1, Routledge, Londres et New York, 2005, p. 64 ; « La régression tribale dans la sphère historique (est) (un) parallèle épistémologique (à) la régression psychanalytique » (ibid.).
(14) Voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2016/08/19/isis-1/.
(15) Marshall McLuhan, op. cit., p. 92.
(16) Voir Marie Jaso, « Sur Instagram, ces influenceuses blanches se font passer pour noires », 9 novembre 2018, https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/09/niggerfishing-instagram_a_23584555/ ; voir aussi, pendant que nous en sommes aux pathologies lourdes, « Une mannequin blanche devenue noire en est convaincue: ses enfants vont naître avec une peau de couleur noire », 22 janvier 2019, https://www.sudinfo.be/id97445/article/2019-01-22/une-mannequin-blanche-devenue-noire-en-est-convaincue-ses-enfants-vont-naitre.
(17) Une bibliographie sur le sujet de l’influence de la médecine arabe sur la médecine européenne a été établie par Danielle Jacquart, Trivium [En ligne], 8-Traductions et transferts des savoirs…, mis en ligne le 16 mai 2011, consultable à l’adresse suivant e : http://journals.openedition.org/trivium/3984, consulté le 22 juillet 2019 ; voir, au sujet de l’influence de la médecine juive, particulièrement importante en gynécologie, en obstétrique, en néonatologie et en pharmacologie, sur la médecine européenne, Ron Barkai, L’influence de la médecine judéo-espagnole sur la médecine européenne, in Francis Rosenstiel (éd.), Tolède et Jérusalem: tentative de symbiose entre les cultures espagnole et judaïque, traduit de l’anglais par Gérard Joulié, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1992 [p. 47-61]. « La pharmacologie est le domaine qui permet le plus de constater l’influence de l’Orient sur l’Occident au Moyen Age et même jusqu’à notre époque, du moins dans la permanence des remèdes populaires. En effet, les nombreux écrits pharmacologiques arabes ont véhiculé les connaissances de l’Antiquité et les ont multipliées par leurs innombrables observations, expériences et pratiques, et cela dans la matière médicale, la toxicologie et la thérapeutique » (Henri Loucel, Lumières arabes sur l’occident médiéval, Editions anthropos, 1978.
(18) « Un grand nombre des leaders du transhumanisme sont Juifs » et « Israël est à la pointe du développement technologique » (Serap Sisman-Ugur et Gulsun Kurubacak, Gulsun, Handbook of Research on Learning in the Age of Transhumanism, IGI Global, 2019, p. 111) ; https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/les-technologies-emergentes/.
(19) Cecily J Partridge1 et Sheila S Kitchen, Adverse Effects of Electrotherapy Used by Physiotherapists, Physiotherapy, vol. 85, n° 6 [p. 298-303] ; parmi les effets secondaires des traitements, on a constaté une plus grande sensibilité à la douleur, des brûlures, des éruptions cutanées, des nausées et des évanouissements.
(20) Cité in https://www.news-medical.net/news/20190327/28986/French.aspx ; voir aussi https://www.msn.com/en-xl/northamerica/life-arts/your-skins-melanin-can-conduct-electricity-and-scientists-want-to-harness-it/ar-BBVtEFP?li=BBKxOg5 ; T.V. Chirila. Melanized poly (HEMA) hydrogels: basic research and potential use. J Biomater App, octobre 1993, vol. 8, n°2 [p. 106-45] ; T.V. Chirila, S. Vijayasekaran, I.J. Constable, J. Ben-Hun, Melanin-containing hydrogel intraocular lenses: a histopathological study in animal eyes. J Biomater Appl., janvier 1995, vol. 9, n° 3, [p. 262-74].
(21) Il doit même penser que ses congénères ne sont pas encore assez nombreux à grouiller sur la planète, puisqu’il rêve de pouvoir « ressusciter les morts en dissociant le dioxyde de carbone du corps au moyen des techniques du laser et de l’infrarouge […] »).
(22) A ce sujet, « [l]es pieuvres et les espèces apparentées ont ce que le chercheur Roger Hanlon de Woods Hole appelle une peau électrique. Pour animer sa palette, la pieuvre recourt à trois couches de cellules différentes, situées à proximité de l’épiderme – toutes soumises à des formes diverses de contrôle. La couche la plus profonde, contenant les leucophores blancs, se contente de refléter la lumière à l’arrière-plan. Ce processus n’implique ni muscles ni nerfs. La couche médiane contient les minuscules iridophores, d’un diamètre de 100 microns. Ils reflètent aussi la lumière, y compris la lumière polarisée (que l’œil humain ne peut capter, mais que certains prédateurs de la pieuvre, dont les oiseaux, peuvent percevoir). Les iridophores engendrent des camaïeux de verts, bleus, ors et roses scintillants. Certains de ces petits organes semblent passifs, tandis que d’autres iridophores sont contrôlés par le système nerveux. Ils sont associés au neurotransmetteur acétylcholine, le premier neurotransmetteur à avoir été identifié chez l’animal. L’acétylcholine favorise la contraction des muscles ; chez les humains, elle joue aussi un rôle important pour la mémoire, l’apprentissage et la phase de sommeil paradoxal. Pour déclencher les verts et les bleus, les pieuvres font massivement intervenir ce neurotransmetteur, et bien moins pour les roses et les ors. La couche supérieure de la peau des pieuvres contient des chromatophores, de minuscules poches de pigments jaunes, rouges, bruns et noirs situées à l’intérieur d’une enveloppe élastique qu’elles ouvrent ou ferment selon la quantité de couleur qu’elles souhaitent exposer. Le simple camouflage de l’œil – par le biais d’une barre, d’un voile déformant ou d’un motif en feu d’artifice – met en œuvre 5 millions de chromatophores… Chaque chromatophore est régulé via une pléiade de nerfs et de muscles, tous soumis au contrôle précis de la pieuvre » (Sy Montgomery, L’Âme d’une pieuvre, Calmann Levy, 2018) et que, selon lui, la mélanine a de puissantes propriétés médicinales, comment se fait-il donc que l’état de santé des noirs africains est si mauvais ? (Criminalité et Développement en Afrique, Nations Unies, Office contre la drogue et le crime (ONUDC), juin 2005, p. xviii.
(23) Marshall McLuhan, op. cit., p. 316.
(24) Ibid., p. 80.
(25) Didier Fassin, Les politiques de l’ethnopsychiatrie. In L’Homme, n° 153, janvier-mars 2000, consultable à l’adresse suivante: http://journals.openedition.org/lhomme/14, consulté le 30 avril 2019.
(26) Richard Cavell, McLuhan in Space: A Cultural Geography, University of Toronto Press, Toronto, Buffalo et Londres, 2002, p. 32 et sqq., p. 48. A la même époque, Carothers jugeait « [l]a ressemblance entre le malade européen leucotomisé et le primitif africain […] très complète » (René Collignon, La psychiatrie coloniale française en Algérie et au Sénégal. In Tiers-Monde, t. 47, n° 187, 2006. La santé mentale dans le rapport Nord-Sud [p. 527-546], p 541). Aujourd’hui, une grande partie des blancs qui seraient diagnostiqués comme sains d’esprit n’ont pas eu besoin d’être lobotomisés pour ressembler complètement au « primitif africain ».
(27) Pour beaucoup de noirs africains, même transplantés en Europe, l’identité est tribale avant d’être nationale: « Quelquefois, déclare un Soudanais interrogé par un enquêteur, vous voulez être comme les Britanniques… Je suis Soudanais. Mais je veux dire que je ne suis pas Soudanais. Je suis de ma tribu. Vous ne pouvez pas prétendre que vous êtes Britannique. Vous êtes principalement Soudanais, mais vous êtes de telle ou telle tribu. Vous pensez encore à cette tribu ». Très significativement, une Zimbabwéenne ajoute: « J’ai toujours pensé qu’il y avait plus de tribus à Leeds qu’à Harare. » (Jacques Barou, Les immigrés d’Afrique subsaharienne en Europe: une nouvelle diaspora? In Revue Européenne des Migrations Internationales, vol. 28, n° 1, 2012 [p. 147-167]. Pour être cohérent, il ne saurait être question de reprocher aux noirs de conserver un sentiment profond d’appartenance tribale ; puissent-ils simplement un jour, que nous souhaitons très proche, le cultiver, non plus en Europe, mais, de nouveau, chez eux.
(28) Lottrop Stoddard, The Revolt against Civilization: The Menave of the under man, Charles Scribner’s Sons, New York, 1922, préface. Par « sous homme » il faut entendre aussi et peut-être même surtout blanc dégénéré.
(29) Cité in Jean Bruhat, Lénine, Club français du livre, 1970. Lénine considérait l’électrification de l’U.R..S. S. vitale, non seulement pour la transformation économique du pays, mais aussi pour la naissance de l’« homo sovieticus ». « Bien sûr, déclara-t-il au huitième congrès des Soviets (1920), pour les masses paysannes, qui n’appartiennent pas au Parti, la lumière électrique est une lumière ‘contre nature’; mais ce que nous considérons contre nature, c’est que les paysans et les ouvriers aient vécu pendant des centaines de milliers d’années dans une telle arriération, la pauvreté et l’oppression sous le joug des propriétaires terriens et des capitalistes. Il n’est pas possible de sortir de cette obscurité très rapidement. Ce que nous devons maintenant essayer de faire, c’est de transformer chaque centrale électrique que nous construisons en un bastion de l’instruction qui sera utilisé pour ainsi dire pour sensibiliser les masses à l’électricité » [c’est nous qui soulignons] (cité in Raymond L Bryant, The International Handbook of Political Ecology, Edward Elgar Publishing, Cheltenham et Northampton, MA, 2015, p. 652) « L’électricité est ainsi envisagée comme la condition de possibilité technique de faire passer la Russie d’un pays de « petite culture » à un stade culturel beaucoup plus avancé, plus « civilisé », c’est-à-dire en mesure de reconfigurer jusqu’aux mœurs, aux mentalités, aux modes de vie quotidiens (e.g. la situation des femmes – Marcel Martinet parle à cet égard d’humanisme – 1976) et donc jusqu’à la personnalité et aux habitus des sujets sociaux, surtout chez ceux qui « ne vivent pas que de politique » (Trotsky, 1976) » (Fabien Granjon, « Vladimir Ilitch Lénine: parti, presse, culture & révolution », 16 mars 2015, https://www.contretemps.eu/vladimir-ilitch-lenine-parti-presse-culture-revolution/.
(30) Le concept de figure-fond est l’un des quatre piliers de la théorie de la perception des formes élaborée par la psychologie gestaltiste. « Cette structuration perceptive repose en 1er sur une séparation/ségrégation du champ perceptif en 2 parties bien distinctes aux propriétés différentes : l’une appelée la figure et l’autre appelée le fond. Exemple : tableau de la Joconde : la figure est Mona Lisa et le fond est un paysage très riche avec des arbres, collines. Cette ségrégation « figure-fond » est normalement évidente. Donc pour l’étudier expérimentalement on se sert de figures particulières dites ambigües (sic) où les 2 parties du champ peuvent être alternativement figure et fond. C’est l’exemple du vase de Rubin.
« Le tout est perçu avant les parties qui le composent. Par exemple, pour un lecteur expert d’un journal quotidien, il arrive assez souvent que qu’il y ait des fautes typographiques (que certaines lettres soient erronées) et pourtant nous identifions ce mot correctement, sans avoir conscience de cette erreur graphique. Par exemple nous percevons le mot « table » à la lecture alors qu’il est écrit « tuble ». Nous identifions sans problème le mot « table » ce qui ne serait pas le cas si le tout (ici le mot) était construit à partir de la perception de chacune des lettres. Au contraire, c’est manifestement le sens du mot qui se contraint de percevoir un « a » à la place du « u ». Autrement dit, si on analyser le mot table à partir de chacune de ces lettres on se serait rendu compte qu’il y avait un « »u » à la place du « a « . Beaucoup d’illusions perceptives s’expliquent par cette prédominance du tout sur les parties qui le composent. C’est d’ailleurs le cas de la célèbre illusion de Müller-Lyer » (voir https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:ypMkts7ItiMJ:https://www.coursum3.org/lufr-5-sciences-du-sujet-et-de-la-societe/%3Fwpdf_download_file%3D/home/ichigo1vs/www8/wp-content/uploads/cours/UFR5/D%25C3%25A9partement%2520de%2520Psychologie/l1/Psychologie%2520Cognitive/Psycho%2520Cognitive%2520Chap%25204.doc+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr, p. 3.
(31) Cité in B. W. Powe, Marshall McLuhan and Northrop Frye: Apocalypse and Alchemy, University of Toronto Press, Toronto, Buffalo et Londres, 2014, p. 146.
(32) Voir D. Nye, Electrifying America: Social Meanings of a New Technology, 1880-1940. The MIT Press, Cambridge, 1990 ; Judy Wajcman, Feminism Confronts Technology, Polity, 1991 ; La citation d’Edison se trouve dans Wendy Hawthorne, Women and large-scale electricity development, Office of Women in International Development, Michigan State University, 1996, p. 8.
(32a) « Cette mutation technologique, nous dit-on à propos de la passementerie dans les années 1890 en France, entraîne non pas une féminisation globale de la profession, mais une mutation dans les rôles entre hommes… », mutation – les sociologues sont des hommes pressés, ils veulent tout tout de suite -, qui préludera à une féminisation globale de certains métiers au siècle suivant. Pour être encore plus précis, « [c]ette mutation technologique entraîne non pas une féminisation globale de la profession, mais une mutation dans les rôles entre hommes et un renforcement de la famille-atelier » : femmes et enfants travaillent encore sous le regard du père : plus pour très longtemps (voir Patrick Fridenson [sous la dir.], Industrialisation et sociétés d’Europe occidentale, 1880-1970, Les Editions de l’Atelier, 1997, p. 86). Non seulement « [m]e travail change, puisque la force physique n’est plus une nécessité », mais la finalité du travail change en même temps, permettant à la femme d’exercer une de ses activités de prédilection : la surveillance : « il s’agit surtout désormais de surveiller le métier » (ibid.),
(33) Les “féministes” britanniques ne s’y trompaient pas. Dès 1924, l’ingénieure Laura Annie Willson (1877–1942), l’ingénieure en électricité Caroline Harriet Haslett (1895–1957) et une certaine Margaret (, Lady) Moir co-fondèrent The Electrical Association of Women (EAW), sur proposition de l’ingénieure électricienne Mabel Matthews, membre de la Women’s Engineering Society (IEE) (cf. Henrietta Heald, Magnificent Women and Their Revolutionary Machines, unbound, 2019), dans le giron de laquelle tomba boentôt l’EAW. Fondatrice et rédacteur en chef du journal The Woman Engineer, Haslett fut également la première secrétaire de l’EAW et publia, entre autres ouvrages, The Electrical Handbook for Women (1934 ; 2de éd. : Universities Press Limited, 1950 ; en reconnaissance des services rendus par Haslett aux femmes, elle fut nommée Commander of the Order of the British Empire en 1931 et, en 1947, en reconnaissance de son travail pour le Board of Trade et le ministère du Travail, elle fut faite Dame Commander of the Order of the British Empire [cf. Death of Dame Caroline Haslett. In The Woman Engineer, vol. 8, n°4, printemps 1957]).
En 1927, l’EAW emménagea dans un local du quartier huppé de Kensington mis à sa disposition par le colonel et chevalier servant R.E.B. Crompton, concepteur des systèmes d’éclairage du château de Windsor, de l’Opéra d’État de Vienne et du Savoy Theatre, avant de démanger en janvier 1933, alors qu’elle était en pleine expansion, dans des locaux plus spacieux sur la non moins prestigieuse Regent Street (https://www.wes.org.uk/content/electrical-association-women). L’EAW se concentra d’abord sur « l’émancipation des travaux pénibles « en promouvant l’extension de l’électrification aux foyers de la classe moyenne et de la classe ouvrière et en faisant appel à l’expérience des femmes dans la conception d’appareils électriques et de maisons modèles (cf. https://www.magnificentwomen.co.uk/eaw.html# ; http://arts.brighton.ac.uk/collections/design-archives/resources/Women-Designing-1994/European-Feminist-Research-Conference/the-electrical-association-for-women). Son organe portrait le titre éloquent de The Electrical Age for Women, dont le premier numéro parut en juin 1926 (cf. Catharine M. C. Haines et Helen M. Stevens, International Women in Science: A Biographical Dictionary to 1950, ABC Clio, Santa Barbara, CA, Denver CO et Londres, 2001, p. 238). L’EAW fit paraître une brochure au titre non moins éloquent : For the Promotion of the Wider Use of Electricity in the Service of Women (1934) (c’est nous qui soulignons). Elle fut dissoute en 1986, ayant fait son temps.
(34) Voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2019/04/25/marshall-mcluhan/, note 61, que nous reproduisons ici : « Chez la femme, [selon Nur Ankh Amen,] la boucle de l’Ankh représente l’utérus (voir J. G. Gruhn et R. R. Kazer, Hormonal Regulation of the Menstrual Cycle: The Evolution of Concepts, p. 3 et planches p. 4 ; John G. Gruhn, Historical Introduction to Gonadal Regulation of the Uterus and the Menses, in J. B. Josimovich (éd.), Gynecologic Endocrinolog, 4e éd., Plenum Medical Book Company, New York et Londres, 2013, p. 3, la barre transversale les trompes de Fallope, le bâton le canal génital » (voir aussi https://codigooculto.com/wp-content/uploads/2016/11/egyptian-ankh-electric-oscillator-nikola-tesla.jpg). En outre, « [l]e vagin est un organe contractile composé de faisceaux musculaires lisses. Les organes contenant des muscles lisses comme l’utérus, l’intestin et la vessie possèdent une activité électromécanique sous forme d’ondes lentes et de pics d’activité rapides ou de potentiels d’action » (A. Shafik, O. El Sibai, A. A. Shafik et al., « The electrovaginogram: study of the vaginal electric activity and its role in the sexual act and disorders ». In Archives of Gynecology and Obstetrics, vol. 269, n° 4, mai 2004 [p 282–6]. Par ailleurs, il est connu que les femmes enceintes ressentent par moments comme des décharges électriques dans l’utérus.
Pour voir, comme le fait aussi Nur Ankh Amen, « [dans] la boucle [de l’Ankh] […] la prostate, [dans] la barre transversale les testicules, [dans] le bâton le pénis », il faut faire un effort d’imagination presque surhumain.
(35) Diane Bolger, The Dynamics of Gender in Early Agricultural Societies of the Near East. In Signs, vol. 35, n° 2, hiver 2010 [p. 503-31], p. 520-2 ; voir J. J. Bachofen, Le Droit Maternel, recherche sur la gynécocratie de l’Antiquité dans sa nature religieuse et juridique, traduit par Étienne Barilier, L’Age d’Homme, 1996 ; E. Grosse. Die Formen der Familie und die Formen des Wirthschaft, Freiburg, Mohr. H. Kickert, 1896. Illustration de la thèse de ces deux derniers historiens, selon Peabody Museum Reports, (vol. 3–4. Cambridge, Mass., 1904, p. 207), la culture du maïs chez les Iroquois, tribu matrilinéaire, ne commença que peu de temps avant l’arrivée des Européens et cet art était entièrement entre les mains des femmes, qui se déclaraient les propriétaires de la terre (voir Lewis Richard Farnell, The Cults of the Greek States [Réimpr. 2010, vol. 3], p. 107, note ; Barbara Graymon, The Iroquois in the American Revolution, Syracuse University Press, Syracuse, NY, 1972, p. 10 ; Alain Testart La déesse et le grain: trois essais sur les religions néolithiques Errance, 2010, dont nous reproduisons ici la quatrième de couverture : « Des milliers de statuettes féminines aux formes opulentes et au sexe marqué, la théorie selon laquelle ce furent les femmes qui inventèrent l’agriculture, quelques mythes : tout cela put donner à penser qu’autrefois les femmes dominèrent les hommes. C’est la thèse du matriarcat primitif, thèse fortement critiquée par l’anthropologie sociale car aucune société actuellement connue et observable ne peut être dite ‘matriarcale’. Mais elle garde ses partisans chez certains archéologues et parmi une frange du grand public fascinée par l’idée d’un culte ancien de la ‘Grande Déesse’. Le premier essai ici présenté réexamine cette thèse en s’appuyant sur les plus récentes découvertes du Néolithique proche-oriental, là où se rencontre la plus ancienne agriculture. Les deux autres essais se penchent sur l’importante iconographie fournie par ces premières sociétés. Parmi celle-ci, des représentations de taureaux, ou du moins de bovins : doit-on y voir le culte d’un ‘dieu-taureau’, ou au contraire des animaux sacrifiés ? On trouve aussi quelques représentations de corps sans tête et des crânes surmodelés, qui sont parmi les premières représentations de visages humains : doit-on y voir un ‘culte des ancêtres’, ou des trophées pris aux ennemis ? » ; à cet égard, citons de nouveau et, cette fois, plus in extenso les lignes pénétrantes et si éclairantes de Mircea Eliade sur les conséquences sur les rapports entre l’homme et la femme de la découverte de l’agriculture au néolithique : « [elle] suscite une crise dans les valeurs des chasseurs paléolithiques : les relations d’ordre religieux avec le monde animal sont supplantées par ce qu’on peut appeler te solidarité mystique entre l’homme et la végétation. Si l’os et le sang représentaient jusqu’alors l’essence et la sacralité de la vie, dorénavant ce sont le sperme et le sang qui les incarnent. En outre, la femme et la sacralité féminine sont promues au premier rang. Puisque les femmes ont joué un rôle décisif dans la domestication des plantes, elles deviennent les propriétaires des champs cultivés, ce qui rehausse leur position sociale et crée des institutions caractéristiques, comme, par exemple, la matrilocation, le mari étant obligé d’habiter la maison de son épouse. »
« La fertilité de la terre est solidaire de la fécondité féminine ; par conséquent, les femmes deviennent responsables de l’abondance des récoltes, car elles connaissent le « mystère » de la création. Il s’agit d’un mystère religieux, parce qu’il gouverne l’origine de la vie, la nourriture et la mort. La glèbe est assimilée à la femme. Plus tard, après la découverte de la charrue, le travail agraire est assimilé à l’acte sexuel. Mais pendant des millénaires la Terre-Mère enfantait toute seule, par parthénogenèse. Le souvenir de ce « mystère » survivait encore dans la mythologie olympique (Héra conçoit toute seule et donne naissance à Héphaistos, à Arès) et se laisse déchiffrer dans de nombreux mythes et croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l’accouchement sur le sol, le dépôt du nouveau-né sur la terre, etc. Né de la Terre, l’homme, en mourant, retourne à sa mère. «Rampe vers la terre, ta mère», s’exclame le poète védique (Rig Veda, X, 18, 10 ).
« Certes, la sacralité féminine et maternelle n’était pas ignorée au paléolithique, mais la découverte de l’agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralité de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualité féminine, se confond avec l’énigme miraculeuse de la création. La parthénogénèse, le hieros gamos et l’orgie rituelle expriment, sur des plans différents, le caractère religieux de la sexualité. Un symbolisme complexe, de structure anthropocosmique, associe la femme et la sexualité aux rythmes lunaires, à la Terre (assimilée à la matrice) et à ce qu’on doit appeler le ‘mystère’ de la végétation. Mystère qui réclame la ‘mort’ de la semence afin de lui assurer une nouvelle naissance, d’autant plus merveilleuse qu’elle se traduit par une étonnante multiplication. L’assimilation de l’existence humaine à la vie végétative s’exprime par des images et des métaphores empruntées au drame végétal (la vie est comme la fleur des champs, etc.). Cette imagerie a nourri la poésie et la réflexion philosophique pendant des millénaires, et elle reste ‘vraie’ pour l’homme contemporain. » (Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, vol. I, Paris 1983, Payot, p. 51-55. ; Michel Nicolas, Essais de philosophie d’histoire religieuse, Michel Lévy Frères, Paris, 1863, p. 19, note 2). Traduction matérielle de cette prééminence de la spiritualité féminine, la prédominance des figures symboliques de femmes à partir du début du néolithique a amené certains à supposer, d’autres à affirmer, que, à cette époque, l’ascendance que la femme avait prise sur l’homme dans le domaine religieux s’exerçait également dans tous les autres domaines, y compris dans les sphères sociale et économique (voir Olivier Aurenche, Jacques Cauvin et la religion néolithique. Genèse d’une théorie. In Paléorient, 2011, vol. 37, n°1. Néolithisations : nouvelles données, nouvelles interprétations. À propos du modèle théorique de Jacques Cauvin [p. 15- 27] ; voir jacques Cauvin, La question du ‘matriarcat préhistorique’ et le rôle de la femme dans la préhistoire. In La femme dans le monde méditerranéen. I. Antiquité. Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, Lyon, 1985 [p. 7-18] (Travaux de la Maison de l’Orient, 10 ; Gerda Lerner, The Creation of Patriarchy, Oxford University Press, Oxford, 1986, p. 33 et sqq.). Or, en quoi consiste la « révolution néolithique » ? La « révolution néolithique » consiste dans l’apparition de maux tels que la croissance démographique, la promiscuité (« les unions sexuelles se faisant par hasard, dit Cléarque à propos d’Athènes, personne ne pouvait identifier son père, ce qui impliquait que chacun n’était connu que par le nom de sa mère » [cité in Élisabeth Badinter, Un est l’autre (L’) : Des relations entre hommes et femmes, p. 86) et, de là, l’urbanisation, sans compter la guerre d’intérêts économiques et, nec minus infra, lemélange des races (voir Armand de Quatrefages, Hommes fossiles et hommes sauvages : études d’anthropologie, J.– B. Baillière et Fils, Paris, 1884, chap. III) : « les conditions de vie et de nutrition vont susciter d’importantes poussées démographiques. C’est la période d’édification des villages et de la croissance de la production. Dans le mobilier, l’apparition de grands vases à provision, inconnus dans le néolithique ancien, confirme l’existence d’importants stocks de nourriture qui suscitent l’envie de moins bien nantis. La surpopulation favorisée par l’accumulation des ressources crée à son tour le besoin de terres nouvelles, et des combats se livrent entre les communautés pour la possession des territoires. Pillages et conquêtes deviennent des activités épandues. C’est surtout à partir du néolithique final et de l’âge des métaux que la guerre laisse des traces dans les sépultures collectives. Les squelettes présentent des traumatismes bien nets et portent encore profondément plantées dans les os plusieurs flèches meurtrières, indices d’un acharnement certain. La guerre fut, sans conteste, l’apanage et la contrainte du sexe masculin » (c’est nous qui soulignons) (ibid., p. 86-7). Par ailleurs, les guerres au néolithique ont réduit la diversité génétique des hommes, https://jeanzin.fr/2018/06/01/revue-des-sciences-juin-2018/#guerres). Tous ces fléaux peuvent se ramener à une cause : le passage d’une économie de subsistance à une économie de surplus. « A partir du néolithique, le produit va échapper à l’homme, parce que les stocks agraires, à partir du moment où ils sont stockés, ils marquent un décalage entre l’immédiateté du temps présent et le présent du temps de l’immédiateté. Quand le chasseur-cueilleur chasse, quand il cueille, quand il pèche, il est dans un rapport d’immédiateté sans médiation avec ce qu’il produit et ce qu’il consomme. La révolution néolithique, à partir du moment où elle va créer des stocks, c’est-à-dire des surplus, elle va créer un décalage entre l’homme et son immédiateté et donc ça va produire une nécessité que l’homme n’a pas construit et qui est le mouvement immanent de l’aliénation nécessaire qui fait que ce que l’homme a produit lui échappe et comme ça lui échappe, à partir de là, il va construire des organismes de contrôle de ce qui lui échappe, à travers la comptabilité, qui fera naître l’écriture, puisque les premières écritures c’est des calculi, c’est-à-dire des actes comptables, donc la première échappée aliénatoire qui a produit la culture c’est l’écriture… ce qu’il faut bien comprendre c’est que quand l’homme est dans la jouissance de sa vie il n’écrit pas ; si je fais acte d’écriture compensatoire par la poésie, par l’épopée, c’est que je n’existe plus. La naissance des grandes épopées écrites découle des grandes épopées commerciales du calculi. J’ai compté ; C.O.M.P.T.E.R et je conte : C.O.N.T.E […] C’est d’ailleurs les lettres qui sont la formalisation ultérieure des chiffres. Avant d’être des lettres, les lettres furent des chiffres. Donc, il faut bien comprendre que l’humanité par sa culture écrit la longue épopée de son aliénation. C’est-à-dire alienus : je suis autre que moi-même. Donc la valeur d’échange démarre à partir de la révolution néolithique. ». Francis Cousin, puisque c’est de lui que sont les mots profonds et percutants qui viennent d’être cités, ajoute, dans une des grandes synthèses radicales et d’une hauteur de vue impressionnante dont il a le secret et dont le seul défaut est de ne pas prendre en compte le facteur féminin de la « révolution néolithique » et, plus généralement – il n’est pas marxien pour rien-, de refuser à la race la primauté manifeste qu’elle a sur la classe : « Il y a déjà dans la révolution néolithique Wall Street, c’est ça qu’il faut comprendre. C’est-à-dire que toute cette vampirisation du cosmopolitisme de la marchandise, toute cette gigantesque dictature du mondialisme totalitaire de la marchandise, elle est contenue dans la révolution néolithique. » (https://www.youtube.com/watch?v=igRkwzSzuoE&feature=emb_title).
(36) voir https://elementsdeducationraciale.wordpress.com/2018/06/29/chevaucher-le-bouc/.
(37) Il nous faut encore citer les lignes suivantes de René Guénon (Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Gallimard, 1945, p. 43) sur l’industrie moderne : « Dans le travail industriel, l’ouvrier n’a rien à mettre de lui-même, et on aurait même grand soin de l’en empêcher s’il pouvait en avoir la moindre velléité ; mais cela même est impossible, puisque toute son activité ne consiste qu’à faire mouvoir une machine, et que d’ailleurs il est rendu parfaitement incapable d’initiative par la ‘formation’ ou plutôt la déformation professionnelle qu’il a reçue, qui est comme l’antithèse de l’ancien apprentissage et qui n’a pour but que de lui apprendre à exécuter certains mouvements ‘mécaniquement’ et toujours de la même façon sans avoir aucunement à en comprendre la raison ni à se préoccuper du résultat, car ce n’est pas lui, mais la machine, qui fabriquera en réalité l’objet ; serviteur de la machine, l’homme doit devenir machine lui-même, et son travail n’a plus rien de vraiment humain, car il n’implique plus la mise en œuvre d’aucune des qualités qui constituent proprement la nature humaine. »
(38) En 2018, un site pornographique a consommé autant de bande passante que n’en avaient consommée tous les sites Internet en 2002. Plus de 200 000 vidéos y sont regardées toutes les minutes. Toujours en 2018, la plateforme a reçu 33,5 milliards de visites (+5 milliards de visites par rapport à 2017) (https://www.bfmtv.com/tech/en-2018-pornhub-a-consomme-autant-de-bande-passante-que-tout-internet-en-2002-1588314.html). Encore les accès par téléphone portable ne sont-ils pas pris en compte dans ces chiffres.

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